La maison dans laquelle


  • Plume d'Argent

    @cerise merci !
    Je sais pas pourquoi je choisis toujours des angles et des poses pas possibles :smile:



  • @Isapass ouaou je n’avais pas vu ton dessin, quelle intensité!

    est-ce que c’est la scène où Sphinx sort du “coma”, des mois après le “départ” des plus grands?


  • Plume d'Argent

    @bambi
    Merci ! J’aime l’intensité ;)

    je pensais plutôt à la scène de la fin, quand il revient sur les ruines de la Maison. D’ailleurs je voulais faire une lézarde dans le mur mais ça donnait rien alors j’ai renoncé.



  • Coucou à tous
    Bon j’ai mis longtemps à oser poster quelque chose d’un peu concret sur ma lecture de la Maison, à part avoir dit plus haut que c’était carrément un miracle littéraire et que j’avais même pas les mots pour en parler, j’ai toujours du mal à franchir le cap, c’est hyper impressionnant de parler de ce livre, tout ce qu’on voudrait dire c’est <3
    Mais allez ce soir je me lance sur un des trucs, attention, pavé de haut vol où je me la raconte trop, vous êtes prévenus.
    Plus sérieusement, ça m’intéressera bien de savoir si d’autres l’ont lu comme moi, ou si je suis juste à moitié dingue.
    Alors voilà : il est beaucoup dit par les critiques que ce livre parle d’adolescence, mais pour ma part, je l’ai reçu différemment.
    Je n’y ai pas vu la métaphore du refus de grandir et d’entrer dans le monde des adultes.
    Selon moi ce livre transmet autre chose : il traite de l’incroyable attraction, de la puissance et des dangers qui résident dans tout phénomène de création artistique.

    L’art on est d’accord c’est indéfinissable, pour certains c’est un langage, pour d’autres c’est un refuge, pour d’autres enfin c’est un passage entre un monde et l’autre, entre notre monde concret, réel, et le monde des idées, l’au-delà, l’invisible, quel que soit le nom qu’on lui donne, tout ce qui nous échappe, quoi.
    L’art c’est le moyen pour l’homme de se confronter à tout ce qu’il ne maîtrise pas, tout ce qui échappe à la raison, à la science et à la logique.

    Bref, selon ma lecture, dans toute la partie du roman qui se passe à l’époque de leur dernière année, les persos je ne les vois à aucun moment comme des ados qui ne veulent pas être adultes: je les vois comme des êtres humains plus ou moins impliqués dans un processus créatif, dans un rapport à l’art, différent pour chacun d’eux.

    Il y a en a qui sont complètement happés par ça, d’autres qui le repoussent au contraire, d’autres qui dealent avec tant bien que mal.
    Je vais vous faire le détail pour chacun des persos, vous verrez peut-être mieux ce que je veux dire.

    (Je parle évidemment de tous les passages qui se passent au moment où les persos sont ados (et pas les récits tapés à la machine par Sphinx qui relatent leur enfance)

    On commence avec Sphinx :

    Sphinx c’est l’artiste idéal, c’est le plus équilibré. Sphinx pour moi c’est le poète, c’est Orphée, le seul capable de passer dans le monde des morts et d’en revenir. Un pied dans notre monde, un pied dans l’autre.

    L’Aveugle :

    c’est l’artiste absolu, jusqu’au-boutiste, complètement consumé par son lien avec l’autre monde, sa connexion est si forte qu’elle le transforme trop profondément, qu’il perd tout sens de la réalité, qu’il perd aussi une partie de son humanité.

    Vautour :

    c’est l’artiste en souffrance et qui doit avoir recours à des drogues pour passer de l’autre côté. Parce que la vie l’a tellement éprouvé qu’il lui faut les paradis artificiels pour supporter le quotidien. Si je devais le rapprocher de quelqu’un, ce serait peut-être de Van Gogh.

    Bossu :

    c’est l’artiste qui a pleinement conscience des dangers, du pouvoir qu’il peut exercer sur les autres grâce à ses dons, pouvoir de fascination, attirance, voir manipulation, et qui fait tout pour refuser ce pouvoir. Il le fuit. Bossu aime l’art pour ce qu’il est, pas pour ce que cela peut exercer sur les autres.

    Lord :

    c’est l’artiste déstructuré, écorché vif, parfois tenté comme Vautour d’avoir recours à des substances pour passer de l’autre côté. Amoureux transi, évidemment. Peut-être que je le rapprocherai d’une figure Rimbaldienne. Ou de Kurt Cobain.

    Fumeur :

    certes, il dessine et il peint, et pourtant selon moi c’est l’artiste qui n’y arrive pas, qui n’atteint jamais l’autre côté, le côté de l’inspiration: il voudrait en être, mais n’y parvient jamais complètement. Fumeur observe finalement les autres, mais il leur reste extérieur, il ne les comprend pas, et ça le sépare d’eux. Il ne semble pas non plus avoir conscience de la force de ce qui se joue. Il est sur la touche, sans comprendre ce qui lui échappe, et ça l’attriste. Mais ça lui permet aussi de rester intact, de ne pas être emporté dans quelque chose qu’il ne pourrait pas maîtriser.

    Noiraud :

    contrairement à Fumeur il a conscience des choses, mais c’est celui qui choisit sciemment de rester le plus ancré dans le réel, amoureux du monde concret, de la réalité. Conscient complètement des risques qu’il y a à se perdre ans l’illusion, il est celui qui en est le plus effrayé, le plus horrifié. C’est pour ça qu’il se lie à Fumeur, qu’il entretient du coup un rapport si complexe aux autres. Il a peur de ce qui existe en lui, de l’endroit où tout ça pourrait le conduire. Et pourtant il a parfois peur aussi de la réalité.
    PS : rien à voir mais @Sorryf tu m’as fait trop rire avec ta théorie poulette, le yaoi Noiraud Fumeur, mais même en lisant deux fois je l’ai pas sentie, désolée XD Jte donne mon point de vue sur ton argument des posters de culturistes : moi je le vois plutôt comme le fait que tous, dans la Maison, ont une mentalité presque enfantine, sur certaines choses. Pour moi, Noiraud accroche simplement des images de types à qui il voudrait ressembler, et pas de types qui le séduisent. Un peu comme font les gosses avec leurs posters de superhéros, IronMan, Batman, etc…Bon je sais que jte ferai pas changer d’avis, mais voilà, c’était mon point de vue XD

    TABAQUI !

    Tabaqui alors pour moi, ce n’est pas une figure humaine. Bon je passe sur le fait que vous avez tous capté qui c’est bien sûr, son rapport au temps, à la Maison, tout ça. Mais ma théorie c’est que Tabaqui c’est AUSSI une figure du Personnage, je veux dire, les Personnages dans un roman. Les personnages dans les histoires sont intemporels, irréels, ils n’existent pas, on le sait tous. Et pourtant on les aime, on pense à eux, on a peur pour eux, on ne veut pas qu’ils souffrent, on les comprend, ils nous énervent, ils nous accompagnent, on grandit avec eux, et finalement ils nous influencent, ils changent notre rapport au monde : bref, ce sont des êtres de papier et pourtant on arrive à avoir avec eux des liens similaires avec ceux qu’on a avec les personnes REELLES et ça c’est un truc qui m’a toujours paru fou. Bref, Tabaqui dans la Maison au milieu des autres, c’est ça : c’est un perso de fiction, au milieu des humains.

    Reste le Macédonien…

    lui, je sais pas. Peut-être c’est l’introduction du religieux là-dedans, le rapport entre art et religion, je sais pas, j’ai du mal à cerner. J’ai eu beau lire l’œuvre deux fois il reste celui qui m’est le plus obscur, même s’il est attachant, à l’instar de tous les autres.

    Voilà, j’espère pas vous avoir trop saoulés avec ce pavé, bravo aux persévérants qui auront réussi à le lire XD , en relisant je me dis que c’était imbuvable, je me suis restreinte au max je pourrais développer sur ce livre et ces persos pendant des heures!


  • Plume d'Argent

    Rha @Bambi j’ai pas fini je sais pas si je peux lire



  • @Audrey-Lys désolée :(
    je pense qu’y a rien qui spoile concernant l’action, mais c’est mieux que tu le termines tranquille (d’autant que franchement je dis rien de transcendant hein, tu loupes rien XD mais quand t’auras fini tu me diras hein ;)


  • Plume d'Argent

    @Bambi je vais attendre alors. Pour l’instant je vois non pas des ados qui refusent de grandir mais qui peu à peu grandissent en passant par plusieurs étapes représentatives de l’adolescence. Mais je ne suis pas encore assez avancée pour en être sûre


  • Plume d'Argent

    @Bambi j’adore cette vision, que je trouve très pertinente aussi ! La peur de grandir, on peut dire que c’est le degré zéro de la compréhension, et perso celui qui m’a le plus parlé (la peur du monde, plutôt), mais il y en a une infinité d’autres et ta vision à toi est super, j’ai adoré lire ton développement

    pauvre Fumeur xD ! Lord- > Rimbaud j’approuve grandement !


  • Journaliste PAen

    @bambi a dit dans La maison dans laquelle :

    (Je parle évidemment de tous les passages qui se passent au moment où les persos sont ados (et pas les récits tapés à la machine par Sphinx qui relatent leur enfance)

    CE SPOIL !! :rofl:

    Même si je le savais déjà à cause des fanarts et parce que Sphynx a pas de bras, Sauterelle a pas de bras, ça fait trop de coïncidences pour qu’on ne fasse pas le rapprochement XDD mais n’empêche, j’en suis à la page 86 et on ne sait toujours pas qui a écrit à la machine normalement (enfin on sait que c’est Sauterelle, mais c’est tout xD )
    Du coup je me demande comment ça se fait qu’il a changé de pseudo ! Est-ce qu’ils changent tous de pseudos peut-être en rentrant à l’âge adulte ? En même temps ce serait bizarre, parce que quand ils sont adultes ils sortent de la maison non ? Mais ça pourrait expliquer quelques trucs… À voir !



  • @Léthé rahh purée mais t’as raison attends j’édite mon message et je mets les balises désolééée
    @Sorryf toi “le degré zéro de la compréhension”??? MAIS C’EST PAS POSSIBLE d’entendre des trucs pareils. :angry:
    Tu sais quoi, jcrois qu’en fait j’ai décroché du côté “ados qui refusent de grandir” parce que gamine j’ai fait partie de ces ados qui ont qu’une envie au contraire : grandir hyper vite, brûler les étapes. Peter Pan je l’ai jamais trop compris jcrois XD du coup c’est peut-être pour ça que j’arrive pas à adhérer totalement avec cette métaphore-là, et que je les sens tous adultes en fait quand je lis, mais évidemment que la métaphore principale ça reste celle du passage à l’âge adulte, c’est le sujet principal de l’œuvre!
    Enfin dans les deux visions toutes façons y a la même chose, le même enjeu: un rapport de force avec le monde réel, une recherche de réponses dans un monde alternatif, qui a autant d’attraits que de dangers.
    Et c’est aussi pour ça qu’elle est géniale toutes façons cette œuvre, parce qu’elle est multi-dimensionnelle.


  • Plume d'Argent

    @Bambi moi aussi je me suis faite spoliée à ce sujet là



  • @Audrey-Lys re-pardon :confused: mais par contre attends (tu peux lire ci-dessous)

    c’est Sphinx = Sauterelle où tu t’es spoilée? parce que ça arrive assez tôt finalement dans l’histoire ça, y en a qui le captent tout de suite (je sais que @Sorryf et aussi ma sœur l’avaient senti tout de suite, moi j’avais capté seulement au bout d’un moment, mais il me semble que ça arrive quand même relativement tôt dans l’œuvre , dès qu’on commence à entrer vraiment dedans, c’est pour ça que j’ai zappé les balises spoils au départ…
    Ou alors le spoil dont tu parles c’est quand je dis que c’est Sphinx qui tape à la machine les passages? Parce que ça, c’est pas un spoil, c’est jamais dit explicitement, ça c’est juste mon interprétation de ces passages mais si ça trouve c’est pas ça que voulait dire Petrosyan. Si ça se trouve en lisant tu vas penser autre chose!


  • Plume d'Argent

    @Bambi
    Ton analyse est intéressante ! De mon côté, je n’ai pas fait le parallèle avec l’art, mais je trouve tes définitions de chaque personnage très justes. Et j’adoooooore ta théorie sur Tabaqui ! Elle ne m’avait pas effleurée mais maintenant que tu le dis…
    Si je n’ai pas “senti” le lien avec l’art, je suis cependant d’accord avec le fait que le sujet principal n’est pas le passage à l’âge adulte. (Je passe en spoiler, désolée pour les plumes qui n’ont pas fini ;) )

    Pour moi, le passage à l’âge adulte, ce n’est qu’une “circonstance aggravante”. Le sujet c’est l’appartenance à quelque chose, à un monde dans lequel on tient une place, dans lequel on connaît les règles et les lois, si obscures soient elles pour ceux qui n’appartiennent pas à ce lieu. Tous ceux qui restent croient que la Maison est le seul univers qui soit fait pour eux : non seulement celui où ils se sentent bien, mais aussi le seul qui les acceptera tels qu’ils sont. L’anglais possède un verbe que nous n’avons pas : “to belong”. Ça signifie “appartenir”, mais ça comprend une notion d’acceptation, voire de désir. On appartient à un monde parce qu’on mérite sa place. Soit parce qu’on l’a gagnée, soit parce que c’est évident.
    N’importe qui peut ressentir ça : la peur de sortir d’un univers familier pour se confronter à quelque chose de nouveau, où on sait que ce sera moins facile. Sauf que dans leur cas, il y a les fameuses circonstances aggravantes : leurs 18 ans, leurs handicaps et le fait que leur monde, c’est la Maison.
    Le “passage à l’âge adulte” n’en est pas un, à mon avis, et c’est justement toute l’ironie. On ne peut pas devenir adulte à une échéance précise, il faut que ce soit un choix, il faut se sentir prêt. Or, ici, pas de choix possible : on les jette dehors. Ceux qui “sortent”, pour moi, ce sont ceux qui étaient “prêts” (ou presque).
    Leurs handicaps et ce qu’ils ont subi avant la Maison (cf. l’Aveugle), en plus, font que certains n’auraient jamais été prêts, ou ont jugés que le risque ne valait pas d’être pris. Parce que dans la Maison, leur différence n’a pas d’importance. C’est une des choses qui m’ont marquée : ils sont profondément conscients de leurs particularités, mais celles-ci ne sont jamais un problème. Mais ils savent qu’à l’Extérieur, elles en seront.
    Bref, la Maison peut être comparée au monde de l’art, à une école, à une famille, à quelque chose de plus spirituel, peu importe : ce qui compte, c’est que c’est LE monde auquel ils appartiennent, et dont on les oblige à sortir.

    @Audrey-Lys et Léthé

    Pour moi, ce n’est même pas un spoil, en fait : je ne crois pas que l’auteure a voulu créer un suspense particulier sur le fait que Sauterelle et Sphinx soit la même personne.



  • ouaou @Isapass je viens de lire en direct ton message (hyper rare jsuis connectée un matin xD ) c’est TROP TROP BEAU!


  • Plume d'Argent

    @bambi Ah bon ? ben merci :smile:
    Ceci dit, je me rends compte en relisant que j’ai encore utilisé mon ton de prof péremptoire, mais ce n’est que ma compréhension, hein.



  • “prof peremptoire” XD mais nan Isa on voit juste comme ce livre t’a touchée et comme il touche tout le monde justement! Et j’aime beaucoup ta référence au mot “belong”, c’est tellement ça…
    ça me fait penser à Creep de Radiohead
    " What’s the hell am I doing here… I don’t belong here….*" <3


  • Journaliste PAen

    Ah nan mais moi je m’en doutais hein XDD ça m’a pas choquée, mais pour moi l’autrice faisait encore planer le doute ! J’étais pas dupe à cause des fanarts et parce que ce serait bizarre qu’on nous mette des flashbacks de Jean-Michel Tartenpion qu’on revoit jamais :rofl:

    Mais ça reste un spoil xD


  • Plume d'Argent

    @léthé a dit dans La maison dans laquelle :

    des flashbacks de Jean-Michel Tartenpion qu’on revoit jamais

    Je suis désolée de te dire ça brutalement, mais je suis assez contente que l’auteure ait eu meilleur goût que toi pour les surnoms…


  • Journaliste PAen

    @Isapass Tartenpion, Faquin et Lola-Poupoune à la place de leurs surnoms de BG là, ça claque et ça reste en tête !

    T’es insensible à mon art de toute façon :cry:


  • Plume d'Argent

    @léthé a dit dans La maison dans laquelle :

    T’es insensible à mon art de toute façon

    Alors pas du tout (juste : ça dépend lequel)


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