Les ellipses narratives



  • Bonjour à tous,
    j’arrive à un moment compliqué de mon récit que je redoutais :

    • Mon personnage principal va aller faire quelque chose de peu intéressant narrativement
    • mais qui participe à la continuité scénaristiques.

    Du coup je ne peux pas supprimer cette action de mon récit, mais j’aimerai passer le moins de temps possible dessus.
    Mon idée initiale était de le dégager complètement de la continuité scénaristique, puis éventuellement le faire évoquer comme un acte passé, par exemple à travers un dialogue. (très anti “show don’t tell” j’en convient). Mais je me rend compte que je n’arrive pas à couper mon action pour “téléporter” le personnage dans le futur.
    Du coup je vient ici chercher des conseils.
    Comment gérer-vous vos ellipses narratives, ou les moment ou vous devez “couper” des passages de votre continuité scénaristiques pour des questions de rythme par exemple?


  • Plume d'Argent

    J’aime beaucoup les ellipses, je trouve qu’on ne les utilise pas assez. Certes le “show don’t tell” c’est bien, mais parfois il ne faut pas tout montrer quand même.

    Pour que l’ellipse passe bien, je pense qu’il faut combler le “trou de mémoire” en distillant des informations par-ci par-là sur ce qui s’est passé (dans un dialogue par exemple), histoire que le lecteur comprenne comment le personnage en est arrivé là.

    Sinon j’utilise parfois la technique de “l’avancée vers le futur avec retour en arrière” : tu téléportes ton personnage dans le futur en expliquant sa nouvelle situation. Puis tu reviens en arrière pour montrer comment il en est arrivé là. Ça permet de raconter tout l’enchaînement des événements en évitant que le lecteur se dise “attends mais il m’emmène où l’auteur là?”


  • Plume d'Argent

    Je suis tout à fait d’accord avec @Zénodote. Il vaut mieux une ellipse qu’ennuyer son lecteur et la question qui se pose est : où commence vraiment mon histoire ? Souvent, les auteurs (moi la première) commençent l’histoire avant que les événements passionnants ne se produisent et il vaut mieux décaler le début du roman plus tard, quitte à insérer des flash back.
    Les ellipses peuvent être plus ou moins brutales, selon la façon dont elles sont racontées (coupure franche, retour via un flash back, un dialogue…).
    Il y en a beaucoup dans Le Cirque des rêves par exemple, qui ne respecte pas du tout la continuité temporelle, mais cela contribuebau charme du roman.


  • Administratrice

    Longue vie aux ellipses :smirk:

    Pour ma part, je les utilise beaucoup. Bon, après, j’avoue qu’ennuyer le lecteur, je m’en cogne un chouia (eh ouais, chuis comme ça). C’est davantage pour rythmer l’histoire, pour faire rentrer tout ce dont j’ai envie. Si ça plait au lecteur, ma foi, c’est cool aussi. Mais ça ne sera pas ma priorité quand je vais écrire.

    En fait, je vois l’histoire comme un film et les ellipses sont des fondus. Et comme je suis dans une démarche minimaliste (oui, avec mes 20 tomes), je ne garde en fait que la moelle du truc. Donc les passages vraiment utiles au lecteur. Ce qui fait que les éléments des ellipses sont souvent laissées à l’imagination du lecteur. Ou révélés en pointillés pour ménager un petit effet de surprise, toussa.

    Bref, les ellipses sont un élément intéressant. Mais à manier avec prudence. A trop ellipser, on peut aussi paumer son lectorat :P Parce qu’une scène de la vie quotidienne n’est pas forcément à virer, elle peut aussi avoir un impact sur l’histoire, lui apporter quelque chose. Mais quand on commence à détailler le contenu de l’assiette de chaque repas du personnage sans but pour l’histoire, wep, il faut couper xD


  • Plume d'Argent

    Je ne me suis jamais posée la question, mais effectivement elle est intéressante.
    Si le personnage a beaucoup évolué et appris pendant l’ellipse , alors je te conseillerai de faire ce que j’appelle une “démonstration” dans l’action.
    Par exemple un personnage fait un entraînement offensif de six mois. Et bien je sauterai les six mois et intégrerais un combat où le personnage fait étalage des nouvelles techniques qui a apprises.
    En somme il fait le mettre dans une situation où il utilise ce qu’il a appris durant l’ellipse.
    Après je ne sais pas si tu peux l’appliquer dans ton livre.



  • Je pense que les autres t’ont déjà donné les meilleures pistes, et au risque de frôler la redondance, je dirais que si tu penses ennuyer le lecteur à raconter ce passage, ne le raconte pas. Tu peux ensuite soit faire un flash-back “bête et méchant”, genre passage d’un seul tenant, soit distiller par touches les conséquences de ce moment compliqué au travers de dialogues ou de détails disséminés, ou d’une introspection de ton personnage principal relative à ce moment …
    J’ai un exemple identique au tiens, que j’ai réalisé il y a quelques jours : mon personnage principal fait un déplacement où il rencontre un client avec 2 collègues. Je parle du trajet aller, puis PAF, paragraphe suivant, ils claquent les portières pour repartir, pas envie de parler de la réunion => debrief dans la voiture sous forme de dialogue, puis introspection de mon personnage


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