Les gros nez rouges


  • Administratrice

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    LES GROS NEZ ROUGES

    :sparkles: :book: :sparkles:

    Histoire – La tranche de rire : Remède contre les jours de pluie et de déprime, cette histoire vous muscle les abdos autant que les zygomatiques. Vous pouvez en apprécier l’absurdité, le mordant ou le cynisme subtil, y déguster des situations improbables ou y fréquenter des personnages plaisantins. Les histoires responsables d’accès d’hilarité et de petits ricanements de nez sont à l’honneur dans cette catégorie !

    Lauréate 2017 hors compétition : 17 Malédictions et un paquet d’embrouilles de Le_Hérisson

    :sparkles: :boy: :sparkles:

    Personnage – Le meilleur ami : Ce n’est pas tout de se mettre dans les baskets des personnages : certains ne se laissent pas trop approcher, d’autres encore cultivent leur part d’ombre. Quelques individus déclenchent cependant une alchimie immédiate ou progressive. On se découvre des atomes crochus, on compatit, on tremble et on rit au diapason de ces personnages qu’on aimerait pouvoir inviter à boire et défendre contre les affres de la vie. C’est l’endroit rêvé pour leur faire votre déclaration !


  • Plume d'Argent

    Histoire - Le Bal aveugle de Jowie
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2194

    Pot-au-Feu, village montagnard perdu au milieu de nulle part, est dans le pétrin. Un hiver des plus ravageurs l’enserre depuis plusieurs mois. Ses habitants sont persuadés d’avoir trouvé la meilleure solution pour arrêter les intempéries : un sacrifice humain.
    Alors, qui sera l’heureux élu ? Et surtout, garantira-t-il le salut de Pot-au-Feu ?

    Mon choix pour cette catégorie se porte sans hésiter sur Le Bal aveugle ! Certes, l’humour est noir et décalé mais qu’est-ce qu’il est bon ! Un décor improbable, des personnages rustauds, sauvages et barbares comme des ours, des coutumes hallucinantes… Dès le début, Jowie nous transporte dans une atmosphère surprenante où l’on est partagé entre le rire et l’écœurement. Mais elle ne se contente pas d’un tableau saisissant : elle met tout ce petit monde en mouvement pour lui faire vivre des aventures rocambolesques aux multiples rebondissements. Au premier chapitre, je me suis dit “mais comment va-t-elle faire vingt-cinq chapitres de cette histoire ?”. Après le point final, je me suis inclinée : non seulement la totalité des chapitres étaient passionnants, mais j’ai ri du début à la fin ! A liiiiiiire absolument !

    Le cuir chevelu et la nuque entaillées et en sang, Ulrich ramassa son pistolet et courut s’abriter sous les échafaudages. C’était le moment de voir le bon côté des choses et de tirer profit de l’état de panique des danseurs. Tenant son arme à deux mains, il soumit le lustre à six coups consécutifs. Les perles de cristal explosèrent et tombèrent en grêle sur les danseurs, qui essayaient également de se protéger des chutes de bougies enflammées. Des cravates, des froufrous et des chevelures ne tardèrent pas à prendre feu, ce qui s’ensuivit naturellement d’une symphonie de braillements horrifiés et d’une bonne dose de gesticulations. Lorsque le plancher s’incendia, le volume redoubla.
    — ESPÈCE DE BÂTARD ! s’époumona Reto Woll-Hauser à l’intention du syndic. Il pleut du verre, la salle crame, on est sur le point de crever : ce n’est pas la peine de nous tirer dessus !
    L’odeur de brûlé et une fumée noire se répandit dans la salle, tandis que les flammes s’éprenaient des estrades. Bientôt, ce serait le tour des échafaudages. Au milieu de cette vision infernale, des gens qui fuyaient et du toit qui se délabrait, l’Aigrefin maudissait le lustre qui refusait de relâcher ses otages. C’est alors qu’on lui arracha le pistolet des mains et qu’une voix nasillarde à sa droite lança :
    — Sans vouloir vous offenser, M. le syndic, vous êtes une vraie pive en tir.
    Le dénommé se retint de bouger. Sa cape de lynx nouée autour de la taille, Frigga Dünn épaula son fusil de chasse. À chacun de ses tirs, un Pot-au-Fou pendu chuta sur le parterre de verre avec un « aïe » et une comptine d’injures.
    — Désolée si j’ai tardé. J’étais fascinée par le buffet, là-bas, vers le vestiaire. Il y avait une pyramide de pralinés et de bricelets trempés dans du chocolat, je n’ai vraiment pas pu résister.


  • Plume d'Argent

    Personnage - Arka, La Ville sans vent de Zenodote
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2926

    Quand Lastyanax, dix-neuf ans, devient ministre d’Hyperborée après le meurtre de son mentor, il se retrouve entraîné dans un tourbillon de complots politiques. Pour affronter les défis de la ville sans vent, il ne peut compter que sur sa disciple de treize ans : elle s’appelle Arka, et elle n’a pas fini de l’étonner.

    Je dois moi aussi avoir treize ans, parce que je me suis prise d’une grande amitié pour Arka dès les premières lignes où Zénodote nous la présente. C’est bien simple, c’est ma BFF ! Courageuse (limite inconsciente), effrontée et enjouée malgré un passé chargé, la jeune héroïne est la parfaite guerrière badass, en miniature. Capable tantôt de fierté et d’abnégation, tantôt d’une mauvaise foi crasse et d’un entêtement à toute épreuve, excellente cavalière, grosse flemmarde dans ses études, chapardeuse si besoin… elle ne pouvait que s’adresser directement à mon cœur d’éternelle adolescente ! Affection immédiate !

    Dehors, les gens riaient toujours. Arka appela Le Nabot. Aussitôt, le cheval revint au petit trot d’un air digne, la queue en panache.
    — Désolée, vieux, souffla Arka en lui tapotant les flancs.
    C’était elle qui avait fait tomber la motte de neige sur la croupe du cheval. Pendant que l’attention de la douanière et des gardes était détournée par l’animal, elle avait fait léviter les trois pièces depuis la caissette jusqu’à sa poche, ni vu ni connu.
    Il y avait quelque chose de grisant dans le fait d’entrer dans la ville aux frais de la ville elle-même, pensa-t-elle en traversant d’un pas victorieux l’énorme porte en bronze, sous l’œil vigilant des gardes.
    Et pour couronner le tout, elle avait à présent assez d’or pour s’acheter à manger.


  • Journaliste PAen

    Personnage - Rebecca, Rebecca de Laure
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2850

    Résumé : Rebecca, dont la vie est tout à fait grise depuis un moment, part à la chasse aux couleurs.

    J’ai eu un coup de foudre immédiat pour ce personnage. On a envie de la protéger, de lui venir en aide, de la défendre envers et contre tout. A tel point que je culpabilise d’avoir un peu laissé tomber l’histoire ces derniers temps. Rebecca me manque. J’ai envie de la retrouver afin de savoir si elle va bien, si elle vit des moments heureux remplis de poésie. Elle est pour moi comme une véritable amie ! Il est impossible (pour moi) de ne pas avoir d’empathie pour elle.

    Extrait : Vers seize heures, Rebecca se dit qu’il fallait peut-être qu’elle fasse quelque chose de sa journée, qui s’annonçait autrement un trou noir à énergie.
    Ses sanglots musicaux s’étant révélés un cuisant échec, elle se dit qu’il fallait employer les grands moyens : se rendre au seul endroit où, avait-elle remarqué, les couleurs lui étaient toujours vibrantes et claires, c’est-à-dire au bord de la mer, à trois coins de rues de chez elle. Dès qu’elle s’approchait du grand boulevard, il lui était déjà possible de voir au loin les palmiers verdoyer et les vagues turquoiser. Cela demeurait, depuis le tout début, l’étrange exception à son étrange condition ; un petit trou dans la boîte de conserve pour entrevoir le dehors sur la pointe des pieds.
    Avec de douces idées en tête, Rebecca quitta sa chambre en emportant, dans son sac de toile, un roman ainsi qu’un citron – pour en avoir le cœur net.
    Dehors, l’air était lourd et lumineux, mais désespérément gris. Les yeux dans le vague, comme engourdis, Rebecca emprunta ses rues pavées habituelles en fredonnant dans sa tête. C’était une petite mélodie insignifiante qui venait d’elle ne savait où, peut-être une pub ou un truc du genre. Elle faisait souvent ça, fredonner dans sa tête. Ainsi, elle s’y sentait moins seule.


  • Plume d'Argent

    Histoire - Cherchez l’erreur…, de @Kittylou

    Résumé : M. Barnabé vit dans un monde où les mots n’ont pas le même sens que chez nous. Les rues parallèles se croisent et les portes closes n’ont aucun scrupule à être entrebâillées. Un jour, M. Barnabé va faire une étrange découverte. Un livre au titre bien mystérieux… Un dictionnaire.

    Si je me souviens bien, cette nouvelle avait été inspirée par une mésaventure de son auteure en maison d’édition (une sombre histoire de “meutes de goélands”, je crois :grin: ), suivie d’une interrogation sur le sens qu’on donne aux mots… C’est absurde, un poil cynique, et surtout drôle à souhait ! (Une autre nouvelle tout aussi burlesque met également en scène ce pauvre monsieur Barnabé, si le cœur vous en dit…)
    Je vous laisse avec le début de cette nouvelle, qui est plus parlant que tout ce que je pourrais ajouter !

    Extrait : Dans le ciel d’un blanc pâle, un banc d’oiseaux survolait les toits de la ville. L’air frais frôlait les passants, les obligeant à se plier tels des origamis pour se protéger des assauts du vent. Dans l’une des ruelles, parallèle à l’Avenue des Incohérences et dont le croisement était un lieu réputé pour ses viandes végétariennes, un homme marchait. Il glissait le long des boutiques, le pull boutonnée jusqu’au menton sous son par-dessous d’un vert-cerise.
    M. Barnabé était étrange, voire même commun dans sa bizarrerie. Non seulement parce qu’il décapitait ses enveloppes pour collectionner les timbres, mais surtout parce qu’il cherchait à comprendre les mots.
    C’était burlesque ! Un mot avait le même mérite qu’un autre. Pour décrire un lit, ne pouvait-on pas prononcer à la fois une chaise –couchée ou un hamac au sol ? Non, M. Barnabé acceptait de refuser la richesse de la langue. À son regard, un lit était un lit et rien d’autre.


  • Plume d'Argent

    Histoire - Berteram le Vigilant et la Quête de l’Anneau Magique dans l’Antre du Puissant Dragon, de Nana

    résumé : Berteram vient d’être adoubé chevalier, il lui faut donc récupérer son permis de chevalerie au Bureau des Permis de Chevalerie (logique). Malheureusement pour lui, ce n’est que la première étape d’une longue quête administrative. Arrivera-t-il au bout ? Triomphera-t-il des formulaires et des employés de mauvais poil ?

    Qui eût cru que devenir chevalier serait une aventure plus administrative que dragonnesque ? Confronté à l’obtention de permis, aux formulaires à remplir et aux files d’attentes interminables, Berteram n’est pas au bout de ses peines. Mais quand pourra-t-il enfin partir sauver la veuve et l’orphelin ? (Et quand nous écriras-tu enfin la suite Nana ? : P ) Références RPG, parodies en tout genre et bonnes répliques, à lire pour passer un bon moment ^^

    extrait : — Ah, très bien… continua-t-elle en prenant des notes. Qui vous a adoubé ? Et quel est votre nom ?
    — Le Prince en personne m’a adoubé ! Et je me nomme Berteram.
    — Bien, veuillez patienter, je vais rechercher dans les derniers permis arrivés. Cela peut prendre quelques heures.
    — Quelques heures ? Mais je suis ici depuis déjà trois heures ! s’exclama piteusement le jeune homme.
    — Ne vous énervez pas ! tonna la femme. Sinon, j’appelle la garde et vous devrez revenir demain !
    — Non, non, excusez-moi, je ne m’énerve pas, madame, répondit très vite Berteram en se ratatinant sur son siège.
    — Bon, et bien, patientez ici.
    Elle partit en coup de vent vers la porte située derrière son bureau, et Berteram se prépara encore une fois à attendre sur son siège inconfortable.


  • Plume d'Argent

    Histoire - Grouh (Concours d’écriture d’Halloween 2017), de Seja, Cristal et Danah

    résumé : Grouh !

    Grouh.
    Mais c’est rhétorique, hein.

    extrait : GROUH. – Grouh ?
    LE MOMIE. – Grouh plussoie.
    LOUIS. – Grouh ? Grouh, est-ce que la momie est relou ?
    GROUH. – Grouh.



  • Histoire - Histoire d’un procès ou l’évolution par la disparition, de @Lyrou

    Résumé : Au petit village de Wies un rien agite les habitants. Et ce jour-là c’était une vraie tornade qui allait secouer les citoyens : la pomme-de-terre sacrée, vestige de l’apogée d’une survie par la monoculture, a disparue. Commence alors une course au temoignage pour découvrir qui se cache derrière ce vol hérétique dans une atmosphère électrique où chacun compte bien profiter de l’occasion pour régler ses comptes…

    Comme quoi, être exhorté à aller traîner dans les lymbes PAennes, c’est une bonne chose… En quelques phrases un brin absurdes, Lyrou nous emmène au coeur d’un village de montagne où les rancunes ont la dent dure. Difficile de croire qu’une nouvelle puisse nous faire à ce point entrer dans un village, et pourtant… c’est comme si vous y étiez, à acheter votre pain aux carottes chez Lyz et vous promenez sur les rives du lac en face de chez Ogrod !

    L’origine de l’amical religieux de la pomme-de-terre sacrée pourrait sembler obscure à tous néophyte venant du dehors de la montagne, mais en réalité elle était parfaitement logique. À une époque où leurs terres étaient peu fertiles, la pomme de terre venue d’outre océan était un petit miracle pour se nourrir. Puis les orages augmentant en force, les plaines devinrent plus verdoyantes et les pommes de terre délaissées. Un lac se forma dans l’un des champs creusés, et avec l’inondation, toutes périrent, sauf une qui émergea de l’eau et vint à la surface comme un tout petit îlot autour duquel fut bâti le temple. Vestige des temps anciens de la monoculture et miraculé tubercule, la patate sacrée avait tout pour elle, et en récoltait aujourd’hui le prix. Elle avait disparu.


  • Plume d'Argent

    Histoire - Fiesta sous les mottes, de @Beul

    Résumé : Elle vient d’emménager, travaille avec un superviseur un peu perché et exerce le doux métier de thanatopractrice ; mais malgré cette jolie liste, Marina n’est ni au bout de ses peines ni de ses surprises. Dans le cimetière auquel elle est rattachée, l’un des pensionnaires s’amuse effectivement à sortir de tombe tous les soirs et le macchabée n’est pas du genre coopératif lorsque vient le moment de le remettre en terre.
    Entre quelques coups de pelle et du sort, autres frayeurs, longs moments de solitude et la sempiternelle question du « qu’est-ce que la vie, qu’est-ce que la mort ? », il s’avèrerait que le jeune homme décédé ait un message d’alerte à faire passer.

    Des personnages attachants et très bien faits, une histoire qui oscille entre l’humour et le fantastique un peu inquiétant. Le cher mort-vivant qui se déterre toutes les nuits donne du fil à retordre à Marina Truelydead, employée patiente, et son chef complètement décalé, Taylor Falseflower. Vous voyez, déjà avec le nom des personnages, un petit rire se prépare dans l’estomac :p j’avoue avoir un gros faible pour Taylor, tellement délicat et dans la lune qu’on ne peut s’empêcher de sourire.

    Extrait : — Ne nous énervons pas, ma chère. La mairie ne nous donnerait simplement jamais les crédits pour un tel aménagement. Et puis, avouons-le… Ça gâcherait le décor.
    — Une simple chape, grand chef, et de la terre par-dessus, intervint Valentin en parlant du nez. Les gens y verront rien. Y poseront pas de question. Ça gâchera rien. Même le gazon y poussera dessus.
    — … L’herbe ne jaunira pas ? tint à demander Taylor, sincèrement inquiet.
    Et le mort pas si mort sous la possible herbe jaune, ce n’était qu’un détail ? Le gazon était-il réellement plus important que la sécurité des usagers ? Ou peut-être Taylor ne voulait tout simplement pas dire au revoir à son camarade muet, et que toute excuse était bonne.
    […]Monsieur Falseflower, peiné, se rapprocha de sa jeune subordonnée, ne voulant pas rester sur une aussi mauvaise conclusion.
    — Monsieur Bodlicott nous sort peut-être de terre pour une raison bien particulière ? osa-t-il enfin émettre. Un jour, il sera prêt à nous la révéler.
    — Avec les cordes vocales qu’y lui reste, ch’uis pas sûr, crachota Valentin avec amusement, toujours pour lui-même.


  • Administratrice

    Histoire – Les Faucheurs d’âmes, de @Neila

    J’irais pas jusqu’à dire que ma vie respirait la normalité avant cette nuit là. D’accord, je l’ai cru à une époque, c’est vrai. Mais depuis j’ai réalisé que j’étais le seul à voir toutes ces personnes translucides qui se promènent dans les rues, et surtout j’ai compris que toutes ces personnes étaient mortes. Malgré ce détail, croyez-le ou non, ma vie était plutôt tranquille. Aussi ennuyeuse que celle de n’importe quel môme de douze ans. Puis ce gars a débarqué, m’a refilé son attirail sans le mode d’emploi et, au passage, tous ses problèmes. Maintenant je dois me coltiner une russe kleptomane affolée de la gâchette et un fantôme qui a peur de son ectoplasme. Autant dire que c’est pas la joie. Et le meilleur dans tout ça, c’est que la moitié du monde des morts est à mes trousses parce qu’un taré en armure en a après moi.
    Y’a pas à dire, j’aurais mieux fait de rester couché.

    Ah, je ne sais même pas par où commencer. Le ton savoureux d’Enzo qui nous trimballe sans ses aventures fantômesques ? Les blagues glissées aux endroits les plus improbables ? Le sarcasme et le cynisme mélangés à une imitation de préadolescent absolument convaincante et savoureuse ? Ou Hervé, le spectre froussard qui perd en consistance à mesure que son trouillomètre grimpe ? Allez, tout ça à la fois !

    Quand j’ai rouvert les yeux, j’étais toujours dans la ruelle. J’avais le goût du sang dans la bouche, mal au crâne, encore un peu mal dans la poitrine et, pour une raison inexplicable, ça me lançait dans les épaules. Ça tirait pour être exact. Le goudron défilait à dix centimètres de mon nez, ponctué de chewing-gums aplatis. J’ai battu des cils pour me tirer du brouillard et j’ai fini par discerner comme un pied qui allait et venait près de mon visage. Je dis « comme » parce qu’il lui manquait quelques trucs essentiels. Des ongles, de la peau, des tendons et des muscles par exemple. En fait il n’y avait que les os.
    Au prix d’un gros effort, j’ai relevé la tête et mon sang n’a fait qu’un tour.
    J’étais encadré par deux squelettes. De véritables squelettes, comme Gepetto, la mascotte de notre salle de biologie, sauf que ceux-là ne portaient pas une blouse blanche mais des casquettes vert-blanc-rouge et des tee-shirts estampillés « I ♥ Firenze ». Et surtout ils marchaient. Ils me tenaient chacun par un bras et me traînaient lourdement sur la route en me ramenant à mon point de départ. Je me suis redressé sur les genoux et j’ai pilé net.


  • Administratrice

    Personnage – Léandre, Astel, de @Laure

    C’est l’histoire d’un ado, mais un peu plus vieux que la dernière fois.

    C’est très tentant de conclure cette soumission ici, mais ça ne rendrait vraiment pas justice à ce brave Léandre, qui a su m’entraîner dans ses mésaventures aux odeurs de crêpes et de chaussettes mouillées, me faire serrer les fesses, les dents, et les paupières pour ne pas lâcher une larme rebelle aux moments les plus poignants. Du rire aux pulsions protectrices, Léandre fait passer le lecteur par tout un éventail d’émotions, et je donnerais n’importe quoi pour raccourcir de quelques années et me plonger dans les mystères d’Astel à ses côtés ♥

    Un peu déboussolé, Léandre se leva de sa chaise – dont les pieds grincèrent comme une fourchette dans une assiette – et ramassa son sac de ses mains tremblantes. Il traversa la classe et son silence écrasant, toujours pieds nus dans ses baskets, et jeta un regard à Rufus et à Arsène, qui le considéraient d’un drôle d’air.
    Léandre avaient les mains tellement moites que des gouttes commençaient à perler sur ses paumes. Il se demandait bien quel délit il avait pu commettre. Ça ne pouvait être que ça, non ? On ne l’aurait pas sorti d’un examen à moins qu’il ait fait quelque chose de très grave.
    Il essaya de penser à ce que ça pouvait être. La semaine dernière, il avait bien mâché du chewing-gum en classe et l’avait par la suite discrètement fixé sous sa chaise, mais on n’en aurait pas fait autant pour si peu.
    Avait-on découvert son vilain graffiti dans les toilettes ?



  • Personnage - Anselm (Earth Never Dies), par @Elka

    Résumé "C’est peut-être le Destin qui a fait de moi ce que je suis. C’est peut-être le Destin qui, à leur naissance, les a marqués pour qu’ils se retrouvent un jour. […] Pour que la roue tourne et tourne encore. Pour nous faire croire que chaque moment de joie est éternel. Que certaines choses ne meurent jamais."
    Chez les Arkans, le moment le plus important d’une vie est le jour où ils reçoivent leur Clef. S’ouvrent alors les portes de l’Académie où, à notre insu, ils suivent leurs cours. Mais les vieux cataclysmes sont tenaces, et le ciel recommence à broyer du noir…

    Après que Dédé aie soumis Rebecca, je pensais ne pas trouver de meilleur ami… Puis je suis tombée sur Anselm. Il se fait désirer car il n’apparait que peu au tout début de l’histoire, mais je ne suis pas déçue de m’être entêtée dans ma lecture. Anselm est un grand frère, un fils, un ami, qui est là. Il est présent quand on a besoin de lui, mais aussi le reste du temps : on peut compter sur lui. Mais il est plus que cela : d’une personnalité riche, avec ses failles, ses couleurs, ses crevasses, ses élans, il nous donne envie de lui rendre la pareille, d’être là pour lui, traverser la distance de l’écran pour lui tendre la main.
    Bref. Je vous souhaite une bonne rencontre avec ce personnage à la profondeur insoupçonnée, qui a su me toucher comme peu de personnages ont su le faire :green_heart:

    Extrait Alors Anselm s’était blindé, au cas où. Blindé à en faire mourir les sentiments qui lui étaient propres. Sa sœur était demeurée près de lui, comptant sur lui comme toujours. Parfois, le regard qu’elle posait sur sa personne était triste, mais il s’en moquait.
    Maintenant son insatiable besoin de se rendre utile, de se faire pilier pour quelqu’un, se transférait sur son père. Ce cercle infernal ne finirait donc jamais ?
    « Je ne me laisserais donc jamais vivre ? »


  • Journaliste PAen

    Personnage - Heza, dans Duel, de Heza

    Résumé : Le duellisme judiciaire, ce n’est pas pour les femmes!
    Il paraît… mais Heza ne l’entend pas de cette oreille.
    A la recherche de sa soeur, elle intègre l’Institut et le cursus de duellisme judiciaire, dans l’espoir de pouvoir poursuivre sa quête.
    Mais son arrivée n’est pas passée inaperçue, et la protection que lui procurait son anonymat s’étiole dès passée la lourde grille de l’enceinte.
    Qui est-elle ? Et qui cherche donc à la tuer ?

    J’ai tout de suite accroché avec cette histoire de duel et de jeune femme qui veut intégrer une formation soi-disant réservée aux hommes… Heza (le personnage, à ne pas confondre avec l’auteure au même pseudo ;) ) ne se laisse pas faire et arrive à s’imposer malgré les obstacles qui lui barrent la route. On ressent tout de suite une grande sympathie pour sa situation et on a qu’une envie : l’aider, la soutenir, lui dire qu’elle a raison de ne pas se laisser faire… Bref, d’être sa pote et de lui payer un coup après ses cours de duel :) (je précise juste qu’il y a 4 chapitres en ligne, sans suite pour l’instant… J’espère que l’auteure reviendra un jour pour continuer cette histoire !)

    Extrait :
    — Votre nom ? me demanda-t’il.
    — Heza.
    — Bien, Heza. Il n’existe pas de duellistes judiciaires femmes, est-ce que vous le savez?
    — Oui.
    — Et…?
    — Et je ne saisis pas la pertinence de cette remarque.
    Il haussa les sourcils sous le coup d’une vraie surprise cette fois-ci.
    — La pertinence ? me demanda-t’il. Vous souhaitez vous engager dans une des formations les plus dangereuses au monde, et vous ne voyez pas la pertinence dans ce que je viens de vous dire ?
    Je vis du coin de l’œil le doyen nous observer avec un grand sourire.
    — Non, répondis-je simplement. C’est une formation qui est dangereuse en soit ; le fait que je sois une femme ne sera pas un facteur de risque supplémentaire dans l’absolu.


  • Plume d'Argent

    Histoire : La seconde option du balcon par @Isapass
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2987

    Résumé :

    Et si Cyrano avait changé d’avis…

    Justification:
    Appréciez l’habile versification
    De cette vive et truculente fanfiction
    Qui à l’amour de Cyrano m’a convertie.
    Rire garanti pour les lecteurs avertis!

    Extrait :

    CYRANO
    Il faut que vous sachiez, oui, vous avez raison.
    Le constat de départ sur la décision prise :
    Votre beau tourtereau est con comme une valise.



  • Histoire - Enfances Bafouées de @Harriett-Nay
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2478&warning=4

    Il est acerbe, il est glacial. Il n’a aucun goût vestimentaire, vit avec son chat, et sa meilleure amie est son assistante. Il a honte de ce qu’il est et le cache à tous, même parfois à lui-même, sauf quand le secret lui pèse et qu’il s’abandonne à des étreintes rapides dans les bras d’inconnus. Il est grand, maigre, blême, bibliothécaire. Et, ah oui! Il est suspecté de meurtre.

    Cynique, pince sans rire, drôle, décalée ! Autant de qualificatifs qui vont parfaitement bien à cette histoire qui, si elle s’articule autour d’une sombre histoire de meurtre, s’ingénie à vous faire rire, ricaner, glousser et grincer des dents. Gros coup de coeur pour ce récit que j’ai lu et relu, qui me fais rire à chaque fois, pour le plus grand malheur de mes compagnons de train !

    Extrait :

    Je trouvais proprement incroyable cette attitude, surtout de la part de nos élus, qui étaient pourtant censés veiller sur le bien-être de leurs concitoyens. N’en déplût aux furoncles humains comme Morvet, la culture des adolescents, fût-ce au moyen d’Harry Potter et autres Sally Lockhart, était une responsabilité presque sacrée, que l’on n’avait pas le droit de négliger.
    Et qui y avait-il pour s’en soucier ? Moi. Un homme allergique à presque toutes formes de relations sociales. Qui haïssait la promiscuité et ne pouvait supporter le contact humain plus de quelques secondes avant de s’embraser spontanément. Pauvres gosses…
    Tout cela n’avait pas empêché Marlène de postuler pour être mon assistante. J’avais d’abord envisagé cela comme l’expression d’une profonde dépression. M’accepter sciemment comme patron, ce ne pouvait être qu’une forme d’appel à l’aide avant le suicide.
    Or, elle était gaie, sympathique et vive. Les enfants l’adoraient. Pire que tout, je l’appréciais. Je ne parvenais pas à m’expliquer quelle défaillance de mon cerveau avait rendu cela possible, mais les faits étaient là. Il m’avait fallu à peine deux semaines pour la considérer comme une amie. Et je n’avais pas un seul autre ami dans cette ville depuis huit ans que j’y vivais.



  • Personnage - Sam Cooper de Ceci est l’histoire de Sam Cooper de @uNeven
    http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2975

    Sam Cooper est dépressif. Il est passionné d’histoires de super-héros et sait qu’il ne pourra jamais en vivre une lui-même…Sauf si.
    Sauf si l’armée se passionne tout à coup pour une étrange masse énergétique multicolore flottant vers Clermont-Ferrand.
    Sauf si des enfants commencent à développer certaines capacités, comme la pyromanie, la télépathie, ou encore une grande motivation pour jeter des chaises à la tête de soldats désabusés.
    Sauf si un docteur malade clame pouvoir prendre le contrôle du monde entier.
    Sauf si Sam Cooper se décide enfin à répondre à son téléphone.

    Parce que… parce que Sam. Même si c’est un boulet, qu’il est à la ramasse et complètement dans son monde, c’est quelqu’un de drôle, de prévenant, d’un peu suicidaire et en total manque de bon sens. Avec lui, aucunes chances de s’ennuyer, animation garantie, et mal aux abdos quasi permanent à force de rire =D

    Extrait :

    Les jours filèrent sans que personne ne les compte, et Sam ne vit pas la fin de l’entraînement arriver. Un matin pourtant, alors qu’il sortait de la douche et saisissait son uniforme, la glace dans la porte de son casier l’arrêta. Il ne se reconnut pas tout de suite : il vit un jeune homme peu musclé, mais bien moins lourd et épais qu’il y a un mois. Ses cheveux au départ entièrement rasés étaient revenus timidement, formant une armée piquante sur son crâne. Il avait encore une tête s’apparentant à une boule de bowling, mais ses yeux bleu ciel et les fossettes creusées par son sourire rendait le tout plutôt plaisant.
    -Salut, toi, sourit Cooper à lui-même en s’admirant de tous les angles.
    -Cooper, fit Rossel d’une voix déjà dangereuse.
    Sam sursauta et se cogna dans son casier. Il frotta son bras endolori tout en jetant un regard mi-désolé mi-amusé au colonel.
    -Qu’est-ce que vous foutez encore ici à vous admirer narcissiquement alors que tout le monde vous attend à l’extérieur ?
    Sam était devenu hermétique à toute remarque acide et posa son coude contre le miroir, dans une attitude qui se voulait trop séductrice pour être sérieuse.
    -Je n’ai que deux minutes de retard. Peut-être que vous vouliez me voir en privé ? Suggéra-t-il, son cerveau enclenchant un slow composé de batterie et de cordes langoureuses sans qu’il ne le demande.
    -Et peut-être que je vais vous compacter de sorte à ce que vous rentriez en petits morceaux dans ce casier.



  • Personnage - Theresa, de Darnley Hall, de @Eilish

    Résumé : C’est l’histoire d’une gouvernante.

    Theresa, c’est une fille forte, courageuse, déterminée et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle me semble (là où j’en suis dans ma lecture) admirable en tout point, et elle a comme cette façon d’être qui fait que j’ai l’impression de la comprendre, j’ai l’impression que c’est une amie à moi et qu’on s’entend bien toutes les deux. Je l’aime beaucoup.

    Extrait : — Je suis Miss Theresa Walsh, la gouvernante du jeune Sir Darnley.
    […]
    — Darnley Hall nous a envoyé le mildiou ; ceux qui y vont ne tarderont pas à nous rapporter d’autres malheurs encore. Prenez la grand-rue et continuez donc votre route.
    .
    Comme si elle n’y avait pas pensé ! Le vent se moqua bruyamment, glaçant un peu plus ses doigts. Theresa changea sa valise de main et la vieillarde renfrognée la surveilla. À croire que des pommes de terres infectées se cachaient à l’intérieur.
    .
    — Quelle direction ? insista Theresa.
    .
    — Nord, après la roche gravée, répondit-elle avec un regard impatient vers sa fille. Les mauvaises choses viennent toujours du Nord.


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