L’héroïsme au féminin #RECTO



  • L’héroïsme au féminin (Recto)
    Posté le 22 avril 2018 par Shaoran

    Coucou les plumes,
    Aujourd’hui, je vous propose un nouveau numéro de Recto consacré à l’héroïsme, mais pas n’importe lequel. De longue date, l’héroïsme est resté un métier exclusivement masculin, mais qu’à cela ne tienne, l’égalité des sexes tente de rétablir les choses et aujourd’hui l’héroïsme se conjugue également au féminin. Dans cet article, le but ne sera pas de juger de la pertinence ou de la qualité des héroïnes de la littérature, mais de prouver que par-delà les clichés, elles sont là, elles existent et quoi qu’on en pense, elles se taillent la part belle dans la littérature new-age.

    Afin d’enrichir notre vision des choses, nous vous présenterons dans un Verso spécial Imaginales d’Epinal, le point de vue d’auteurs de tous horizons sur la question de l’héroïsme au féminin.

    Vous êtes prêts ? Alors c’est parti.

    Comme nous le disions précédemment, l’héroïsme n’est plus l’apanage de la gent masculine. Ces dernières années fleurissent sur les étals des libraires de plus en plus d’œuvre avec comme personnage central, une femme.
    Mais pour bien comprendre si la représentation de l’héroïne dans la littérature jeunesse est réellement pertinente, il faut passer par l’exercice de la définition.

    • 1) Qu’est-ce qu’un héros ?

    Ce que l’on entend traditionnellement par héros, c’est un personnage fort auquel le lecteur parvient (ou non) à s’identifier. Un personnage dont il se souvient. En s’identifiant à son héros, le lecteur peut se sentir évoluer avec lui, s’inspirer de ses réactions, transposer son courage dans son propre quotidien.

    De prime abord, le héros peut passer pour un être ordinaire, jusqu’à ce que son « destin » le rappelle à l’ordre sous la forme d’obstacles qu’il doit surmonter en puisant dans ses ressources (volonté, courage, force, intelligence…). Il incarne des valeurs reflétant l’idéal vers lequel tend le lecteur.
    Le héros peut parfois être un rebelle. Quoi qu’il lui en coute, il est prêt à se battre pour ce (et ceux) en quoi il croit, même si cela va à l’encontre des valeurs de la société dans laquelle il vit. Société dans laquelle il ne se reconnait, en général, plus.

    Dans la littérature jeunesse, les héros ont, la plupart du temps, des origines mystérieuses (orphelins, adoptés, mal dans leur peau) agrémentées d’une vie familiale compliquée. Souvent la graine héroïque qui sommeille en eux leur donne une conscience aigüe de leur différence. Elle accentue le sentiment d’être mal dans sa peau typique de l’adolescence, rendant, au début de l’histoire, notre héros quelconque et plutôt effacé. Tout est fait pour les rendre le plus commun possible afin de faciliter l’identification du lectorat. Le côté obscur de cette banalisation extrême des personnages principaux, c’est de les transformer en une sorte d’entité assexuée et psychologiquement lisse que l’on peut aisément imaginer comme un garçon ou comme une fille.

    Le héros a la lourde tâche de permettre au lecteur de vivre par procuration tout un tas d’aventures épiques, qu’il peut ensuite transposer dans la réalité. Parfois, il a conscience de sa différence, mais souvent, il la découvre au fil de l’histoire et de sa propre évolution. On peut alors faire le parallèle entre l’adolescent, qui, à force d’expériences, découvre peu à peu l’adulte qu’il est appelé à devenir. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit dans la littérature jeunesse, et c’est à travers les valeurs que véhiculent leurs héros que se construisent des générations de lecteurs.

    • 2) Plusieurs types de héros

    Une fois défini le squelette du héros, voyons maintenant de quelle étoffe il est fait. Chacun à sa façon réunit une somme de critères définis permettant de le classer dans une case précise. Oui je sais, le stéréotype c’est mal, mais il faut bien cela pour définir des catégories présentables, même s’il est évident que ce qui fait la qualité d’un héros, c’est sa capacité à sortir des stéréotypes. Cependant, c’est un autre débat. Vaste débat…
    Mais revenons-en à nos héros. On peut les classer en neuf larges catégories (évidemment ce listing est loin d’être exhaustif, mais si on devait faire le tour de tous les héros, cet article n’en finirait plus) :

    Le prince :
    Bien sous tous rapports, il est charmant, serviable, brave et beau garçon. Un condensé de stéréotypes à faire frémir.

    Le justicier :
    Ce qui fait un bon justicier, c’est la taille de son loup. Si son identité est dévoilée, il risque fort de finir pendu par les pieds, mais l’ordre et la justice sont à ce prix.

    Le détective :
    Brillant, il flirte avec le danger. Mystérieux, il résout toutes les énigmes. Il démêle tous les nœuds. Amoureux de la justice, il traque les coupables par simple esprit de défi. La police ne peut pas se passer de lui. Parmi les figures emblématiques du détective, nous pouvons évidemment citer Sherlock Holmes.

    L’espion :
    Tel James Bond, il est partout et nulle part à la fois. Il se faufile, ombre filiforme à travers les fenêtres, pour fouiner dans les petits secrets de ces fieffés félons. (ex Artémis Fowl dans le roman éponyme.)

    L’apprenti sorcier :
    Féru d’alambic et collectionneur de balais volant, il aime les baguettes, les sortilèges et les grandes toges désuètes. Sa ruse et son habileté lui valent une place au panthéon des batailles épiques. Son monde est peuplé de créatures fantastiques qu’il combat ou qu’il déchaine selon ses humeurs. La nature lui obéit. Gare à vous si vous osez piétiner ses plates-bandes. (ex : Harry Potter dans le roman éponyme)

    Le pirate ou le voleur :
    Doté d’un gout prononcé pour l’aventure et d’un sens de l’honneur à toute épreuve, il est un baroudeur né qui ne supporte pas de poser très longtemps ses valises. Son côté mystérieux et ses cicatrices séduisent la gent féminine et son passé torturé l’a conduit à ne penser qu’à lui. Altruiste qui s’ignore, il est souvent amené à se racheter une conduite par le biais de ses faits d’armes.

    Le super-héros :
    Sourire colgate et collants flashy moulant, le super-héros éblouit par sa badassitude. Il est grand, il est beau, et il le sait ! même s’il fait semblant de le cacher. Il est né comme ça et c’est pas grave. Il tabasse du méchant sans le moindre scrupule et rien, à l’exception de sa kryptonite, ne pourra l’empêcher de poursuivre sa route. Si son fardeau lui pèse quelques fois, jamais il ne doute de sa vocation.

    La bonne poire :
    Il s’emploie à faire le bien autour de lui. Altruiste et beau seigneur, il s’arrange en toutes circonstances pour ménager la chèvre et le chou, ce qui l’empêche parfois de prendre des décisions radicales pour le bien de tous. Mais c’est pour ça qu’on l’aime.

    Le boulet :
    Il est gentil. Il est toujours là quand on a besoin de lui, mais qu’est-ce qu’il est maladroit. Il représente l’anti-héros par excellence. (ex : Rincevent dans Le Disque-Monde)

    Bien sûr, on frise le stéréotype, mais faut ce qu’il faut pour bien comprendre notre sujet. Maintenant que l’on a bien cerné le personnage du héros, on peut se poser la question : est-ce que ces caractéristiques sont transposables au féminin ?
    Bien évidemment, on souhaiterait répondre un grand OUI, mais qu’en est-il en réalité ?

    Et bien en réalité, la littérature jeunesse est plutôt un bon élève puisque nombre d’ouvrages mettent en scène des héroïnes dans leurs romans. Si l’on se base sur la définition que nous avons établie du héros, l’héroïne de littérature jeunesse coche également toutes les cases. D’un physique quelconque et pourvue elle aussi de ce sentiment permanent de décalage avec la société dans laquelle elle vit, un événement, la plupart du temps familial, la précipitera dans des péripéties qui la conduiront à se remettre en question, à évoluer pour sortir de sa réserve et s’affirmer.

    Comme dans le cas du héros, le lissage de la figure de l’héroïne conduit parfois les auteurs à les rendre très masculines pour améliorer le sentiment d’identification du lectorat. Il est statistiquement établi que le lectorat féminin s’identifie tant aux héros qu’aux héroïnes, là où le lectorat masculin ne s’identifie qu’à ses héros. Fort heureusement, des exceptions existent et peu à peu, les mentalités évoluent, mais ne rentrons pas ici sur le débat de la littérature genrée qui déchaine les foules.
    Concentrons-nous plutôt sur ces héroïnes qui nous ont fait vibrer en reprenant un peu les différentes catégories précédemment évoquées :

    La princesse :
    Sara Crew dans Princesse Sarah. Oui c’est une BD, mais à la base, elle est inspirée d’un livre de Frances H. Burnett, où l’héroine nous est présentée comme une princesse tant sa richesse est grande. Mais elle nous séduit avant tout par ses qualités humaines et sa personnalité qui sait transcender toutes les difficultés même les plus cruelles.

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    La justicière :
    Fantomette dans les romans éponymes. On y découvre une écolière brillante qui se transforme dans l’ombre en justicière masquée. Elle ne coopère pas avec les forces de l’ordre, mais livre toujours les méchants à la police. Elle n’a pas de supers pouvoirs.

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    La détective :
    Enola Holmes dans Les enquêtes d’Enola Holmes de Nancy Springer. Vous ne le saviez pas, mais Sherlock Holmes a une sœur qui, à la disparition de leur mère, se refuse à entrer dans le moule de la bonne société. Pour cela, elle n’a pas d’autre choix de que retrouver leur mère ce qui la conduit à rivaliser d’ingéniosité pour résoudre des énigmes avec autant voire plus de brio que son frère.
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    L’espionne :
    Mary dans The Agency de Y.S Lee. On y fait la connaissance de Mary, jeune londonienne de l’époque victorienne, qui après une condamnation pour cambriolage se voit offrir le choix entre la corde ou l’espionnage. Elle est chargée d’infiltrer une famille de la noblesse pour enquêter.

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    L’apprenti sorcière :
    Hermione Granger dans la saga Harry Potter. Qui ne connait pas cette petite sorcière têtue, brillante, un brin « je-sais-tout » mais tellement attachante. Elle a un rôle à part entière et ne se contente pas d’être un simple faire-valoir pour le héros. Si elle ne se distingue pas sur le plan physique, son intelligence en fait une alliée indispensable.

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    La pirate ou la voleuse :
    Deryn, dans Leviathan de Scott Westerfield. Bon d’accord, elle n’est ni pirate ni voleuse, mais elle réunit toutes les caractéristiques de ce type d’héroine. Forte et indépendante, c’est une femme dans un milieu d’homme qui sait tirer son épingle du jeu sans pour autant y perdre sa féminité, même si pour cela elle doit se travestir.

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    La super-héroine :
    Claris dans Les Eveilleurs de Paulin Alphen. Claris est dotée de dons énigmatiques et née avec un jumeau handicapé. Il est calme et réfléchi, elle est têtue, fière et sportive. Elle est convaincue que les histoires extraordinaires n’arrivent pas aux filles, l’avenir lui prouvera qu’elle a tort.
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    La bonne poire :
    Katniss Everdeen dans Hunger Games. L’histoire nous dépeint une jeune femme forte, prête à se battre pour sauver la vie de sa sœur, mais qui se découvre une force bien plus grande qu’elle l’aurait imaginée. Une force qui la conduira malgré elle à devenir le symbole d’une révolution.
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    La boulet(te) :
    Sophie dans Les malheurs de Sophie. La jeune Sophie veut toujours bien faire, mais les choses prennent rarement la tournure qu’elle imagine. Curieuse et aventureuse, sa volonté de devenir une petite fille modèle la conduit à enchainer les bêtises. Mais c’est ce qui fait tout son charme.

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    Vous l’aurez compris, dans la littérature jeunesse, trouver des héroïnes badasse qui tabassent c’est possible. Nous n’avons présenté ici qu’un infime pourcentage d’exemples, mais il en reste encore tant d’autres comme The Expanse de James Corey, les Fils des Brumes de Brandon Sanderson ou encore La Moira de Henry Lovenbruck, Icarus de Dru Pagliassotti, Blitz de Connie Willis, Les Mystères de Larispem de Lucie Pierrat-Pajot ou encore la série des Uglies de Scott Westerfield. Pour autant, la construction d’une bonne héroïne ne se satisfait pas des stéréotypes.

    Si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous invite à nous présenter vos héroïnes préférées. Pour ma part, je vous donne rendez-vous le 15 juin pour la seconde partie de ce Recto Verso consacré aux héroïnes avec de nouvelles interviews exclusives.

    En attendant, à vous les studios.
    Shao.


  • Plume d'Argent

    Super article ! Moi quand on me dit “héroïne de roman badass”, je pense à Ellana du Pacte des Marchombres



  • Alors si je devais citer les personnages féminins qui sont de vraies héroïnes à mon sens…En top 3 du moins:

    En numéro 1 je mets Elizabeth Swann dans Pirates des Caraïbes (oui, des films, je sais…). L’héroïne que j’aurais voulu avoir créé. Un personnage qui évolue, qui sait mettre les mains dans le camboui, qui doit beaucoup à son milieu mais agit conformément à ce qu’elle rêve d’être, qui a de l’astuce, du courage, le sens du sacrifice pour ceux qu’elle aime…Et absolument pas une Mary Sue!

    En 2, Eowyn créee par Tolkien mais retravaillée par Philippa Boyens, Peter Jackson et Fran Walsh. A peu près pour les mêmes raisons que pour Elizabeth. Franchement, elle méritait une meilleure place qu’Arwen dans le coeur d’Aragorn!

    En 3: Denise Baudu dans Au bonheur des dames de Zola. Ici on a un personnage qui doit survivre dans un monde ou il est possible de tout perdre du jour au lendemain. Non seulement ses supérieurs hiérarchiques tentent de l’écraser, mais ses collègues aussi. Et sa famille est loin de l’aider, avec les frasques de son frère qui la forcent à payer ses dettes…Et au milieu de tout cela, elle reste droite dans ses bottes, persévérante et patiente…Et elle finit par avoir la place que personne n’est parvenu à atteindre avant.



  • Hmmm j’ai vraiment du mal à trouver des exemples d’héroïnes en littérature. J’ai jeté un coup d’oeil rapide à ma bibliothèque et je n’ai trouvé que deux exemples : le premier est celui de Lyra Belacqua dans À la croisée des mondes <3 (héroïne que j’aime très fort dans le premier tome, moins dans le second et de nouveau dans le troisième) et Honor Harrington, perso principal de la série de SF éponyme avec environ 30 000 tomes que mon chéri adore et que je n’ai pas encore lu :D


  • Plume d'Argent

    @Glywen je plussoie tellement le choix d’Eowyn !! Je la préfère aussi dans le film. elle a tellement de profondeur, c’est un très beau rôle. A la fois princesse et rebelle.

    Je citerais quant à moi Arya dans la quadrilogie L’Héritage, de Christopher Paolini. Même type de personnage, à la fois princesse et guerrière, rebelle et sage.
    Et parce qu’elle m’émeut, même si elle ne remplit que le rôle de la princesse infortunée, Mercedes dans le Comte de Monte-Cristo
    EDIT et aussi bien sûr, ma guerrière rebelle préférée, Tris dans DIvergente <3


  • Journaliste PAen

    @litchie Hiii lis-les, j’ai dévoré les 30 000 tomes d’Honor Harrington il y a quelques années, c’est tellement bien <3 Ça me donne envie de replonger dedans xD (et puis elle a un chat intelligent perché sur son épaule, qui peut résister à ça ? :o )


  • Plume d'Argent

    Merci pour ce sujet passionnant. En ce qui concerne les héroïnes, voici ma petite contribution personnelle :

    • il y a plein d’héroïnes badass en urban fantasy, comme Mercy Thompson et Kate Daniels, dans les séries du même nom.

    • il y a Mara des Acoma dans la trilogie de Feist et Wurst, une des héroïnes que j’admire le plus, car elle ne dispose d’aucun pouvoir, d’aucune force physique particulière, et pourtant elle sauve son clan grâce à son courage, sa force morale et son esprit. J’ai toujours des frissons en pensant à la réplique des premières pages quand le vieux guerrier annonce : « Nous venons chercher la Dame des Acoma ».

    • il y a Elizabeth Bennett, de Orgueil et Préjugés, qui vit dans un monde patriarcal et qui tire pourtant son épingle du jeu grâce à son humour et son esprit vif.

  • Plume d'Argent

    @Litchie je plussoie totalement pour Lyra Belacqua !
    @Gabhany Arya :heart: ils l’ont tellement massacrés dans le film…
    En héroïne badass, sans le personnage principale, je pense à Holly Short d’Artemis Fowl
    Sinon il y a Ophélie de la PM, qui est dans le genre de Lyra.


  • Plume d'Argent

    En numéro un, je mettrais Isabeau des Passagers du vent de Bourgeon (BD) : sale caractère, féministe avant l’heure (ça se passe au 18ème), intelligente, courageuse, éveillée… elle a TOUT ! (mon pseudo vient d’elle, d’ailleurs). Très très badass !

    En numéro deux, Mathilde de Un long dimanche de fiançaille, de Japrisot. Une vraie tête de mule qui remue ciel et terre pour retrouver son amour après la première guerre mondiale. Un peu fofolle, très fantasque, clouée dans un fauteuil par la polio (ou un accident, c’est différent entre le film et le livre), son obstination dure des années. Je l’aime d’amour !

    En numéro trois : Ophélie, la Passe-Miroir, qui, malgré sa discrétion et sa timidité, continue sans rien dire son bonhomme de chemin. Elle ne fait pas de bruit, fait semblant d’écouter les conseils et les mises en garde, mais finalement n’en fait qu’à sa tête. Et elle a raison !

    @audrey-lys a dit dans L’héroïsme au féminin #RECTO :

    Sinon il y a Ophélie de la PM, qui est dans le genre de Lyra.

    Oulala, pas du tout d’accord ! Lyra est une fonçeuse, tout d’un bloc, à fond tout le temps, alors qu’Ophélie est toute en nuances et en délicatesse. C’est un personnage beaucoup plus complexe à mon avis. J’aime bien Lyra aussi, hein, mais je ne trouve pas qu’elles fassent partie du même genre.

    Ah oui, j’aime aussi énormément Cixi de Lanfeust de Troy (encore de la BD, de Arleston et Tarquin, culte !). Elle a un profil de délinquante, vicieuse, capricieuse, fouteuse de m… mais tellement attachante et drôle !


  • Plume d'Argent

    Raah j’aime ce genre de sujet! (la féministe en moi rugit)

    Quelques héroïnes supplémentaires:

    • Lina dans L’Amie Prodigieuse d’Elena Ferrante - une des héroïnes littéraires les complexes de ces dernières années, entière, brillante, contradictoire, admirable et antipathique à la fois. Et bien sûr Lena n’est pas en reste, bien qu’elle soit plus facilement “lisible” puisqu’elle est la narratrice de la saga.
    • Sally Lockhart dans les romans du même nom - décidément Philip Pullman sait fichtrement bien planter les héroïnes qui tracent leur route envers et contre tous. Je suis une fan inconditionnelle de Lyra, mais Sally n’est pas en reste.
    • Nävis dans Sillage - même si je trouve les derniers tomes un peu pourris, j’avais beaucoup aimé le développement de ce personnage badass dans les premiers.

    @Isapass Tu m’as donné envie d’aller lire les Passagers du vent :) Et je plussoie pour Cixi, elle est cooool


  • Plume d'Argent

    @Litchie liiiiis les Honor ! Liiiis =D
    C’est très bien èoé faut lire !

    @elikya : Mara c’est juste… the best héroine of the world.
    Une vraie Dame *O*

    Mh…

    • Sandiane dans Les Abîmes d’Autremer de Danielle Martinigol qui pour moi est l’archétype du héros héroïque version féminin, au cliché près, ce qui est très fun je trouve.
    • Citra dans La Faucheuse qui se distingue par sa maîtrise d’elle-même, par son intelligence mais aussi par ses faiblesses humaines.
    • Tous les personnages féminin et femelle de L’Espace d’un an de Beckie Chambers. On est sur du Space Opera super bien réussi, avec une galerie de personnages extra terrestres réellement fouillés, et où les personnages identifiés comme féminins ont tous leur qualités mises en avant, de la meneuse d’homme à la pilote de vaisseau, en passant par la jeune femme timide qui se cherche, la clone qui apprend à vivre dans la société ou l’intelligence artificielle qui se rêve humaine.

  • Plume d'Argent

    @Isapass Lyra est butée et n’en fait qu’à sa tête, même si ça ne l’empêche pas d’être attentive à ce qu’il l’entoure. Elle discrète mais a un fort caractère. Sa force vient d’un pouvoir spécial qui n’a rien avoir avec la force brute, et de son tempérament bien trempé malgré son attitude. C’est pour ça que je trouve qu’elle ressemble à Ophelie. Elle n’est pas comme Ellana qui est beaucoup dans l’action et qui se fait remarqué.



  • @Vava-Omete et @Nana : le chéri est content, car, je cite, “il y a des personnes bien sur ce forum”. Je crois que je ne vais plus avoir le choix… :p

    @Audrey-Lys et @Isapass Mais suis-je la seule à avoir trouvé que Lyra s’efface beacoup dans le tome 2, pour rebondir lorsqu’elle se “sépare” de Will ?

    Sinon je suis en train de lire Orgueil et Préjugés ( @elikya ) et c’est peut-être dû au fait que je le lis en VO mais je ne trouve pas Elizabeth Bennett si “héroïne” que ça. Au final, oui elle est intelligente et elle a de l’humour, mais elle reste quand même très à cheval sur les traditions, l’honneur, le fait qu’une femme DOIT se marier pour être convenable etc. Mais c’est peut-être aussi un problème de subtilité que je n’ai pas saisi.


  • Plume d'Argent

    Sinon je suis en train de lire Orgueil et Préjugés ( @elikya ) et c’est peut-être dû au fait que je le lis en VO mais je ne trouve pas Elizabeth Bennett si “héroïne” que ça. Au final, oui elle est intelligente et elle a de l’humour, mais elle reste quand même très à cheval sur les traditions, l’honneur, le fait qu’une femme DOIT se marier pour être convenable etc. Mais c’est peut-être aussi un problème de subtilité que je n’ai pas saisi.

    Je pense que c’est une question d’époque, dans l’Angleterre de 1900 on n’imaginait pas la vie d’une femme autrement. Jane Austen, l’autrice, était déjà très en avance sur son temps, en disant qu’une femme ne devait pas épouser n’importe qui à n’importe quel prix. C’est courageux de la part d’Elisabeth de repousser Darcy malgré sa richesse et elle se pose la même question avec le mariage de son amie Charlotte. Par ailleurs, l’autrice dénonce aussi dans sa description de sa société des clauses juridiques comme l’entail qui empêche les femmes de toucher un héritage.


  • Plume d'Argent

    @Litchie c’est pas faux, mais j’ai trouvé que c’était la même chose (dans une moindre mesure) avec Ophelie



  • @elikya

    Oui tu as sans doute raison, d’ailleurs le fait que Darcy au départ soit persuadé qu’elle va accepter sa demande en mariage te donne raison (il ne pensait pas possible d’être repoussé, avec sa richesse, etc). Donc héroïne oui, mais vraiment à replacer dans le contexte ^^’

    @Audrey-Lys Ah bon ?


  • Plume d'Argent

    @Litchie je l’ai trouvé bien plus déterminée et autonome dans le tome 3

    quand elle était séparée de Thorn justement


  • Plume d'Argent

    Bon, je vais partir du principe qu’on a droit aux héroïnes de films et de séries :-)

    • La Princesse Leïa dans la trilogie Star Wars, parce qu’à l’époque les filles comme elle dans les films et encore plus dans la SF c’était rare, parce qu’elle est intelligente, parce qu’elle a de (très) hautes responsabilités politiques, parce que malgré son histoire avec vous-savez-qui elle ne se définit jamais par ses relations amoureuses, parce qu’elle maîtrise la Force, parce qu’elle sait tirer au blaster, parce qu’elle a passé plusieurs semaines à se faire torturer par Dark Vador avec la certitude de mourir à la fin et qu’elle n’a pas cédé, parce qu’elle sait se sortir d’une situation compliquée sans recourir à la violence, parce qu’elle a étranglé Jabba à mains nues, et parce qu’elle est la plus courageuse du trio (en fait je m’en rends particulièrement compte avec cette énumération, mais cette femme est vraiment hyper-badass)
    • Arya, Sansa, Daenerys et surtout Brienne de Torth dans Game of Thrones. Les trois premières sont badass mais la quatrième est une combattante de génie, jamais définie par sa beauté, à l’honneur invincible et passionnée dans sa vie comme ses amours
    • Garance dans les Enfants du Paradis. Courageuse, intrépide, drôle, sincère, amoureuse d’une façon qui vous donne envie de l’être. Et surtout, elle est l’incarnation suprême de la beauté, de la femme, du désir amoureux, à 45 ans (et pas 45 ans maquillés), et ça c’est ouf
    • Enfin, Vienna dans Jonnhy Guitar. Une tenancière de saloon engagée dans un conflit à mort avec une riche entrepreneuse. C’est un western, avec une histoire classique de western (mettez la phrase précédente au masculin et vous verrez), sauf que l’héroïne est une femme (et la méchante aussi d’ailleurs), qu’elle est sublime et que le film date des années 50
    • Ah oui puis dans les bouquins toutes les héroïnes de Jasper Fforde. J’ai un petit élan d’amour pour Jennifer Strange mais Thursday Next (véridique) vaut elle aussi son pesant de cacahuètes.

    Quelle longue liste… Mais ça fait plaisir de voir qu’il existe autant d’héroïnes badass dans la culture, non ?



  • Je fais comme @Mouette je bascule sur l’option héroïnes de film et de séries (oui parce que j’ai un problème je crois, j’arrive rarement à accrocher aux personnages féminins quand je lis un livre, je sais pas pourquoi mais je me sens plus souvent proche des persos masculins(est-ce que quelqu’un d’autre vit ça? rassurez-moi!) mais du coup ce topic va me donner peut-être de nouvelles pistes, c’est cool…)

    Dans les films et les séries c’est différent, je pense que c’est parce que les persos sont incarnées par des actrices, et que de les voir, au lieu d’imaginer et de projeter, ça joue.

    Je vais pas lister toutes mes préférées ici mais vous donner simplement mes dernières en date, mon coup de cœur absolu, admiration totale car non seulement ce ne sont pas trois personnages, mais elles sont inspirées de trois personnes réelles, trois vraies héroïnes à la fois de l’Histoire et du quotidien…

    Bref, si vous ne l’avez pas vu, allez découvrir Les figures de l’ombre et leurs trois magnifiques héroïnes, film tiré du roman Hidden figures de Margot Lee Shetterly, et d’une histoire vraie.
    Elles sont inspirantes, dignes, brillantes, fortes, drôles, émouvantes: uniques.
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  • Plume d'Argent

    @bambi a dit dans L’héroïsme au féminin #RECTO :

    oui parce que j’ai un problème je crois, j’arrive rarement à accrocher aux personnages féminins quand je lis un livre, je sais pas pourquoi mais je me sens plus souvent proche des persos masculins(est-ce que quelqu’un d’autre vit ça? rassurez-moi!)

    Moi j’ai davantage ce problème dans les séries, mais probablement en grande partie parce que j’ai un problème avec la vision américaine des femmes.
    Dans les histoires que j’invente, j’ai de la peine à développer les personnages féminins. Dans ma jeunesse, je craignais que les jeunes filles et les femmes me ressemblent, alors je me contentais de personnages fades qui restaient au second plan.
    Maintenant, je crois que je manque de modèles inspirants : des femmes à forte personnalité qui ne soient ni des garces, ni des mères castratrices, ni des chefs d’entreprise à la plastique irréprochable, qui vont travailler en robe de soirée, très maquillées et juchées sur des talons aiguilles.


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