Interview Secretspleen #NosImagineurs



  • Chers lecteurs et lectrices de tous les horizons “plumesques” possibles et imaginables, bonjour !

    Comme certains d’entre vous le savent déjà (les autres le devineront peut-être en lisant ces premières lignes), Secretspleen a désormais décidé de s’occuper de la rubrique “Citation d’auteur” du journal. Et j’ai l’immense plaisir de vous annoncer que c’est moi qui ai repris le flambeau, un véritable honneur pour la (presque) petite nouvelle que je suis.
    Quant à ma toute première interview, quoi de plus logique que d’approcher mon illustre prédécesseur en personne ! Elle a gentiment accepté de se mettre de l’autre côté du miroir et je vous propose de découvrir ensemble une partie de sa facette d’auteur…
    @Spilou

    1. Pour commencer, cherchons à te connaître un peu mieux… Depuis combien de temps écris-tu ? Tu es capable de te rappeler des premières lignes qui ont pris vie sous ta plume ?

    Depuis que j’ai appris à écrire. Ça devait être… à l’école primaire. La première fois, c’était complètement dingue ! Je crois que je m’étais mise en tête d’écrire mon testament. J’avais genre 7-8 ans, et je me disais que le rédiger avec mon stylo plume de l’école, sur une feuille de papier fax, ça le rendrait vachement cool. Et je me suis imaginée, très vieille, avec plein de trucs à léguer à ma famille. De la pure fiction ! Mes parents se révélaient plus jeunes et héritaient de mes chaussettes, ma sœur gardait ma barbie Roller Sparks, mon petit frère avait droit à mes legos… Tout un programme quoi. J’ai retrouvé la feuille dans mon grenier il n’y a pas longtemps chez mes parents.

    2. Comment le goût de l’écriture t’est-il venu ?

    Bien après le goût de conter des histoires féériques dans la cour de l’école. Et juste après que ma famille et le système scolaire me disent “ta gueule” chacun à leur façon. Je les ai pris au pied de la lettre. C’est comme ça que tout a commencé. Un “ta gueule” de trop a suffi à me faire radicalement basculer de la tradition orale à la tradition écrite.

    3. Côté lecture, vers quels genres de fictions et de fanfictions te diriges-tu le plus facilement sur le site ?

    Je dévore tout ce qui passe, par curiosité. J’aime lire les nouvelles et les anciennes plumes, les maladroites comme les plus aguerries. Les seules histoires qui ne m’attirent pas sont celles où l’auteur s’est placé en vedette dans son intrigue et qu’il ne s’agit pas d’une auto-biographie. Je me sens intrusive dans son intimité, et c’est désagréable. Je me détourne aussi des fictions dont les auteurs ne supportent pas la critique, même les plus respectueuses et objectives. Ceux qui n’admettent pas qu’ils doivent encore progresser. Lire sur Plume d’Argent est synonyme d’entraide, et d’échanges constructifs. Rien ne me peine davantage que de voir mes commentaires être supprimés parce qu’ils n’étaient pas au goût d’Untel ou Truc.

    4. As-tu des attentes particulières lorsque tu lis d’autres auteurs ? Es-tu une lectrice du genre exigeante ?

    Je suis très exigeante… seulement sur les textes que j’écris. Quand je lis les textes des autres en revanche, je préfère lâcher prise. La lecture n’en est que meilleure. Du moment qu’un auteur arrive à bien me distraire, que je ne me pose pas trop de questions inutiles, je me montre très compréhensive.
    Là où ça se corse, c’est quand on prend mes interrogations pour des critiques ou des attentes, alors que ça reste de simples interrogations la plupart du temps. Les limites du langage écrit, je suppose. Ah ! Et je n’exige pas non plus qu’on prenne mes possibles critiques en compte. Quand je m’exprime sur un texte, j’estime que l’auteur peut bien faire ce qu’il veut de mon avis. Y compris ne pas en tenir compte si ce que je dis est à côté de la plaque. Alors je partage mes impressions une fois, voire deux, et puis je passe à autre chose. Ce qui est drôle (mouarf !) c’est qu’il semble que ceux que je lis se mettent eux-mêmes la pression quand ils savent que je fourre le nez dans leurs fictions. Je me demande comment ils réagiront quand ils liront cette réponse-là.

    5. Si tu le veux bien, parlons maintenant de l’une de tes œuvres, L’Amulette d’un ange. Comment t’es venue l’idée de cette saga ?

    L’Amulette s’est construite sur la base de rêves que je faisais à l’âge de 13-14 ans, et qui revenaient, se suivaient, se complétaient. Chose étrange, j’y étais simple spectatrice. Je ne faisais pas partie de l’histoire ou des équipes de personnages qui y vivaient leurs aventures. C’était comme être catapultée dans un autre monde où vous voyez tout ce qui s’y passe, mais où personne ne peut vous voir ou vous entendre. Parfois je zappais sur la chaîne Amulette pour y voir ce qui se passait pendant mes heures de sommeil, ou mes périodes d’ennui. Au début, j’ai écrit ces rêves pour ne pas les oublier. Ensuite j’ai eu envie d’approfondir, de boucher les trous, et d’achever l’histoire. Et afin de retranscrire le plus fidèlement ce que je voyais/imaginais, je me suis mise à être hyper-exigeante sur le plan de l’écriture.

    6. Est-ce que cette histoire possède déjà une fin ou tout reste-t-il encore à inventer ?

    Non elle n’a pas de fin. J’ai déterminé qu’après 9 mouvements, j’arrêterai probablement de l’écrire, je lui trouverai une conclusion très honorable. Mais on pourrait continuer ainsi indéfiniment. L’univers dans lequel elle s’inscrit est si riche, qu’il est tout à fait possible d’y rédiger des nouvelles, de développer des personnages secondaires qui vivent leurs propres aventures.
    J’ai inventé l’équivalent de 9 mouvements que je peine à rédiger faute de temps, de disponibilité d’esprit. Mais elle ne semble pas avoir de limites. En tout cas, si elles existent, je ne les ai toujours pas trouvées.

    7. Dis-nous tout : est-ce que tu as recours à des grigris, un doudou ou une danse spéciale pour faire venir l’inspiration ? Autre chose peut-être ?

    J’ai hérité d’une imagination puissante et sans borne. Pas besoin de grigris ou autre. L’inspiration ne se tarit pas. C’est comme le cycle de l’eau. Parfois il faut attendre le dégel, mais je ne suis jamais à sec. Et plus je m’ennuie dans la vie, plus je deviens créative. Ça ne concerne pas uniquement l’écriture. J’exprime mon imagination avec la même générosité en peinture, et en inventions de toutes sortes. ( en mécanique par exemple )

    8. Avec une imagination pareille, tu ne dois pas vraiment connaître le fameux “syndrome de la page blanche” !

    Certes ! Après si on m’impose un sujet, ça prendra un peu de temps et de réflexion. J’ai plein de carnets de notes remplis de textes d’histoires que je rédigeais hier, et que j’écrirai un jour. C’est cool d’avoir autant d’imagination, uh ? Oui, mais à quel prix ? Si je la laisse libre de créer dans ma tête ce qu’elle veut, elle me montre le pire comme le meilleur. Je crée des tas de scénarios pour des situations données. Je suppose énormément, même ce que pensent les autres. Les livres perdent leur suspense, les films sont convenus d’avance, déterminer quelle fin écrire à un roman est difficile. Tombez malade avec 41 de fièvre, je ne vous décris pas les hallucinations ! Donc il faut faire attention. Rien ne m’autorise à penser à votre place. Le lâcher prise, c’est bien pour savourer un film ou un livre plutôt que de tout deviner en avance. Je cultive la prise de recul et le bien-être intérieur quotidiennement. Surtout je replante régulièrement mes pieds sur Terre. Bref, un conseil ? Si vous voulez avoir une belle et prolifique imagination, faites en sorte d’être bien dans votre peau, et sain d’esprit dans votre tête.

    9. Question de fan : Ton texte met en scène une héroïne aveugle, Anna. Comment fais-tu pour te mettre à la place d’un tel personnage et décrire son ressenti ?

    C’est assez naturel en fait. Je ne vais pas mentir en disant que j’ai bien calculé mon coup. Ce n’est pas vrai. Quand je crée un personnage, j’arrive à ressentir ce qu’il peut ressentir. Je peux me mettre à sa place et c’est comme s’il existait, là, quelque part, et qu’on se tapait la discute autour d’un café. Je sais ce qui va lui passer par la tête, je connais ses réactions potentielles, sa psychologie. Je sais comment il peut évoluer selon ce que j’invente dans son intrigue. Après tout c’est moi qui l’ai créé. C’est aussi ce qui explique que je déteste parler de moi dans mes textes. Les histoires à caractère égotiques et auto-fantasmées ? Je refuse d’en écrire ! Il est déjà suffisamment pénible d’apprendre à se connaître soi-même dans la vie, sans devoir encore en rajouter une couche dans des univers imaginaires. Et puis il n’y a aucun suspense quand vous vous greffez à l’intrigue d’une histoire ‘pour la vivre’. Tout est déjà convenu par vos propres limites conscientes ou inconscientes. Dans mon cas, ça ferait des histoires sans surprises, et je m’y ennuierais à coup sûr.

    10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre ?

    Ouaip ! Vous êtes tous super ! Et sachez que vos critiques positives ET négatives sur mes textes sont toujours grandement appréciées. J’aime votre franchise, les conseils que vous me donnez. On fait tous des erreurs. Au risque de surprendre certains parmi vous, j’ai aussi des progrès à faire en écriture. Continuez à oser me faire savoir quand je me plante ou sème des coquilles dans mes textes.

    Enfin, je voudrais remercier toutes les plumes qui se sont déjà exprimées au cours de précédentes interviews. Sérieusement, je n’imaginais pas à quel point ça pouvait être difficile de répondre à ces questions. Je me suis bien arrachée les cheveux ! Merci aussi à Slyth qui a eu la gentillesse de reprendre le flambeau. Je trouve qu’elle s’en sort déjà très bien ! Au plaisir de vous lire bientôt ! Enjoy !

    Ainsi s’achève cette interview. Un grand merci à Secretspleen pour le temps qu’elle m’a consacré malgré un planning chargé ainsi que son aide très précieuse pour mes débuts au Journal PAen : j’ai pris beaucoup de plaisir à préparer cet entretien avec elle et j’espère que vous, lecteurs, en aurez eu tout autant à le lire ! A toi, chère Spilou, je souhaite une excellente continuation ainsi que plein de bonnes choses pour cette nouvelle année qui commence !

    A titre plus personnel, je tenais à remercier infiniment toute l’équipe du Journal PAen pour m’avoir permis “d’entrer dans la bande” et m’offrir la chance de participer à cette belle aventure !

    Au plaisir de pouvoir vous faire découvrir d’autres Plumes comme vous ne les avez (peut-être) jamais vues, je vous dis à la prochaine et vous salue bien bas,

    Slyth

    (interview du 23 janvier 2013)


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