Comment stimuler sa créativité #Plume&Astuce


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    Comment stimuler sa créativité

    23 mars 2012 par Cricri et Carmae

    Manque de temps, manque de tonus, manque d’inspiration : qui ne connaît pas cela ? Je me suis aperçue que nous étions nombreuses, nous les plumes, à être régulièrement confrontées à des blocages. Ce qui est rageant, c’est quand on arrive à se dégager du temps pour écrire, qu’on a bien son histoire en tête, que nos personnages nous manquent, qu’on sait ce qu’on doit taper sur le clavier et que… rien ne sort.

    À quoi est-ce dû ? Comment surmonter la page blanche ? Ce sera le sujet de cet article. Pour l’occasion, j’ai eu un entretien éclairant avec Carmae, notre spécialiste en kinésiologie et artiste polyvalent.

    Allô, allô, hémisphère droit ?

    Commençons par une petite leçon de sciences. Notre cerveau est composé d’un hémisphère droit et d’un hémisphère gauche, vous ne l’ignorez pas. Mais saviez-vous qu’ils jouent chacun un rôle différent ? L’hémisphère gauche est le siège privilégié de la logique, de la rationalité, de l’analyse, de la rigueur. L’hémisphère droit est le centre de l’intuition, de l’imagination et de la créativité. Chacun contrôle le côté opposé du corps. « Hémisphère logique dominant : on fait les choses de façon séquentielle, avec un ordre établi, explique Carmae. Hémisphère intuitif dominant : on peut faire plusieurs choses en même, on fait comme ça vient. »

    Pour écrire, un auteur a besoin d’un bon équilibre entre rigueur et imagination. Or, nous sommes nombreux à pratiquer un métier ou à suivre des études qui nous poussent à développer les capacités de notre hémisphère gauche, au détriment du droit. Ce mélange de logique jusqu’au-boutiste et de stress permanent étouffent notre créativité. Difficile alors de trouver le bon état d’esprit pour écrire !

    Des mouvements pour se recentrer

    Parce que nous sommes d’abord un corps, c’est à ce niveau-là qu’il faut commencer. Carmae nous recommande des petits exercices faciles à réaliser.

    Le matin, au réveil, mettez votre corps en mouvement avec un peu de « crosscrawl » : c’est une marche sur place, en plus accentuée, où on va chercher à toucher son genou avec le coude opposé, alternativement, en impliquant le bassin, les épaules, etc. Au bout d’une trentaine de secondes, passez à « l’homocraw » : c’est la même chose, mais coude et genou du même côté. Ne vous interrompez pas en passant de l’un à l’autre, le but est de coordonner vos mouvements. Après trente secondes, revenez au crosscrawl. Respirez bien pendant l’exercice.

    « Ça ne garantit pas de devenir best seller, plaisante Carmae. Mais en croisant la ligne médiane du corps, on facilite la communication entre les hémisphères du cerveau. L’effet est neurologique, pas magique. »

    Vous pouvez enchaîner ensuite par trois massages. Debout, les pieds bien ancrés, dans une position confortable, posez votre main en cloche autour du nombril (comme si vous aviez cinq prises et que vous branchiez les doigts). De l’autre main, peu importe laquelle fait quoi, massez d’abord les creux sous les deux clavicules, en respirant profondément et en vous détendant. Puis, avec le pouce et l’index, massez les gencives du dessus et du dessous (sur la peau, ne mettez pas vos doigts dans la bouche). Enfin, massez toute la zone autour du coccyx.

    Ces trois stimulations aident le cerveau à se remettre en ordre, car les zones correspondent à des trajets de méridiens : les clavicules agissent au niveau du néocortex (la partie du cerveau où naissent les idées, la réflexion et la créativité), la bouche au niveau du limbique (le centre des émotions) et le coccyx au niveau du cerveau reptilien (instinct de survie, réflexes, sexualité, capacité de concentration et de compréhension).

    Lâchez prise !

    Toute la semaine nous sommes soumis à une tension mentale. On apprend, on révise, on analyse, on déduit, on calcule, on évalue, etc. Et quand arrive le soir ou le week-end, alors qu’on a un peu de temps à soi, alors qu’on a décidé d’écrire, la page reste blanche. Pourquoi ? On a le temps, on a les idées, qu’est-ce qui coince ?

    « Dans ces situations, on cherche avec notre mental, avec notre tête, et pas avec notre cœur, nous explique encore Carmae. Or, tout le jeu de l’écriture est de mettre la tête au service du cœur : l’énergie créatrice monte de là, et est formalisée en mots par le mental. Plus on réfléchit, pire c’est. »

    Dans ces cas-là, s’obstiner ne sert à rien. Il faut accepter cet état de fait et passer à autre chose, essayer de trouver à quoi l’énergie du moment est la plus propice, ce qu’on a réellement envie de faire, ici et maintenant. Ne vous enferrez pas dans la frustration, lâchez prise ! Il s’agit de suivre le courant de votre énergie intérieure.

    Et tandis que vous passez à autre chose – ménage, promenade, tricot, jardinage – laissez vagabonder vos pensées, rêvassez, plongez-vous en douceur dans une ambiance, mettez vos personnages en scène sans vous forcer. Si vous avez une idée, même un détail insignifiant, vous la notez et vous laissez reposer.

    Carmae m’a dit quelque chose que je trouve très vrai : « Le processus d’écriture est vaste et ne se limite pas à écrire. Penser à ses personnages, c’est écrire. Se relire, c’est écrire. Se corriger, c’est écrire. » Alors ne culpabilisez pas si vous n’êtes pas devant le clavier !

    Nourrissez votre créativité

    Créer une histoire n’est pas le plus difficile : une fois lancé, il faut continuellement se renouveler pour stimuler le lecteur (et l’auteur !), page après page, chapitre après chapitre.

    Or, les bonnes idées – celles qui vous remplissent d’excitation, celles qui vous donnent une envie impérieuse d’écrire – ne vous tombent pas direct dans la poche. Elles sont là, qui papillonnent en nous et tout autour de nous, mais il faut savoir les capter.

    Comment ? Cultivez votre curiosité. Observez bien tout ce qui vous entoure : les voyageurs du bus, votre reflet dans la petite cuillère du matin, les couleurs changeantes du ciel. Ne restez pas à la surface des choses, soyez attentifs, émerveillez-vous comme au temps de votre enfance et laissez-vous surprendre. Ne vous enfermez pas toujours dans les mêmes rituels. La routine a du bon, car elle empêche l’énergie de se disperser, mais il faut savoir la briser et vivre des moments d’intensité. Chaque semaine, prenez une heure pour faire quelque chose d’inhabituel : aller à une expo, reprendre contact avec une vieille connaissance, visiter des recoins de votre région que vous ne connaissez pas, parcourir un livre que vous n’auriez jamais eu l’idée d’ouvrir. Voilà l’inspiration au sens propre : se remplir d’un air nouveau.

    Encore merci à Carmae pour sa collaboration !


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