La sélection des manuscrits selon Julien Simon, éditeur


  • Plume d'Argent

    Je poste ici les conseils postés par Julien Simon sur Twitter, car ils me semblent inspirants et plutôt pertinents.

    Du coup, je vous propose d’échanger à ce sujet pour voir ce que vous en pensez et je tague @Isapass qui bosse sur ses personnages en ce moment. :heart:

    Voici le lien d’origine :
    https://twitter.com/story_nerd/status/1114137749618069504?s=04&fbclid=IwAR0ORpyfPIckDYi8xYqop-sEVaIdToJnvIJtWXBdYZTu0nYwTSjYMzAgoNE

    Et voici les conseils en question, que je recopie pour celles et ceux qui n’ont pas Twitter :

    "La manière dont un éditeur sélectionne ou pas un manuscrit est un peu mystérieuse, alors petit #thread des raisons pour lesquelles je suis intéressé par votre histoire ou non.

    D’abord, sachez que votre premier paragraphe conditionne une bonne partie de ma décision. Le 1er paragraphe, la 1ère phrase même, c’est l’accroche : c’est ça qui éveille l’intérêt du lecteur. On vit dans un monde où les livres sont légion. Pourquoi le vôtre plutôt qu’un autre ?

    ‏Le début de votre histoire, c’est le pied dans la porte : c’est là que se joue la décision du lecteur de reposer le bouquin ou non. Vous devez en avoir conscience en tant qu’auteur.

    ‏Normalement, si vous en êtes conscient, vous avez travaillé votre première phrase, votre premier paragraphe, jusqu’à en saigner des doigts. Vous avez repris chaque mot, déplacé chaque syllabe, jusqu’à ce que ça sonne comme la meilleure chose que vous ayez jamais écrite.

    Alors forcément, quand je lis un début de manuscrit qui me raconte pour la millième fois la météo ou la description d’une voiture qui démarre, je me dis, bon, on repassera pour l’accroche.

    Aussi, les premiers paragraphes donnent souvent une bonne idée de ce dont est capable un auteur bien motivé. Parce que ce sont ceux qu’il a le plus retravaillé. Ben oui, on décortique, hein. Alors si c’est déjà mauvais, ben… c’est pas bon signe.

    ‏Bon, admettons, c’est pas une accroche terrible, mais ça se lit. Ben oui, parce qu’il faut quand même que ça se lise.
    Bon, s’il n’y a pas d’accroche passé les trois premiers paragraphes mais que c’est fluide, que ça se lit tout seul, je continue. D’où mon point suivant :

    … ce qu’on appelle le “style”. Est-ce qu’il faut avoir un “style” pour raconter une histoire, au sens une plume particulière ? Eh bien, j’ai tendance à dire que “pas forcément”. En revanche, il faut être cohérent et clair dans sa tête.

    Entendez : si vous n’avez pas d’accroche, ni un style littéraire à faire se pâmer les critiques de Saint-Germain-des-Prés, mais que vous savez poser un lieu, une ambiance, et qu’on est rapidement dans la tête du personnage qu’on suit, ça peut le faire.

    On ne peut pas tout faire bien : mais être clair, tout le monde peut le faire. Ça veut dire ne pas se perdre dans les détails inutiles, faire l’économie des phrases longues et embrouillées, des digressions, etc.

    ‏Aussi : placer des mots compliqués partout ne fait pas de vous un meilleur écrivain. C’est de la littérature, pas un Kamoulox.

    ‏Ce qui fait de Stephen King un grand écrivain, ce n’est pas tant son style (assez passe-partout) que sa manière d’être clair : ses histoires sont complexes, alors il faut qu’on aille aux faits. Qu’on s’y retrouve. Que le lecteur ne se sente jamais perdu.

    ‏Même chose au cinéma, d’ailleurs : Spielberg est un des plus grands réalisateurs de l’histoire parce que où qu’il pose sa caméra, aucun plan ne nous perd : on est toujours conscient de la géographie de l’action. Super important.

    ‏Donc être clair, ne pas faire d’esbroufe, et aussi, pitié : vérifiez les expressions que vous utilisez. Je ne compte plus le nombre de fois où je lis plusieurs expressions mélangées en une seule, ou des expressions approximatives.

    Du genre : il était dressé à quatre épingles, ou encore, il pleuvait comme vache qui boîte. Je schématise pour rigoler, mais c’est souvent tellement approximatif qu’on ne comprend plus le sens de la phrase.

    Ensuite, l’histoire.
    Je ne demande à personne d’être un scénariste hors-pair. Ce sont des choses qui s’apprennent. En revanche, si vous écrivez des histoires, il faut en passer par un peu de théorie.

    Pourquoi ? Parce que si vous ne faites appel qu’à votre instinct, il y a de grandes chances pour que vous ne produisiez que des clichés. Je ne vais pas m’étendre dans les principes de dramaturgie, parce que Twitter n’est pas l’endroit idéal, mais juste un truc. UN TRUC :

    Vos PERSONNAGES, soignez-les. L’histoire, c’est juste ce qui arrive aux personnages. Si on se fout de vos personnages, alors on se fout de votre histoire.

    ‏Et pour qu’un personnage soit digne d’intérêt, il n’a pas besoin d’être beau, super doué ou super intelligent. En fait il n’a besoin que de trois choses :

    • des faiblesses
    • des désirs
    • des besoins
      (c’est pas de moi, c’est de John Truby. Lisez Truby.)

    -> Faiblesses : ses failles, ses manques, ses défauts, ce qui l’empêche d’avancer dans la vie, etc
    -> Désirs : ce qu’il veut obtenir à tout prix
    -> Besoin : ce dont il a vraiment besoin pour grandir et s’épanouir

    ‏Ces trois points doivent être très clairs dans votre tête. Et ils doivent l’être donc aussi pour vos lecteurs. Pas besoin de commencer à écrire si vous n’avez pas ça en tête.

    Alors quand je lis un manuscrit, si je ne comprends pas très vite ce dont a besoin le personnage, ce qu’il désire et quelles sont ses faiblesses, je perds très vite tout intérêt. C’est comme regarder un inconnu marcher dans la rue.

    (sachez qu’en général, le besoin est connecté à la faiblesse – et vice versa : le besoin vient réparer la faiblesse… et que le désir, c’est le fil conducteur, ce qui va maintenir notre attention de lecteur tout du long)

    Donc pas besoin qu’un personnage soit super original : donnez-lui juste ces trois choses. C’est la colonne vertébrale de votre récit.

    Indice : la plupart des histoires que je reçois se plantent déjà à ce stade.

    Autre chose : votre style/clavier n’est pas une caméra.
    Je n’ai pas besoin de savoir que Machin cligne de l’œil ou que Bidule ondule légèrement de la rotule en marchant sur un caillou. On s’en fout, ce n’est pas un mode d’emploi. Racontez-nous une histoire.

    Vous avez des images dans la tête, mais un livre s’écrit deux fois : une fois sur le clavier de son auteur, une fois dans la tête de son lecteur. Si vous vous substituez en permanence à l’imaginaire du lecteur, vous divisez l’impact par deux.

    ‏Donc assez de : “il rangea son téléphone portable de marque Samsung acheté en 2008 dans la poche de sa parka orange aux manches légèrement élimées et haussa imperceptiblement les épaules en frémissant des narines”. ON S’EN FOUT. IL RANGE SON PORTABLE, POINT.

    ‏Ou alors allez vous acheter une caméra et changez de carrière : devenez cinéaste.

    Pour le reste, on peut toujours discuter, améliorer, s’accommoder.
    Mais déjà, si vous êtes clair dans votre narration, que les personnages se projettent vers quelque chose (et nous avec) et que vous ne faites pas traîner les choses en longueur… ben vous faites partie des 10%.

    C’est quoi les 10% ? Ben c’est ce seul manuscrit sur dix reçus qui respecte à peu de choses près ces critères. En somme, c’est le seul manuscrit seulement lisible. Ça ne veut même pas dire qu’il est bien, hein : juste qu’il est lisible.

    90% des manuscrits reçus ne le sont pas.
    Vous m’entendez bien : ils ne sont pas lisibles. Ils ne respectent pas les règles élémentaires de narration (et de respect) citées plus tôt. Voire ils leur chient carrément à la tronche."



  • Wow et bien merci beaucoup @elikya pour ce partage. Je suis en train d’éditer mon roman et lorsqu’il écrit Donc assez de : “il rangea son téléphone portable de marque Samsung acheté en 2008 dans la poche de sa parka orange aux manches légèrement élimées et haussa imperceptiblement les épaules en frémissant des narines”. ON S’EN FOUT. IL RANGE SON PORTABLE, POINT.
    ‏Ou alors allez vous acheter une caméra et changez de carrière : devenez cinéaste
    , je me sens hyper bête parce que j’ai la mauvaise manie à ajouter trop de détails visuels inutiles. Comme un autre auteur l’avait mentionné dans son podcast (Brandon Sanderson sur writing excuses), les auteurs “amateurs” ont tendance à décrire comme s’ils regardaient un film…
    Il avait donné un autre bon exemple où on commence son premier chapitre par un gros plan (comme dans un film) où on décrit absolument tout ce qui se passe et petit à petit on zoome pour se focaliser sur le personnage. Ce n’est qu’un avis mais il pense que c’est mieux de commencer par de l’action pour accrocher le lecteur.
    La première version de mon chapitre c’était un pavé de description… enfin bon. Il y a toujours des exceptions (je n’en fais pas partie haha).

    Merci encore pour ce super partage!!!


  • Plume d'Argent

    Je suis content que cela puisse être utile.

    De mon côté, j’ai du mal avec l’accroche, il faut que je prête bien attention à mes débuts. Quelqu’un a parlé de conditions météorologiques ? :yum:



  • Merci @elikya ! C’est étonnant de voir ses critères de sélections. Non pas que ce soient de mauvais critères, mais ça m’a l’air en partie artificiel et normatif. Je crains un peu que cela appauvrisse le monde de la littérature si les critères sont toujours les mêmes (heureusement, ce n’est pas le cas !) et je me demande également si twitter à ce sujet ce n’est pas mettre inutilement la pression à beaucoup d’auteurs en herbe qui n’en sont même pas encore au stade de la publication. C’est un peu ce que ça me fait à moi en tout cas.
    Cela dit, les conseils sont toujours bon à prendre pas forcément à suivre. Et j’aime bien ceux de Brandon Sanderson ( ;-) @Lisharaz).



  • @eulalie Je comprends ce que tu veux dire par “normatif”. On est un peu dans la période des “TOP 10 des conseils pour écrire un best-seller” ou “Les cinq faux-pas à éviter pour…”. Il y en a partout sur le web, ça attire l’oeil, on a l’impression que c’est facile et que ça peut fonctionner pour tout le monde.
    Personnellement, j’ai bien aimé la plupart des conseils :) mais comme tu dis pas forcément à suivre selon tes affinités d’écritures aussi.
    Et oui Brandon Sanderson a 12 saisons de conseils d’écriture qui évoluent chaque année ! Je ne suis pas très fan des autres auteurs qui participent au podcast mais je trouve qu’il a la tête bien sur les épaules et qu’il n’est jamais là à dire qu’il n’y a qu’une manière de faire les choses ou qu’il ne faut jamais faire quelque chose. Après le marché américain c’est une autre affaire…

    @elikya L’accroche est un véritable challenge ! Je crois avoir lu quelque part que parfois c’était même mieux de l’écrire en dernier ! haha qu’est-ce que tu veux dire par conditions métérologiques ? :p


  • Administratrice

    A prendre en compte peut-être que ce ne sont pas des conseils généraux valables partout, mais davantage pour la maison d’édition où il bosse. Maison numérique sur appli qui publie des histoires en épisodes. Donc forcément, il faut mettre le paquet sur la manière de capter l’attention du lecteur qui a tendance à très vite zapper.


  • Plume d'Argent

    @eulalie a dit dans La sélection des manuscrits selon Julien Simon, éditeur :

    Merci @elikya ! C’est étonnant de voir ses critères de sélections. Non pas que ce soient de mauvais critères, mais ça m’a l’air en partie artificiel et normatif. Je crains un peu que cela appauvrisse le monde de la littérature si les critères sont toujours les mêmes (heureusement, ce n’est pas le cas !) et je me demande également si twitter à ce sujet ce n’est pas mettre inutilement la pression à beaucoup d’auteurs en herbe qui n’en sont même pas encore au stade de la publication. C’est un peu ce que ça me fait à moi en tout cas.
    Cela dit, les conseils sont toujours bon à prendre pas forcément à suivre. Et j’aime bien ceux de Brandon Sanderson ( ;-) @Lisharaz).

    @Eulalie, pour le coup, je suis désolée si cela te met la pression, ce n’est pas du tout mon but.

    Il me semble que travailler le début pour accrocher le lecteur est un passage obligé. Les éditeurs et les lecteurs manquent de temps, donc si le début ne plait pas, ils referment le roman. Après, c’est un élément facile à tester, sur une forum comme PA par exemple. Chaque auteur accroche le lecteur à sa façon, avec des grappins très variés et je ne crains pas du tout l’uniformisation.

    De la même façon, bien travailler ses personnages me semble pertinent, même si la vision de Truby n’est pas la seule valable, c’est certain.

    @lisharaz :

    L’accroche est un véritable challenge ! Je crois avoir lu quelque part que parfois c’était même mieux de l’écrire en dernier ! haha qu’est-ce que tu veux dire par conditions métérologiques ? :p

    Je fais une allusion au fait de commencer un roman en parlant de la météo, qui est une façon classique de faire, et en même temps est-ce vraiment une bonne façon d’accrocher le lecteur ?

    Exemples à la noix inventés vite faits :

    Ce jour-là, la tempête faisait rage.

    Machin avança d’un pas et la neige crissa sous ses bottes.

    Un beau soleil de printemps éclairait Paris ce matin-là.


  • Plume d'Argent

    Je trouve intéressant d’avoir le point de vue d’un éditeur. Ceci étant, j’ai déjà lu ce type de conseil dans un certain nombre de bouquins théoriques. Il n’y a donc - de mon point de vue - rien de révolutionnaire dans la façon de procéder qu’il présente.

    J’ai peut-être une approche un peu fantasmée du choix d’un manuscrit par un éditeur mais je pense qu’il s’agit d’un truc extrêmement subjectif. L’histoire, le style, les personnages… tout les éléments qui forment le texte vont taper dans l’oeil de l’un et laisser un autre totalement insensible. Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas prendre en compte ces conseils (qui sont pertinents de façon générale, à mon avis) mais qu’à la base c’est avant tout SON histoire qu’il faut écrire, pas “celle qui va plaire à l’éditeur”.

    Mais bon, pour moi, c’est un peu facile de dire ça parce que je n’ai jamais tenté l’aventure de l’envoi aux maisons d’édition. C’est pour moi un objectif envisageable pour l’expérience en elle-même, mais pas essentiel dans mon cheminement sur l’écriture, je dirais.


  • Plume d'Argent

    Je suis assez d’accord avec les conseils sur la clarté et les persos (je note d’ailleurs que tous les échanges récents sur mes princes sont résumés par les fameux trois points : leurs désirs ne sont pas assez clairs et c’est pour cette raison qu’ils peuvent paraître trop passifs.)
    Idem pour ce qu’il appelle la “géographie de l’action” : en tant que lectrice, je trouve hyper désagréable de ne pas comprendre la typographie des lieux, parce que du coup je vais la construire au hasard dans ma tête et si plus loin je tombe sur un détail qui vient la contredire, c’est frustrant.
    En revanche, je pense que sur l’accroche, c’est un peu exagéré. Ça m’arrive d’arrêter mes lectures quand je ne suis pas emballée, mais pas sur le seul critère de la première phrase ni du premier paragraphe. Je reste, pour ma part, sur le conseil que tu m’avais donné, @elikya : le premier chapitre (ou le prologue si on en a un) doit refléter le reste du livre.
    Ceci dit, je me cherche peut-être des excuses, vu que mon accroche n’est pas météorologique mais presque (elle est… horaire) :smile:

    “Le jour n’avait pas fini de mourir, mais les dernières lueurs se cantonnaient à la lisière de la forêt.”

    Ma seule excuse : il y a “mourir” dans la phrase et j’ose croire que ça conditionne un peu l’ambiance du chapitre…


  • Plume d'Argent

    Je me pose exactement la même question que toi sur mes accroches @Isapass car la météo n’est pas loin chez moi non plus… Ma première phrase, comme la tienne, essaie de mettre le lecteur dans l’ambiance. Espérons donc que les éditeurs lisent au moins la première scène !



  • @alice a dit dans La sélection des manuscrits selon Julien Simon, éditeur :

    à la base c’est avant tout SON histoire qu’il faut écrire, pas “celle qui va plaire à l’éditeur”.

    Je suis assez d’accord avec ça et avec tout ce qui a été dit au-dessus. Je trouve ça toujours intéressant le point de vue des éditeurs et ses réflexions notamment sur l’accroche (oops… l’accroche météorologique je connais 🤣) mais après effectivement modifier son histoire “pour correspondre aux critères de l’éditeur” je trouve que c’est la pire demarche. Par exemple je suis très friande des descriptions (à la fois en tant qu’autrice et lectrice) et non je ne m’en fous pas de savoir des détails donc si tout le monde appliquait ce conseil mon plaisir de lecture en serait diminué.


  • Plume d'Argent

    @litchie Je ne crois pas qu’il faille comprendre la remarque dans ce sens. Je l’interprète plutôt comme ça :

    1. si le manuscrit ne contient pas les ingrédients indispensables dont il parle (de bons perso, la clarté, un français correct) et qu’en plus on se perd en détails, c’est encore pire. Les points à surveiller en premier sont ceux qu’il cite, les détails sont presque accessoires, en comparaison.
    2. à propos des descriptions, il compare le clavier à une caméra, l’exemple qu’il donne avec le portable et la doudoune est vraiment très détaillé, et enfin, il dit “un livre s’écrit deux fois : une fois sur le clavier de son auteur, une fois dans la tête de son lecteur.”. Ce que j’en comprends, c’est qu’il faut rester évocateur sans devenir… millimétrique ou cinématographique. Bref, laisser de la place à l’imagination du lecteur.

    Et comme dit @Seja : il est quand même dans un mode d’édition particulier, qui demande peut-être beaucoup plus d’action que l’édition papier ?



  • “Si on se fout de vos personnages, alors on se fout de votre histoire” LOOL jsuis ABSOLUMENT d’accord avec lui. L’effet personnage c’est tout ce qui compte, le reste, on s’en tape.
    Et le coup de la météo je me suis marrée, mon histoire que j’essaie d’écrire et ré-réécrire depuis plus d’un an commence sous la flotte, allez BIM! Bambi, efface et recommence.
    Merci @elikya pour ce partage, c’est super intéressant! Après je rejoins aussi un peu @Seja, ça reste un point de vue… attention aux recettes uniques…
    En tout cas une chose est sûre, ça donne envie de lire John Truby (que t’avais déjà cité une fois, de mémoire, il me semble!)


  • Plume d'Argent

    @bambi a dit dans La sélection des manuscrits selon Julien Simon, éditeur :

    En tout cas une chose est sûre, ça donne envie de lire John Truby (que t’avais déjà cité une fois, de mémoire, il me semble!)

    C’est bien possible, car de toutes mes lectures sur les scénarios, c’est celle que je préfère et de loin. :yum:



  • Hello tout le monde ! text alternatif

    @Bambi Oui, ce que dit Simon est très intéressant et plutôt juste, mais il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre. Commencer un chapitre sur la pluie peut-être très intéressant et donner une ambiance particulière.

    Je ne suis pas trop d’accord non plus avec ce que Simon dit sur S.King, et bien que pas vraiment fan, il suffit de lire “La tour sombre” pour comprendre que ce dernier en a sous le capot autant en matière d’histoire que de style.

    Pour le reste j’approuve globalement, mais ce qui me dérange dans la plupart des conseils qui sont donnés, c’est leur ton et les affirmations qui se devraient selon moi d’être un peu plus modérées. J’ai lu des livres (édités) au début passionnant qui devenaient rasoirs dès la trentième page, j’ai aussi lu des livres dont la tension montaient doucement et qui finissaient pas vous rendre accros au point de ne plus les lâcher avant de les avoir finis. Tout dépend à quel public on s’adresse. Aujourd’hui, les jeunes demandent de l’action, mais un public adulte acceptera probablement de plus longues descriptions (quoique, ce n’est pas si automatique que ça…) et je pense que c’est là que le style a de l’importance. Quand on se régale des mots, des expressions, c’est aussi très agréable.

    Le reste des conseils est intéressant, les descriptions doivent effectivement être dosées, on ne doit pas avoir l’impression de lire le catalogue de la Redoute, et il faut surtout laisser de la place à l’imagination du lecteur, mais certaines précisions peuvent valoir le coup. Poser un personnage par ses choix vestimentaires révélera parfois aussi sa personnalité.

    Pour conclure, je rejoins @Seja et @Bambi : attention ceci n’est qu’un point de vue. (Et merci pour le conseil sur Truby !)text alternatif



  • @Isapass Ah oui bien sûr tout à fait* mais je n’ai cité les descriptions qu’en tant qu’exemple :p Le point que je voulais mettre en lumière était le fait que

    @litchie la meuf qui s’auto-cite parce que pourquoi pas a dit dans le post juste au-dessus :

    modifier son histoire “pour correspondre aux critères de l’éditeur” je trouve que c’est la pire demarche.

    (Ceci étant dit “de bons perso, la clarté, un français correct” c’est pas un conseil d’écriture, c’est une évidence… pas évidente à appliquer concrètement, mais je ne crois pas que quelqu’un essaye d’écrire volontairement des personnages plats dans un mauvais français avec des tournures alambiquées…)



  • C’est vrai que ça sent un peu la kalachnikov ses conseils. Mais je trouve que cela a l’avantage de nous obliger à regarder notre texte avec un oeil extérieur. Le recul quoi. J’avoue que j’ai commencé mes romans grâce à la fameuse première phrase, celle qui m’a ouvert des univers, et ensuite, en retravaillant, elle a disparu.
    Il ne parle pas des dialogues, c’est dommage. C’est sacrément mon point faible.


  • Plume d'Argent

    Merci du partage, il est intéressant son avis ! Et dans l’ensemble, ça pourrait être autant des conseils pour une “bonne” histoire que pour être édité (bon, en même temps, ça devrait revenir au même :laughing: ), même si la partie sur l’accroche me laisse un peu plus sceptique… Mais après, comme l’a relevé Seja, c’est une maison d’édition un peu particulière !
    Et oh, moi aussi il faudrait que j’applique la remarque sur le “trop de détails” :no_mouth: Et d’ailleurs, par rapport à ce que tu disais @Litchie sur les descriptions, je ne pense pas qu’il dise qu’il ne faut pas faire de descriptions, juste qu’il ne faut pas rajouter des adjectifs descripteurs (… ça se dit ça ?) après chaque mot qu’on utilise…



  • @Rimeko Ah oui je suis entièrement d’accord, mais ce n’est pas ce qu’il dit quand il tweet “[…] ON S’EN FOUT. IL RANGE SON PORTABLE, POINT.”

    Alors oui, bien sûr, il caricature et oui là je vais un peu faire preuve de mauvaise foi en faisant semblant de ne pas comprendre, mais dans son exemple, il se passe carrément de toute description pour ne laisser que l’action ; et ça me dérange un peu.

    Mais encore une fois, je ne dis pas que sa réflexion n’est pas intéressante ET je voulais surtout attirer l’attention sur le fait de modifier son texte uniquement pour plaire à l’éditeur pas sur son exemple de la description !



  • Pour la description, il précise son point de vue ici :

    Mon conseil : appliquer le principe de focalisation interne. Ne pas essayer de tout décrire, mais décrire ce que le personnage « voit », c’est à dire sur quel détail s’arrête son regard, les sentiments que ça réveille en lui, etc. En fait, tout passer par le biais du perso.
    Pour moi, le décor est un protagoniste : il « raconte » l’état d’esprit des personnages, ou en tout cas il y participe, il y a interaction. Donc traiter le décor comme quelque chose qui peut évoquer un sentiment complémentaire de ceux des personnages au lecteur.


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