La présentation à l'éditeur



  • Bonsoir à tous,
    Désolé d’abord si ma question n’a pas sa place ici mais je cherche des conseils sur la manière de se présenter dans la lettre d’accompagnement aux éditeurs.
    Quand on regarde les bios traditionnels des écrivains, on parle tout de suite des livres qu’ils ont publiés, des prix qu’ils ont remportés, des drames terribles qu’ils ont vécus…
    Mais quand on n’a encore rien publié, qu’on n’a gagné aucun concours, et qu’on a passé toute sa vie dans le calme d’une petite maison de banlieue… comment dire…?
    Bref, au bout de deux lignes, une fois que j’ai précisé mon âge, ma profession et le fait que j’aime écrire (même si, à partir du moment où je soumets un manuscrit, c’est que j’aime un minimum mettre ce qui se passe dans ma tête sur papier, donc c’est un peu évident…), ben, je vois pas trop quoi dire. Comment vous en sortez-vous, vous ?
    Merci d’avance pour vos réponses.


  • Plume d'Argent

    Épineuse question que voilà @Phosphorus !
    Se baser sur ce qu’il est dit des auteurs publiés n’est peut-être pas recommandé d’autant plus qu’ils ne se présenteraient peut-être pas eux-mêmes de cette façon :sweat_smile:

    Lorsque j’envoyai des manuscrits d’album jeunesse aux éditeurs (oh lalala on dirait une vieille qui parle :older_woman_tone2:), je misais sur l’originalité. Ça ne s’est pas avéré payant mais ça pouvait tout de même piquer la curiosité des éditeurs.

    Dans les premiers envois, je ne me présentais pas au sens civil et administratif du terme, je l’avais fait sur une feuille séparée à la fin de mon texte justifiant cette démarche par le fait que ce n’était pas qui j’étais qui comptait mais le texte que j’envoyai…

    Dans les envois que j’ai fait plus récemment, toujours en jeunesse, j’ai donné la parole à mon texte et l’ai chargé de me présenter sans entrer dans les détails. Je n’en oubliais pourtant pas d’indiquer mes coordonnées correctement sur le manuscrit.

    A vrai dire l’éditeur a-t-il besoin de savoir notre profession, notre âge, le nombre de nos enfants ? Depuis que j’ai participé au Mazarine Book Day, j’aurais tendance à répondre que oui. Il était en effet demandé de se présenter en 200 signes en donnant âge, profession, etc. Présentation classique en somme… Là encore je n’ai pas pu résister, j’ai un peu fait dans l’originalité tout en respectant la consigne.

    En te lisant, j’ai la sensation que tu as peur d’être “ordinaire” (excuses-moi du terme et ne le prends surtout pas mal, je ne dis en aucun cas que tu es ordinaire :slight_smile:). Ce n’est pas parce que tu n’as pas vécu d’évènements tragiques ou que tu vis dans une maison de banlieue que ça ne fait pas de toi un bon auteur. Certes notre environnement peut influencer notre écriture mais ce n’est pas à ça qu’il faut s’arrêter. Les éditeurs misent parfois sur le sensationnel et on ne peut pas vraiment leur en vouloir puisque ça fonctionne auprès d’une partie du lectorat.

    Si ta présentation te paraît trop courte, parle peut-être davantage de l’écriture, de ton projet. Le plus important à mon sens c’est de rester soi-même et de ne pas chercher à en faire de trop…:slight_smile:

    (Toutes mes excuses pour cette tartine :bread:, mon petit-déjeuner n’est pas loin, ça doit être pour ça XD )



  • @phosphorus a dit dans La présentation à l'éditeur :

    Mais quand on n’a encore rien publié, qu’on n’a gagné aucun concours, et qu’on a passé toute sa vie dans le calme d’une petite maison de banlieue… comment dire…?

    Comme le dit @Cliène, tu as à l’air de penser qu’être banale peut être un frein… Je comprends, mais moi ce serait plutôt l’inverse.
    En ce qui me concerne, mon passé étant atypique, j’ai plutôt l’impression que l’on ne va me juger que là-dessus si je le disais, donc souvent, bien que je n’en ai pas honte, je ne mens pas mais “j’escamote” mes expériences. Ce qui fait qu’à l’inverse, je me retrouve avec une présentation plutôt banale… :p
    La présentation est toujours importante, même la personne la plus impartiale du monde te mettra dans une case en lisant ta bio et ce, même sans le vouloir.
    Parfois, il vaut mieux une case neutre qu’une case négative, en tous cas, dans l’esprit de celui qui te lira, tu ne crois pas?



  • @Phosphorus : tu peux aussi inventer tout ce que tu veux; genre te créer un alter-ego, lui inventer une vie etc. et t’en servir. Personnellement je ne le fais pas (j’ai juste différents pseudo, en fonction de ce que j’écris), mais un ami l’a fait pour sa présentation à l’éditeur et cela rendait très bien, je trouve ;)


  • Plume d'Argent

    J’ajouterai qu’il faut adapter la bio par rapport à ton texte ; si tu fais dans l’humour ou l’absurde, il faudrait que ta présentation s’en ressente, par exemple. Et aussi, si tu écris sur un sujet particulier, tu peux dire pourquoi ça t’intéresse, pourquoi tu l’as choisi, le lien avec ton vie… (Comme je ne connais pas du tout tes écrits, je lance ça un peu au pif, mais par exemple quand j’avais dû en rédiger quelques phrases sur moi pour une antho pro-lgbt+, bah, j’avais précisé que je faisais partie de la communauté :smile: )
    Sinon, je te conseillerai aussi d’ajouter pourquoi tu écris, qu’est-ce qui te donne envie de le faire (faire rêver, raconter ce que tu as dans la tête, “informer”, décrire le quotidien, etc), si tes proches ou autres te lisent (en plus, ça “rassure” un peu les éditeurs, qui se disent qu’au moins tu as déjà eu des retours sur ton projet, surtout s’il s’agit de ceux d’une communauté comme PA !), ce que t’as amené sur le chemin de l’écriture (quand as-tu commencé, quel a été le déclic, as-tu écrit des histoires avant celle que tu leur soumets, toussa)… Tu vois, on a tous des choses à dire quand on y réfléchit ! :grinning:
    Il y a aussi tes loisirs, ce que tu aimes lire… Et, même, je suis sûre que tu peux jouer sur ce côté “vie ordinaire” aussi ! (Si tu écris dans les genres de l’imaginaire : “X vit une vie tranquille, c’est peut-être pour cela que ses personnages affrontent dragons et sorcières dans ses histoires”, ou dans du plus réaliste : “Du coup, X sait de quoi il parle”… Tu vois le style ?)

    Haha, j’ai fait une tartine moi aussi ! Mais en même temps, je me suis pas mal posée la question récemment, justement parce que j’ai tenté des envois aussi…



  • Merci pour ces réponses :
    @cliène a dit dans La présentation à l'éditeur :

    Dans les envois que j’ai fait plus récemment, toujours en jeunesse, j’ai donné la parole à mon texte et l’ai chargé de me présenter sans entrer dans les détails. Je n’en oubliais pourtant pas d’indiquer mes coordonnées correctement sur le manuscrit.

    Je trouve l’idée excellente ! Merci @Cliène pour ce témoignage très intéressant.

    @ Loki et @Cliène : cette question d’être ordinaire est effectivement bien vue, je ne voyais pas vraiment les choses de cette manière, mais c’est vrai que ça fait sens !

    @LG : j’aime bien l’idée, mais j’aurais dû mal à m’inventer de multiples pseudos… Je garde cependant l’idée !

    Du coup, avec tout ça, et les suggestions pertinentes de @Rimeko, j’arrive finalement à un texte, non pas de 200 signes, mais de 200 mots ! Bon sang, me voilà passé à l’autre extrême ! :confused:


  • Plume d'Argent

    @phosphorus a dit :

    , j’arrive finalement à un texte, non pas de 200 signes, mais de 200 mots ! Bon sang, me voilà passé à l’autre extrême !

    :dizzy_face: maintenant il faut trouver un juste milieu… Pas évident je le conçois ! Les 200 signes, c’était juste une indication et une consigne bien particulière du Mazarine Book Day. C’était un exercice ardu d’ailleurs et j’ai trouvé que même si cela obligeait à faire court, ça ne permettait pas forcément d’avoir suffisamment d’espace d’expression… Après le risque était de se retrouver dans la situation dans laquelle tu es et d’en dire beaucoup voire trop… :weary: !

    Une autre question : tu fais une lettre d’accompagnement dans laquelle tu présentes ton texte et toi ou bien tu fais une “fiche” pour ton texte et pour toi ?

    Comme je le disais plus haut, la lettre d’accompagnement avait été un exercice que j’avais apprécié parce que j’y avais laissé libre court à mon imagination… Ça peut peut-être t’aider ?

    Plus j’y pense, plus je me dis que cet exercice est aussi difficile que la rédaction de lettres de motivation… XD



  • @Cliène Oulà, si je pose toutes ces questions, c’est que je débute vraiment dans tout cet univers. Moi, d’après ce que j’ai compris, j’enverrais le manuscrit complet + un résumé complet + une lettre de présentation dans laquelle je glisse des mots sur moi.
    Je te rejoins en tout cas tout à fait sur le rapprochement avec une lettre de motivation (et finalement y a des points communs…!) : dur d’écrire un texte aussi court qui nous résume complètement, nous et l’esprit du bouquin qu’on propose…



  • Coucou Phosphorus,
    ce n’est pas une question simple, mais mon premier conseil c’est vraiment de s’adapter aux demandes de l’éditeur et de lui montrer que tu as bien lu les consignes d’une part, que tu connais sa ligne éditoriale d’autre part (il ne faut pas donner l’impression que tu envoies ton manuscrit au hasard, comme une lettre à la mer).
    Bref, si l’éditeur demande les 3 premiers chapitre, il ne faut pas lui envoyer la totalité du manuscrit. Si l’éditeur ne demande pas de résumé, il vaut mieux ne pas lui en envoyer, vu la complexité de cet exercice, souvent casse-gueule.
    Dans la lettre ou le mail de présentation, je te recommande de faire très simple et de mettre les informations qui vont intéresser l’éditeur :

    • dans quel genre de littérature se place ton manuscrit (romance - SF - policer…)
    • quelle taille fait-il ? (en signes espaces comprises ou en nombre de mots, pas en nombre de pages)
    • a-t-il déjà été publié ou est-il inédit ?
    • as-tu déjà publié des textes (roman ou nouvelle) ?
      Je te conseille aussi, si tu en as la possibilité, d’aller rencontrer les éditeurs auxquels tu envoies des manuscrits en salon. Si tu vas voir un éditeur sur son stand, que tu lui demandes sa ligne éditoriale, que tu testes si ton roman correspond bien à ce qu’il recherche, alors tu ne seras plus totalement anonyme. Il y a aussi l’excellent Speed Dating des Imaginales, qui permet de rencontrer des éditeurs et de voir très vite s’ils accrochent ou pas à ton manuscrit. C’est une expérience très instructive, si tu as la possibilité d’y participer.


  • Coucou @Phosphorus ,
    je trouve que la question de la lettre d’accompagnement est vraiment intéressante ;) pour ma part, je travaille dans une maison d’édition et je m’occupe notamment du service des manuscrits.

    La lettre est souvent un exercice redouté, mais en réalité, il ne faut pas trop s’inquiéter pour ça ^^Le plus important est de mettre ses coordonnées, de se présenter en quelques lignes (âge, profession, éléments en lien avec le texte… par exemple, si on écrit un roman historique et qu’on est professeur d’histoire, ça peut être intéressant de le mentionner. Préciser que l’on fait partie de PA peut aussi être une bonne idée ^^), de faire une courte présentation du texte en deux-trois lignes (préciser le genre, le sujet général…) et de préférence, un petit paragraphe destiné à l’éditeur (pourquoi sa maison d’édition, montrer que l’on connaît un peu sa ligne éditoriale).

    De toute façon, le manuscrit parlera de lui-même. La lettre d’accompagnement doit surtout servir à laisser une première impression favorable mais même si on laisse une impression neutre, le manuscrit sera quand même lu :grinning:

    Parfois, je reçois des lettres très courtes genre “Veuillez trouver ci-joint mon manuscrit” avec seulement les coordonnées (là, c’est un peu gênant car quand je le soumets au comité de lecture, j’aime bien avoir une idée du thème principal ^^). A l’inverse, une fois, j’ai eu une lettre de 18 pages écrite avec des pattes de mouche :astonished: Je pense qu’il est préférable de se limiter à une page ^^

    Désolée pour la tartine :yum:



  • @elikya : c’est clair et effectivement de bon sens. Il m’arrive souvent d’aller en librairie pour repérer les bouquins qui collent un peu avec mon projet, c’est vrai que c’est un bon moyen de repérer les éditeurs potentiels.
    Pour cette question de ce qu’on envoie aux éditeurs, la plupart des maisons d’édition que je remarque demande systématiquement le manuscrit complet (ça revient cher en photocopies cette histoire…).
    Merci @Kittylou pour ces conseils précieux ! Venant de quelqu’un du milieu, c’est vraiment intéressant. Je note tout ça pour me faire une fiche-type de ce qu’on doit trouver dans la lettre.
    Finalement, ce que je retiens en tout cas, c’est qu’on ne peut pas faire du copier/coller d’une lettre à l’autre. A chaque éditeur, sa lettre personnalisée…
    Bref, gros boulot mais il faut prendre le pli !



  • Je te recommande de ne pas envoyer de manuscrit papier. Les soumissions par mail fonctionnent tout aussi bien et ne sont pas couteuses. Franchement, inutile de dépenser tes sous en impression et en envois, ça ne fonctionne pas mieux.



  • @elikya : c’est un point que je regarde sur le site des éditeurs, mais ils sont encore nombreux à demander du papier, surtout les “gros”. Je pense à l’école des loisirs, Syros, Fleuve, Flammarion jeunesse…



  • @phosphorus : c’est vrai que certains éditeurs l’exigent et, pour ma part, je les boycotte. Honnêtement, ces éditeurs retiennent extrêmement peu de manuscrits d’auteurs inconnus qui leur sont envoyés par la poste. En général, ils publient des auteurs reconnus et ils se basent d’abord sur leur réseau. Du coup, je te recommande de bien réfléchir avant d’envoyer une coûteuse bouteille à la mer.



  • @elikya : effectivement, ce sont souvent de gros éditeurs qui l’exigent, maintenant que j’y réfléchis… Ils auraient plus vite fait de refuser tout bonnement les manuscrits quels qu’ils soient ! :angry:
    Merci beaucoup.



  • @phosphorus Je m’avance, mais il me semble qu’il y a peut-être une question d’image derrière ce choix. Un gros éditeur qui ferme ses soumissions, cela donne une image de porte fermée qui plait peu au lectorat. Du point de vue du grand public, le rôle d’un éditeur n’est-il pas de dénicher les talents cachés ? Au contraire, n’accepter que les manuscrits papier, cela peut donner une image élitiste.



  • C’est vrai !
    Mais bon, pensons à la planète, enfin… :/



  • Je me demande si, derrière l’exigence d’un manuscrit papier, il n’y a pas aussi une envie de faire le “tri” parmi les candidats à l’édition :confused: Tester la motivation des auteurs, se dire que s’ils ont payé pour envoyer leur texte, ils ont sûrement dû regarder la ligne éditoriale… Le problème avec les mails, c’est que certains auteurs inondent les maisons d’édition sans forcément s’assurer que leur texte correspond à ce que fait l’éditeur.
    Mais oui, après, je suis d’accord, ça fait un sacré coût quand même :dizzy_face:


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