Le Young Adult (yay)


  • Plume d'Argent

    Perso je mettrai complètement l’étiquette YA pour la PM, les royaumes du Nords, et même Harry Potter (à partir du tome 4-5)…

    Après, quand un roman a un public cible, ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas être lu par d’autres personnes ^^. Nous avons tous lu et étudiés des romans dit “adultes” alors que nous étions mineurs (je n’était pas encore ciblée par la catégorie YA que l’on me faisait lire le ventre de Paris et cela fut une grande souffrance) . Et rien n’empêche un adulte de lire Harry Potter et la PM, ni même un album illustré de Claude Ponti qui cible des enfants.

    Les bons livres traversent les générations, voilà tout. La catégorie, sert surtout à ce que le lecteur sache qu’il peut s’identifier ou non en ouvrant le bouquin.
    Par exemple, j’aime toujours autant HP mais en relisant le 1, je n’arrive plus du tout à m’identifier au petit Harry, alors qu’en arrivant en 6ème, ça marchait très bien. Il est logique que je ne soit plus le public cible.

    Idem pour la Pm: c’est l’histoire d’une jeune femme qui arrive dans l’âge adulte, qui cherche qui elle est et se retrouve face à des interrogations plus ou moins romantique: héroïne jeune + quête identitaire + aventure épique + Love? = On est dans du YA haut du panier (parce que l’héroïne quitte ses parents et devient vite indépendante. Elle est traitée comme une jeune adulte et pas comme une grande ado)


  • Plume d'Argent

    Je trouve tous les arguments bons, résultat j’ai de moins en moins d’avis personnel sur la question, c’est un peu naze… mais ça me permet de réfléchir à partir de zéro, ce qui ne fait jamais de mal : P

    Pourquoi pas simplement jeunesse, ado, adulte ? Pourquoi “YA” ?
    Peut-être que le YA est simplement apparu récemment car la catégorie sociologique des “adulescents” est assez récente ? Et parce que les ados le sont - ado - de plus en plus jeune, le mot ado ayant remplacé le terme existant auparavant de “pré-ado”… c’est peut-être un simple glissement de vocabulaire : “enfant, pré-ado, ado, adulte” étant maintenant devenu “enfant, ado, YA, adulte”.
    Mais alors pourquoi ai-je le sentiment (à tort ?) de trouver plus de conformisme dans la catégorie YA dont je ne fais plus partie en terme de cible de lectorat que depuis relativement peu - à 30 ans c’est fini pour moi, je ne suis plus young, snif :cry: - que dans la catégorie jeunesse dont je devrais pourtant être encore plus éloignée ?

    Et pourquoi la PM a-t-elle été publiée en jeunesse ? Le YA c’est une sous-catégorie du “jeunesse” alors, qui regrouperai “enfant, ado, YA” ? Est-ce que les ME elles-mêmes ont la réponse ? L’adulescent est-il un “jeune” ou pas, si la société n’est pas capable de répondre à la question de façon claire, normal que les ME et nous non plus…

    A y réfléchir, peut-être que la question “qui achète le livre” a son impact ? En jeunesse, ce sont les parents, alors que les livres YA sont achetés directement par leurs lecteurs, et il est possible que le fait de devoir plaire à un double public “acheteur/lecteur” en jeunesse pousse à aller plaire aux deux, alors qu’en YA il n’y a que le lecteur à séduire, réduisant les contraintes, les thème sont peut-être plus utlra ciblés.
    Il y a peut-être un sentiment de “responsabilité” supplémentaire aussi tout à fait inconscient chez l’auteur jeunesse, qui a conscience de modeler à distance le lecteur très jeune à travers son récit, alors que l’adulescent est peut-être pris avec moins de pincettes et on lui donne de façon plus simple et moins détournée ce qu’il souhaite lire ?

    Ou peut-être que je me prends le chou pour rien est que le YA correspond comme beaucoup de plumes le disent et tout simplement, à la catégorie cible 15-25, dont les goûts sont suffisamment “évidents” pour que les moins bon auteurs et éditeurs tombent dans le piège de leur donner une pâtée toute faite de divertissement faussement profond, là où les meilleurs écriront et éditeront des choses bien plus intéressantes…

    Mais je continue à penser que le simple fait de plaire à plusieurs lectorats n’est pas un critère spécifique pour déterminer le YA… il y a des romans jeunesse qui y arrivent, des romans YA qui y arrivent… j’ai l’impression que l’universalité ne fait pas le YA, même si le YA peut tout à fait être universel (la phrase complètement bateau, tout ça pour ça… x’D)


  • Plume d'Argent

    @itchane J’avais lu un article sur le YA dans je ne sais plus quel magazine, et ils expliquaient relativement bien le phénomène. Le terme désigne tout les romans qui ont pour thème le passage à l’âge adulte (on peut donc parfaitement faire rentrer HP et la PM dans cette catégorie). De fait le lectorat cible est les adolescents [sont les adolescents ?] et les “jeunes adultes”, terme vague qui peut désigner aussi bien un étudiant de 22 ans qu’une mère de famille de 30. D’ailleurs cette appellation a été créé pour englober le plus de gens possible sans froisser personne ; les ados sont toujours contents d’être appelés adultes, les adultes préfèrent le côté “jeune”.
    La différence “jeunesse” ou “YA” est plus un choix de l’éditeur : certains ont des collections séparées (Robert Laffont et sa Collection R) d’autres ne différencient pas la jeunesse et le jeune adulte (Gallimard par exemple)

    @zénodote Absolument aucune idée 😅 Je n’ai pas d’autres informations concernant la collection. À creuser…



  • Je voulais vérifier avant de dire une bêtise, mais la séparation “livres pour enfants” et “livres pour jeunes personnes” existent depuis le XVIII / XIXe, et a été proposé par Sarah Trimmer (les jeunes personnes allaient de 14 ans à 21 ans pour elle) - une auteure de littérature jeunesse. Y a une évolution au fil du temps et surtout une résurgence avec HP (le tome 4, je crois).

    Après à notre époque, si un enfant a des parents qui lisent - beaucoup -, est-ce qu’il/elle ne peut pas être tenté•e de subtiliser un livre dans la bibliothèque ? Et plus que l’auteur jeunesse, si les parents sont prescripteurs, ce sont eux qui vont décider quel sujet est tabou ou non (je pense notamment à tout ce qui touche au corps humain). Tout comme, il y a des ados qui demandent à leurs parents certains livres et le contenu peut être… olé olé.

    Pour ce qui est du côté crossover, est-ce qu’un adolescent peut lire un roman destiné à des adultes en fantasmant sur le futur, tandis qu’un jeune adulte/un adulte va préférer s’évader plutôt que de lire un roman qui lui rappelerait ses galères quotidiennes ou les gens de son entourage ?

    Le YA actuel me semble aussi moins conformiste que la littérature pour adulte ? Sans doute parce que beaucoup d’auteurs sont issus des minorités et veulent donner une voix aux ados de maintenant, leur offrir des univers où ils existent.

    Sinon une thèse intéressante d’une étudiante finlandaise, “We are all adolescents now” sur la fiction YA :3.



  • Enrichie de la lecture des quelques ressources que j’ai pu trouver sur le sujet (spoiler alert, moins que ce que je n’aurai cru), je ne peux que plussoyer @niel dans son approche plus optimiste du YA. De fait, il y a des bouquins très bien qui ont écrit sur la thématique du #ownvoices avant la création de ce hashtag, mais le YA est soumis à la loi du marché qui fait que quand il y a un bestseller, une tripotée de bouquins sur le même modèle va sortir, parce que ça permet de mettre du beurre dans les épinards. De ce que j’ai lu, à la fois le YA est très intéressant, à la fois il souffre de ces pressions marketing mais qui, je pense, atteignent également les autres catégories littéraires (mais je ne suis pas très renseignée sur le sujet, peut-être que le YA est la plus touchée, et ce peut-être parce que les gens ont bien compris que si le bouquin plait, y a moyen d’en faire un film, et qui a grandi avec les réseaux sociaux qui permet de construire d’énormes communautés qui permettront d’attirer d’autant plus de lecteur.rice.s ?)
    Pour la petite histoire, le YA a peu à peu été reconnu à partir dee la fin des années 80, mais surtout dans les années 90 où deux prix ont commencé à lui être dédiés. Soit avant tous les réseaux sociaux etc. Je ne sais pas si le YA était moins compartimenté avant, mais il est sûr qu’on écrit plus de livres aujourd’hui.

    “Avant, ça donnait 10 autres livres du même genre, et aujourd’hui c’est 700, peut-être parce que c’est plus facile de reproduire un type de livre rapidement grâce aux avancées technologiques».” (Lizzie Skurnik, auteure de Shelf Discovery: the teen classics we never stopped to read interviewée par Slate)

    Et les livres ont leurs modes, tout comme le vestimentaire, les arts picturaux, musicaux etc. Ce qui explique en partie cette heu… genrification ?
    Le terme “adulescent” est apparu dans les années 70 mais se rapporte à un phénomène qui a débuté dans les années 60. (si vous voulez plus d’infos, dites me le que je fasse une :bread: à partir de ce que j’ai lu) Malheureusement, je n’ai rien trouvé sur le lien YA/adulescence, donc on ne peut que lancer des théories à la cantonnade. Mais il est clair qu’il y a une influence, d’ailleurs il y a de plus en plus de catégorisation des âges, justement parce que l’allongement de la vie, prolongation de la vieillesse et le changement de style de vie font que la répartition “enfant, ado, adulte” n’est plus trop pertinente - mais à voir ce qui réellement serait pertinent (cela resterait très théorique au final, car tout n’est pas bien compartimenté irl), et c’est d’ailleurs dépendant de la culture, par exemple dans certaines l’adolescent n’existe pas, on passe direct de l’enfance à l’adulte (d’ailleurs c’était le cas dans les sociétés occidentales auparavant!). Cette tendance à la catégorisation est présente dans toutes les sphères du marketing, or le marketing est partout, cette affaire se conclut (d’après moi) par une simple équation : 1+1=2.

    Et je ne résiste pas à la tentation de vous transmettre cette punchline de l’auteure de A wrinkle in time, l’un des livres YA qui a ouvert la voie à ce genre (d’ailleurs les éditeurs ne voulaient pas l’éditer parce qu’ils ne savaient pas dans quelle catégorie le caser :smirk: ) ainsi à qu’à l’empowerment des filles dans les livres :
    L’Engle herself suggested it was easy to make her protagonist a strong girl. “I’m
    a female,” she once said. “Why would I give all the best ideas to a male?”

    (merci Niel pour le lien de la thèse, je vais la lire incessamment sous peu !)


  • Plume d'Argent

    Toute réflexion faite, cette catégorie est bien pratique pour les gens comme moi, qui ne sont plus ni des ados ni de jeunes adultes, mais qui se passent volontiers de scènes de sexe et de violence.

    Au fait…

    dites me le
    Tu parles vaudois, maintenant ? Ce n’est pas une insulte : je suis d’origine vaudoise. :wink:


  • Plume d'Argent

    J’aurais pas dit mieux @Fannie , c’est pas parce qu’on est pas des enfants qu’on est des adultes !


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