The Beginner’s Guide.



  • Plateforme : PC (sur Steam)

    Sur l’ancien forum de PA, j’avais créé un sujet sur The Stanley Parable, un de mes jeux préférés, où vous incarniez Stanley. Stanley passait son temps à appuyer sur des boutons devant un ordinateur, jusqu’au jour où il se rendit compte que tous ses collègues avaient disparu. Un narrateur vous proposait de les retrouver – mais tout l’intérêt du jeu était de ne pas suivre le narrateur, bien au contraire ! Des tas de fins possibles, certaines hilarantes, d’autres tristes, vous attendaient dans ce jeu méta-gaming, où le narrateur passait du sarcasme à la rage, du désespoir au scepticisme devant votre façon de jouer. Donc le jour où un assistant bibliothécaire m’a dit que The Begginer’s Guide -développé par le même créateur que The Stanley Parable – avait changé sa vie, je me suis empressé d’y jouer.

    The Beginner’s Guide est le seul jeu que je connaisse où j’ai terminé en larmes, furieux contre moi-même, presque malade. Il se finit en une heure et demie, et contrairement à la plupart des jeux, on ne fait que marcher le long de plusieurs niveaux sans aucune difficulté. On traverse une histoire plus qu’on n’y joue, en fait.

    Le jeu commence avec un narrateur nommé Davey. Ce dernier raconte qu’il a rencontré un développeur brillant, Coda, il y a un certain nombre d’années, au moment où Davey se sentait quelque peu déprimé. Coda créait des petits jeux énigmatiques, beaux, aux sens cachés, parfois injouables. Il les partageait à très peu de personnes -dont Davey avec qui il est devenu ami- et une fois qu’il en avait terminé un, il l’envoyait dans sa corbeille pour ne plus jamais le revoir. Puis, un jour, Coda cessa de créer des jeux et disparut.

    C’est ainsi que Davey vous propose de vous accompagner dans une suite de petits niveaux créés par Coda tout en vous interprétant leurs significations. Car Davey n’a jamais vraiment compris la disparition de Coda, et il en est resté vraiment attristé. Ce voyage numérique lui permettrait de vous faire découvrir ces jeux inconnus mais étincelants d’intelligence, tandis que lui-même peut se replonger dans ses souvenirs.

    Plus on avance, plus les idées de jeux (plus que de vrais jeux) sont différentes et originales, et plus on en apprend sur Coda, sur Davey, sur leurs relations. Comme le jeu est court et contemplatif, il vaut mieux y jouer que de décrire un niveau, mais je peux vous donner un exemple de passage :

    spoiler
    A un moment, vous visitez une sorte d’église qui vous mène finalement dans une cellule de prison. Davey intervient pour vous raconter que dans la version originale du jeu, le joueur -c’est-à-dire Davey – restait une bonne heure sans pouvoir agir avant que la grille s’ouvre à nouveau. Davey avait alors contacté Coda à ce sujet pour lui demander à quoi bon cette heure inutile, enfermé dans une prison ? Si on créait un jeu, si on investissait autant d’énergie et de créativité dans quelque chose d’aussi beau, autant le rendre jouable ! Coda répondit alors avec une centaine de mini-jeux intitulés « jeux jouables » où Davey ne pouvait faire qu’ouvrir des boîtes avec rien à l’intérieur. Les jeux étaient en effet jouables, mais n’avaient aucun intérêt.

    Après deux ans de prépa littéraire, je peux dire que des dissertations de quatorze pages sur le sujet de la création, de l’interprétation d’une œuvre, du partage, de l’auteur et du récepteur, de la signification d’une histoire, de et du pourquoi de cette signification, en disent autant que ce jeu en une heure et demie.

    Evidemment, vers la fin, on se rend compte que quelque chose ne va pas. Davey perd peu à peu son rôle de guide pour se remettre de plus en plus en question. On sent qu’on se rend complice de quelque chose, mais on n’arrive pas à comprendre quoi et pourquoi – cela nous tient en tension jusqu’à la révélation finale.

    Pour tous ceux qui créent ou qui ont été un jour emprisonné par la passion dévorante d’une œuvre, je vous conseille ce jeu.



  • Ça a l’air intriguant, en tout cas tu en parles très bien uNeven. Je crois que c’est sur tes conseils déjà que j’avais tenté The Stanley Parable, et j’avais bien aimé. Je l’achèterai sans doute. ^^



  • Merci Dragonwing ! Tant mieux si tu avais bien aimé le Stanley Parable ! The Beginner’s Guide est très différent, mais j’y ai repensé pendant des jours après l’avoir terminé, ce qui n’est pas rien pour un jeu d’une heure et demie ^^


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