Animal mon bel animal, dis-moi… #RECTO



  • Animal mon bel animal, dis-moi…
    Posté le 11 mai 2016 par Shaoran

    Coucou les plumes,
    Dans ce numéro nous nous intéressons à l’animalité, autrement dit la place de l’animal dans la littérature. Qu’elle soit moderne ou classique, les lettres ont de tout temps fait la part belle aux animaux. Nous nous pencherons plus en détails sur le phénomène d’anthropomorphisme à travers les âges, avant de nous pencher sur les avis d’auteures. Pour la peine, ce n’est pas une mais bien deux interviews que vous pourrez découvrir dans cet article. Tout d’abord nous accueillerons Anne-Cerise Luzy, auteure de L’Opale de Feu, avant de continuer avec Estelle Vagner, auteure de L’Exil.
    Vous êtes prêts ? Alors c’est parti.

    Qu’il soit héroïque, monstrueux, cruel, inquiétant ou attachant, l’animal est omniprésent dans la littérature à travers les siècles. Des fables aux contes populaires en passant par les légendes ou les romans, la place importante de nos amis les bêtes prouve le lien privilégié de l’homme avec le règne animal. Qui n’a pas vibré avec Croc Blanc de Jack London, parcouru les mers avec le redoutable cachalot d’Hermann Melville (Moby Dick), ou encore exploré la jungle avec Sher Kahn de Rudyard Kipling (Le livre de la jungle) ? Tantôt conseillers tantôt satyres de l’homme, la mise en scène de l’animal permet à l’auteur de ménager la susceptibilité du lecteur en dissimulant défauts et qualités humaines derrière des traits animaux.
    On peut distinguer deux grands axes de mise en scène que sont d’un côté la fable et de l’autre le conte et le roman.

    • 1- Fable

    La fable est un court récit en vers ou en prose qui vise à donner de façon plaisante une leçon de vie. Une morale est généralement exprimée à la fin ou au début de la fable. Celle-ci est parfois implicite, le lecteur devant la dégager lui-même. Dans ces récits, les animaux se voient souvent attribuer des caractéristiques physiques et morales humaines. On appelle cela l’anthropomorphisme. Les animaux deviennent l’allégorie de l’être humain. Ces traits de caractères universels sont définis par l’observation des comportements animaux ainsi que de leurs aspects physiques. C’est ainsi que le loup symbolise la brutalité et la sauvagerie, là où le chien rappelle la fidélité. La colombe évoque l’amour, la fourmi l’ouvrière laborieuse, le renard la ruse, l’âne la stupidité, l’éléphant la force, le paon la vanité, le lion la puissance, le serpent la tentation, la pie le vol, l’agneau l’innocence, etc.
    Quel écolier n’a pas appris scrupuleusement les Fables de La Fontaine ? Tout le monde connait son nom, mais plus rares sont ceux qui savent que La Fontaine n’a pas été le premier à se cacher derrière ces fables animales pour critiquer la société et ses travers. Dès l’Antiquité, Esope, écrivain grec du 7è siècle avant JC, mettait en scène les animaux dans des fables telles que La tortue et le lièvre, le loup et l’agneau, le loup et le chien, le loup et le héron, le rat des champs et le rat des villes ou encore le corbeau et le renard, ou le renard et les raisins. Certains de ces noms vous semblent familiers ? Et pour cause, Esope a inspiré de nombreux fabulistes au cours de l’histoire et notamment Jean de La Fontaine, Babrius ou encore Phèdre qui se sont librement inspirés de ces récits de l’époque qui pour la plupart n’étaient alors que des histoires transmises oralement d’une génération à l’autre.
    L’objectif clairement assumé de ces vers étaient de critiquer une société et des comportements pervertis caché derrière le filtre animal.

    • 2- Le Conte
      Contrairement à la fable, le conte n’utilise pas l’allégorie animale. Elle préfère confronter l’homme à l’animal, dans la plupart des cas pour montrer sa supériorité, ou pour lui porter conseil et secours en mettant en lumière les défauts de l’homme sans pour autant les caricaturer comme dans la fable. D’Afrique, d’Asie ou encore de Russie, de nombreuses cultures à travers le monde mêlent les histoires où l’homme côtoie de près ces animaux intelligents dotés de la parole.

    Dans ce cas, l’animal ne se fait pas satyrique mais plutôt égal de l’homme. On peut ainsi citer le conte vietnamien intitulé : le Buffle, le Tigre et l’Intelligence, ou encore le conte africain : l*’Homme et les animaux.* Le conte burkinabé : l’homme, la femme et les animaux ainsi que le conte : les trois antilopes.
    Dans d’autres contes, notamment les contes slaves L’oiseau de feu ou la reine grenouille, l’animal se fait conseiller de l’homme. Il l’aide et l’assiste avec bienveillance, tout en le mettant face à des choix bien/mal. Là où de nombreuses histoires utilisent des génies, farfadet ou autres créatures merveilleuses, les contes slaves mettent en scène des animaux sauvages comme le loup, l’oiseau ou la grenouille.
    Enfin citons ces romans où l’animal est un personnage à part entière. Là l’objectif n’est plus réellement la satyre mais la création de personnages marquants dotés d’une âme, un personnage haut en couleur propre à apporter le merveilleux dans le monde. Par exemple, Alice aux pays des Merveilles (Lewis Caroll). Qui ne se souvient pas du Chat de Cheshire, du Lapin Blanc ou encore du Lièvre de Mars.

    Vous l’aurez compris, contrairement à ce que l’on pense de prime abord, nos amis les bêtes ne sont pas l’apanage des seuls livres pour enfants. De tout temps, l’homme a vu en l’animal tant une source de sagesse qu’un moyen de donner des leçons à ses pairs tout en ménageant leur susceptibilité. Après tout l’Homme est un animal, alors quoi de plus normal que de s’en inspirer.
    Maintenant voyons tout de suite, l’autre côté du miroir animal, le verso de l’animalité autrement dit, l’avis d’Estelle Vagner et Anne-Cerise Luzy sur la question.


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