Absinthe, la muse des poètes



  • Bonjour à tous!

    Je ne sais pas si un sujet de ce genre existe déjà, mais je tente quand même…
    Je pense qu’il pourrait être intéressant de partager des choses de cette littérature transversale qui a eu des heures de gloire mais qui est maintenant récriée par des générations d’écoliers, de collégiens, de lycéens, et même d’universitaires…
    LA POESIE!

    L’ayant croisée à moult reprises dans mes études (accompagnée d’allitérations, assonances, pointes et vueltas) j’ai fini par apprivoiser la récalcitrante animale.

    Et je vous partage donc un poème que j’ai particulièrement aimé, qui apparaît dans Cellulairement de Verlaine, un recueil que Verlaine a écrit après son emprisonnement suite à l’agression de Rimbaud.

    Gaspard Hauser -ou Kaspar Hauser selon les traductions- était un jeune adolescent apparu de nulle part sur la place de Nuremberg, et mystérieusement assassiné quelques années plus tard.

    Sur ce, voici le poème !!

    La Chanson de Gaspard Hauser, Paul Verlaine

    Je suis venu, calme orphelin,
    Riche de mes seuls yeux tranquilles,
    Vers les hommes des grandes villes :
    Ils ne m’ont pas trouvé malin.

    À vingt ans un trouble nouveau
    Sous le nom d’amoureuses flammes
    M’a fait trouver belles les femmes :
    Elles ne m’ont pas trouvé beau.

    Bien que sans patrie et sans roi
    Et très brave ne l’étant guère,
    J’ai voulu mourir à la guerre :
    La mort n’a pas voulu de moi.

    Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
    Qu’est-ce que je fais en ce monde ?
    Ô vous tous, ma peine est profonde :
    Priez pour le pauvre Gaspard !



  • Je ne suis pas une grande férue de poésie, mais il me plait parfois de lire un recueil. J’aime beaucoup le tien, surtout la dernière strophe, elle me parle beaucoup.
    Sans grande originalité, mon poème préféré est “Le dormeur du val” de Rimbaud. Sa pureté, virginalité, la Nature prenant soin de cet enfant , le décor qui s’installe juste…parfaitement au fur et à mesure des vers. La manière dont on comprend seulement à la fin le spectacle que nous admirons. Cette manière de nous faire comprendre que, même “ça” peut-être beau.
    Bref, c’est un poème qui m’a touché en plein cœur il y a bien des années et qui m’anime encore.

    C’est un trou de verdure où chante une rivière,
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


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