Savoir reconnaître une impasse



  • Bonjour à tous,
    J’ai un problème récurrent quand j’écris (et je pense ne pas être le seul) :
    Régulièrement, pendant que j’écris, je me retrouve dans une “impasse”, j’ai l’impression que mon histoire arrive à un point de blocage où je ne peut plus écrire de suite cohérente parce que aucun événement ou action d’un personnage ne pourrait emmener l’histoire dans une direction intéressante.
    Le problème est que je met beaucoup de temps à accepter qu’il va falloir que je supprime mes x dernières pages, pour repartir sur une base plus saine (entre autre parce qu’une fois que j’ai décidé d’une action d’un personnage, j’ai du mal à choisir de lui faire faire un autre choix).
    Du coup ma question est : comment reconnaître une impasse ?
    Comment savoir si le problème peut se corriger en modifiant un peu les pages précédentes et en se creusant un peu la tête pour la suite, ou si il faut que l’histoire prenne un virage différent ?
    Comment vous y prenez vous pour échapper aux impasse ?
    Et comment faites vous pour en sortir une fois que vous en reconnaissez une ?



  • Bonjour Dworkin
    Je suis désolée mais avant de répondre à ta question, je vais t’en poser quelques unes…
    As-tu une idée de la fin de ton histoire quand tu l’écris ?
    Fais-tu un plan avant d’écrire ou te lances-tu dans l’écriture de façon plus instinctive ?



  • Bonjour Dworkin,
    pour ma part j’ai une solution parfaite pour éviter les impasse, mais je sens qu’elle va déplaire à certaines plumes qui n’en sont pas adepte.

    Fais un plan :p

    Ca aide à ne jamais se retrouver bloquer et à équilibrer l’histoire (par exemple éviter l’entrée dans l’histoire de 10 chapitre, pour la clore en 5 derrière).
    Logiquement, c’est rare de se balader complètement au pif dans un histoire, donc essaye de définir quel est le premier gros but de tes personnage et si tu as du mal à prévoir à l’avance, essaye juste de poser qulques “étapes” afin d’éviter de t’égarer complètement en chemin.


  • Plume d'Argent

    Pas de solution miracle : ça me coûte de le dire, parce que j’adore me lancer sans savoir où je vais, mais si on a au moins la trame de son histoire, on évite les impasses.
    Et je dois aussi reconnaître que d’essayer de biaiser pour ne pas avoir à supprimer et réécrire, c’est risquer l’incohérence (ou l’approximation) à 90%…
    Après, la trame peut être juste dans ta tête. Et elle n’est pas gravée dans le marbre ;)


  • Plume d'Argent

    Je fais partie des planificateurs aussi ^^
    La notion d’impasse ne se présente à moi que lorsque j’en suis à réfléchir en amont au scénario, pas au moment de l’écriture… il m’arrive donc d’y être confrontée, mais c’est moins frustrant car c’est avant d’écrire. Ça peut être un peu triste si je me rends compte que pour “résoudre” un élément de scénario qui bloque il faut changer un truc qui me plaisait, par exemple… mais ça demande juste une nouvelle réflexion, pas de jeter du travail déjà accomplis. Je verse alors une petite larme de mélancolie pour cette idée à laquelle je tenais mais que j’écarte tout de même ; larme qui sèche assez vite quand la nouvelle idée rend les choses bien meilleures et efficaces ! ^^"

    Le plan permet ainsi de voir les impasses à l’avance et d’y travailler à la racine, avant de se lancer…

    Mais tout le monde n’en fait pas, d’autres membres préférant écrire au fil de la plume te donnerons sûrement des conseils spécifiques à cette technique d’inspiration et de création : D



  • En fait, j’ai fait un plan, j’ai même écrit un synopsis de 5 pages, mais au moment où j’ai commencé à écrire, je me suis rendu compte que certaines choses passaient moins bien. (par exemple, j’ai un personnage qui devait échouer une action et s’enfuir. Puis quand j’ai fini d’écrire l’action, je me suis rendu compte que : 1 : la logique aurait plutôt voulu qu’il s’enfuit bien plus tôt que prévu dans le plan. 2 : que si le personnage devait faire les choses comme prévu dans le synopsis, il n’y avait aucune chance qu’il réussisse à s’enfuir. Du coup, j’ai le choix entre modifier mon univers pour rendre sa fuite crédible, ou modifier ma trame pour éviter ce passage. )
    Bref, j’ai bien fait un plan, j’ai bien pris la peine de le transformer en synopsis pour être sur que ça pouvait devenir une histoire crédible, mais une fois l’écriture commencé, avec l’enrichissement que ça a apporté à l’univers et aux personnages, je me suis rendu compte que certaines situations crédible vu de loin devenaient irréaliste quand on entre dans le détail)
    Après, pour mon problème du moment, mon retour arrière fait une page et demi, donc rien de dramatique non plus. Mais je me souvient de moment moins cool où j’avais plus de dix pages qui devaient disparaître…


  • Plume d'Argent

    C’est pas vraiment une solution miracle non plus, mais dans ce genre de situation, je m’appuie beaucoup sur mes personnages (mais j’en ai souvent DES TAS donc ça aide). Par exemple, Machin que je voulais faire entrer en scène au chapitre 7, si je le fais arriver maintenant, est-ce qu’il peut m’aider ? Ou alors, je sais que Bidule-adoré est un héros et que donc il ne peut pas agir comme ce serait nécessaire, mais est-ce qu’il y a un point de son passé que j’ai négligé et qui peut apporter un éclairage différent à la situation ?

    Je sais que ça marche parce que ça m’est arrivé assez récemment. Dans Berechit, mon héros était bloqué dans un coin paumé dans un sale état et je n’avais aucune idée de comment le faire évoluer. Et c’est là que je me suis rendue compte que je tenais l’entrée en matière parfaite pour mon méchant que je ne savais pas comment faire apparaître sinon. Ou alors, dans Légende, je me retrouvais à un moment avec deux personnages qui étaient sur le point de se battre alors qu’il fallait absolument qu’ils se réconcilient, et j’étais bloquée jusqu’à ce que je me rappelle que j’avais sous la main une vieille femme qui était spécialisée dans la résolution de ce genre de conflits. Bref, tu vois l’idée.

    Dans l’ensemble, je déteste pas ce genre de situations de “blocage”, parce que je trouve qu’elles me forcent à une certaine créativité, et surtout à une meilleure compréhension de mes personnages. Enfin bref, c’était l’astuce du Jardinier :stuck_out_tongue:


  • Plume d'Argent

    Bien vu Mouette, j’ai aussi une technique - personnelle - qui consiste à me jouer le film dans ma tête, comme si j’étais dans une salle de ciné, avec l’action qui se déroule sur l’écran devant moi, afin de rendre les événements non pas théoriques mais très concrets. En gros je mets mon scénario en scène et je m’en fais la spectatrice avant d’écrire.
    Si ça joue mal ou si ce n’est pas crédible, je m’en rends alors mieux compte et je n’essaye même pas d’écrire ce passage là sans avoir corrigé le tir.

    Ce n’est pas infaillible, il m’arrive quand même de réaliser sur le tard (ou grâce à la lecture d’une autre personne) que ça ne fonctionne finalement pas tel quel, mais la correction se fait plus à la marge ou dans le détail que dans le concept même de l’action qu’il faudrait entièrement revoir…



  • @itchane et aux autres <3: Yep, je fais exactement comme ça. En plus je trouve que c’est une excellente façon de préparer son “Montre, ne dis pas”. En imaginant la scène, on essaye de se mettre à la place du lecteur/spectateur du film et ça permet de donner beaucoup de fluidité aux scènes d’action (je trouve en tout cas ^^)



  • Je trouve important d’avoir une bonne idée de la fin de l’histoire dès que je commence à écrire… C’est cette fin qui me guide, c’est important pour moi de savoir où je veux aller… ça m’évite de trop me perdre en route et de donner une cohésion à l’intrigue… mais là je parle pour moi !
    Je rédige un plan rapide en écrivant une ou deux phrases par chapitre… ce n’est pas du tout figé et à l’arrivée, mon tome 1 ne ressemble pas vraiment à ce qui était prévu… et ce n’est pas grave… Mes personnages m’ont emmenée ailleurs ou je suis tombée sur une impasse comme toi, quelque chose qui ne fonctionnait pas et j’ai dû changer mes plans…
    Par exemple, j’avais prévu que tel personnage en appelle un autre à l’aide mais à ce moment précis, j’ai réalisé qu’il n’était pas joignable alors j’ai dû trouver une autre solution…
    Bref, tomber dans une impasse fait partie intégrante du processus d’écriture pour moi… Il est difficile de tout anticiper surtout quand tu inventes un univers de toute pièce.



  • Je suis tout à fait d’accord avec @itchane sur le fait de se jouer la scène, et avec @Cc sur le fait que ça fait partie intégrante du processus (même si je n’ai pas beaucoup de recul à ce niveau).

    Je pense que même en faisant un plan, on tombe sur des carrefours où on hésite, on bute, on ne sait plus trop…
    Quand ça m’arrive, je prends un papier et je fais une sorte de frise. Je pars du personnage qui pose problème par exemple, et au bout je note la situation à finale où je veux que ça aboutisse (cf l’utilité du plan). Je note un peu à l’arrache ses ressentis, ses peurs, ses envies (tout ce qui me passe par la tête), puis je vois comment je peux faire pour aller au bout de la frise en restant cohérent.
    Et surtout, je me dis que rien n’est figé et que tout peut arriver puisque c’est MOI qui décide l’histoire. Ça m’aide à dédramatiser l’impasse et redémarrer en général.

    Je ne sais pas si ça aidera, mais c’est ma petite méthode !


  • Plume d'Argent

    Oh bah voilà un sujet dont je voulais parler dans mon JDB, mais autant le faire là du coup ! En vous lisant, je vois qu’on fait tous un peu pareil finalement.

    Je suis dans l’équipe plan aussi, j’ai écrit les grandes lignes de ma trame, et ça me sert de fil rouge quand je suis perdue. Mais ça n’empêche pas les blocages, effectivement.

    Personnellement, j’ai remarqué que je bloquais quand je n’avais pas une vision assez précise du chapitre ou encore, que je faisais face à une incohérence, sans avoir mis le doigt dessus (ah les charmes de l’inconscient :heart: ) Dernièrement, je me suis retrouvée bloquée parce que j’étais arrivée à un carrefour, j’avais plusieurs intrigues à faire avancer et aucune idée de par quel bout prendre le sac de nœud pour le défaire. Donc j’ai fait une pause. Je suis allée m’oxygéner, j’ai lu, j’ai fait tout autre choses pendant un moment. De temps en temps, je me posais face à mon carnet et j’essayai de ranger le bazar. Et puis, le déclic s’est fait, et j’ai pu continuer sans m’arrêter.
    Je pense vraiment qu’il ne faut pas sous estimer son inconscient en fait, parce que si on passe beaucoup de temps sur une histoire, elle finit par nous habiter et on ne cesse jamais de la travailler, même quand on fait autre chose. Il faut savoir prendre du recul et ne pas désespérer, ce n’est pas parce que le tournant n’était pas prévu qu’il était mauvais.
    Bref, voilà ma modeste contribution :cookie:


  • Plume d'Argent

    @eresia mais carrément ! Quand je n’arrive pas à me motiver c’est souvent parce que je sais d’avance (et de façon plus ou moins consciente) que ça ne fonctionnera pas… ^^
    Et c’est seulement quand tout est bien clair dans ma tête et que je suis à peu près sûre de la direction que j’arrive à avancer : )

    C’est pourquoi je serai bien incapable de me lancer dans un texte sans un plan précis d’ailleurs, le texte ne s’écrirai tout simplement jamais ! xD



  • Dans l’ensemble, ça m’arrive assez rarement de me retrouver dans des impasses, mais là où ça m’arrive quand même fréquemment, c’est quand je prévois des romances, et puis arrivé au moment où ça doit commencer à grandir, et bien la mayo ne prend juste pas entre les persos. C’est juste clair: ils ne s’aiment pas! Ou bien ça marche à sens unique :’( .
    text alternatif


  • Plume d'Argent

    Bon alors je vais faire bande à part, mais pour moi, le plan, c’est juste savoir la fin. Et encore, elle change régulièrement xD Du coup j’avoue, surtout en début d’écriture, j’ai pleins d’impasses. Mais je considère pas ça comme un échec, bien au contraire <3

    Déjà une impasse, c’est très cool. Ca veut dire que nos persos sont assez vivants pour nous envoyer chier. Et c’est TRES cool, ça veut dire qu’on fait bien notre boulot d’auteur.

    Et puis, une erreur, c’est toujours cool. En quoi ça doit être toujours parfait du premier coup ? Certes, c’est frustrant, mais on s’en sort grandi, on a appris des trucs… Et je fais pas la promotion des erreurs parce que j’en fais tout le temps hein ? :p

    Mais du coup, comment se sortir d’une impasse ? Ba moi, je fais trèèèès rarement machine arrière. Pour moi, je suis comme Mouette. Un blocage, c’est l’occasion de réfléchir, de trouver des solutions originales… Bref, de trouver un inattendu qui va relancer tout ça. J’ai ENORMEMENT de trucs très cools dans CE qui sont apparus de cette manière, et du coup, je ne changerai de méthode de travail pour rien au monde.

    C’est cool les impasses <3 Ca pousse à se dépasser !



  • Plutôt d’accord avec toi @Flammy… ça peut nous amener là où on ne pensait pas aller…



  • Je rejoins Flammy sur l’intérêt que peuvent avoir les impasses! Alors ce n’est clairement pas la façon la plus efficace de travailler (parce que bon, parfois on reste bloqués et puis on délaisse un peu le texte avant de tout à coup avoir l’Idée qui permet de débloquer), mais je trouve que c’est super intéressant. C’est ainsi que mon histoire de loup-garous somme toute assez clichée a reçu son originalité. Je n’aurais jamais, à l’avance, pu imaginer que l’histoire prendrait pareil tournant :).


  • Plume d'Argent

    @mart Je plussoie mais alors il faut distinguer deux choses :

    1. le blocage, dû à une panne d’inspiration, à une hésitation sur la façon de lancer l’histoire à un moment charnière, etc… Là, en effet, on peut avoir des surprises et créer des choses qui deviennent clés dans l’histoire ou qui lui donnent son originalité
    2. l’impasse : j’ai créé une situation et je n’ai pas le moyen logique de la résoudre. Dans ce cas, soit on tord un peu les choses par rapport à ce qui était prévu au départ, ou à son univers, ou à ses personnages. Ou alors on repart un peu en arrière pour écrire une autre situation qui, elle, se laissera dénouer sans rien tordre. Le risque dans le premier cas, c’est la “torsion”, se voit un peu quand même.

  • Plume d'Argent

    Je rejoins @Itchane, @Gueule-de-Loup sur l’idée de “se jouer le film” dans sa tête à la fois pour voir si cela fonctionne mais aussi pour se débloquer. Je vais même un peu plus loin en me mettant à la place de mon personnage et en me posant les questions qu’il peut être en train de se poser :thinking:. A sa place, qu’est-ce que je ferai dans une telle situation ? Comment réagir ? Agir ? Etc.

    Bien sûr cette solution peut avoir ses limites lorsque le personnage est à l’opposé de notre personnalité et n’agit pas “comme tout le monde”. Ceci dit, cela peut être au contraire, un véritable challenge !

    Je reviens aussi sur la question du plan. Je suis partagée sur cette dernière. J’ai tendance à avoir l’idée de départ, une vague idée du déroulement et pas forcément d’idée précise de la fin voire même aucune. Cette dernière vient au fil de l’écriture. Mais j’avoue que lors d’un blocage et/ou d’une impasse, je prends un fichier excel et je fais un plan détaillé de ce que j’ai déjà. Cela me permet d’y voir plus clair et de relancer mon projet. Là aussi la méthode n’est pas infaillible et peut ne pas fonctionner. Je me reporte sur la première option du coup…

    Le tout est de voir ce qui fonctionne le mieux dans sa propre situation. (oui, je sais je n’aide pas vraiment avec ce genre de phrases :stuck_out_tongue_winking_eye:)



  • @Mouette @Flammy Même chose pour moi, la moitié de mes bonnes idées viennent de mon plan et l’autre moitié de mes impasses :D Quand je franchis une impasse, j’ai l’impression de découvrir plus que de créer un rebondissement, comme si j’ajustais enfin une pièce de puzzle qui avait toujours été sous mes yeux mais que je n’avais pas encore vue… Du coup les blocages ne m’inquiètent plus trop, je sais que la solution existe et qu’elle finira bien par émerger, il faut juste laisser le temps à mes idées et à l’histoire de “décanter”.

    Mais pour répondre à ta question @Dworkin, quand j’en arrive à effacer plusieurs pages, c’est que j’ai atteint un stade pire que l’impasse: j’ai carrément emprunté la mauvaise voie. En d’autres termes, je suis allée à l’encontre de la logique de mes personnages, et mon histoire est pour ainsi dire sortie de son lit. La mauvaise voie est la conséquence d’une impasse mal gérée… Du coup mon conseil serait de toujours vérifier que ton texte est en cohérence avec le caractère de tes personnages et les contraintes de ton univers. Il vaut mieux s’arrêter devant l’impasse que forcer le récit.

    Et quand une impasse ne veut vraiment pas passer, j’ai deux astuces: une bonne promenade (Kant avait raison, ça aide à réfléchir) ou, si la promenade ne te donne pas d’idées lumineuses, sauter carrément la scène et reprendre le récit plus loin (d’où l’utilité d’avoir un plan).


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