J’envoie mon roman aux maisons d’édition #Plume&Astuce


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    J’envoie mon roman aux maisons d’édition

    22 septembre 2010

    Quatre heures du matin. Vous avez les yeux explosés, le dos en compote, les doigts engourdis… et vous poussez des cris de joie qui retentissent dans tout le quartier. Vous venez de mettre le point final à votre roman ! Des mois, des années à ruminer, pianoter, douter, transpirer pour cet instant unique, entre deuil et euphorie. À votre entourage, vous marmonniez jusque lors, un peu évasif : « J’écris un livre… » Vous pourrez déclarer maintenant avec fierté : « J’ai écrit un livre ! »

    Tout à votre enthousiasme, vous lancez l’impression malgré l’heure tardive. Il n’y a pas de temps à perdre, vous pensez déjà à la prochaine étape. « J’ai publié un livre. »


    Il vous faut un plan de bataille

    En matière d’édition, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Inutile d’envoyer votre roman tous azimuts si vous ne prenez pas un minimum de temps, et de précautions, pour vous préparer à ce qui vous attend. Inspirez un grand coup et mettez le chapeau napoléonien. Le siège des forteresses éditoriales, ça se prépare !

    Renseignez-vous préalablement sur les maisons et ne retenez que celles dont la ligne éditoriale est susceptible de vous concerner. Consultez leur site web, s’il y en a : vous y lirez parfois des indications précieuses sur leur politique en matière de soumission de manuscrits. Vous trouverez des listes de maisons d’édition par pays sur Wikipédia. Tentez aussi votre chance auprès des éditeurs plus modestes, qui sont plus réceptifs aux nouveaux talents que les grosses boîtes déjà en place. En revanche, méfiez-vous des arnaques du web et des offres d’édition qui semblent trop alléchantes.


    Soignez votre présentation

    Vous avez votre listing ? Vous allez devoir user de tout votre charme pour ne pas finir à la poubelle comme un malpropre. Il est donc essentiel de vous relire et de vous faire relire pour nettoyer le texte de toutes ses coquilles, maladresses et incohérences.

    Inutile de prendre votre belle plume d’oie. Même si l’usage veut qu’on parle encore de « manuscrit » aujourd’hui, ce n’est pas un roman écrit à la main que vous enverrez aux éditeurs, mais un tapuscrit. Optez pour une mise en page aérée : des paragraphes bien découpés, un interligne de 1,5 point, des marges de 3 cm à gauche et à droite, une police Times New Roman de taille 12 et de couleur noire. Il faut que ce soit visuellement aussi agréable qu’un ciel par temps clair.

    Efforcez-vous aussi de vous rapprocher des normes typographiques adoptées dans le monde de l’édition : comment bien ponctuer son texte, comment présenter ses dialogues, dans quel cas (ne pas) utiliser l’italique ou le gras, etc. Pour cela, piochez des livres dans votre bibliothèque, des éditions francophones de préférence, et prenez exemple sur eux.

    Oh, et surtout, évitez les fioritures ! Plus c’est sobre, mieux c’est. Pas de polices fantaisistes, pas de caractères spéciaux, pas de lettrines, pas d’effets décoratifs, pas d’images. Oui, oui, ça fait joli, mais ça plaira très moyennement au maquettiste en charge de la conception du livre. Si votre récit a besoin d’une illustration (une carte, par exemple), joignez-la à part et expliquez en quoi elle est complémentaire du roman.


    Protégez-vous !

    Auteurs, pensez à protéger votre œuvre. Sans verser dans la paranoïa, soyez conscients qu’elle va être amenée à beaucoup circuler hors de votre champ de contrôle. En cas de litige, vous devez être capable de prouver votre paternité.

    Le plus simple et le plus économique est encore de s’envoyer à soi-même, par voie postale, une copie de l’œuvre (gravée sur CD-R en double exemplaire, par exemple) sous pli recommandé. Vous conserverez ensuite l’enveloppe chez vous… sans l’ouvrir, évidemment.

    Si vous préférez déposer une copie auprès d’un organisme spécialisé, la Société des Gens de Lettres, en France, assure une protection de l’œuvre renouvelable tous les quatre ans au tarif de 45 € ou de 10 € par an si l’auteur choisit l’empreinte numérique du service CLEO. Ils ont un site officiel très bien fait, n’hésitez pas à aller jeter un œil (http://www.sgdl.org).


    Faites bonne impression

    Vous allez devoir maintenant envoyer votre manuscrit. Imprimez votre roman, recto uniquement, et reliez le tout. Pensez à indiquer vos coordonnées en tête du manuscrit, on ne sait jamais. Certains éditeurs spécifient sur leur site web qu’ils préfèrent l’envoi par e-mail : dans ce cas, respectez bien leurs modalités.

    Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas de joindre un courrier à votre manuscrit. Présentez-vous en quelques lignes, faites un résumé de votre histoire, essayez de n’être ni trop promotionnel ni trop impersonnel. Montrez aussi que vous vous êtes un minimum renseigné sur la maison d’édition auprès de laquelle vous démarchez, c’est toujours appréciable ! Enfin, mentionnez que vous souhaitez récupérer le manuscrit en cas de refus : sinon, il risque d’être détruit purement et simplement. Ça fait mal au portefeuille et à l’amour-propre.


    Alea jacta est

    Et voilà, votre manuscrit vient de partir, il vole maintenant de ses propres ailes. Commence pour vous une période d’attente éprouvante pour les nerfs. Les maisons d’édition doivent lire votre roman parmi beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres. Certaines ne donneront pas de réponse avant des mois. Alors, ne grignotez pas vos ongles d’ici là…


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