Le prodige du fakir


  • Journaliste PAen

    Histoire - L’Autre Victoire d’Edorra

    Résumé : Marianne est une jeune prof d’Histoire dans le sud-est de la France. Ses journées se passent sans aucune surprise entre ses cours et ses collègues. Jusqu’à ce jour où une violente migraine s’installe. La fin de celle-ci amène également la fin du monde telle que Marianne le connaissait. Elle se retrouve dans un monde différent… et pourtant identique sur certain point. La terrible réponse lui apparaît bientôt : elle découvre un monde où les Nazis ont gagné la Seconde Guerre Mondiale. Tout ce qu’elle a vécu auparavant n’était qu’une illusion programmée par une réalité virtuelle. Elle va devoir réapprendre à vivre dans un monde où elle est devenue la proie.

    Cette histoire de voyage dans le temps est un de mes plus gros coups de cœur PAens (je sais que je soumets l’histoire à chaque HO mais comment faire autrement…). La plume d’Edorra parvient à nous plonger dans un monde alternatif avec tellement de brio, tellement d’audace (et tellement de sadisme…). L"auteure prend aussi le temps de développer ses personnages et de nous faire voyager à travers eux.

    En bref, une pépite qui mérite un peu de lumière dans le Plumest Show !

    Extrait :
    Je traversai la route et entrai dans le cimetière, marchant d’un pas décidé vers le bâtiment. La cloche sonna cinq coups dans le silence pesant. Je frissonnai à nouveau tout en continuant d’avancer. Soudain, je me figeai de stupeur au centre du cimetière. Une impression de vide, que je ne parvenais pas à définir, me tenaillait l’estomac. Je réfléchis un instant, puis compris. Le monument aux morts de 39-45 était absent. Je fronçai les sourcils. Que cela signifiait-il ? Je portai mon regard sur la droite pour découvrir que le monument aux morts de 14-18 était lui en ruine.
    L’angoisse s’empara de moi. Prise de panique, je me mis à courir à toute allure vers le portail de Saint-Antoine. J’ouvris la lourde porte de bois d’un coup sec et m’engouffrai dans le bâtiment, laissant la porte se refermer derrière moi. Je m’adossai et repris peu à peu mon souffle.
    Je reportai mon regard vers l’intérieur de l’édifice. L’obscurité était seulement troublée par la lueur des bougies et des cierges. J’eus la soudaine impression de me retrouver dans un film d’horreur. Habituellement, les sentiments que je ressentais dans un tel lieu étaient beaucoup plus paisibles. Mais aujourd’hui, il me semblait que le monde s’était radicalement transformé. J’entendis soudain une voix masculine auprès de moi.


  • Plume d'Argent

    Catégorie Histoire
    Utopea 1 – La cité dans le désert @Lulu-Has-A-Gun
    texte du lien
    Résumé :
    Depuis deux siècles, l’humanité a migré sur la planète désertique Utopea où elle survit en vénérant la prophète, femme mi-humaine mi-utopeane, qui les a guidés dans les premières années de la colonisation, ainsi que chacune de ses descendantes. Minae Ceti est la dernière prophète d’Utopea. De faible constitution, elle est incapable de donner la vie et de perpétuer l’espèce utopeane. Elle est envoyée dans la cité de Lakazine, dont l’étrange gouverneur se dit capable de la guérir de sa débilité physique.
    Dans le désert qui recouvre la quasi-totalité de la planète se forme un groupe disparate dont l’apparente insignifiance pourrait amener le chaos dans l’ordre établi par la base lunaire… En cours de route, Minae et ses compagnons d’infortune affronteront les dangers de la planète Utopea, les humains sclérosés par le pouvoir et la cruauté du destin qui attend ceux qui ne sont pas prêts à prendre les armes.

    Ma justification :
    Alors cette histoire c’est ma petite dose d’évasion quotidienne :)
    Une histoire qui se passe sur une autre planète, la planète Utopéa, colonisée avec difficultés par les Terriens. C’est un dépaysement car nous y croisons toutes sortes d’espèces étranges : des Kapra-korna, des lucanides et même une veuve-pierre… Les héros sont nombreux et tous atypiques, ils sortent des sentiers battus (on est loin des princes et princesses). Cette équipe est très attachante et c’est un plaisir de voir évoluer ce petit monde dans ce désert si peu hospitalier… Les lames s’entrechoquent, les sarcasmes fusent, le sang coule mais les héros se rassemblent tous dans un but commun : protéger la dernière Utopéane jusqu’à la cité de Lakazine.
    Pour tout vous dire j’adore aussi la plume de Lulu qui est autant douée dans les descriptions que dans les scènes d’action !
    Je serai vous, en catimini, je prendrai un petit vaisseau ayant pour destination Utopéa (promis la veuve-pierre ne vous mangera pas).

    Extrait :

    La terre se mit subitement à trembler sous les véhicules, manquant d’égailler l’escorte qui tentait tant bien que mal de tenir la formation. Puis la secousse reflua jusqu’à disparaître. Les voyageurs s’entreregardèrent d’un air épouvanté, avec au fond des yeux cette espérance que le tremblement n’avait été qu’un soubresaut de leurs machines échauffées.
    Mais leur repos fut de courte durée, car la veuve-pierre creva la surface du désert avec une telle force que le souffle de la bête renversa plusieurs aéros qui se couchèrent sur le flanc.
    Quand le nuage de poussière s’affaissa, Garin maudit mille fois Utopea. Déjà la silhouette longiligne et terrifiante de la veuve se dessinait sur un fond de ciel mordoré.
    Aucune créature terrienne ne pouvait rivaliser avec un tel monstre. Le capitaine Sainte-Hélène contemplait la veuve avec la même stupeur qu’Ishmaël avait dû ressentir en voyant Moby Dick, le cachalot tueur, émerger de l’océan pour la première fois.

    Chapitre 5


  • Plume d'Argent

    histoire - Harmonie - Être loup de @Lily

    Résumé : « Quatre peuples guident ce monde : les Humains —communément appelés Hommes —, les Loups, les Perles et les Entités […].
    Les Humains vivent exclusivement dans la Vallée.
    Si l’on peut y rencontrer certains Loups et de plus rares Perles, il est à noter que la plupart des représentants de ces deux peuples se sont installés en dehors de ces limites.
    Les Entités, peuple humanoïde aux origines et aux capacités obscures, sont les êtres les plus anciens et les plus mystérieux de Tër. Celles-ci semblent s’être totalement retirées de la Vallée […].
    Les Loups ont la particularité de pouvoir basculer entre deux corps : une enveloppe humaine et une enveloppe animale.
    Les Perles, peuple mineur, sont le fruit de rares unions entre un Humain et un Loup. Elles ne possèdent que l’enveloppe humaine. »
    (Extrait de l’Encyclopédie d’Ako, Entité des connaissances — revue et corrigée par Emerson Krick)

    Alaée est une Perle bien particulière.
    Un terrible drame l’avait poussée, une semaine après ses 18 ans, à tout abandonner, à tout quitter pour suivre de parfaits inconnus afin de rejoindre leur clan.
    Au terme de deux années, elle n’y trouve toujours pas sa place. Mais que pourrait-elle faire d’autre ?
    Jusqu’au jour où, à nouveau, un drame revient bouleverser sa vie. Que décidera-t-elle cette fois ?

    Lily nous entraine avec elle dans un monde habité par quatre peuple mais dont seul un semble diriger le monde. On découvre ce monde étrange à travers les yeux d’Alaée. Une histoire qui parle de différence, de clan, d’amitié et de prise de position. On voyage dans l’univers de Lily à travers la découverte des spécificités des Loups, des Perles et de leurs pouvoirs mais aussi à travers les belles descriptions que Lily nous offre de son univers. Une histoire qui vaut le coup d’être découverte :heart:

    Extrait

    Petite, lorsque la brume se levait et que l’azur baignait le ciel, elle aimait courir vers le gros rocher avachi au fond de son jardin. Elle l’escaladait sans se soucier des écorchures et, depuis son sommet, oubliait le temps en inspirant les embruns salés et en se laissant plonger dans le paysage des lointaines formes fantomatiques de la Vallée et des deux moitiés du Continent. […]
    Face à elle, les deux presqu’îles de la Vallée donnaient l’impression de lui tendre les bras, l’invitant à venir fouler sa terre choyée au climat tempéré. Adulte, elle irait à sa rencontre. Il lui tardait de découvrir les merveilles de cette vaste combe aux cités modernisées.

    [Chapitre 1 - Bribes d’enfance]


  • Plume d'Argent

    Histoire - Prosperine Virgule-Point et la phrase sans fin de @Kittylou
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2740

    Demi-Mot aurait pu être un village ordinaire, s’il n’était pas bâti à la limite du Texte. Jour après jour, les habitants polissent et astiquent les lettres ; ils entretiennent ces milliers de caractères qui, sans leur concours, se seraient déjà effondrés. Chez les Virgule-Point, l’aînée de la fratrie a choisi une voie bien différente : fleuriste ! Elle préfère bichonner des Trompettes à pétales plutôt que de faire prospérer l’empire des points et des virgules. Mais un événement inexplicable ne tarde pas à l’entraîner dans une spirale qui la dépasse.
    Et si l’avenir du village était en jeu ? Et si tout était lié à la Phrase sans fin, cette mystérieuse phrase laissée en suspens par l’Auteur ?

    Dépaysement et exotisme garantis pour cette étrange histoire, qui pourrait également figurer dans la catégorie Nez rouge. L’auteure y file avec bonheur et légèreté la métaphore typologique pour nous plonger dans un monde complètement à part. Ce serait déjà une performance en soi, mais ce n’est pas tout : l’intrigue de Prosperine passe sans transition d’une ambiance policée à un meurtre inexpliqué dont les premiers rebondissements (l’histoire n’est pas complète sur FPA) tiennent carrément en haleine ! Les deux personnages principaux s’annoncent savoureux, et certains dialogues et ambiance ne sont pas sans rappeler l’atmosphère de la PM lors des joutes familiales sur Anima.
    Très prometteur et vivement que Kittylou poste la suite !

    — Ma chérie, est-ce que tu es sûre que tu apprends bien les mots que te donne ton institutrice ? demanda Mme Virgule, perplexe.
    — Oui, pourkoi ?
    Depuis le début de l’année scolaire, son niveau en orthographe ne semblait guère avoir progressé. Certes, elle avait cessé d’enchaîner les lettres dans un ordre aléatoire et même si ses phrases ne provoquaient plus de maux de tête à leur seule écoute, il était parfois difficile de la comprendre.
    — Maréchal, je doute que Clairemonde soit très attentive à l’école. Cela fait six mois qu’elle est entrée en cours élémentaire et elle ne sait toujours pas écrire correctement certains mots simples…
    Mme Virgule n’appelait jamais son époux autrement que par son grade. Il y avait à ce formalisme une explication très simple : le maréchal Point avait perdu son prénom durant la guerre des Trémas. Cette blessure sur le champ de bataille lui avait d’ailleurs valu les honneurs militaires.
    — Tu t’inquiètes trop, répondit le maréchal. Au même âge, Ernest avait des problèmes syntaxiques et vois ce qu’il est devenu. Laissons à cette enfant le temps de découvrir la langue et d’explorer ses subtilités… Par la Ponctuation, il est déjà huit heures ! s’exclama-t-il en tirant sa montre à gousset de sa poche. Je vais être en retard à mon chantier. Aujourd’hui, nous devons polir les points de la page 42 et le Texte est dans un état lamentable, si vous saviez…



  • Histoire - Les Imaginés, par @Milyana

    Résumé L’Homme est seul dans le désert. Il ne peut pas mourir, parce qu’il ne peut pas vivre. Pourtant, son corps a soif. Le voilà qui court, et voici l’oasis …
    Lola danse, chante, vole avec les papillons. Hier elle tournait un film à Hollywood, aujourd’hui elle est artiste de cirque. Chaque jour, elle réinvente sa vie.
    Aucun d’eux n’existe. Ils sont irréels. Rêvés.
    Pourtant notre destin est entre leurs mains.

    Difficile de savoir où caser cette histoire : la poésie des mots aurait tout aussi bien pu m’amener à l’inscrire dans la catégorie Voltige. Mais il fallait faire un choix. Et quoi de mieux que l’exotisme ? En quelques chapitres, Milyana nous emporte dans une joute médiévale, un désert, un cirque, et le pas des moindres… monde des rêves ! Haut lieu des voyages s’il en est, et je peux vous promettre que sous la plume de cette auteure, votre soif de paysages sera assouvie. Sans parler de l’intrigue, des personnages, tous valent le détour ! Alors, qu’attendez-vous pour ploper dans l’Imagin’Air ?

    Extrait -… Qui es-tu ?
    Elle le sonda de ses yeux verts, paraissant jauger s’il fallait ou non lui répondre. Il ignorait ce qu’elle voyait en lui, mais elle dût décider qu’il n’était pas dangereux puisqu’elle se décida à répondre.
    -Lola.
    L’Homme eut un sourire rassurant, l’encourageant à développer sa réponse. Elle n’en fit rien.
    -Juste Lola, reprit-elle d’une voix assurée. Et toi, tu t’appelles comment ?
    -Je suis l’Homme.
    -Ce n’est pas un nom, ça, c’est un peuple. Le peuple des Hommes. Tu dois bien avoir un nom à toi ?



  • Personnage - Elizabeth Lin (La Reine des Limaces), par Ometecuhtli

    Résumé Dehors, il neige.
    Genre. Beaucoup.
    Et dans la ville, quelqu’un a eu la bonne idée de commencer des meurtres en série.
    Bah voyons.
    Et bien sûr qui on appelle au lieu de la laisser bouquiner tranquillement sous sa couette avec son thé et pas de chat ?
    Elizabeth, bien entendu !

    Eli est une femme pour le moins… surprenante. Irrésistiblement mal lunée, elle affronte les embûches (doux euphémisme) qu’on lui balance au travers du chemin avec un cynisme et un fatalisme délicieux. Elle détone dans son entourage jovial et son boulot scientifique avec ses manières directes et sa fâcheuse tendance à vomir des limaces (sisi). Décidément, Eli ne fait rien comme les autres ! (pour notre plus grand plaisir!)

    Extrait
    -Marc, je te présente Elizabeth Lin, l’une de nos usagées les plus assidues. Mademoiselle Lin est muette de naissance. Et globalement malentendante. Nous avons simplifié les procédures de prêts et de retours pour elle.
    Tout en parlant, Madame Ross avait eu la politesse de signer et de bouger les lèvres de façon distincte, ce dont Elizabeth lui aurait été gréé si elle avait réellement été muette et malentendante.
    A vrai dire, signer était plus une marotte qu’une nécessité, cela lui permettait de rajouter une distance entre elle et les gens, mais aussi d’éviter d’ouvrir la bouche, ce qui valait mieux vu ce qui en sortait parfois depuis quelques années. Par habitude, elle avait commencé à utiliser la langue des signe la première fois qu’elle avait mis les pieds dans la bibliothèque, juste pour faire chier la réceptionniste, et bizarrement, la sauce avait pris : Geneviève (Madame Ross), trop heureuse de pouvoir mettre à profit ses notions de langage signé, s’était empressée de l’accueillir et de la driver au travers des rayonnages, s’épanchant en ce qui pouvait être considéré comme l’équivalent d’un babillage volubile.


  • Plume d'Argent

    Personnage - Arsène, dans Deus Ex Machina de Arlequine ( @Quine sur le forum)

    Résumé : Arsène et dans sa tête le Grand Théâtre. Arsène, machiniste, et son désir de créer.

    Arsène est fascinée par le théâtre et les acteurs. Elle rêve, elle aussi, de fouler les planches et de subjuguer le public, d’être touchée par cet état de grâce qu’elle observe chez certains acteurs. Sauf qu’elle est machiniste, et qu’on ne l’encourage pas à poursuivre ses rêves. Ca fait d’Arsène un personnage à la fois bien à sa place dans le théâtre et complètement décalé, parce qu’elle aspire à autre chose. Son côté discret et sensible, poétique même, en fait un personnage original qui a du mal à s’intégrer dans son environnement. Et puis c’est tellement bien écrit !

    Extrait : Rhòs s’était à nouveau volatilisée et Arsène fut tirée de sa contemplation par une larme qui lui tombait dans le cou. Un tourbillon de sentiments l’empêchait de penser clairement. Elle avait enfin assisté à cela, et cette transe ne cessait de s’imprimer dans son esprit.
    Arsène ne réfléchissait que par éclats
    ocres,
    platines
    et safrans.
    Par rais de lumière.
    Par flamboiements
    comme couronne de lauriers.
    C’était cela. Arsène le savait maintenant, c’était cela qu’elle désirait ; entrer dans l’état de grâce. D’avoir pu pointer du doigt précisément ce qui l’animait depuis si longtemps transportait la jeune machiniste. Il ne s’agissait pas seulement de créer ni de sentir sa peau épouser les planches. C’était tout à la fois, avec cette étincelle en plus.
    Un rire romarin strident agressa ses oreilles, et pourtant personne aux alentours. Soupir. Arsène se dit que de toute façon, ce n’était pas pour elle, elle n’en était pas capable. Une simple machiniste. Pourquoi un bleu de travail se transmuerait en une aura lumineuse ?

    (je n’ai pas pu garder la mise en page originelle, désoley)



  • Personnage - Alya, dans Sillages de @makara33
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2760

    Résumé : Loin dans le futur, suite à la Marée, un gigantesque tsunami, trois cités se partagent la Terre désormais réduite à des lambeaux : Mallaig, Etioli et Astrakam. Chacune d’elle possède un fonctionnement bien particulier. Si la Cité Mallaig vit en autarcie dans son diamant aseptisé et technologique, Etioli se meurt touchée par une étrange malédiction. Les naissances de femmes se font rares et la révolte gronde. Quant à Astrakam qui demeure un réel mystère pour l’ensemble des survivants rien ni personne ne sait ce qu’il s’y passe.
    Alya, Cyla, Jun, Nohan, Kian vont se croiser, se battre, s’aimer et par dessus tout, tenter de trouver leur place dans ce monde si proche de l’extinction.

    Si j’ai choisi le personnage d’Alya dans cette catégorie, c’est parce qu’elle s’inscrit comme un personnage en décalage avec ce qui l’entoure, mais aussi avec le type assez fréquent de l’héroïne de dystopie pour la jeunesse que nous avons beaucoup rencontré ces dernières années. Alya est un esprit libre et rebelle, elle nous semble si forte… et pourtant, dans la cité aseptisée de Mallaig, elle est aussi fragile d’une brindille. Sa mémoire est fracturée, comme une peinture dont on aurait retiré les couleurs, en plus d’en arracher de grands morceaux. Les autorités lui ont volé une partie de son passé et de sa personnalité. Enfin, malgré ses désirs de rébellion, elle sait qu’elle n’est que peu de choses et que la moindre erreur la condamnerait à un sort pire que la mort. Toutefois, au lieu de se renfermer et de se conformer à ce monde froid, elle trouve encore la force de tendre la main et de faire confiance, notamment à Jun. Elle sait qu’elle ne peut pas prendre les armes pour convaincre une cité entière de ses erreurs. Si elle veut survivre, elle doit fuir… Mais est-ce seulement possible ?

    Extrait : A ces mots, il se tourna face à l’abîme et fit un pas. Alya s’élança vers lui. Le corps du garçon bascula de la terrasse. Ses vêtements se gonflèrent sous la pression du vent et pendant un infime instant, il sembla suspendu dans les airs. Alya tenta de le rattraper, elle émit un gémissement d’horreur lorsque ses doigts se refermèrent sur du vide. Sa vue se brouilla. Le corps n’était déjà plus visible. Des cris percèrent la nuit et des lumières étincelèrent un peu partout. Alya se recroquevilla sur elle-même en serrant la pièce dans son poing. La porte de l’ascenseur s’ouvrit brusquement. Ils savaient déjà. Une cohorte de patrouilleurs surgit sur le toit. L’un d’entre eux sortit calmement son arme, et appuya sur la détente. Une lumière vive traversa les pupilles d’Alya et elle perdit connaissance.



  • Personnage - La trompette à pétales (Prosperine Virgule-Point et la phrase sans fin de @Kittylou )
    Je ne vais pas remettre le résumé, vu qu’Isapass a déjà soumis l’histoire, mais j’ai décidé de rajouter le personnage. Parce que vous en connaissez beaucoup, vous, des plantes qui sont des personnages à part entière de l’histoire ? Sans parler, sans bouger, mais avec une véritable personnalité et un rôle à jouer, rien qu’en mangeant des boutons de manchette ? C’est pas banal, avouez-le…

    extrait :— Non, ne t’inquiète pas, je vais bien…
    Traînant son pot derrière elle, la Trompette à pétales avait bondi depuis le jardin pour sautiller à ses pieds. Sa tige s’était enroulée pour former un point d’interrogation qui précéda bientôt l’imitation d’une aiguille de pendule.
    — Oui, je sais, il est tard… La boutique devrait être fermée depuis longtemps, c’est juste que j’étais fatiguée… Très fatiguée…
    Prosperine se redressa difficilement du sofa végétal qu’avaient formé pour elle > les Muguettes à clochettes. Cela faisait plusieurs heures qu’elle aurait dû être rentrée chez elle. Ses parents, et surtout sa mère, s’inquiétaient sans doute de son retard. La jeune fille était sur le point de partir lorsqu’un « ploc » résonna dans le silence du soir. Sur le sol, un objet rond et métallique venait de jaillir de la gorge d’Héloïse. C’était un bouton de manchette, mais un bouton couvert d’une substance noire et visqueuse qui ne ressemblait pas à de la bave de Trompette.
    — Qu’est-ce qu’il t’a donné à manger, le méchant monsieur ?
    Sa précieuse amie agita ses feuilles en guise de protestation. Manifestement, cet individu grossier qui avait eu l’audace de la comparer à un cornet acoustique avait aussi tenté de l’empoisonner.



  • Histoire - Catrème de @Nana

    Résumé : Une planète, une ville, dix quartiers, cinq-cents blocs. Deux castes que tout sépare depuis des milliers d’années et une société cimentée par ses traditions. Vik va être malgré lui entraîné dans les sombres tréfonds d’une histoire oubliée, à la recherche des origines du monde.

    Quand on entre dans ce texte, on sent tout de suite que Nana a construit un monde solide et intéressant dans lequel on plonge très vite et très facilement. C’est le genre d’histoire immersive qui fait oublier le quotidien et qui fait dire “quoi, je suis déjà à la fin du chapitre ? je ne comprends pas il doit y avoir erreur” et non, il n’y a pas erreur.

    Extrait : Il sentit sa gorge se serrer, ses yeux se remplir de larmes, puis un profond sanglot jaillit de sa poitrine. La vue brouillée, il parcourut du regard l’appartement où ils avaient passé de si bons moments, Zad et lui, à jouer aux cartes, à cache-cache, aux soldats et aux monstres… Où Vik avait aidé Zad à faire ses devoirs de lecture, d’écriture, de calcul. Les vieilles dalles de pierre du sol et les murs de lambris avaient été les témoins de leur amitié durant toutes ces années, et maintenant c’était terminé. Il balaya du regard la vieille table en bois de la cuisine, la vieille gazinière plus du tout émaillée, la cheminée qui avait certainement vu des jours meilleurs. Il n’avait jamais remarqué auparavant à quel point cet appartement était miteux et délabré. Cela ne fit qu’accentuer sa tristesse et sa colère.
    .
    — Mais où est-il maintenant ? Où l’ont-ils emmené ?


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