Ecrire et féminisme



  • Je ne sais pas si certain-e-s ici sont attiré-e-s par l’écriture dans une thématique à visée plutôt féministe. A tout hasard, vu le nombre d’héroïnes romanesques qui gravitent et la littérature jeunesse qui fait de plus en plus honneur à des thématiques éducatives façon féminisme intersectionnel au travers d’encyclopédies, albums etc… je me dis qu’il doit y avoir des intérêts! Woplà! J’ai dit féminisme intersectionnel et tu ne sais pas ce que c’est, voilà de quoi pour t’en faire une idée:
    Créé par Kimberlé Crenshaw en 1991, le terme désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans une société.
    L’intersectionnalité permet d’intégrer les différences entre les femmes, permettant d’aller au delà de la notion même de féminisme. Ce prisme offre aussi un nouvel espace de visibilité aux femmes qui subissent à la fois le sexisme et le racisme et par extension, le sexisme et le classisme, le sexisme et l’homophobie, le sexisme et la transphobie, mais aussi transphobie, homophobie, classisme et racisme au sein du féminisme. De nouvelles voix s’élèvent pour permettre à toutes les femmes de se reconnaître dans la lutte pour les égalités femmes / hommes et femmes / femmes.
    (merci Les Glorieuses)

    Du coup, pourquoi ne pas se faire un petit topic (il ne m’a pas semblé en voir en dehors des héroïnes fantasy) où l’on peut poser ici nos lectures, nos écoutes, nos visionnages pour permettre à notre culture féministe de grandir et d’affuter nos plumes en l’agrémentant d’une connaissance inspirante ?

    Je commence pour donner le “go” et les admins n’hésitez pas à me dire si je n’ai pas vu un topic qui fait déjà ça ;-) après quoi je vais répertorier ici en vous citant toujours les ouvrages etc que vous recommandez :

    Podcast:

    Webzine/magazine:
    Les Glorieuses
    Cheek
    Madmoizelle
    Causette
    Roseaux
    Osez le féminisme! qui vous en référence plein d’autres
    Clara magazine
    Axelle magazine
    Le blog d’Emma <3
    Opalyne ( @Patbingsu )
    Humans for Women
    Chroniques de Giulia Foïs ( @Keina )
    http://www.crepegeorgette.com/ ( @Nana )
    https://www.fiona-schmidt.fr/ ( @Nana )
    Slate.fr - articles de Nadia Daam ( @Nana et @Keina ) et Titiou Lecoq ( @Nana )

    connexe sur PA ( @Nana ) :
    PAnthologie 2017 : http://www.forumplumedargent.fr/topic/43/panthologie-genre-s-octobre-2017
    http://www.plumedargent.fr/paen/tag/genre/

    Vidéos:
    Celles qui me furent vraiment utile pour mon poisson sans bicyclette


    Livres
    Essais:
    Actions scandaleuses et rebellions quotidiennes - Gloria Steinem (ma bible, bon j’exagère un chouilla, mais ce fut une révélation)
    Sorcières, la puissance invaincue des femmes - Mona Chollet (je ne suis pas en phase avec tout mais le point de vue historique est brillant)
    On ne nait pas soumise, on le devient - Manon Garcia ( une thèse passionnante à qui aime la philosophie et la pensée de Beauvoir ici disséquée et remise en question pour la mettre au goût du jour)
    La déclaration des droits des femmes et de la citoyennes - Olympe de Gouges (à trouver sur internet aussi, oh combien encore très actuelle)
    Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs - Brit Bennet (je suis restée scotchée )
    King Kong Theorie - Virginie Despente (trash, cru, dur, sensible du Despente quoi!)

    Dans les fictions:
    Le tome 1 de Muchachas - Pancol (un gros bim dans la figure, comment mélanger fictions et conditions féminines, bouleversant, c’est le seul les autres je n’ai pas autant aimé)
    La servante écarlate - Margaret Atwood
    Le cœur battant de nos mères - Brit Benett
    La couleur pourpre - Alice Walker

    Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage - Maya Angelou
    Captive - Margaret Atwood
    Beignets de tomates vertes - Fannie Flag
    Fleur du désert - Waris Dirie
    Le palanquin des larmes - Chow Ching Lie
    Balzac et la petite tailleuse chinoise

    Les romans de Ursula le Guin - la Main Gauche de la Nuit ( @Litchie et @Vava-Omete )
    Le Meilleur des Mondes - Huxley ( @Vava-Omete )
    Nous autres - Zamiatine ( @Vava-Omete )
    Les romans de David Brin ( @Vava-Omete )
    Ecarlate (When she woke) de Hillary Jordan. ( @Patbingsu )
    Les romans de Jeanne A-Debats et G.R.R. Martin ? ( @Mouette )
    Les romans de Nadia Daam ( @Keina )
    Les romans de Florence Porcel ( @Keina )
    Les Quatre filles du docteur March - Louisa May Alcott ( @Amande_Douce )
    La Couleur des Sentiments de Kathryn Stockett ( @Amande_Douce )
    Les chroniques du Radch, de Ann Leckie ( @Vylma )
    Le Grand Mystère des Règles de Jack Parker ( @Vylma )
    La princesse de clève ( @JDD )
    Mythologie ( @JDD )
    Les souffrances du jeune Werther ( @JDD )
    Elizabeth princesse à Versailles ( @Mary )

    BD/roman graphique:
    La charge émotionnelle - Emma
    Les culottées (@Babouhw et @Keina )
    L’ origine du monde - Live Stromquiste
    le manga Aromantic (love) story ( @Jupsy )

    Pour s’inspirer côté littérature jeunesse:
    Le choix - Désirée et Alain Frappier - La ville brûle (avortement, Histoire roman graphique)
    Les règles quelle aventure - Thiebault et Malle - La ville brule (menstruation, éducation sexuelle)
    De manière générale d’ailleurs La ville Brûle porte de chouettes idées lectures en la matière mais j’ai pas tout lu, y en a trop! …
    Histoires du soir pour filles rebelles 1 et 2 - Elena Favilini - encyclopédie répertoriant avec des portraits magnifiquement illustrés les femmes connues et moins connues de l’astronaute à la boxeuse en passant par l’artiste ou la politique, de quoi inspirer nos mouflet-te-s et nous avec ^^
    Comme un million de papillons noirs - Laura Nsafou, Barbara Brun - Cambourakis (album jeunesse, cheveux crépus, frisés, estime de soi, afroféminisme )
    La Tresse - Laetitia Colombani (album jeunesse adapté du roman éponyme)
    Les pointes noires - Sophie Noël - Magnard (roman jeunesse, afroféminisme, estime de soi )
    Frida - Lacombe et Perez - Albin Michel (une Artiste, des Artistes, un Beau Livre)
    Les éditions Talents Hauts sont au top sur le sujet ado, enfant, il y en a pour tous vive l’antisexisme!
    La passe miroir - de notre Cricri
    Fifi Brindacier
    Princesse Ugg ( @Vava-Omete )
    Chasseuse de Dragon ( @Vava-Omete )
    Drôle de famille ( @Vava-Omete )
    Rouge Tagada ( @Vava-Omete )
    Livres et affiches d’Elise Gravel ( @Vylma )

    Films/séries
    Black earth rising ( série netflix)
    The hours
    Les suffragettes
    Frida
    La couleur des sentiments
    Thelma et Louise

    Une affaire de femmes
    Tallulah

    A darker shade of magic de V.E. Schwab - série ( @Patbingsu )
    Je ne suis pas un homme facile de Eléonore Pourriat ( @Nana )
    Vaiana ( @JDD )
    One Day at a time. Version 2017. Netflix. série ( @Jupsy )
    Martin, sexe faible . série. Youtube ( @EcrYvaineDuCafe )

    Documentaires et conférences :
    City of Joy (Netflix)
    Les féministes à quoi pensaient elles ? (Netflix)
    Roe v Vade: la véritable histoire de l’avortement (Netflix)

    conférence de l’historienne Eliane Viennot écriture inclusive ( @Liné ) : https://effrontees.wordpress.com/2017/06/05/cafeministe-4-non-le-masculin-ne-lemporte-pas-avec-eliane-viennot/

    Spectacles
    Je parle toute seule - Blanche Gardin
    Chatons violents - Ocean

    Chattologie de Klaire fait grrr ( @Liné et @Keina )

    Articles:
    Littérature non genrée
    https://www.ledevoir.com/lire/542544/litterature-non-genree-pour-faire-eclater-les-cliches?fbclid=IwAR1ANAXSxANoMl4kQ9Xgq0ng8eYUc4TuzODlKHpVf2p5awqR070tmXtPlIs
    Transsexualité dans les romans jeunesse:
    https://revue.leslibraires.ca/articles/litterature-jeunesse/quand-la-transsexualite-s-invite-dans-les-romans-jeunesse
    Inclusion ou non-exclusion
    http://www.socialter.fr/fr/module/99999672/746/tribune_arrtons_avec_la_socit_inclusive__parlons_de_non_exclusion?fbclid=IwAR2MTMkez28NsQSl6J1BOWrV22iU00S6zB3dVREVV_OBTimEFT5cou4At2M#.XD9uuVS20Dg.facebook

    Que pensez vous de cette vague féministe qui envahit les étagères de nos librairies? (dixit ma libraire)
    Quelles sont les recettes pour un bon roman féministe?
    Politique et Féminisme dans un roman ça te parle ?
    Freud et les femmes dans les romans ? ;-)
    Comment intégrer le féminisme dans une optique de sensibilisation ou d’éducation auprès d’un public jeune (ado enfant) ?
    C’est quoi Ton féminisme au quotidien?
    Tu vois ça de quel œil ?
    Je n’irai pas du côté des héroïnes fantasy il y a un autre topic super intéressant sur le forum mais pourquoi ne pas s’interroger sur le comment monter un binôme ou trio ou groupes de jeunes sur un pied égalitaire pour briser les stéréotypes sexistes?
    Questions qui fusent ici, à creuser ensemble:
    Le féminisme c’est quoi? Y a t il un ou des féminismes ? Quels sont ils?
    Définition de roman féministe? Est-ce nécessaire?
    Roman féministe ou humaniste ? Les philosophies sont-elles basées sur un socle commun ?
    Différence entre un roman féminin (chick lit) et roman féministe?
    Y a t il réellement une existence d’un genre spécifique à la romance féministe et ses essais ou est ce à l’instar des mouvements humanistes part intégrante de la littérature générale ?
    Écriture inclusive, on en parle ? (débat en cours)
    Égalité des genres, stéréotypes, sexualités et écriture…

    On peut se monter un chouette topic à nous tou-te-s !
    EDIT: mise à jour de la liste avec vos recommandations ! :D



  • Ouuuuuh en voilà un topic qui me parle :grin: à suivre direct. Merci pour tous les liens je vais regarder ça.

    Étant grippée, je ne me sens pas de développer une réflexion aussi qualitative que ton premier post mais pour répondre de façon ultra baclée à tes questions :

    1) Que pensez vous de cette vague féministe qui envahit les étagères de nos librairies? (dixit ma libraire)

    Quoi ? Vous voulez dire qu’en 2019 on se rend enfin compte que les femmes sont des êtres humains et pas juste des seconds rôles ?

    2) Quelles sont les recettes pour un bon roman féministe ?

    Considérer les femmes (et pas LA femme) comme des êtres humains, avec leurs diversités et leurs faiblesses. Autant j’aime les héroïnes fortes, autant j’en ai marre que dans l’esprit de beaucoup héroïne “forte” (c’est à dire qui se bat hein généralement) = féminisme. Euh non. Un roman sur une femme au foyer peut aussi être féministe.

    3) Politique et Féminisme dans un roman ça te parle ?

    Virginie Despentes ?

    4) Freud et les femmes dans les romans ?

    Freud c’était un idiot.

    5) Comment intégrer le féminisme dans une optique de sensibilisation ou d’éducation auprès d’un public jeune (ado enfant) ?

    En considérant les femmes comme des êtres humains avec leurs diversités et… attends non, j’ai pas déjà dit ça ?

    6) C’est quoi Ton féminisme au quotidien ?
    Je fais chier tout le monde sur les questions d’égalité, de patriarcat et de masculinité :D

    7) Tu vois ça de quel œil ?
    Le féminisme ? Comme le fait de considérer les femmes co… oui ok j’arrête xD

    8) Je n’irai pas du côté des héroïnes fantasy il y a un autre topic super intéressant sur le forum mais pourquoi ne pas s’interroger sur le comment monter un binôme ou trio ou groupes de jeunes sur un pied égalitaire pour briser les stéréotypes sexistes?

    Le plus “simple” je pense pour briser un stéréotype (de manière générale) c’est de penser aux traits de caractères d’un personnage et/ou de ses relations avec les autres et imaginer si ce personnage était de l’autre sexe. Si ça semble bizarre, c’est peut-être (sans doute ?) un stéréotype :D

    Oh, et dans mes prochaines lectures j’ai entendu beaucouuup de bien d’Ursula le Guin parce que dans ses romans justement elle intègre les personnages féminins comme des personnages (et non pas juste comme des femmes). Il paraît que certaines femmes ont leurs règles (diantre !) dans ses romans. J’en reparlerai mieux quand j’en aurai lu un peu plus :D


  • Plume d'Argent

    @babouhw tu viens de me faire une déclaration d’amour :heart_eyes:
    Je trouve ta liste de bouquins géniale, parce que déjà Mona Chollet et Gloria Steinem quoi, puis Talents Hauts et La Ville brûle qui font un travail de fou. Tu as aussi les toutes jeunes éditions du Muscadier qui mettent assez souvent les pieds dans le plat, dans le bon sens bien sûr :wink:
    J’en aurais tellement des bouquins à proposer, mais je n’ai ce soir ni le temps ni l’énergie, mais un jour je le fais !
    Ensuite, pour répondre à tes questions:

    :thumbsup: Que pensez vous de cette vague féministe qui envahit les étagères de nos librairies? (dixit ma libraire)
    Je suis d’accord avec elle et avec @Litchie , avec une nuance toutefois. J’ai malheureusement très souvent la sensation que la fille badass est devenue une sorte de caution. Ton histoire peut être pas terrible, ou même parfois clichée, mais oh, regarde, je suis féministe j’ai mis une fille qui a le sens de la répartie. Ca me fait le même effet que “Je suis écolo, j’ai fait un herbier quand j’avais 5 ans”. Après, je ne peux qu’approuver, bien sûr, je ne veux juste pas que ça serve à se dédouaner pour autre chose ou que ce soit un simple argument marketing - parce que c’est des fois un peu ce qui se passe.

    :thumbsup: Quelles sont les recettes pour un bon roman féministe?
    Je crois pas qu’il y ait vraiment besoin de roman “féministe”. En revanche, on a besoin de bonnes histoires, bien construites, de mondes et d’univers cohérents, et de romans qui ne se conforment pas aux clichés en tous genres. C’est pas qu’une question de féminisme, je crois que c’est surtout une questions d’être plus humain et moins con. ( oui je vis dans le monde des bisounours :bear: )

    :thumbsup: Politique et Féminisme dans un roman ça te parle ?
    Margaret Atwood, si tu passes par là… :heart_decoration:

    :thumbsup: Freud et les femmes dans les romans ?
    J’ai pas confiance en un type qui a la phobie des fougères - dixit la fille qui a eu trèèès longtemps une phobie maladive des horloges comtoises… :upside_down:

    :thumbsup: Comment intégrer le féminisme dans une optique de sensibilisation ou d’éducation auprès d’un public jeune (ado enfant) ?
    C’est déjà apprendre à traiter les filles comme les garçons pareil, ne considérer personne comme des idiots, leur parler de consentement, apprendre à tout le monde à exprimer ses émotions et à les gérer, ouvrir le dialogue, sans tabou… Une fois ça, on pourra expliquer que les hommes comme les femmes sont des êtres humains l’un comme l’autre, et là, si on fait bien le boulot, c’est une affaire qui roule.
    C’est vaste comme question.

    :thumbsup: C’est quoi Ton féminisme au quotidien?
    Il s’exprime surtout côté boulot. C’est faire lire les culottées, ou des livres avec des personnages féminins puissants avec leurs forces et leurs faiblesses, à des ados, ne pas me conformer aux clichés, expliquer à une petite cliente de 10 ans que la seule règle, en lecture, est de lire ce qui nous fait vraiment envie, même si ça ressemble pas aux histoires pour les filles. C’est l’éducation des parents aussi, avec parfois beaucouuup de patience, que SI leur garçon a le droit d’aimer la série “Élizabeth princesse à Versailles”. C’est discuter de femme à femmes avec tous les âges, leur donner des livres qui peuvent libérer une parole, un état d’esprit, leur montrer qu’autre chose est possible, ou participer à leur démarche personnelle d’évolution.
    C’est raconter des blagues de c*l plus osées que celles de mes collègues masculins, parce que j’ai un esprit très mal placé et que c’est drôle, ou expliquer à ma collègue que c’est pas parce que ton chef est un mec que t’as pas le droit de lui dire que son idée est nulle.
    C’est risquer ma place en dénonçant le harcèlement sexuel de mon apprentie y’a deux ans.
    Et sinon j’ai appris à ma mère qu’un homme ça avait le droit de pleurer, d’être angoissé, de se sentir perdu. Je crois que ça a pas de prix.

    @litchie a dit dans Ecrire et féminisme :

    Le plus “simple” je pense pour briser un stéréotype (de manière générale) c’est de penser aux traits de caractères d’un personnage et/ou de ses relations avec les autres et imaginer si ce personnage était de l’autre sexe. Si ça semble bizarre, c’est peut-être (sans doute ?) un stéréotype

    Tellement !
    Je pourrais parler littérature et féminisme des heures, désolée pour le pavé :sweat_smile: mais merci pour le sujet :coffee: :cookie:



  • Roooo j’ai ri en vous lisant sur Freud !!! XD on pourrait développer mais là, il se fait taaaard et puis hein…Gloria et Mona en parlent de façon…un régal! Enfin tout est relatif étant donné le nombre de femmes qui ont été victimes de sa confrérie… maudit soit le barbu!
    D’ailleurs peut être l’avez vous vu passer mais il existe une très bonne BD qui parle justement de tous ces scientifiques fous et sadiques qui ont “étudié” le corps et le psyché des femmes:
    L’ origine du monde - Live Stromquiste- Rackam (des images dures…mais historiquement, on en apprend un paquet) et je dois absolument l’acheter ou l’emprunter pour le terminer (démarrage de la lecture en librairie jamais très pratique ^^ )

    @Mary sur le point de vue marketing, oui cette nuance est importante à souligner, c’est autant une évidence qu’une crainte dans le sens où les lignes éditoriales doivent continuer à battre le pavé en ce sens et ne pas s’arrêter sous prétexte que "ce n’était qu’un effet de mode post metoo , on s’en ait mis plein les poches mais y a un autre sujet qui fait le buzz maintenant! t’es plus dans l’jus coco! " , c’est aussi pour ça qu’il faut encourager les éditions militantes qui font de supers ouvrages avec conviction et éthique, eux ils seront fidèles au poste, les autres c’est une histoire de fric… ah lalala… (mais je tire peut être un peu trop le trait)
    les auteurs je crois que c’est différent, déjà on n’y gagne pas grand chose si on est édité, il faut sortir du lot, tenir dans les ventes, faire un best seller mais tout ça dans la réalité du livre c’est très dur à atteindre, loi du marché oblige… c’est une autre dimension, avant tout on essaie surtout (je suppose) de porter des messages ou de poser des réflexions, de se faire plaisir en écrivant et de provoquer le plaisir de lire (si possible). Le fric tant mieux s’il peut nous permettre de faire un plein de caddie grâce à un peu d’argent de poche supplémentaire une fois de temps en temps mais c’est une donnée tellement incertaine… (mais suis peut être bisounours) Bref je suis d’accord avec toi et @Litchie vous avez tellement raison sur les personnages “fortes” “badass” mais oh et les autres quoi!!! XD on se sent oublier! et du coup ce n’est pas très féministe (intersectionnel en tout cas^^ ) même si oui c’est important aussi que WonderWoman existe et Catwoman aussi , disons que ça a suivi son temps…on ne peut pas les dénigrer les pauvrettes :p Il y en a toujours autant toi qui est en librairie?


  • Journaliste PAen

    Pour apporter un peu de contenu sur le féminisme en lien avec PA - car c’est un sujet qui parle beaucoup à la plupart des plumes ici ;) - vous pouvez aussi lire la PAnthologie 2017 si ce n’est pas déjà fait : http://www.forumplumedargent.fr/topic/43/panthologie-genre-s-octobre-2017
    À la même période il y a eu un dossier sur le(s) genre(s) sur le PAen où ont été abordées pas mal de choses : http://www.plumedargent.fr/paen/tag/genre/ Et on y retrouve des références à des fictions PAennes qui abordent le sujet ! (bon le thème est le genre, mais en fait ça parle pas mal de l’égalité femme-homme donc bon)

    J’ajouterai à ta liste :
    Le spectacle Nanette d’Hannah Gadsby qu’on peut voir sur Netflix (ou ailleurs) qui parle d’égalité et de stéréotypes et de pleins de choses et c’est trop bien
    Les articles et surtout la newsletter de Titiou Lecoq sur Slate.fr - elle aborde très souvent le féminisme ou des sujets connexes et donne pleins de liens de choses à lire dans sa newsletter hebdo.
    Sur Slate aussi, les articles de Nadia Daam qui sont toujours hyper vénères mais hyper instructifs aussi xD
    Le blog de Fiona Schmidt <3 https://www.fiona-schmidt.fr/
    Et puis le blog de Crêpe Georgette, une référence et une mine d’or : http://www.crepegeorgette.com/
    Ah et j’allais oublier \o/ J’ai vu cette semaine le génial film Je ne suis pas un homme facile de Eléonore Pourriat, une réalisatrice qui avait sorti un court métrage il y a quelques années qui avait pas mal marqué. Elle reprend le principe, mais en film cette fois et c’est une claque, j’ai adoré !

    Bon ben je me rends compte que j’ai pas trop de livres dans mes ref en fait :grin:



  • Merci @babouhw pour ce topic bien intéressant, je m’abonne direct !

    Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet est sur ma PAL, je l’emprunterai à la bibliothèque
    La servante écarlate, de Margaret Atwood me semble intéressant, mais je n’ose pas le lire, j’ai peur que ce soit trop déprimant :sweat_smile:
    J’ai adoré Les culottées de Pénélope Bagieu

    J’ajouterais :
    Le travail d’Elise Gravel notamment ses affiches sur Les filles et Les garçons
    Le Grand Mystère des Règles de Jack Parker qui parle du sujet de façon non genrée, d’un point de vue biologique mais aussi sociétal
    Les chroniques du Radch, de Ann Leckie que je n’ai pas encore lu, mais qu’on m’a bien vendu. C’est une trilogie de SF (je crois) dont la société est décrite comme sexuée mais non genrée et dont les pronoms sont féminins par défaut. Le genre (ainsi que la couleur de peau) passe complètement au second plan, et quand on rencontre un personnage, on ne sait pas s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Cela pousse à se méfier de nos propres stéréotypes quand on lit, parce qu’on va par exemple assumer qu’un personnage décrit comme puissant va être un homme blanc alors que pas forcément…

    Je trouve que la sensibilisation d’un public jeune au féminisme passe certes par des personnages féminins forts (pas forcément l’archétype décrit par @Litchie ), complets, avec leurs spécificités et leur individualité (pas comme La Femme), mais aussi par des personnages masculins qui sortent des stéréotypes. Qui peuvent être sensibles, avoir des faiblesse, aimer des “trucs de filles”, exprimer leurs émotions.

    Et que la relation homme-femme ne soit pas montrée que par le biais de la romance, mais qu’une amitié forte puisse exister, pour cesser de voir les femmes uniquement comme des love-interest.

    Note : je suis très contente d’avoir appris que Freud avait la phobie des fougères @Mary . C’est une information dont je ferai bon usage.



  • Super tes liens @Nana je vais regarder ça, merci ;-)
    Ah oui Crêpe Georgette, bien vu! et ce film vu sur Netflix, il y est toujours, drôle et pas mal vu dans le concept avec Vincent Elbaz, c’est bien lui?

    Livres:
    Fiction
    Captive - Margaret Atwood, la série est également sur Netflix (c’est d’ailleurs elle que j’ai vu et je suis restée sur le popotin quant à la fin, c’est tellement…enfin…quelle maîtrise de l’effet surprise ! )
    Beignets de tomates vertes - Fannie Flag (Towendaaaa! à qui l’aura déjà vu ou lu comprendra ^^ lu et vu gamine pleuré, comme une madeleine dans les deux cas )
    Fleur du désert - Waris Dirie
    Le palanquin des larmes - Chow Ching Lie
    Balzac et la petite tailleuse chinoise -

    Littérature jeunesse:
    Mais comment j’ai pu oublier FIFI BRINDACIER !!!

    Spectacle humour:
    Blanche Gardin, son spectacle: je parle toute seule

    Blog:
    Humans for Women (d’ailleurs on peut participer à la création d’articles bénévolement) des étudiant-e-s de la Sorbonne qui font un travail de fou dont une féministhèque

    Films:
    The hours (Merryl <3 )
    Les suffragettes
    Frida
    La couleur des sentiments (le livre est encore meilleur)
    Thelma et Louise (of course)
    Une affaire de femmes (Huppert <3 )
    Julie and Julia (Merryl encore <3 )

    Documentaires:
    Les féministes à quoi pensaient elles ? (Netflix)
    Roe v Vade: la véritable histoire de l’avortement (Netflix)
    City of Joy
    Le premier cri (parler naissance est ce une question de féminisme ? en tout cas il y a des questions à se poser quant aux libertés propre à nos droits ou aux conditions dans lesquelles nous sommes prises en charge en France et ailleurs )

    Et sur France Inter, la chronique de Giulia Foïs , aujourd’hui c’était sur les règles et la dernière campagne de l’ong care.
    @Vylma Elise Gravel <3 <3 tes livres ont l’air bien attirants aussi! Ouh il y a matière!



  • @Mary et @babouhw Pour le côté marketing, oui tout à fait ! C’est un peu ce que je voulais exprimer quand je parlais d’héroïne forte. On peut avoir un roman avec une héroïne forte, mais pas du tout féministe.

    @JDD Détrompe toi, la personne la plus féministe que je connaisse est un mâle-blanc-cisgenre :D Après sur la question de la sensibilisation… oui le féminisme fait du bruit, mais pas la cause qu’il défend. La preuve c’est que toi-même tu trouves que c’est malsain. Or dans les faits, il y a toujours une énorme différence de traitement entre les femmes et les hommes. Et les déesses de l’antiquité sont des pimbêches qui n’ont que pour attrait d’être belles et vierges xD



  • @JDD j’ai peut être les yeux dans le croutard ce matin et le cerveau qui ne radie pas pardon d’office XD tu peux développer par rapport à la question des viols? En suède il se passe quoi exactement ?
    le dernier point que tu soulèves me fait penser à un film avec Mads Mikkelsen “La chasse” , un très beau film qui effectivement soulève tout à fait l’hystérie qui peut se développer sous prétexte d’une simple accusation infondée et la destruction de la vie d’un homme innocent, il y a également la difficulté perceptible d’être un homme entouré d’enfants (travail, etc…) ici j’ai un ami qui est animateur et travaille avec les ados dans une mjc, il me dit toujours laisser la porte de son bureau ouverte lorsqu’il reçoit un/une ado pour ne pas risquer quoi que ce soit quand je pense que nous femmes ne nous posons pas nécessairement la question (enfin, me semble t il, j’ai peut être tord) , il y a de quoi réfléchir. C’est dur d’exprimer ce point de vue, et c’est bien que tu l’emmènes ici.

    "Je trouve que le féminisme dans les pays développés à pris une tournure un peu malsaine personnellement."
    peux tu développer? c’est intéressant comme point de vue.
    Et maintenant je te fiche la paix, pfffouf! ;-)

    Et en parlant homme/liberté/éducation/paternité/choix de vie : Capitaine Fantastique avec Viggo Mortensen - une claque , un personnage décalé, féministe (éducation des enfants, valeurs transmises) chomkyste (surtout) libre (jusqu’à ce que…) … j’aime beaucoup ce type de personnage celui de Viggo ou de Mads… on ne peut rester indifférent-e-s , ils apportent à la réflexion ou brisent les clichés. ça fait penser à ce que tu disais @Vylma sur l’importance des personnages masculins …



  • @babouhw ce topic est très intéressant et je suis contente qu’il soit là !!!
    À ta liste de livres je rajouterai volontier Les Quatre filles du docteur March (si ça ne fait pas un peu vieillot) de Louisa May Alcott et La Couleur des Sentiments de Kathryn Stockett. Je les ais lu et ils sont absolument merveilleux :star:
    Dans La Couleur des des Sentiments les personnages sont très attachants et fort, et en plus il n’y a que des femmes !



  • @amande_douce quand j’étais petite je voulais être Joe (peut être t’aura t elle parlé aussi ?) ^^ c’était ma favorite dans le roman, c’est même elle qui a provoqué ce rêve de devenir écrivaine (bon j’y suis toujours pas mouhaha) ! Il y a un remake du film (celui avec Winona Ryder) qui va sortir avec Emma Watson… preuve que ce roman n’est pas si vieillot et toujours inspirant. ;-) curieuse de voir comment ils vont actualiser le tout…

    Oh oui la couleur des sentiments!!! J’ai pleuré mais qu’est ce que ces femmes sont belles dans leur combat, des portraits si bien brossés… <3



  • Le sujet est intéressant…
    Depuis quelques années avec mon mari on essaie vraiment de suivre/lire/écouter des choses sur le féminisme. Quand on en parle tous les deux, on se rend compte tous les deux qu’on a vraiment intériorisé des schémas venant des parents/amis/télé/environnement et que c’est pas toujours facile de les dépasser.
    En tout cas j’ai pas l’impression qu’il y ait une “vague” de féminisme en littérature, je lis assez peu de livres papier sur le sujet en lui-même (mais je lis assez peu d’essais en général), je préfère les articles en ligne, les blogs, threads twitter etc. Et de toute façon mes choix s’orientent naturellement vers des féministes (Nadia Daam <3 Pénélope Bagieu <3 Giulia Foïs <3 Klaire fait grrr <3 Florence Porcel <3 et j’en passe…)
    Et en terme de fiction, je me rends compte que de plus en plus mes goûts vont vers des récits qui intègrent “naturellement” des positions féministes. Par exemple, les histoires d’héroïnes (badass ou non) qui tombent systématiquement du bogoss-mystérieux-et-torturé-qui-en-fait-voir-de-toutes-les-couleurs-à-sa-belle, ben non. Ça marche plus chez moi. Je préfère quand l’héroïne tombe amoureuse du gars sympa, qui la soutient dans toutes ses épreuves et se montre compréhensif (les romans de Rainbow Rowell sont un bon exemple à ça), parce que 9 fois sur 10, c’est comme ça que ça se passe dans la vraie vie. (Bon, là c’est tiré de mon vécu personnel, à la fac je suis sortie pendant quelques mois avec un gars du genre bogoss-mystérieux-et-torturé et franchement, ça a été l’enfer. Et puis j’ai rencontré mon mari. Voilà.)
    Bref, à mon sens, si on veut éduquer les générations futures, il suffit de leur mettre les bons auteurs entre les mains… mais c’est sans doute plus facile à dire qu’à faire.
    Enfin, mon féminisme au quotidien… ben comme je le disais plus haut, j’essaie de déconstruire les schémas intégrés, même si parfois c’est dur (ayant un tempérament plutôt doux et passif, j’ai toujours tendance à “laisser faire”, heureusement que monsieur est plus vigilant que moi sur le sujet). Lui et moi on ne veut pas d’enfants, et c’est déjà une petite bataille qu’il a fallu expliquer à nos proches. On est d’ailleurs en train de réfléchir à une solution plus radicale pour éviter l’inconvénient de la pilule (ce bidule chimique que j’ingurgite depuis 20 ans sans m’être jamais demandé quels changements ça provoque), et il est prêt à passer sur la table d’opération (mais bon, pas tout de suite, on a d’autres soucis en tête pour l’instant)…
    (D’ailleurs, un truc qui m’exaspère au plus haut point dans les fictions, c’est la finalité “fonder une famille” sous-entendue dans toutes les romances !)
    Dans mes fictions, et notamment dans (Une Silfine), comme l’histoire a été commencée il y a longtemps, je pense qu’il y a encore des schémas inconscients qui traînent, il faudrait que je balade un oeil critique dedans pour corriger ça. Maintenant, j’essaie vraiment de faire attention à ça et, par exemple, d’écrire le schéma de romance que j’aimerais vivre et pas celui qu’on m’a fourré dans le crâne depuis l’enfance.
    Voilà, j’ai pas vraiment d’oeuvres ou d’auteurs à conseiller, mais je suis preneuse de tous les noms déjà donnés !



  • @Keina /! commentaire perso /Ah tiens c’est intéressant ce que tu mentionnes sur le bogoss-mystérieux-et-torturé… j’étais très attirée par mon ex pour ces raisons (et aujourd’hui je qualifierai notre looongue relation d’assez toxique) et mon chéri actuel est tout l’inverse : bienveillant, compréhensif, etc… et je me rends compte à quel point effectivement les oeuvres dans lesquelles j’ai baigné ont même influencé ma vie amoureuse :o !



  • on a bercé dans les histoires de bogoss-mystérieux-torturé genre dirty dancing (même si je l’ai toujours trouvé moche avec sa banane XD ) c’était typique, souvent dans ces films et histoires du genre ce qui prévalait c’était aussi la capacité de l’héroïne à faire “changer” le bogoss torturé (le piège pour nous) en bogoss-mystérieux-clean et ça existe encore hélas… mais on voit aussi de plus en plus prévaloir les côtés sombres de ces personnages et l’incapacité de l’héroïne a changer celui qui peut devenir le monstre (sauf si elle s’y soumet de plein gré et que ça fini en Grey ^^ )…
    je me demande combien on est à avoir connu ce genre de bonhommes…trop surement.
    Comme quoi encore une fois, il faut réfléchir à deux fois lorsque l’on créée pour ne pas laisser ces vieux clichés du prince charmant exister mais comme tu dis @Keina mettre le mec sympa (et tout autant charmant c’est juste qu’il n’est pas torturé lui) en valeur par une relation amicale ou amoureuse.
    Et c’est un beau cheminement que vous vivez avec ton partenaire, vous avez l’air de vous apporter beaucoup l’un l’autre ;-)


  • Plume d'Argent

    First things first : ces vidéos sur l’histoire du féminisme sont super.

    Now, le petit questionnaire.

    :urn: Que pensez vous de cette vague féministe qui envahit les étagères de nos librairies ?
    Bah je suis pas spécialiste du sujet mais bien que je sois d’accord avec l’augmentation générale des personnages féminins pas trop stéréotypés, je dirais pas que c’est une vague, plutôt un rapprochement avec le 50/50. Mais si la parité homme-femme c’est la submersion du tsunami féministe…

    :urn: Quelles sont les recettes pour un bon roman féministe ?
    Comme dit Litchie, un romans avec des personnages féminins bêtement humains. Et je rajoute une petite louche de mon cru : un roman pas plus hétéro-normé que la société dans laquelle nous vivons. Donc des personnages LGBTQ+ (je ne fais pas un manifeste ou quoi que ce soit, je dis juste que autant la représentation des femmes a clairement progressé, autant il reste du chemin à parcourir côté LGBTQ+, et ça me paraît être aussi une cause du féminisme (mais j’entends que vous puissiez ne pas être d’accord)).

    :urn: Politique et Féminisme dans un roman ça te parle ?
    Margaret Atwood (je n’ai aucune originalité @Mary) et Jeanne A-Debats (et G.R.R. Martin ? ça se discute).

    :urn: Freud et les femmes dans les romans ?
    Vraiment à part ses écrits sur l’inconscient qu’on étudie en cours de philo Sigmund est un territoire vierge pour moi.

    :urn: Comment intégrer le féminisme dans une optique de sensibilisation ou d’éducation auprès d’un public jeune (ado enfant) ?
    Ouhlà… Question casse-gueule. En leur faisant lire des romans féministes (évidemment pas que, mais il faut en lire, et il faut insister pour replacer les romans sexistes dans leur contexte, expliquer que c’est une représentation qui n’est plus applicable aujourd’hui) et en faisant des cours d’éducation civique sur le sujet (un cours sur l’histoire du féminisme par exemple, pour faire comprendre d’où vient le combat et pourquoi il est important).

    :urn: C’est quoi ton féminisme au quotidien ?
    Bah étant donné que ma prépa cinéma est une sorte de havre rêvé du féminisme, une safe place pour les femmes et plus généralement pour tout le monde, quelque soit ton orientation ou ton genre et où que tu te places par rapport à ces notions-là, et que vraiment tout le monde, homme, femme, homos, hétéros, cis, trans et autres, sans forcément être féministe, respecte les principes du féminisme, je dirai que mon féminisme au quotidien, c’est… bah, mon quotidien. Sérieusement. Ce genre d’endroit existe :-)

    :urn: Tu vois ça de quel œil ?
    Malheureusement, comme une nécessité toujours absolue, d’être féministe et de défendre le fémnisme. Il y a encore tellement de progrès à faire que je ne vois pas comment on peu se passer des combats féministes.

    Voilà… C’est drôle, j’ai été hyper-sérieuse dans cette réponse, je m’y attendais pas mais en même temps c’est un combat qui me tient tellement à cœur… Enfin voilà :green_heart:



  • Allez, je réponds aussi du coup ^^ et puis qui regarde Sex Education? paraît que ça vaut le détour selon cheek magazine.

    Que pensez vous de cette vague féministe qui envahit les étagères de nos librairies ? dixit ma libraire
    si cela pouvait être une norme et que l’on n’en soit plus à en faire ce type de constat ce serait ça de gagné, le féminisme ne devrait plus être une entité à part mais part intégrante à bien des romans, .comme cela devrait être courant dans la vie de tous les jours. Se sentir étonnée d’une telle “vague” n’est il pas aussi le tenant d’une société qui évolue vers du positif certes mais reste encore malade? Je rejoins également @Mary et @Litchie quant au problème du marketing (mais déjà développé plus haut)

    Quelles sont les recettes pour un bon roman féministe ?
    De l’humain encore et encore, tant qu’il y en aura continuer à sensibiliser sur différentes causes/luttes, tenter d’ouvrir les esprits, de dénoncer ou d’ouvrir sur un autre monde possible, faire grandir des individus que l’on croise tous les jours qu’importe le genre, l’âge, etc… révéler les beautés multiples de l’humanité, ces failles aussi…

    Politique et Féminisme dans un roman ça te parle ?
    Tant que les politiques ne seront pas humanistes et du coup féministes, qu’il y aura encore une gouvernance patriarcale ou que les politiques useront du féminisme pour arriver au summum de l’état et le mettre à la poubelle par la suite, oui, c’est nécessaire de l’aborder peu importe la fiction (la servante écarlate, la couleur des sentiments, le cœur battant de nos mères et tant d’autres qui embrassent des causes diverses puisque le féminisme est pluriel et de fait politique dans son combat)

    Freud et les femmes dans les romans ?
    J’aurais aimé que mon père lise un peu plus de romans anti freud que de trouver des solutions à ses problèmes paternel quant à sa bande de filles à élever au travers du barbu XD Freud et le féminisme c’est comme Fallope pour nos trompes, deux mondes aux antipodes l’un de l’autre!

    Comment intégrer le féminisme dans une optique de sensibilisation ou d’éducation auprès d’un public jeune (ado enfant) ?
    @Mouette a tout dit et @Keina avec, je rajoute que dans nos processus créatifs, utiliser l’humour pour déconstruire des stéréotypes sexistes c’est une bonne astuce (albums jeunesse, c’est pas mal) , la douceur des métaphores comme pour l’album des papillons noirs (magnifique) , avec les ados ont peut oser bien plus le féminisme se retrouve souvent (avortement, règle, recherche identitaire, expériences sexuelles, mais aussi lutte contre les discriminations etc…) mais je crois que le plus important réside dans l’ouverture d’esprit offert par les parents (c’est pas gagné) ou l’éducation nationale (c’est pas gagné) dès l’enfance où les modèles (familiaux particulièrement) sont importants, mimés etc…

    C’est quoi ton féminisme au quotidien ?
    Porter toutes ces valeurs jusque dans la tête de mes enfants? Reprendre les cours d’histoire de ma fille (puisqu’elle est la seule en âge) pour lui expliquer l’histoire des opprimé-e-s qu’elle recèle, en faire de même avec mon deuxième dès que possible et même chose pour le 3eme (pis c’est tout :p )? Montrer à mes enfants des modèles (on s’en fiche du genre) qui peuvent les faire rêver, leur donner des envies, d’être plus tard? Écrire dans une optique de sensibilisation? Agir bénévolement au planning du coin (bon d’accord, je n’y suis plus depuis num 3) mais ça fait partie de mon retour à faire. En fait c’est tout dans la question mon féminisme étant aussi notre féminisme avec zhom , il fait part intégrante du quotidien tout comme on essaie d’inculquer aux enfants la nécessité de respecter le Vivant (il n’y a pas que les humains sur terre ^^) …

    Tu vois ça de quel œil ?
    Tant qu’il y aura oppressions, il y aura luttes, tant qu’il y aura luttes il faudra des poings levés tout humains que nous sommes…
    Et pour demain penser à faire grandir le féminisme positivement dans la tête des plus jeunes…incorporer à tout ça le respect de dame Gaïa si les scientifiques disent vrai Gaïa s’en sortira nous bah…ça va être chaud (quoi qu’ils pensent trouver une autre planète non, pour refaire la même? ;-) )



  • Découverte côté série :
    Black Earth Rising :


    Un retour dans les mailles historiques du Rwanda , une protagoniste torturée par son passé, une réflexion quant à l’oppression des pays occidentaux sur l’Afrique … c’est sur Netflix ou BBC

    Et je ne sais pas si ici quelqu’un regarde Sex Education ? il parait que c’est pas mal du tout selon Cheek magazine (masculinité positive, LGBT+, etc etc… )

    Bon je m’en retourne à mes petites activités IRL et vous souhaite un dimanche douillet!


  • Plume d'Argent

    Je n’ai pas regardé Sex Education mais j’en ai aussi entendu du bien sur diverses plateformes de la part de personnes assez engagées dans la communauté LGBTQ+ et féministe en général.

    Pour répondre aux questions :

    1.Que pensez vous de cette vague féministe qui envahit les étagères de nos librairies? (dixit ma libraire)
    J’imagine que c’est plutôt une bonne chose, du moment qu’on n’entre pas dans la surenchère éditoriale avec un bouquin sur le féminisme ou qui se revendique féministe simplement pour vendre et sans réel intérêt dans le contenu (ça vaut pour toutes les vagues d’ailleurs, on a eu les vampires, etc.)

    2. Quelles sont les recettes pour un bon roman féministe?
    Pour moi, il faut des personnages cohérents avec notre époque et éviter d’entrer dans les clichés du personnage féminin super badass qui écrasent tout le monde et les personnages masculins qui ne sont là que pour souligner à quel point ils sont inutiles dans l’histoire.
    L’un de mes personnages préféré est Delilah Bard, de la série A darker shade of magic de V.E. Schwab car justement, il s’agit d’un personnage fort et indépendant mais qui a aussi ses faiblesses (sa force résidant justement dans la manière dont elle les acceptent), qui ne va pas refuser l’aide d’un homme sous prétexte qu’une fille ça devrait se débrouiller seule en toute circonstances et qui sait tout simplement passer outre la distinction homme/femme pour interagir avec les autres d’humain à humain. Du côté des personnages masculins c’est pareil. Je ne vois pas l’intérêt d’un personnage masculin en arrière plan, uniquement là pour souligner que l’héroïne n’a pas besoin de lui. Je suis à fond pour le travail d’équipe !

    3. Politique et Féminisme dans un roman ça te parle ?
    Je pense à Ecarlate (When she woke) de Hillary Jordan.

    4. Freud et les femmes dans les romans ?
    J’ai jamais trop compris ses bouquins…

    5. Comment intégrer le féminisme dans une optique de sensibilisation ou d’éducation auprès d’un public jeune (ado enfant) ?
    En évitant de transformer son bouquin en leçon de morale ? Pour moi la sensibilisation au féminisme se fait par la mise en contact avec des situations qui feront que l’on se pose des questions. Dans un roman pour un jeune public (ou une BD, ou un conte, ou peu importe), il faudrait montrer des personnages qui évoluent dans la société qui est la notre, se retrouve confrontés à des situations bien réelles qui font bondir (que ce soit des sujets dont on parle souvent comme le harcèlement de rue ou des choses simples de la vie courante, des petites réflexions du style “t’as tes règles aujourd’hui ou quoi ?”) et montrer comment les personnages vont aller au-delà et essayer de sortir de ce mécanisme où l’on finit par penser que c’est tout à fait normal. J’aimerais voir également plus de garçons/hommes qui entrent dans cette dynamique ! C’est bien de montrer des filles féministes, mais c’est aussi génial de voir que la problématique ne les concernent pas elles uniquement ! Car oui, les hommes ont le droit de pleurer, de vouloir faire un métier dit “féminin” ( * roule des yeux * ), de faire de la danse etc. sans que quiconque trouve cela anormal.

    6.C’est quoi Ton féminisme au quotidien?
    Faire attention à ces petits détails mentionnés plus haut qui essaient de rabaisser les hommes et les femmes chacun dans une position dictée arbitrairement par la société. J’ai la chance d’être prof, et de travailler autant avec des enfants, des ados et des adultes, et j’essaie toujours d’amener mes élèves à se poser des questions.
    Mon exercice préféré : la fameuse histoire de “Abigaël aime Tome” (à lire ici)
    A chaque fois qu’un.e élève me dit “et pourquoi c’est pas Tom qui a essayé de traverser la rivière ?” j’ai un petit sursaut d’espoir :)

    7. Tu vois ça de quel œil ?
    Surtout de loeil gauche, le droit voit moins bien.

    Et parce que, sauf erreur de ma part, elle n’a pas été mentionnée, je vous conseille de suivre la chaine booktube d’Opalyne qui présente régulièrement les Feminibooks (qui comme son nom l’indique, sont des livres à portée féministe) et organise cette année le Feminibooks challenge

    .
    Une bonne occasion de découvrir des bouquins sur le thème :)


  • Plume d'Argent

    Attention gros pavé de Vava râleur =D
    Mon mode grinch est encore activé, et j’aime jeter des cailloux dans les marres (mes excuses aux grenouilles !) toutes mes excuses d’avance si ça paraît agressif / méchant / Vavahien des mauvais jours, j’ai la gastro, mes règles (oooouuuh l’excuse clichée/sexiste xD j’ai honte) et c’est globalement un sujet qui m’irrite =D
    Mais je vous aime èOé



    Alors, avant de répondre, des définitions, histoire qu’on ne se perde pas en route :
    Concernant le mouvement appellé féminisme Larousse nous que c’est un « Mouvement militant pour l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société. » tandis que le CNRTL (le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) nous informe que le féminisme c’est un « Mouvement social qui a pour objet l’émancipation de la femme, l’extension de ses droits en vue d’égaliser son statut avec celui de l’homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique; doctrine, idéologie correspondante. » et Wikipédia de renchérir « Le féminisme est un ensemble de mouvements et d’idées politiques, philosophiques et sociales, qui partagent un but commun : définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. Le féminisme a donc pour objectif d’abolir, dans ces différents domaines, les inégalités homme-femme dont les femmes sont les principales victimes, et ainsi de promouvoir les droits des femmes dans la société civile et dans la vie privée. »
    Si on résume, l’idée principale est donc une égalisation des droits des femmes sur ceux des hommes dans tous les domaines, et non pas un écrasement du masculin par le féminin, ou une inversion matriarcale de la société.



    Concernant le sexisme, les mêmes sites nous disent que c’est une « Attitude discriminatoire fondée sur le sexe. » ainsi qu’une *« Attitude discriminatoire adoptée à l’encontre du sexe opposé » et que « Le sexisme1 désigne l’ensemble des préjugés ou des discriminations basés sur le sexe ou par extension, sur le genre d’une personne. Le terme peut-être utilisé soit pour les deux sexes soit pour les deux genres. Il s’étend au concept de stéréotype et de rôle de genre, pouvant inclure la croyance qu’un sexe ou qu’un genre serait intrinsèquement supérieur à l’autre2. Dans sa forme extrême, il peut encourager le harcèlement sexuel, le viol ou toute autre forme de violence sexuelle3. Le sexisme évoque également la discrimination de genre sous la forme des inégalités homme-femme4. »
    Soit le fait qu’on te discrimine sur la base de tes organes génitaux primaires ou secondaires, et ce qu’ils soient féminins ou masculins.



    Voilà, maintenant que ces deux définitions sont posées on va pouvoir attaquer la réponse, parce qu’elle est étroitement liée pour moi à ces deux dernières et aux choses qui m’énervent dans cette fameuse vague féministe / LGTB friendly / libérons nous des méchants hommes qui envahit en ce moment les rayons, l’internet, la vie et les conversations avec les gens au point de faire se fâcher des amis tout comme la vague végan / végétarien / omnivore etc nous à pris la tête durant les quatre ou cinq dernières années, le tout sans rien laisser derrière elle que des gens globalement mécontents mais ravis d’avoir pu défendre leur bout de gras.
    Cela fait des années que le sujet de l’égalité homme-femme, homosexuels-hétérosexuels, humains-humains, est traité de façon complexe, sérieuse, légère, approfondie, etc. et c’est bien qu’aujourd’hui on attire encore plus l’attention dessus via la littérature et les films grand public, parce que c’est important : Les humains naissent libre et égaux en droit.
    PAR CONTRE. Ce qui me GONFLE. C’est la déviation du terme féminisme pour partir sur le :

    • Les hommes sont de vils spoliateurs et de méchants esclavagistes
    • Il faut tout féminiser, après tout, la grande bataille c’est le langage èoé/
    • Je fais du féminisme parce que mon héroïne est une fille
    • Il faut arrêter de faire des héros garçons, c’est sexiste !
    • etc. etc. etc.

    Qui reviennent juste à inverser la tendance et le problème, en devenant sexiste envers les hommes et en plaçant les femmes en général en victime vengeresse qui va tout écrabouiller parce que bon, hein, ça fait des années qu’on nous écrabouille alors maintenant on veut taper pareil.
    Alors autant il y a des perles qui sont publiées grâce à cette mise en lumière du problème (bonjour Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers et Poppy et les métamorphoses!) autant y’a quand même énormément de bouses qui se contentent de surfer sur la vague en faisant du prosélytisme ou en roulant joyeusement sur les notions d’égalités au profit non pas d’une réflexion globale sur ce qu’on pourrait faire de mieux pour qu’on parvienne à un statut-quo sur les questions importantes, mais sur une façon de mieux écraser cette autre moitié de l’humanité qui possède un pénis et dont on met tous les membres dans le même sac, sans se poser la question de « et moi ? Comment je me comporte face à un homme ? Est-ce que je ne suis pas déjà sexiste en assumant de base qu’un garçon va préférer de l’enquête et de l’aventure au lieu d’une histoire calme ? Ou que lui c’est un roc solide parce qu’il a une grande carrure ? Et quel message j’envoie à mes enfants en leur disant « Ne met pas de robe, ne te maquille pas, ne pleure pas, tu es un garçons ? » »

    Parce que le sexisme ça va dans les DEUX SENS et que la question du féminisme, c’est d’obtenir que tout le monde soit traité de la même façon, aka au niveau du job, du salaire, des rôles dans la vie, mais AUSSI des clichés et des attentes.
    Que cieux qui n’utilisent plus les termes « garçon manqué » « girly » « elle est très fille » ou « c’est un vrai mec ! » lèvent la main. Les autres… on va commencer à réfléchir là dessus avant d’attaquer des diatribes concernant les méchants hommes qui écrasent les gentilles femmes.



    Le féminisme et le travail contre le sexisme c’est tout le monde, tous les jours, tous les instants, et pas juste un livre qui serait qualifié de féministe parce que le personnage principal est une femme ou parce qu’on à collé un E majuscule à la fin des mots pour faire de l’inclusion en chiant joyeusement sur la règle typographique qui veut que les majuscules, c’est pour crier ou marquer de l’insistance quand c’est pas en début de phrase (coucou Bâtir Aussi ) et qu’on féminise des mots (genre un médecin, une médecinE. Recoucou Bâtir Aussi oui j’aime pas ce livre xD)
    Et malheureusement en ce moment c’est ce qu’on voit énormément dans les rayons « grand publique » et « tête de gondole »… ce qui m’exaspère.

    Pour reprendre le post du début, j’ai vu que la Passe-Miroir était cité comme féministe et… j’ai beau avoir adoré les 3 livres, convertir le monde entier à cette série, je ne suis pas d’accord : la PM est un ouvrage jeunesse avec une héroïne forte, d’accord, mais pas féministe, on reste dans un monde où le mariage arrangé est une norme, où la place des femmes se détermine quand même par leur mariage et/ou leur capacité à faire des enfants, où la fille d’un dieu est méprisée parce que c’est une fille, et où l’héroïne est timide et n’ose s’affirmer qu’après son évolution de petite fille à femme et globalement pour sauver son monde / son amour et non pas pour révolutionner les mœurs. On est sur une histoire d’aventure avec une héroïne en personnage principal, point. Concernant le féminisme, Les Mystères de Larispem le sont plus avec un univers qui est de base basé sur l’égalité des droits entre les gens.
    (Comment ça le sujet du féminisme dans la littérature et ses déviances m’énervent ? Mais nooooooon XD)



    En résumé un peu moins déconstruit : le fait d’attirer l’attention sur les problématiques du féminisme et du sexisme, sur la question des droits et de leur égalité, sur la maltraitance physique et morale faite aux gens est une chose géniale, mais la façon dont la plupart des ouvrages le font sont très éloignés des « missions » de base du féminisme et de la lutte contre le sexisme pour que ça ne m’énerve pas. Il y a beaucoup d’histoire où on se retrouve en lutte violente contre l’autre sexe parce que ce sont tous des méchants pas beau (sauf le grand amour hein faut pas déconner) ou avec une héroïne forte mais finalement potiche, ou encore avec un monde actuel mais brusquement ultra tolérant où tout le monde est gay sans aucune réflexion de structure derrière, ou alors on fait du prosélytisme et. ça. m’énerve.
    D’autant plus que y’a de pure pépites dans ce qui sort / est sortit, mais que c’est noyé sous l’avalanche de caca.
    Oui parce que y’a ça aussi. On regarde que ce qui sort, et pas du tout les trucs géniaux qui sont sortis depuis un moment, qui proposent de vraies réflexion (David Brin, Ursula Le Guin pour les vieux auteurs, des romans comme Nous Autres aussi ou Le Meilleur des Mondes ou encore Rouge Tagada ou Drôle de famille en jeunesse. Ou Chasseuse de Dragon et Princesse Ugg qui réfléchissent sur les extrêmes des deux côtés en cherchant un juste milieu, et j’en passe) pour traiter la littérature égalitaire comme si c’était une nouveauté à la mode.
    En résumé : GRAOUH >w< Vava pas content.
    Surtout que beaucoup de gens pensent que s’ils l’ont lu, c’est que c’est vrai / la bonne chose à penser. Et prout. (oui c’est constructif XD)



    Quelles sont les recettes pour un bon roman féministe?
    Avant toutes choses, se demander si on veut faire un roman engagé ou pas. Parce que oui, un roman féministe est forcément un roman engagé à notre époque. Pour le moment, le féministe est un mouvement social de combat pour les droits et l’égalité entre les sexes, il faut donc aller jusqu’au bout de sa démarche, que ça soit dans le scénario, dans les personnages, dans les propos ou dans la structure : un roman féministe, c’est un roman qui veille a l’égalité de tous ses personnages dans un univers cohérent où cette égalité est possible et qui n’inverse pas la balance en spoliant les personnages masculins de leurs propres droits.
    Si la question était « quelles sont les recettes pour un bon roman féminin / féminisé » la réponse ne serait pas la même, avec plutôt une tendance à travailler ses personnages féminins et leurs interactions, leur mise en avant et le monde dans lequel elles évoluent, mais aussi l’importance de leur rôle et le fait de les sortir des clichés.



    Politique et Féminisme dans un roman ça te parle ?
    C’est juste obligatoire… à l’heure actuelle, on ne peut pas faire de roman féministe sans être politique… puisque le mouvement de base s’inscrit dans une lutte politique pour la reconnaissance de l’égalité des sexes et des droits dans le cadre de la politique, du travail, des salaires, du rôle social et de la façon dont les humains d’un même peuple sont considérés les un par rapport aux autres…


    Freud et les femmes dans les romans ?
    Euh là je considère qu’on sort du sujet… Freud à fait des grandes avancées dans la psychanalyse mais à fait l’énorme erreur de prendre les codes de mœurs très fermés de sa société comme étant une norme universelle…
    Après je dis pas, ses textes ont eu de l’influence, justement à cause de ce que je disais plus haut : ça a été publié, donc c’est que c’est vrai. Et aussi parce que ses idées de base sur la psychanalyse étaient révolutionnaires.
    Plus généralement, la question du traitement de la femme en Europe est vraiment parti en couille vers la fin du 14e siècle et le début de la Renaissance (Et le mythe de la femme objet du moyen âge alors ? Non ça c’est un autre débat Vava !) pour revenir en avant au moment de la Commune avec les idées communistes et socialistes (oh les gros mots !) et ensuite via la lutte de grandes dames comme Simone Weil par exemple. C’est toujours un peu flippant de se rappeler que sa grand-mère pouvait pas ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de son mari… et que sa tante a été l’une des premières en France à avoir son compte sans autorisation paternelle !



    Comment intégrer le féminisme dans une optique de sensibilisation ou d’éducation auprès d’un public jeune (ado enfant) ?
    En parler, en mettant l’accent sur le fait que l’égalité est à tous les niveaux, en bannissant certains mots de son langages, ainsi que certains automatisme quotidiens. Être à l’écoute, ne jamais se moquer, être ouvert à la discussion, faire réfléchir sur l’origine des mots ou sur certaines attitudes. Les enfants reproduisent très souvent les attitudes et habitudes de leurs parents, mais quand on les amène à réfléchir sur la question, ils trouvent assez vite les incohérences et osent s’exprimer.


    C’est quoi Ton féminisme au quotidien?
    Voir plus haut =D
    Bêtement, au quotidien, c’est arrêter avec « garçon manqué » (coucou ma fille, tu es un double échec!) « girly » (qui est ultra réducteur) ou autres termes génériques pour qualifier un enfant. De refuser d’avoir un rayon « fille » et un « garçon » dans la librairie. De toujours m’adresser directement à l’enfant et arrêter d’assumer que parce qu’on me demande de l’action c’est forcément pour un garçon. Essayer de parler de façon générique « qu’est ce qu’aime l’enfant ? » « C’est pour qui et quel âge ? Quel est son caractère, ses centres d’intérêt » plutôt que « il aime quoi ? » « Elle est plus fille ou garçon manqué » etc. Essayer de sensibiliser les gens à la problématique dans la vie de tous les jours non pas en faisant du prosélytisme mais en m’appliquant mes propres règles : l’emploi du neutre quand je peux, le fait de faire attention à la façon dont j’agis avec les gens et les messages que j’envoie. En privilégiant les ouvrages qui sont égalitaires mais toujours en respectant les goûts de la personne qui demande le livre, en traitant tout le monde de la même façon, femme ou homme, même si des fois ça donne des situations bizarres aux yeux des gens. Et en oubliant jamais que chacun, femme ou homme, est unique.
    Juste essayer d’être un humain acceptable (même si j’échoue souvent xD je reste un grinch à la base =D) en ayant le moins d’aprioris possible et un maximum d’ouverture d’esprit =)


    Tu vois ça de quel œil ?
    Un œil prudent et averti je dirais. Autant La Charge mentale d’Emma a pu faire bouger les choses, autant l’humain étant l’humain, c’est aussi devenu : je me décharge en toute bonne conscience sur mon compagnon ce feignant parce qu’il me charge. Au lieu de se dire « Hey… iel me dit « mais pourquoi t’as pas demandé ? » parce qu’iel n’a jamais été éduqué.e autrement que par « maman fait tout à la maison » peut-être qu’on peut en discuter et répartir ? ». On oublie trop souvent qu’on est nous même, nos compagnons et compagnes, élevés et éduqués dans un système qui nous donne nos habitudes et nos réflexes… et que comme ce sont les notre, tant que personne ne nous dit que ça les déranges, on se rend pas compte que c’est pénible !
    Pour moi dans la question de la charge mentale, tout le monde est en cause : la personne avec qui tu vis, qui à pas le réflexe de venir t’aider, et toi-même parce que tu as accepté ça comme base dès le début sans qu’il y ai discussion au préalable.
    La question de l’égalité, c’est l’affaire de tout le monde, de discussion et de débat, pas d’une partie unique de la population qui devrait se charger de tout parce que l’autre est malheureuse.

    Je n’irai pas du côté des héroïnes fantasy il y a un autre topic super intéressant sur le forum mais pourquoi ne pas s’interroger sur le comment monter un binôme ou trio ou groupes de jeunes sur un pied égalitaire pour briser les stéréotypes sexistes?
    Je pense que c’est une super idée =)
    Perso dans la Reine des Limaces, j’essaie de garder les relations de mes personnages aussi dynamiques et « neutre » que possible du point de vue de leur importance. Ce sont des gens qui sont proches déjà de base, intimes même, du coup… les faire se traiter les un les autres de façon égalitaire n’est pas très dur. La question se pose plutôt lorsque tu fais intervenir des antagonistes… parce que là tomber dans le cliché c’est super vite fait (et, avouons le, confortable pour ceux qui lisent comme ceux qui écrivent oh une périphrase pour éviter de dire le lecteur) et si tu te retrouve dans un contexte où les personnages ne sont pas proches du tout… Adrien Tomas à écris récemment un roman qui s’appelle Engrenages et Sortilèges qui est assez bien équilibré sur la question même si on y trouve encore quelque clichés…
    En fait, pour avoir des gens à pied d’égalité, suffit de les traiter comme on voudrait être traité tout en restant cohérent avec son histoire et le caractères de ses personnages non ?

    Toutes mes excuses pour le pavé x.x je n’ai pas encore lu les réponses des autres, je m’y met !
    Et mes excuses si j’ai vexé quelqu’un au passage ‘.’ c’était pas volontaire. J’vous dit, je suis indigne, j’ai pas encore lu les réponses des gens xD °s’enfuit°

    P.S. Si vous avec l’occasion de voir Martin Sexe Faible de Studio 4 sur youtube, faites-vous plaisir, c’est très réaliste dans les deux sens =D


  • Plume d'Argent

    @vava-omete a dit dans Ecrire et féminisme :

    Attention gros pavé de Vava râleur =D
    Mon mode grinch est encore activé, et j’aime jeter des cailloux dans les marres (mes excuses aux grenouilles !) toutes mes excuses d’avance si ça paraît agressif / méchant / Vavahien des mauvais jours, j’ai la gastro, mes règles (oooouuuh l’excuse clichée/sexiste j’ai honte) et c’est globalement un sujet qui m’irrite =D
    Mais je vous aime èOé

    Je t’aime aussi <3

    Juste pour dire, c’est pas la première fois que je te vois lancer un gros pavé, et je dois avouer qu’à chaque fois, j’ai beaucoup aimé tes réflexions, donc n’hésite pas à continuer ! Pas que les autres Plumes n’étaient pas intéressantes, naturellement ='D Mais ça fait plusieurs fois que je me le dis en te lisant Vava, donc fallait l’exprimer ! Ce que tu dis me parles beaucoup ^^

    Et je ne me lancerais pas dans une réponse, je n’ai pas encore poussé mes petites réflexions assez loin pour être satisfaite de ce que je pourrais dire ^^

    Mais pleins de <3 sur tout le monde <3


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