Sans voix


  • Administratrice

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    SANS VOIX

    :sparkles: :book: :sparkles:

    Histoire – La grande émotion : Sortez les mouchoirs et les violons, rangez votre ego. À la lecture de cette histoire, vous n’êtes plus qu’un petit cœur palpitant, de désespoir ou de tendresse, ça dépend. Dans un extrême ou l’autre, le moins qu’on puisse dire, c’est que ce récit ne vous laisse pas indifférent !

    Lauréate 2017 hors compétition : Meutes de Elka

    :sparkles: :boy: :sparkles:

    Personnage – La plus belle relation : Vous rêveriez de faire partie de ce duo, de ce couple, de ce groupe, de cette fratrie. Grandes amitiés, amours invincibles ou gentilles taquineries, vous voyez dans les rapports de ces personnages une beauté exceptionnelle ou quotidienne. Vous pouvez dans cette catégorie citer deux personnages ou plus qui illustrent la relation en question.


  • Plume d'Argent

    Histoire - À l’envers, de Tac

    Résumé : Un repas, à l’envers. Un fil qui se rembobine, une main agrippée à la cuvette à défaut de pouvoir se raccrocher à la vie qui s’échappe.

    Difficile de joindre le moindre mot supplémentaire à ceux de Tac. Difficile de prendre la parole pour mettre en valeur À l’envers, car tout y est déjà et ajouter le moindre ingrédient serait le dénaturer. Un texte écrit par une auteure dont le pseudo est l’anagramme du thème qu’elle a souhaité soulever, c’est dire si elle sait de quoi elle parle. Une courte nouvelle si belle, si intime et si éprouvante. À lire pour mieux comprendre, mieux partager, mieux écouter et mieux regarder. Une nouvelle pour mieux s’aimer en somme.

    Extrait : Puis l’on s’écria que c’était le moment du gâteau, « enfin ! », on s’empara des fourchettes. C’était la sarabande des saveurs – lit de biscuit, chocolat blanc, ganache de framboise, chocolat noir –, la farandole des textures – le moelleux de la couche inférieure, le crémeux des cacaos, le mousseux de la pâte de fruits. Le gâteau avait le goût des cadeaux absents et des souvenirs truqués.


  • Plume d'Argent

    Histoire - À juste titre, de Cliène
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2805

    Lise n’a rien des personnages des livres qu’elle dévore avec passion. Le monde réel ? Elle l’observe et le dissèque avec minutie, peinant à s’y faire une place. A chaque trajet, elle imagine la vie des habitués du métro parisien. Quand apparaît cette fascinante voyageuse, penchée chaque soir sur un livre recouvert de papier kraft, elle veut en savoir davantage. Ses recherches vont la conduire au-delà de sa timidité, jusqu’à elle-même.

    Les émotions éprouvées à la lecture d’À juste titre m’ont surprise moi-même : moi qui m’attache d’habitude à des héros truculents et téméraires, je suis pourtant tombée sous le charme de Lise, maladivement timide, rêvant sa vie (ou plutôt la lisant) au lieu de la vivre. Ancré dans la réalité parisienne, le récit de Cliène est fin et délicat, tout en introspection et en questionnement. Les rencontres de Lise et les blessures des personnages sont murmurées avec une sensibilité qui laisse deviner l’empathie de l’auteure. Et qui a déteint sur moi : j’ai pleuré comme une madeleine…

    Avant qu’elle ne monte dans le train pour repartir, son père la serra dans ses bras. Cette étreinte aurait pu être semblable à celle de son arrivée. Elle était en tout point différente : plus forte, plus longue, plus soutenue. Dans les bras forts de son père, il y avait tant de mots d’amour, tant de phrases tendres, tant de doux chuchotis. Elle s’y blottit, l’oreille tendue vers ce trop-plein de choses tues qui ne demandaient qu’à être entendues.


  • Plume d'Argent

    Histoire - La noirceur du blanc, de Liné
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=1542

    Alors que la “Lente Guerre” fait rage, Rebecca Reden rejoint les rangs des infirmiers du Locus, manoir luxueux et délabré reconverti en hôpital de fortune.
    Elle devra surpasser ses peurs maladives et son naturel réservé pour retrouver la trace de sa mère perdue dans la guerre.
    Mais le Locus, ses blessés traumatisés et Mrs. Judith, son intendante, barrent la route de la jeune femme. Peu à peu, le Locus se transforme en un théâtre d’ombres, et il se pourrait que Rebecca s’y perde…

    Parce que la plume de Liné est magnifique, tout comme sa capacité à dépeindre une atmosphère. <3 Parce que je m’y crois et que je n’ai pas envie que cette histoire se termine.

    Rebecca eut un léger soubresaut. Ses maigres épaules se soulevèrent alors qu’elle se tournait vers la marchande. Cette dernière présentait un sourire des plus convenables. Mais la sensation de bondir hors d’un univers microscopique pour atterrir ainsi dans la cour des grands – au sens propre comme au figuré : la vendeuse était une femme d’âge mûr à la carrure plutôt imposante – était étrange, et peu agréable.


  • Plume d'Argent

    Histoire - Le serpent qui danse, de Elia2000

    Résumé : Isaure Barrera retourne sur son île natale, Millasia, après neuf années d’exil. Jadis nièce de la reine, une malédiction a poussé sa famille à s’entredéchirer, provoquant ainsi la chute de sa dynastie et l’avènement d’un nouveau roi, Rodolphe. Mais avant de retrouver ses terres, il lui faut accomplir un douloureux sacrifice : rencontrer le souverain afin de renoncer à ses prétentions au trône et au reste de son héritage.

    La rancœur entre les deux est vive. Pour Isaure, il n’est qu’un usurpateur, responsable du massacre de sa famille. Pour Rodolphe, la jeune femme ne représente qu’un nom maudit et une potentielle ennemie.

    Cependant, une fois là-bas, Isaure doit refaire face à ses erreurs passées. Malgré sa détermination à mettre un terme à cette longue succession de tragédies qui hantent les derniers survivants de sa famille, il semblerait que d’autres forces complotent dans l’ombre pour les attirer tous vers le néant.

    Que dire. C’est sombre, haut en couleur, remplis de mystères et de rebondissements. Des personnages attachants, une foule d’intrigues, il est impossible de rester indifférent face à ce récit. A dévorer en vitesse.

    Extrait : Tout était si beau. Ce palais regorgeait de merveilles et, en d’autres circonstances, elle aurait pris plaisir à tout admirer. Malgré sa cruauté, le roi Rodolphe avait l’œil fin, à moins qu’il ne s’agisse d’œuvres de l’ancienne famille royale… sa famille.


  • Plume d'Argent

    Personnage - Andrev/Endrin, La trilogie du grand retour, Tome I - L’Université de EryBlack
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2532

    Vivre dans le Nord, ça signifie être en contact permanent avec une nature sauvage, et parfois dangereuse, que les gens du Sud ne connaissent pas. C’est là-bas qu’habite Endrin, dans l’auberge tenue par son père adoptif, Azar. Personne ne sait vraiment ce qui a bien pu conduire ce Sudiste à ouvrir une auberge au Nord ; personne ne connaît vraiment, non plus, les circonstances de la naissance d’Endrin ; et personne ne s’en est beaucoup préoccupé ces dernières années, car ils sont tous deux des membres de la communauté.
    Mais cet hiver, alors que le grand Rassemblement saisonnier a commencé, il semblerait que certaines questions doivent trouver leurs réponses.

    J’aurais pu mettre L’université dans beaucoup d’autres catégories (voyages, émotions, beaux mots…) parce que j’ai eu un coup de coeur pour la fiction dans son ensemble. J’ai adoré la plume d’EryBlack, son sens du détail et sa poésie, et j’ai vibré en suivant l’intrigue.
    Pourtant finalement, j’ai choisi de vous soumettre le duo Andrev/Endrin dans cette rubrique. Parce que la relation entre les deux personnages est complexe, changeante, déséquilibrée mais surtout, parce qu’Ery a écrit des scènes absolument merveilleuses lorsqu’ils sont tous les deux. Des scènes où chacun retrouvera la timidité, l’émotion, l’espoir et la terreur de ces confrontations si pleines de petits riens pourtant si importants lorsqu’on veut croire à la réciprocité de ses sentiments : un geste, un mot, un battement de cils… C’est d’une extraordinaire délicatesse, c’est fort et fragile à la fois, ça fait battre le cœur.

    Ma scène préférée se trouve à la fin de la troisième et dernière partie, mais je ne veux pas vous spoiler, il faudra lire en entier pour la découvrir, elle est sublime.
    En attendant :

    Il fit demi-tour vers la sortie et Endrin respira, relâchant ses épaules un peu crispées ; puis elle baissa les yeux. Les plumes s’étaient répandues jusqu’en bas, sous l’étagère. Elle se mit à genoux pour les déloger toutes.
    Andrev était resté dans l’encadrement de la porte. Endrin sentait qu’il l’observait. Quand les plumes se firent plus rares, elle se tourna vers lui, toujours agenouillée sur le sol froid, et soutint son regard.
    Elle avait les yeux noisette et vert, ce matin-là. Le vert des mousses de la taïga, profondes, épaisses, moelleuses, les mousses des sous-bois qu’Andrev avait parcourus tout l’été durant avec son clan. Il cilla.
    – Est-ce que tu te souviens, demanda-t-il - et Endrin sut ce qu’il allait dire bien avant qu’il ne parle -, de ce que je t’ai dit l’année dernière, avant le départ ?
    Elle acquiesça brièvement et détourna les yeux, ramassant les plumes restantes une à une.
    – Je ne voulais pas te gêner, mais… Je voulais juste que tu saches. Je le pensais vraiment, dit Andrev.
    – Je sais.
    Il jeta un coup d’œil à la lampe, comme si soudain, l’obscurité était devenue embarrassante. Endrin rassembla les plumes dans l’oreiller éventré. Elle sentait le sang battre à ses oreilles.
    – Endrin…
    Elle releva la tête. Cette fois, c’était ses yeux à lui, noirs, qui regardaient droit dans les siens, et malgré l’obscurité, Endrin voyait parfaitement la lueur qui y brillait - elle était là depuis toujours, chaque fois qu’il la regardait. Les yeux d’Andrev n’avaient jamais été tout bêtement noirs ; Endrin aurait pourtant peut-être préféré qu’ils le soient.


  • Plume d'Argent

    Personnages: Lyz et Ismael dans Meutes
    [http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=1965]

    Lysander était un drôle de type. Un drôle de type qui avait poussé Ismaël à acheter une boîte de gâteaux au supermarché pour se pointer chez lui, sac de cours sur l’épaule et l’excuse d’une dissert’ d’anglais sous le coude."
    Lysander Lancaster est surtout un loup-garou qui a passé une partie de sa jeune vie à déménager. Sa malédiction, il la connait, il a presque toujours vécu avec. Il sait que ce qui est devenu normal pour lui ne l’est pas pour les autres. Il sait aussi qu’il a beaucoup de chance, au vu de sa situation. À presque 18 ans il semble enfin intégré et heureux, surtout grâce à la présence de son ami Ismaël.
    Mais c’était sans compter les doutes lancinants et les remises en questions qui viennent le frapper. C’était sans compter l’impression persistante d’être suivi et observé.

    Je les aime d’amour, ces deux là: C’est une belle relation d’amitié entre deux garçons, dont un qui a certains petits soucis les soirs de pleine lune…
    Je crois que j’aurais pu mettre n’importe quel dialogue, tellement ils sonnent tous juste entre eux deux (comment ça, j’ai mis n’importe quel extrait ? :confounded: )

    Alejo doit vous retrouver ? supposa Lysander.
    La mine mortifiée d’Ismael le fit sourire mais il se reprit quand son ami piqua un fard à peine caché par son teint. J’ai dit ça comme ça, se défendit-il.
    -Mon œil, marmonna Ismael mal à l’aise. Je pue, c’est ça ?
    Il tira sur son col pour le sentir et Lysander leva les yeux au ciel :
    -Tu n’en as pas trop mis.
    -Promis ?
    -Promis.
    -Je suis ridicule.
    Sur cette déclaration, il abandonna sa veste comme son air jovial. À défaut de savoir quoi dire, Lysander picora son muffin, espérant qu’Ismael sorte lui-même de son mutisme. Comme ça ne se produisait pas, Lysander dit :
    -Désolé. Je ne voulais pas me moquer de toi, tu t’en doutes.
    -Je sais, je sais… je me sens juste très con.


  • Plume d'Argent

    Personnages : Ayleen et Shan, d’Une Vie de Château, de @Slyth

    Résumé : Dans le royaume de Kaïs, le château est un lieu idéal, coupé du monde : grands espaces, tapis de velours, nourriture abondante et une foule de serviteurs répondant à la moindre des exigences. Une existence parfaite pour une princesse !
    Pourtant, au-delà des murs protecteurs de la cour, il y a une ombre qui dérange : là, se sont implantés les mystérieux Demis, des parasites à moitié humains à ce que l’on raconte… Qu’importe ! Il n’y a pas de place pour eux dans la sphère royale et c’est ainsi que les choses fonctionnent depuis toujours.
    Enfin… tant que ces deux univers n’entrent jamais en contact.

    Ayleen est une princesse arrogante et hautaine, Shan vit de l’autre côté des “murs protecteurs de la cour” évoqués dans le résumé. Ils n’avaient aucune raison de se rencontrer jusqu’à ce qu’un événement moins que plaisant amène Ayleen à trouver refuge (bien contre son gré) chez les Demis.
    Au delà de mon amour général pour cette histoire (qui aura fait que j’ai souvent rêvassé en cours de physique après mes chapitres hebdomadaires du mercredi matin :laughing: ), j’ai particulièrement apprécié la lente évolution de la relation entre ces deux-là, c’était très bien écrit et ça plaisait à mon pitit cœur aussi ! (Surtout les passages comme celui qui suit lol)

    Extrait : Elle reprit lentement connaissance. Au-dessus d’elle, un visage. Qui était-ce ? Il avait l’air inquiet. Ses prunelles orageuses lui semblèrent familières.
    « Sh… Shan ? souffla-t-elle. »
    Le concerné se détendit instantanément et esquissa un sourire.
    « Je t’avais dit qu’on ne savait pas ce qui pouvait vivre ici, murmura-t-il. Foutu feu follet ! »
    Ce disant, il lui tendit la main et l’aida à se redresser en douceur. Compréhensif, il la laissa reprendre ses esprits, regarder autour d’elle et respirer profondément.
    « Tu… tu m’as sauvé la vie ? balbutia-t-elle en reportant soudainement son attention sur lui.
    — Tu devrais faire attention à ce que ça ne devienne pas une habitude ! répliqua-t-il crânement. »
    Il s’était montré volontairement ironique afin qu’elle le remette à sa place, mais le manque total de réaction de sa partenaire le laissa pantois. Elle continuait de l’observer, les yeux écarquillés comme si elle ne parvenait toujours pas à y croire. Ayant lamentablement échoué dans sa tentative de détendre l’atmosphère, Shan sentit une vague de gêne l’envahir et, dans un réflexe inconscient, se frotta aussitôt la nuque.
    Quand les lèvres de la jeune femme se posèrent sur sa joue, il suspendit instantanément son geste. Éberlué, il plongea son regard dans celui de la princesse, désireux de comprendre ce qui lui avait pris.
    « Merci. Et désolée. Désolée pour tout ça. Pour avant… s’excusa-t-elle maladroitement. »



  • Histoire - Bipolaire, par @Jamreo

    Résumé Tu es consciente à retardement d’avoir vécu dans un rêve éveillé. Une mascarade où tu serais personnage principal, grotesquement boursouflée, la bouche rouge étirée en un rire de folle et les yeux noirs de délire. Pourquoi tu as fait ça… pourquoi ? "

    Un texte court qui dit tout. Peu de gens sont sensibilisés aux maladies mentales, mais avec des textes comme celui-ci, c’est d’une pierre deux coups : un texte incroyable, qui laisse à peine le temps de respirer, et merveilleusement didactique. Chapeau bas. :tophat:

    Extrait Il peut être blanc ou noir. Se montrer sous son jour le plus grandiose comme sous son masque le plus odieux et détestable. Un temps il se nourrit de tes failles et de la haine, de ces moments où te regarder en face devient l’Enfer sur Terre. Et puis, à l’improviste, il puise profondément dans les souvenirs encore heureux et les promesses d’avenir, comme dans un puits sans fond.
    Parfois, tôt le matin ou alors en rentrant le soir, tu l’entends dans la cage d’escalier. Comme une hallucination omniprésente ou la malédiction d’un esprit frappeur. Parfois, tu le croises dans la rue. Au détour d’un café. Et tu t’arrêtes, pierre immobile parmi les flux incessants.
    Tu t’arrêtes, parce qu’il t’a frappée.


  • Plume d'Argent

    Histoire: Le Vent de foehn par @Isapass
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2840

    Résumé: Depuis toujours, la petite Eolène, vivait pour sentir le vent dans ses cheveux, l’eau pure sur sa peau, les rayons du soleil sur son visage. Comme une herbe folle, elle s’en nourrissait.
    Elle partit un matin pour découvrir de nouvelles brises, mais rencontra un loup. Gris, affamé et vil, il la priva d’air pur et la livra aux ogres…

    Justification: Le Vent de foehn est un étrange mélange de rêve et de cauchemar. En quelques lignes, la vie buccolique de l’aérienne Eolène bascule dans le drame. Comme dans les contes des frères Grimm, on pourrait donner milles interprétations psychanalytiques à cette histoire d’innocence bafouée, qui pourtant survit à son traumatisme. Ce texte m’a laissé une impression sourde mais forte, que je ne suis pas prête d’oublier.

    Extrait: À mi-chemin de la rivière, elle vit qu’un homme était là, debout, adossé au parapet du pont. Il semblait l’attendre.
    Quand elle approcha, il souleva son chapeau pour la saluer. Son sourire montrait de grandes dents blanches et d’étranges yeux jaunes brillaient dans son visage mangé par une barbe grise. Eolène pensa, sans trop savoir pourquoi : « le loup a faim. »
    – Bonjour, petit nuage, lui dit-il. Tu te promènes seule ?
    – Bonjour Monsieur, répondit la fillette. Je suis venue goûter l’air d’ici. Pourquoi m’appelez-vous petit nuage ?
    – Parce que j’ai vu ta danse, là-haut. Tu te laisses porter par le vent de foehn. Tu le laisses te prendre, faire de toi ce qu’il veut… Comme un nuage d’été.
    Eolène sourit. Le loup avait raison : c’était exactement ça. Elle était enchantée que quelqu’un la comprenne si bien.
    – Tu veux bien recommencer ta danse un instant, pour moi ? demanda-t-il. C’était si joli.
    Alors elle ferma les yeux, écarta les bras, tourna lentement sur elle-même.
    Et ce fut la nuit.



  • Personnages : Hayalee et Saru, de Derrière les Portes par Neila
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=737&textsize=0&chapter=1

    Résumé : Imaginez une ville d’une blancheur éblouissante, où les hommes n’ont pas seulement rêvé la société parfaite mais l’ont créée. L’endroit au monde où le taux de criminalité est le plus bas, où famine, misère, meurtre et convoitise sont des mots étrangers, où tous se respectent et vivent selon les préceptes religieux et moraux les plus vertueux qui soient. Mais même la perfection à un prix : la tolérance zéro.
    Maintenant imaginez des individus capables de tuer d’un seul regard, d’ouvrir la terre en deux, de répandre le chaos autant que la justice, s’affranchissant sans vergogne des lois qui régissent depuis toujours l’univers façonné par Dieu. Jusqu’où croyez-vous alors les hommes susceptibles d’aller pour défendre leur monde idyllique ? Jusqu’où croyez-vous que ce désir maladif de perfection les ait poussés ?
    Peut-être jusqu’à l’irréparable…

    Ces deux-là, depuis la première fois, la première version que j’ai pu lire de ce texte, m’ont ému et fait rire.
    La perfection de leur relation tient à son réalisme, sa justesse. L’écriture de Neila est d’une douceur et d’une précision qui ne peut que nous entraîner sur les pas d’Hayalee. Et, de fait, son affection pour Saru devient la notre.
    Je ne sais pas comment argumenter plus. Cette relation, je l’ai vécu à la lecture, elle a fait battre mon petit coeur et ce sentiment n’a jamais diminué d’un iota ♥

    Ici il n’était plus question d’appartenance à l’Alliance, tout le monde était logé à la même enseigne et prié d’obéir aux ordres du capitaine, seul maître à bord de l’Ilmari. Hayalee et Saru ne mirent pas longtemps à connaître le pont dans ses moindres recoins à force de l’astiquer. N’ayant tous deux aucune connaissances en navigation, les seules tâches qu’on leur confiait consistaient à vider les poissons pêchés, laver des montagnes d’assiettes ou nettoyer le navire. Ç’avait l’avantage de passer le temps. Mais faire face à un Saru armé d’intestins de poisson, d’un balai ou d’une éponge n’était pas sans danger : Hayalee goûta plus d’une fois aux tripes et à la serpillière – au sens propre – et les hommes finirent par ne plus se formaliser des éponges volantes et des hurlements. Du moment qu’ils nettoyaient tout après la bataille, personne ne s’en plaignait.


  • Plume d'Argent

    Histoire : Le poids de l’amitié par @Tac
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2946

    Résumé : Quelqu’un qui écrit une lettre à quelqu’un, mais pas n’importe qui. Quelqu’un à qui on ne peut pas tout dire, par peur, par honte, par culpabilité. Alors on écrit une lettre, qu’on n’envoie pas.

    Justification : C’est un texte poignant, sincère, profond et triste en même temps, mais qui dilue un peu d’espoir dans nos petits cœurs émus. Surtout, chaque mot sonne juste, tout est à sa place, rien ne manque et rien n’est en trop, c’est un petit bijou d’écriture servi dans son écrin d’émotion.

    Extrait : Je voudrais te prendre dans mes bras, te serrer jusqu’à ce que tu ailles mieux, te protéger de tout ça, de toi-même. Je ne comprends pas tout, tu sais, je fais de mon mieux, je sais que ça ne suffit pas toujours, pas souvent même, mais j’essaie encore et encore. Je lâche pas. Je serai là pour toi, aussi certaine que la venue du soleil après la pluie, aussi stable que le cycle de la lune autour de la Terre. J’attendrai que tu finisses ta révolution et que ton orbite te ramène près de moi. Je t’attendrai aussi longtemps qu’il le faudra.



  • Personnage - Louis/Charles (Louis-Ohrim et le Sombre), par @Aranck

    Résumé Bien qu’un tantinet soupe au lait, Louis est un adolescent ordinaire qui passe la plupart de son temps entre sa mère et ses amis, Charles, Momo et Naïm. Amoureux des arbres, il se prépare à devenir arboriculteur lorsque cette vie tranquille est troublée par l’apparition d’un personnage déroutant très vite baptisé « la Grosse Dame ».
    Fascinés par son extravagance, les quatre compagnons guettent sa venue quotidienne et s’amusent à ses dépens, jusqu’au jour où Louis fonce droit dans le piège qu’elle a patiemment tissé pour lui.
    Face aux révélations qui lui sont faites, ses certitudes s’effritent comme un vieux biscuit. Quand il apprend de surcroît qu’une menace sans pareil pèse sur le monde et qu’il devra participer au combat qui se prépare, Louis prend peur et refuse de changer de vie.
    Ce n’est qu’après avoir été confronté au danger qu’il s’interrogera sur ce qu’il doit faire.
    Alors, que décidera-t-il ? Fermera-t-il les yeux, laissant le soin à d’autres de défendre le monde, ou bien affrontera-t-il les Sombres, ennemis sans vergogne qui s’emparent d’autres vies pour prolonger la leur ?
    Lui, l’enfant mixte, l’enfant aux pouvoirs surprenants, l’enfant unique sur qui presque tout repose réussira-t-il à dépasser ses peurs et à accepter un destin aussi prodigieux qu’effrayant ?

    La force de cette histoire repose sur ses personnages et leurs relations, tissées avec soin par une plume délicate. J’ai choisi l’amitié quasi fraternelle entre Louis et Charles, mais j’aurais tout aussi bien pu choisir Ranah et Elusine, respectivement mère et tante dudit Louis, et tant d’autres. Bon, il se trouve que je dois parler de Louis et Charles… ils sont comme deux doigts de la même main, et je ne parle pas du pouce et de l’auriculaire, mais du majeur et de l’annulaire qu’il est difficile de lever lorsque l’autre ne l’est pas. Lorsque Louis a des ennuis, Charles vient à la rescousse. Lorsque Charles se fait kidnapper, Louis désobéit à tous pour aller le sauver. Je pourrais poursuivre longtemps ainsi, mais vous l’aurez compris : ces deux enfants, chacun avec leur caractère bien trempé, sont toujours là l’un pour l’autre, sous le soleil comme dans la pire tempête, et cela leur est si naturel que ça en force l’admiration.

    Extrait Les deux camarades restèrent silencieux sur le chemin du retour. Charles observait son ami du coin de l’œil, mais il n’osa pas lui poser de question supplémentaire. Louis semblait avoir tout oublié : la Grosse Dame, le pari et le reste. Peut-être que c’était pour éviter de mauvais souvenirs ? Peut-être que la Grosse Dame l’avait terrorisé au point de lui faire perdre la mémoire ? Il préféra attendre le lendemain pour parler de tout ça, d’autant qu’il était tard, ce dont Louis ne semblait pas se soucier, pas plus que du reste d’ailleurs.



  • Histoire - (Prosperine Virgule-Point et la phrase sans fin de @Kittylou )

    Résumé : Demi-Mot aurait pu être un village ordinaire, s’il n’était pas bâti à la limite du Texte. Jour après jour, les habitants polissent et astiquent les lettres ; ils entretiennent ces milliers de caractères qui, sans leur concours, se seraient déjà effondrés. Chez les Virgule-Point, l’aînée de la fratrie a choisi une voie bien différente : fleuriste ! Elle préfère bichonner des Trompettes à pétales plutôt que de faire prospérer l’empire des points et des virgules. Mais un événement inexplicable ne tarde pas à l’entraîner dans une spirale qui la dépasse.

    Cette histoire a été la première que j’ai entamée à mon retour sur FPA et ça a été un tel coup de coeur que ça a mis la barre très haut pour les autres fics. Le style est unique et se marie à merveille avec l’univers follement original de Demi-Mots. C’est drôle, c’est intelligent, c’est subtil… je n’ai que trois mots à dire : Foncez. Le. Lire.

    extrait — Hé ho, c’est ma chambre ! protesta le propriétaire des lieux. Vous êtes en train de mettre de la boue partout !
    — Écoutez, je viens d’avoir une idée…
    — Et vous ne pouvez pas l’exprimer ailleurs que sur Ma moquette ?
    — La semaine dernière, Tom s’est arrêté à ma boutique. Nous parlions de la pluie et du beau temps quand la discussion a bifurqué sur la botanique et sur les Trompettes à pétales. Il s’est montré très intéressé par cette plante…
    — Oui, il voulait sans doute savoir à quelle vitesse cette abomination florale Cavale et s’il y a moyen de la distancer.
    — Je crois que Tom n’est pas venu chez moi par hasard, continua Prosperine imperturbable. Dans l’hypothèse où il a été blessé dans sa cuisine, il a dû traverser une bonne partie de la lande en étant gravement blessé. À votre avis, pourquoi est-ce qu’il a choisi mon jardin pour s’étaler de tout son long ?
    — Parce qu’à cette heure de la journée, il ne devait pas y avoir grand-chose d’ouvert, répondit Honoré dans un élan de réalisme. Et puis, si votre Tom était à moitié moribond, il est probable qu’il ne voyait plus très clair et une devanture Vert salade, ça attire le regard.


  • Journaliste PAen

    Personnages - Hariel et Roxan dans De corps et d’âme de @Beul

    Résumé : Dans un futur plus ou moins proche, Hariel et Roxan discutent de l’existence de filles vivant en autarcie et sans garçon.

    Cette histoire de Beul m’a tout de suite entraînée dans une atmosphère hyper particulière qui me fait penser à la fin du monde… Entre une sorte de désespoir diffus et la tempête qui approche, les deux frères Hariel et Roxan sont très attachants et se complètent bien - on sent les liens forts qui les unissent, et en même temps les désaccords qui les différencient. C’est une nouvelle assez courte, mais on aurait vraiment envie de connaître la suite de leur aventure et de partager ça avec eux !

    Extrait : Un grondement résonne au large. Avec ses lourdes bottes, Hariel progresse lentement sous un ballet de plus en plus confus de sternes et de bécasseaux que l’orage à venir agite. À sa suite et déchaussé, Roxan sème ses feuilles en route à force de sauts désordonnés visant à ne pas se planter un bâton ou une pierre dans le pied. À plusieurs reprises, il doit mettre les mains dans le sable s’il ne veut pas tomber.
    — J’y crois pas, t’es encore cul nu là-dessous ? s’aperçoit Hariel quand le remue-ménage est trop intrusif pour être ignoré. Je suis en pull et toi t’as même pas de slip ?
    — … J’aime bien quand ça prend l’air, c’est ça l’intérêt.



  • Histoire - Sonia, de @Fannie

    Résumé : Elle a quitté la maison pour ne jamais revenir…

    Ce récit écrit avec délicatesse, tact et tendresse m’a laissée, littéralement, sans voix. Je ne sais pas quoi dire d’autre.
    Je m’en sens toujours aussi marquée, près d’un an après ma lecture.

    Extrait : Elle s’appelait Sonia.
    .
    Un jour, elle est partie de la maison pour ne plus revenir. Ses filles faisaient la grasse matinée et elle a tout laissé en plan. Ce n’était pas son genre. L’armoire de l’entrée était ouverte et il y avait un chiffon par terre, là où visiblement, elle avait tenté d’enlever une tache sur la moquette.
    .
    Quand ses filles ont vu ça, elles étaient inquiètes. Comme la voiture n’était plus au garage, elles ont imaginé qu’elle était partie faire une course en vitesse et qu’elle reviendrait.
    .
    Mais, plus tard, quand deux policiers se sont présentés avec une mine grave, elles ont compris. Avant qu’ils commencent à parler, elles savaient ce qu’ils allaient leur annoncer.


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