S’inventer un monde imaginaire #Plume&Astuce


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    S’inventer un monde imaginaire

    10 juin 2009

    L’imagination en tant qu’acte de création pure est une idée reçue : on ne tire pas un univers original du néant comme un lapin de son chapeau. Une imagination, ça se travaille, ça se peaufine, ça se nourrit. Mais comment, me direz-vous ?

    Pour enfanter un monde imaginaire qui ait les reins solides, une documentation préalable est rarement une démarche superflue. Vous souhaitez vous lancer dans une histoire de fantasy médiévale ? Consultez les livres d’histoire, visitez un château-fort, renseignez-vous sur le vocabulaire propre à cette époque : vos recherches donneront de la texture à votre décor. Votre tasse de thé, ce sont plutôt les aventures de pirates, l’Angleterre victorienne ou un monde futuriste ? Le principe est le même.

    Ça peut sonner rébarbatif, présenté ainsi, mais vous pourriez y prendre plus de plaisir que vous ne pensez et être étonnés de tout ce vous apprendrez en chemin ! Une fois que vous aurez étoffé le décor de votre monde imaginaire, insufflez-y votre fantaisie propre. Dragons, elfes, nains, sirènes, minotaures, amants maudits et mauvais sort sont autant d’ingrédients dont on aime saupoudrer son conte de fée à soi. Ils ne sont pas très originaux en eux-mêmes mais, somme toute, c’est la façon dont on les exploite, dont on les dose, dont on les mélange qui composera votre recette propre.

    Il est d’ailleurs impossible de ne pas être influencé, nous avons tous nos modèles, nos grands classiques, ces œuvres qui se sont inscrites en nous et dont les échos se perpétuent au fil de nos lignes. Manque de personnalité ? Pas nécessairement. L’important n’est-il pas de rester le plus conscient possible des figures de proue qui nous imprègnent, histoire d’éviter de trop leur coller au train ? Essayez de diversifier vos sources d’inspiration, entremêlez-les, éclatez-les, reconstruisez-les au gré de vos humeurs au point de les rendre méconnaissables et d’accoucher d’une œuvre à la fois plurielle et unique.

    Toutefois, pour achever de rendre ce nouveau pays imaginaire propre à vous et à vous seuls -en un mot, original- il vous reste encore à y apposer votre touche personnelle. Ce petit quelque chose qui n’appartient qu’à vous, ce sont vos valeurs, vos convictions, vos souvenirs, vos symboles, vos révoltes, vos regrets, votre vécu…

    En fait, votre vie quotidienne, aussi ordinaire peut-elle vous paraître, pourrait se transformer ainsi en une source continuelle d’inspiration. Les héros que l’on s’invente sont souvent le reflet d’une facette de nous-mêmes et des personnes qui nous côtoient. Rien n’est jamais anodin dans l’écriture. Vous éprouvez des difficultés à donner du relief à vos personnages ? Ils vous semblent plats, sans épaisseur ni saveur ? Prenez la peine d’observer les gens qui vous entourent, faites ressortir leurs petites manies, leur charme propre, tout ce qui les rend drôles, détestables, fascinants. L’imagination se satisfait mal du vase-clos, elle plonge ses racines dans votre réalité. Le réel n’est pas qu’une toile grise et terne, de même que l’imaginaire ne devrait pas se résumer à une échappatoire à celui-ci.

    L’une n’est pas le contraire de l’autre. Ce sont plutôt les deux versants d’une seule et même médaille.

    Le saviez-vous ?

    La fantasy, imagination en anglais, est un genre littéraire dérivé du merveilleux, aux côtés du conte de fée, du mythe et de la légende. Il met en scène des mondes imaginaires, échos plus ou moins déformés du nôtre, et y déploie un éventail de peuples fabuleux, ainsi qu’un vaste bestiaire mythologique. La magie, les hauts faits guerriers, l’exaltation de la nature y sont des éléments récurrents.

    La fantasy se décline en de nombreux sous-genres ; on parle notamment d’Heroic fantasy, de fantasy historique, de fantasy urbaine, de fantasy mythique, de romantic fantasy et de science fantasy. Toutefois, JRR Tolkien, auteur incontournable du genre, parlait plus volontiers de faërie pour évoquer sa propre cosmogonie.

    En France, la fantasy est parfois confondue avec le fantastique, faute de posséder dans sa langue un terme parfaitement équivalent. Pourtant il existe une nuance entre les deux genres. Alors que le premier évolue dans un monde chimérique, le second plonge bel et bien ses racines dans la réalité. La tension de l’histoire fantastique repose sur cette friction entre surnaturel et repli rationaliste. Enfin, la fantasy n’est pas à fondre non plus dans la science-fiction dont la dimension imaginaire repose sur des explications scientifiques, et non magiques.


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