Journal, Selfjournal, Bullet, et autres compagnons de route



  • Bonjour,

    J’espère être dans la bonne section, que les Grandes et Majestueuses Administratrices me bottent le train si ce n’est pas le cas.

    Je me demandais, puisque nous écrivons tous ici, si certains d’entre vous tenaient des journaux intimes, des bullets, des planners, bref, des endroits où vous écrivez sur vous, et non pas sur vos histoires et vos personnages.

    :writing_hand_tone2: Si vous ressentez une différence dans le processus d’écriture, quelle est cette différence ?

    :writing_hand_tone2: Est-ce que cela vous apporte quelque chose en plus que la fiction?

    :writing_hand_tone2: Au contraire, voyez-vous cela comme un fardeau, ou quelque chose d’inutile?

    PS: Pour ceux qui se demandent d’où me vient cette idée farfelue, je me suis posée cette question en voyant la recrudescence de demandes que j’ai sur ce thème-là à la librairie.



  • @Mary tu veux dire le genre autobiographique ?
    Personnellement j’ai commencé un journal intime au cours d’une de mes dépressions, mais j’ai beaucoup de mal à écrire dedans. À chaque fois que j’y pense je me dis “plus tard”…donc je ne pose pas vraiment mes émotions sur le papier.
    En revanche je vais peut-être écrire des romans un peu autobiographique sur la précocité, une sorte de témoignage. Mais c’est loin d’être un projet abouti.



  • Intéressante question ! C’est vrai que ce genre de journaux est très en vogue en ce moment ^^ Et je ne fais pas exception ! :)
    Depuis janvier, j’utilise un bujo (aka “Bullet Journal”), qui me sert surtout à organiser ma petite vie et, dans une moindre mesure, mes sessions d’écriture ! J’aime la grande liberté que le système du Bullet Journal, le fait que l’on puisse s’en servir pour à peu près tout et n’importe quoi !

    Plus jeune, j’utilisais beaucoup de carnets pour me servir de journal intime. Mais je n’étais pas très régulière et je trouvais cela assez fastidieux de raconter mes journées ^^ Maintenant, j’ai un dossier dans mon ordi où je pose en vrac mes pensées. Parfois, il m’arrive d’écrire encore pour garder la trace d’un souvenir important, mais c’est rare.

    :writing_hand_tone1: Si vous ressentez une différence dans le processus d’écriture, quelle est cette différence ?
    Par rapport à un récit fictif, tu veux dire ? Il y a beaucoup de différences ! La plus notable étant que l’on ne crée pas, on raconte. On s’autorise aussi plus de liberté. En revanche, si une chose ne change pas pour moi, c’est le style : dans mon journal intime j’essayais de bien écrire (peut-être qu’un jour il se vendra :p ). C’est aussi un espace où je me laisse aller au lyrique.
    Pour le Bujo, peu d’épanchements émotionnels. Parce que je le trimballe partout et que je crains trop de le perdre, exposant ainsi ma vie émotionnelle au premier inconnu qui le trouverait…C’est peut-être un peu parano mais c’est pour ça que lorsque j’écris “pour moi” “sur moi”, j’écris souvent… en utilisant l’alphabet grec ou des caractères chinois ! :p Et puis, le bujo pour moi est un outil d’organisation.

    :writing_hand_tone1: Est-ce que cela vous apporte quelque chose en plus que la fiction?
    La fiction reste fictive, on peut donc tourner autour de notre vie,incorporant çà et là des inspirations de notre vie réelle, sans jamais pour autant la regarder en face. Et je dirais que parfois, c’est important de se regarder dans le miroir…

    Par contre je ne dirais pas que c’est plus “libérateur” que la fiction, chose qu’on entend souvent. Ecrire sur soi libérerait. Moi je ne suis pas d’accord ! Ce qui me libère, c’est de voir des personnages vivre une situation similaire à la mienne et la résoudre. Parfois d’une autre manière que je l’ai moi-même résolue, parfois en me laissant guider par eux vers ma propre résolution dans la vraie vie :)

    Ensuite je dirais qu’elle nous apporte quelque chose en plus pour la fiction :
    J’imagine (je parle ici du journal intime) que ça permet de mieux se connaître. Je suis convaincue que l’écriture se nourrit, à différents degrés, de nos expériences de vie.
    C’est pourquoi il me parait important d’effectuer un travail de digestion, d’introspection, de notre passé, de nos émotions, de nos joies, de nos peines. Le journal agit comme un moyen de jeter l’émotion brute sur le papier, pour ensuite l’utiliser retravaillée dans les romans. C’est aussi un moyen de retrouver l’émotion quand on a besoin d’elle en fiction. Imaginons que vous perdez un être cher. Vous écrivez dans l’intimité de votre carnet la tempête d’émotions qui vous happe. Quelques années plus tard, votre perso perd la personne qui lui était la plus chère au monde… certes, vous avez le souvenir de votre propre peine pour vous aider dans l’écriture, mais vous avez aussi cette version brute (brutale ?), exacerbée, qui dort dans votre cahier.

    :writing_hand_tone1: Au contraire, voyez-vous cela comme un fardeau, ou quelque chose d’inutile?

    Un fardeau : oui, quand on se force, par exemple à écrire chaque soir sa journée ^^ Je pense que cela devient inutile si on écrit par peur de l’oubli. Il y a une auteure dont j’ai oublié le nom qui faisait ça. Tous les jours, elle écrit ce qu’elle fait. Du coup, elle peut dire tout ce qu’elle a fait chaque jour depuis quinze ans xD Mais il y a à mon avis là-derrière une espèce de crainte ; la peur du temps qui passe et de passer soi-même… Pas sûre que ça soit sain…

    PS : Sorry for the tartine :bread:



  • @CielOrage Je n’aurais pas dit mieux en ce qui concerne ta réflexion
    Fallait répondre aux questions ? Oooops, je pensais qu’elles étaient juste là pour orienter



  • @audrey-lys a dit dans Journal, Selfjournal, Bullet, et autres compagnons de route :

    Fallait répondre aux questions ? Oooops, je pensais qu’elles étaient juste là pour orienter

    Je ne pense pas qu’on t’en voudra ^^ tu es libre de répondre comme tu veux aux sujets (comme l’a dit je ne sais plus quelle admin sur la boîte à idée: “on est certes une dictature mais une dictature gentille”)
    Moi je me suis appuyée sur les questions parce qu’elles guident ma réflexion (bébé apprentie philosophe que je suis) ^^

    Je suis curieuse d’avoir d’autres points de vue sur la question en tout cas. Le tien est intéressant, et ce que tu disais sur ton journal, cette difficulté que tu avais parfois à écrire, ça corrobore avec mon idée qu’il faut user de tout ceci avec raison et envie. Surtout avec envie. Certaines choses ont parfois besoin de passer à l’oubli…



  • @CielOrage Oui, et puis je n’ai pas l’impression qu’écrire dans mon journal m’apaise en vérité



  • Ooouh que de jolies réponses en revenant du boulot ! :D

    @Audrey-Lys Non, ici, tu réponds comme tu veux, ce que tu veux, si tu veux. Ici, tu es en sécurité :purple_heart:
    Je parlais de tout ce qui ne concernait pas directement la fiction, oui, mais plus spécifiquement des journaux personnels, des choses qui ne seront lues que par toi ou quelques rares élus. C’est la démarche intimiste et ce qui en découle qui m’intéresse, ce que ça apporte. Du coup ta réponse est tout à fait appropriée ! :)
    C’est important de dire aussi que des fois ça ne convient pas, qu’on a pas envie, ou qu’on y arrive pas ou que ça ne marche pas. Sur les émotions, j’avais lancé un sujet “Gestion émotionnelle de l’écriture”, tu peux aller y faire un tour si la question t’intéresse :wink:

    @CielOrage Toujours aussi prolifique à ce que je vois, mais j’adore ça :smile:
    Je n’aurais jamais la patience pour un bullet journal :rofl: surtout que je n’aurais pas tant de chose à noter dedans, je pense. J’admire les personnes qui s’y tiennent, j’ai déjà du mal à faire mes comptes - mais juste les miens, c’est ça qui est amusant (non).

    @cielorage a dit dans Journal, Selfjournal, Bullet, et autres compagnons de route :

    on ne crée pas, on raconte

    Différence fondamentale s’il en est, mais en fait tu m’ouvres les yeux :astonished: J’avais jamais vu ça sous cet angle, pourtant quand tu le dis c’est évident.

    Quand tu parles de l’introspection, etc, tu soulèves un point très important pour moi, c’est fou. J’ai souvent comparé mon projet du Lotus Noir comme une grande confrontation avec moi-même, pas forcément toujours des plus agréables d’ailleurs. Mais jamais je n’aurais pensé à faire un journal intime en fait ! Je n’y ai jamais jamais pensé ! J’en tombe des nues en fait :rofl: C’est vrai que la fiction se nourrit d’émotions, en temps normal, mais voir le journal comme un réservoir à émotions, autant que comme un défouloir ( quand tu parles de brutalité) , c’est effectivement très intéressant.

    Du coup, peut-on dire qu’il est possible de se servir du journal pour les émotions brutes et de la fiction pour les distiller ? :thinking:

    Après cela dépend de chacun bien sûr, tout le monde à une façon d’écrire qui lui est propre, et heureusement, sinon tout se ressemblerai ! Je suis typiquement le genre à me laisser submerger, voire asservir par mes émotions. Voilà plusieurs questions qui demandent réflexion.

    En fait, c’est assez génial de voir toutes les possibilités offertes par l’écriture au sens large. Et c’est chouette d’avoir un forum pour en parler, aussi !


  • Journaliste PAen

    Oh ça parle de carnets, ici ! Bon ok, pas spécifiquement de carnets, mais qui dit journal et bujo dit généralement carnet, alors j’accours 8D

    Je tiens mon journal depuis le 25 décembre 2007 ; j’avais 11 ans quand j’ai commencé, j’en ai 22 maintenant. Ça fait donc la moitié de ma vie ^^ Il y a eu des périodes plus ou moins assidues dans l’écriture, mais je n’ai jamais arrêté pour plus de quelques semaines / mois et je n’arrêterai probablement jamais maintenant. Ça fait vraiment partie de mon mode de vie d’avoir ce support papier où je gratouille quand l’envie me prend.
    J’aime bien ce que CielO dit sur le journal qui serait comme un réservoir à émotions pour l’écriture de nos histoires ! Je ne sais pas si c’est réellement le cas pour moi, mais il est clair que l’écriture du journal vient nourrir celle de mon histoire, ne serait-ce que parce que ça m’entraîne à écrire. Les idées me viennent différemment quand j’écris à la main. Avant je réfléchissais à mon histoire dans mon journal, mais j’ai décidé de séparer nettement ces deux choses-là et j’ai pris un carnet spécial pour mon histoire. Par contre, il arrive que je fasse référence à mon histoire quand j’écris mon journal (en comparant ma situation ou mes sentiments à ceux de mes persos, par exemple).
    Pour le rôle de mon journal, il est en partie mémorisateur. Sans être aussi maniaque que l’auteure qui écrit tous les jours, il y a quand même des choses que je tiens à raconter. (et c’est trop bien de relire ça des années plus tard) Autrement, mon journal est un défouloir. Une sorte de Pensine, en fait ! Ces derniers temps, il est arrivé fréquemment que je rédige une “Liste des choses qui m’empêchent actuellement de dormir”. Ça m’aide de fixer les choses à l’écrit, ça exorcise et ça organise. Et tous ces carnets sont l’illustration de mon évolution. Je peux les relire en me disant “j’étais cette personne-là à ce moment-là, maintenant je suis une personne un peu différente”. Et j’adore chercher les souvenirs de micro-événements qui ont débouché par la suite sur de grands bouleversements dans ma vie ^^ Ça me permet de me rappeler que tout peut avoir une importance, selon la place qu’on lui fait, et donc d’être attentive à ce qui se passe autour de moi pour saisir les occasions quand elles se présentent. Donc je dirais que ça m’apporte des choses très différentes de la fiction !

    Si je compare ma façon d’écrire mon journal à ma façon d’écrire mon histoire, je dirais que la première est plus spontanée que la seconde, forcément. Je fais moins attention à ce que ce soit joli dans mon journal, mais parfois c’est justement grâce à ça que c’est joli. J’essaye de capturer ce sentiment de lâcher prise que je ressens en écrivant mon journal pour le ressentir aussi quand j’écris mon histoire. Parce que justement, je n’ai pas envie qu’on ait le sentiment que je crée, à la lecture de cette histoire ; je veux raconter.

    Sinon, je n’utilise pas de bujo proprement dit mais en fait, ça fait des années que j’applique un peu le même principe avec mes listes de trucs à faire. Mon agenda pourrait ressembler à un bujo avec toutes ses couleurs, et j’adore ça :grin: Mais le bujo en lui-même ce serait too much pour moi, je préfère m’en tenir à un agenda normal (paperblanks de préférence <3 ) et l’exploiter au maximum de sa capacité.

    J’ai répondu un peu en vrac aux questions, sorry :x intéressant sujet en tout cas !!



  • @EryBlack Je suis dans la team Moleskine, sorry not sorry :wink:
    Je prépare tous mes chapitres à la main dans mon carnet quand j’écris.

    Nan mais 11 ans de journal quoi. C’est à peine croyable, c’est absolument énorme ! Tu dois trouver des carnets remplis aux quatre coins de ta chambre ! Je suis admirative !
    J’ai pensé à la notion de Pensine pas plus tard que tout à l’heure, après avoir répondu aux derniers messages. Je pense que ça doit avoir un effet libérateur, au moins temporaire. Comme quand tu racontes quelque chose d’important, bon ou mauvais, à quelqu’un qui t’es cher ; juste, tu te le racontes toi même.
    Les rares fois où j’ai écrit pour moi, je sais que je n’avais pas du tout le même style que d’habitude - et c’était pas joli joli :rofl:
    Tu as raison de dire que pour qu’un récit soit crédible, il faut qu’il ait l’air raconté. Quand un auteur invente sans que ça serve à quelque chose, une solution un peu facile à un problème parce qu’il avait la flemme de tout réécrire, t’as l’impression que c’est un mauvais magicien qui sort un lapin du plat à gratin, ça se voit gros comme une maison. Il faut que ça a l’air vrai pour que la narration fonctionne jusqu’au bout.
    En fait, nous sommes des illusionnistes !
    instant poésie



  • @Mary @EryBlack @CielOrage
    Si le journal peut être un moyen de se relâcher, ou une corvée (au choix) à mon avis on peut le voir comme une étude de sois-même. Je veux dire, en écrivant ses émotions et les évènements de notre vie, on les organise dans notre tête, cela permet de se mettre de l’ordre dans la caboche, de chasser les nuages qui embrouillent les pensées si je peux métaphorer (verbe totalement inventé et assumé) ainsi. Même si, pour moi qui ai peur du temps qui passe, c’est aussi un message adressé à son moi du futur. Imaginez que vous écrivez des crasses sur vos parents quand vous êtes adolescents (ce qui a du t’arriver je suppose Ery), les relire plus tard, alors que vous avez mûri, vous permet de regarder le chemin que vous avez parcouru, de vous rapprocher de votre passé. Je tiens un journal, depuis des années, de mes projets de livres, à chaque fois que je le relis, je raille certains titres et en ajoute d’autres. Les histoires qu’ils représentent me parle de mon état d’esprit, je me souviens de ce que j’ai pensé en les écrivant. Je ne sais pas comment l’exprimer…au Japon, cela se fait beaucoup de noter un message à son soi du futur et de le lire 10 ans plus tard, c’est même un exercice pratiqué à l’école. L’écriture permet ainsi de se rapprocher du passé désormais inaccessible ou de se souvenirs des bons ou mauvais moments…

    Je ne sais pas si je me suis exprimée clairement…je pars vraiment dans un trip poétique et philosophique je crois que faut que je me calme :confounded: J’ai pas fait de hors-sujet au moins ? :stuck_out_tongue:



  • Sujet très intéressant :D

    Pour ma part je ne tiens pas un journal “classique”, il est intime mais il ne dit pas ce que je voudrais qu’il dise. Ce que je tiens c’est un journal des Rêves. J’ai commencé à le tenir fin juin-début juillet de cette année en espérant parvenir à faire des rêves lucides (chose qui n’est pas encore arrivé :p). En me renseignant sur le sujet j’ai vu que les rêves étaient l’endroit où ton inconscient refaisait surface pour venir parler à ta conscience (si on arrive à l’identifier dans le rêve). Au début c’était pour ça que j’écrivais presque chaque matin le rêve que je venais de faire s’il ne me glissait pas en les doigts. Mais après plusieurs expériences de rêve vraiment étrange à la Alice aux pays des Merveilles, j’ai continué plus pour voir quelle drôlerie mon cerveau pouvait me faire voir. Outre cet aspect, il me confronte aussi à ce que je m’avoue à demi-mot. J’ai tendance à occulter mes sentiments et mes émotions privilégiant ainsi la raison et la logique (ce qui ne s’oppose pas en soi) mais j’ai dû accepter leurs présences malgré moi et je trouve ça intéressant d’être confronté à sa propre personne.

    C’est probablement un peu fouillis et je m’en excuse ^^’ Mais si vous voulez des exemples concrets pour mieux comprendre ça ne me dérangera pas dans divulguer certains :p



  • @Draguel Écrire ses rêves au matin est une tradition surréaliste, tu le savais ?



  • @Audrey-Lys Non je ne savais pas ^^



  • @Draguel se rapprocher de l’inconscient, c’est vrai que ça donne envie. Mais il faut arrêter de fantasmer sur les rêves lucides. C’est pas si génial que ça, puisque ton inconscient pose toujours des limites même si tu choisis tes actions. Enfin je ne veux pas te démoraliser, désolé si ça fait moralisateur. :kissing_closed_eyes:
    (Et désolée pour le flood, s’il y en a)


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