Show, don't tell



  • Bonjour à tous,
    je lance ce sujet car une discussion a commencé à émerger autour dans ma présentation.
    Tout d’abord, l’idée derrière l’expression, c’est d’avoir des personnages qui agissent plutôt que de penser ( Une lecture/relecture de cet article très intéressant peut donner un premier exemple)
    Plutôt que de dire à ses compagnons : “je meurt de soif, il me faut absolument de l’eau sinon je vais mourir”, le personnage peut soit sortir une dixième fois sa gourde vide de la journée et tenter désespérément d’attraper une hypothétique goute qui serait resté au fond, puis lorgner sur la gourde de ses amis qui ont encore de l’eau, sentir sa bouche s’assécher et manquer de l’évanouir (et selon son niveau de moral, soit il leur arrache des mains, soit il se retiens).
    Ou plutôt que de dire “je suis triste, je veux mourir”, le personnage va tenter de se tuer.
    (Mes exemples ne sont pas terrible, j’espère que quelqu’un d’autre va passer en mettre des meilleurs ^^".).
    Comme je suis assez habitué à écrire des scénarios de courts-métrage, le “show don’t tell” est assez naturel : Le but est de faire passer tout ou presque par l’image. En écriture, ça me semble moins évident, puisque le média pour décrire un sentiment ou une action reste le même (des mots), et que quelques romans ont quand même une part très important d’introspection, ou l’action y joue un rôle mineur (“Les souffrances du jeune Werther” par exemple). Toutefois, pour transmettre n’importe quel idée au lecteur, et en particulier l’état mental d’un personnage, montrer une action d’un personnage semble toujours beaucoup plus efficace que de lui faire dire ou penser quelque chose.
    Que pensez-vous de ce concept?
    Est-ce que vous avez déjà consciemment refoulé l’idée pour faire l’inverse?
    Dans quel situations pensez-vous qu’il soit non applicable?



  • Très bonne idée ce sujet ! Surtout que personnellement, je ne l’applique pas vraiment de la même façon que toi (normal, vu que ce sont avant tout des scénarios que tu prends en exemple.) Je le marque régulièrement aux auteurs que je relis pour les inciter à ne pas seulement dire “John est heureux de voir son fils” mais plutôt à ajouter une description physique de l’émotion : il ne put retenir un sourire en le voyant, ses mains se tendant de leur propre chef vers le garçon pour le serrer contre lui. Il en tremblait presque. (par exemple)

    Je suis donc d’accord avec ta dernière remarque, on en dit beaucoup plus de cette façon et ça permet de donner de la profondeur aux actions et du volume aux personnages. Bref, j’ai donc le sentiment qu’à l’écrit ce n’est pas un questionnement entre ce que dit le personnage et ce qu’il fait, mais ce que dit l’auteur des pensés du personnage et ce qu’il decrit comme action.
    (je suis donc carrément pour le show don’t tell dans la majorité des cas:))

    Peut-être qu’éviter de l’utiliser lorsque le personnage essaie de se persuader du contraire serait sympa, un peu comme du sarcasme de la part de l’auteur ?



  • Super intéressant ! Alors je suis complètement d’accord, sauf que c’est difficile à mettre en application parfois ! Je pense surtout aux réactions des personnages face à ce qu’ils voient, ou ce qu’ils viennent d’entendre. Et j’ai tendance à toujours utiliser les mêmes choses : la mâchoire crispé, le sourcil froncé… Et le “blanc” (le silence quoi) après une phrase. J’en mets beaucoup trop !! Mais je ne trouve pas 15000 façons de montrer qu’un personnage est choqué ou crispé…

    Sinon effectivement tes exemples sont bien noirs !! Spécialisé.e dans le thriller ? :D (oui pardon j’ai un peu abandonné l’idée de savoir de quel genre sont les membres du forum…)


  • Plume d'Argent

    @olga-la-banshee a dit dans Show, don't tell :

    Mais je ne trouve pas 15000 façons de montrer qu’un personnage est choqué ou crispé…

    Ya pleins de façon de montrer qu’on est crispé ! Essaie de prendre des personnages connus les plus disparate possible et met toi à leur place. Certains vont rire ou faire une blague. Certains vont être dans le déni. Certains vous s’énerver directement. Certains vont se détourner ou au contraire regarder le problème en face…

    Bref, ya pleins de façon \o/ Et ça peut même être une sorte d’exercice préliminaire pour mieux cerner ses personnages ;) Comment ils réagissent en cas de stress.


  • Plume d'Argent

    @olga-la-banshee Il paraît qu’il existe des histoires ou les occasions d’être choqué ou crispé sont moins nombreuses que chez toi :laughing: Bon, elles sont pas chez moi non plus : ça crispe un peu aussi, chez moi. Ça peut même pleurer un peu.

    Un autre avantage du Show don’t tell est qu’il permet de laisser planer le doute quand au véritable état d’esprit du personnage. Ce n’est pas parce qu’il fait ceci ou cela qu’il éprouve ce qu’il montre. C’est donc bien pratique pour raconter ce que voient ses interlocuteurs, sans révéler ce qu’il pense vraiment.

    Plus globalement, je suis d’accord avec le bien-fondé du truc (reste à vérifier si je l’applique vraiment…), à condition de ne pas négliger l’aspect introspectif des choses quand c’est nécessaire. Il faut doser, quoi.



  • @flammy C’est vrai, ce n’est pas normal que mes persos réagissent tous pareil !! Voilà une bonne prise de conscience dans ma figure, tiens ! :D décidément on en apprend tous les jours ici

    @Isapass J’aime crisper. Déjà parce que ça ressemble à “crisps”. Et c’est bon les chips. Surtout au kiwi.


  • Plume d'Argent

    @Olga-la-Banshee : j’ai un peu le même problème que toi hahha. Vive le crispage xD

    Sinon, c’est vrai qu’on (j’ai) a souvent tendance à sous-estimer les multiples réactions possibles de nos personnages. C’est un sujet qui donne matière à réfléchir, en tout cas.



  • Cette approche est en effet très intéressante. Elle permet de dévoiler ou de ne pas tout dévoiler sur ce que pense le personnage. Je crois que l’utiliser dépend des situations à mettre en scène tout simplement. Parfois, montrer des actions est suffisamment ou doit être suffisamment révélateur des pensées du héro, mais je trouve que le faire parler ou penser donne une certaine explicitée qu’on ne retrouve pas toujours dans les actes. Tout dépend de ce qu’on veut montrer finalement.
    Imaginons, pour exprimer l’hypocrisie : la personne se comporte de façon enjouée et amicale avec son ennemi, on ne soupçonnerait pas dans son comportement une quelconque animosité, pourtant on sait qu’elle se maîtrise et déteste l’autre grâce à ses pensées qui nous sont dévoilées ou qu’elle dévoilent en discutant avec quelqu’un… On peut faire différemment bien sûr mais pas dans tous les cas je crois.
    Enfin je dois bien plus expérimenté pour me rendre compte. En tout cas j’aime beaucoup l’idée et je vais essayer de mettre en pratique. Merci d’avoir lancé ce sujet :) !



  • J’essaie vraiment de le mettre en application (j’y arrive parfois, l’oublie à d’autres moments…).
    Je pense que, comme toute chose, il faut bien sûr le doser ! Ne pas non plus faire que ça ! Le garder pour les meilleurs moments. ^^

    J’aime beaucoup ce retour de @Flammy sur les différentes façons de réagir face à une même situation ^^ ( @Olga-la-Banshee Moi aussi j’ai réalisé que j’avais tendance à revenir sur les mêmes expressions (car si on peut varier les réactions selon les personnages, pas évident quand c’est le même qui ramasse à répétitions !) Si je ne peux varier le vocabulaire, du coup, j’essaie de focaliser sur différentes parties du corps… Un coup la gorge, une autre fois le ventre, ou bien la vue, les pieds… :p )

    Réflexion plus personnelles sur ce concept, j’ai réalisé que dans mes premiers jets, j’étais trop impatience et trop gourmande (défaut d’une plume encore à ses premiers balbutiements mais qui s’améliore grâce à PA !). Quand j’amène un personnage, j’ai envie que le lecteur en sache autant que moi sur sa personnalité : et je dis. J’ai compris que je devais me refréner et amener tout ça à petite dose, en le montrant de façon disséminée dans les chapitres. ^^ Actuellement, je suis donc en mode " Minute papillon, show, show ! " Et je me rattrape dans les descriptions physiques pour rassasier mon besoin de dire. Je pense aussi que j’utiliserais le dire plutôt que le montre dans les brèves anecdotes et souvenirs.

    Je partage avec vous 1 lien que je garde dans mes favoris et qui parle de ce concept : lien ^^

    Et je vais aussi partager la retranscription de citations rapportées dans un lien que @Flowrale m’avait passé (spéciale mention merci pour toi ! ♥) :

    Ce que Yves Lavandier dit de la caractérisation (page 129 de « La Dramaturgie »)
    Un auteur intéressé à présenter des personnages fouillés devrait à mon avis :
    – Bien les connaître. L’analyse transactionnelle fournit d’excellents outils pour définir un personnage. Connaître son plan de vie, ses deux ou trois jeux psychologiques favoris et les rôles qu’il y joue peut être très utiles.
    –Savoir, à tout moment de l’action, ce qui se passe dans leur tête et dans leur cœur. Cette règle vaut pour tous les personnages, y compris les méchants ou les personnages tertiaires. Chaque individu cherche avant tout à satisfaire ses besoins personnels. Se mettre à la place de chacun, c’est être capable de lui donner raison, dans son système à lui.
    –Aimer ses personnages, tous ses personnages, y compris les moins aimables. Le mot « aimer » n’a pas le sens ici de « vouloir être aimé par » ou « d’éprouver de l’amour pour » mais, plus profondément, de comprendre, d’accepter. L’amour inconditionnel, la denrée la plus précieuse du monde, se donne simplement en acceptant l’autre. Un bon truc pour aimer un personnage consiste à voir en lui son enfant blessé.
    –Montrer les traits de caractère qui ont une importance pour l’histoire et l’intention voulue. Et pour cela, il n’y a qu’un seul moyen : le conflit. L’objectif du personnage doit être clair pour le spectateur, à défaut de ses motivations.
    –Compter sur les actions pour caractériser, plus que sur ce que les personnages disent, d’eux-mêmes ou des autres. On ne retient pas grand-chose d’une info qui est dite au lieu d’être montrée.
    –Ne pas être incohérent. C’est-à-dire faire sentir que derrière ces bribes de caractérisation, se trouve un véritable être humain, complexe, à la limite ambigu et contradictoire mais néanmoins cohérent.
    –Montrer une facette puis apporter des nuances. Sans faire d’un personnage une chose et son contraire, lui apporter des nuances ou montrer qu’il est en proie à des contradictions est une façon de l’enrichir et de l’humaniser.

    Lavandier dit quelque chose d’autre qui me semble très important par rapport à la caractérisation et aux choix de l’auteur. Je vais donc le citer à nouveau (p. 123 de « La Dramaturgie »).
    Dans beaucoup d’œuvres, les personnages sont essentiellement des marionnettes, le propos de l’auteur n’étant pas de s’attarder sur la caractérisation. Encore une fois, ce n’est pas nécessairement indigne. De nombreux récits, à commencer par les contes de fée, s’attachent à explorer un objectif plus qu’un personnage. Une deuxième catégorie d’œuvres se soucie de caractériser ses personnages mais se contente d’un trait de caractère par personnage. Là encore, le but du jeu n’est pas de faire un portrait mais d’explorer une caractéristique humaine. C’est le rôle qui importe. Et puis, certaines œuvres proposent un portrait fouillé. Elles donnent souvent l’impression de montrer de vrais humains.
    Les portraits fouillés sont souvent gratifiants pour cette raison-là mais on remarquera qu’un personnage peut être extrêmement attachant sans que sa caractérisation soit profonde.

    Un des défauts récurrents dans les romans (notez que je n’ai pas dit “de débutant”) , c’est le non-respect de ce principe assez difficile à maîtriser du “show don’t tell”. En résumé, montrez sans dévoiler. Ca vous semble contradictoire ? Passons à la pratique…
    Entre dire "X était pétrifié de terreur, il ne pouvait plus bouger"
    et
    "X s’arrêta, haletant. Il essuya son front trempé de sueur. Ses jambes refusaient de lui obéir, malgré le bruit, toujours plus proche, des pas du monstre…"
    Il y a une grande différence. dans la premier extrait, vous décrivez platement, presque cliniquement une situation. Dans l’autre, vous décrivez toutes les émotions de ce pauvre X. Ce qui conduit logiquement le lecteur à penser que X n’est pas à la noce, bref qu’il a la peur de sa vie.
    Ce qui impressionne plus le lecteur est bien sûr la découverte de la situation, mais également les conclusions qu’il peut en tirer de lui-même, sur X et la situation de celui-ci.
    Qui n’a jamais été suspendu au moindre mot d’un thriller, qui n’a jamais tremblé devant une péripétie particulièrement sombre du héros, qui n’a pas poussé un soupir de contentement devant la réunion, à la fin du livre, de deux amants ?
    Bref, ce sont là les émotions que tout scribouillard voudrait faire passer à ses lecteurs. Le problème est de savoir comment en arriver là. Et comme d’habitude, tout réside dans le traitement.
    Si l’on reprend un exemple, le principe du “show don’t tell” est semblable à l’éclairage d’une lampe.
    A son maximum, elle éclaire crûment les objets, il n’y a plus aucun mystère quant à leur nature ou leur forme. Mais si vous augmentez graduellement la lumière, que vous révélez la pièce degré par degré, c’est un jeu de cache-cache pour le lecteur et automatiquement, son imagination se développe, gagne de l’ampleur. Là, au milieu de la pièce, quel est cet objet ?
    Il en va de même en écriture. C’est la faculté de surprendre le lecteur, de pouvoir le mener de lui-même à formuler la ou les conclusions s’imposant quant au récit. Qu’il se dise “Eureka” ou qu’il se dise “Mais c’est bien sûr! Elementaire…”, le scribouillard a alors réussi son pari.
    Il convient donc, pour arriver à ce résultat, de créer une atmosphère, une ambiance propre au roman. Exercice très difficile qui ne s’acquiert pas du premier coup. Et en second lieu, d’éviter les constatations que votre lecteur avait déjà formulée en son for intérieur dix pages auparavant.
    C’est au prix de mille petits détails que le principe du “show don’t tell” s’élabore et se développe. Sans aucun doute pour le plaisir de vos lecteurs!

    (Désolée pour le visuel en bloc, mais si j’aère, je perds la fonction spoil. Et il y a trop pour que je ne l’emploie pas :s ! )

    Et donc, au final, ce conseil de Show don’t tell est bien intéressant et permet très certainement d’enrichir des chapitres/passages, mais à chacun d’assaisonner comme il l’entend sa propre sauce ! ^^ Et n’oublions pas qu’à trop napper la viande, elle peut devenir immangeable. (Pardon pour cette chute indigeste, mes doigts ont ripé…)


  • Plume d'Argent

    Je voudrais revenir sur la définition même de ce qu’on entend par “show don’t tell”, ou plus précisément à quoi elle s’applique :
    :alarm_clock: Alerte tartine !!!

    @dworkin a dit dans Show, don't tell :

    Tout d’abord, l’idée derrière l’expression, c’est d’avoir des personnages qui agissent plutôt que de penser

    Oui, c’est une des idées, mais le Show don’t tell, c’est plus général que cela. C’est valable pour les personnages, mais cela peut concerner n’importe quel élément de l’histoire.

    L’auteur doit constamment choisir entre montrer/dire/ignorer.
    Déjà, il ne peut peut pas tout montrer ou même dire, il choisit ce qui est intéressant/pertinent pour son histoire ; cela paraît évident, mais je trouve utile de le dire, parce que si un paragraphe/une scène ne fait pas avancer l’histoire d’une manière ou d’une autre, ou bien notre connaissance des personnages, elle pourrait bien faire partie de ce qu’il faudrait mieux ignorer. Ce que le personnage à mangé à midi :apple: ou quelle est la marque de son tailleur :man_in_business_suit_levitating_tone1: , on s’en fiche (sauf si quelque chose est arrivé pendant qu’il mangeait, ou si cela montre quelque chose d’important sur sa personnalité… bref, vous voyez)

    Ensuite, entre ce qu’il faut montrer et ce qu’il faut dire, eh bien là aussi l’auteur faire constamment des choix. Montrer, c’est plus vivant que dire, et les exemples que vous avez donné sont très pertinents. Mais on “dit” aussi très souvent.

    “Ils fouillèrent les archives pendant toute la nuit et ne trouvèrent rien”

    Ben là, j’ai dit, parce que si l’information est intéressante, elle ne mérite pas plus qu’une ou deux lignes et sûrement pas une totale re-création de cette nuit de recherche, qui pourrait prendre des pages et aurait peu d’intérêt.
    On peut le voir un peu comme le montage d’un film, où on va compacter en une heure et demi des événements qui se déroulent en général sur une bien plus longue période.
    Donc, comme il a été dit, c’est un dosage permanent, et l’important c’est de faire ses choix en conscience, en fonction de ce qui sert le mieux l’histoire.



  • C’est cool de voir autant de monde intéressé par la question. Il y a plein re reflexions intéressantes :-)
    @Olga-la-Banshee : Je ne suis pas du tout spécialisé dans le Thriller, mais il est vrai que j’ai tendance à écrire des choses assez sombres. (Ca doit être des ersatz de sentiments que j’avais quand j’étais adolescent ^^")
    @Lily : Merci beaucoup pour les retranscriptions, c’est super intéressant :-)
    @Rachael : tu as tout à fait raison de dire que ça ne s’applique pas qu’aux personnages. Ta définition est bien plus clair (et surement bien plus juste) que la mienne, merci beaucoup. :-)



  • Merci @Dworkin pour ce topic fort utile
    Je pense qu’il s’agit d’un concept essentiel à intégrer pour toute personne qui souhaite écrire de la fiction MAIS qui est également très difficile à mettre en oeuvre, souvent la plume s’égare sans s’en rendre compte, emportée par le cour de son récit… (ça sent le vécu…)
    @Rachael merci pour cette tartine :bread: qui résume parfaitement bien les choses.
    A mon humble avis, tout est effectivement question de subtile dosage.
    En ce qui me concerne, j’ai beaucoup de mal et je n’y arrive jamais lors du premier jet. J’ai souvent besoin de laisser mûrir mon texte quelques temps avant de prendre conscience des déséquilibres.
    C’est là où l’oeil extérieur (merci FPA) pourrait être très utile pour aider à rectifier le dosage et à faire le tri.



  • Très intéressant sujet.
    Personnellement, j’ai remarqué, que cette façon de décrire en long et en large sans “montrer” arrive très régulièrement dans les textes de fantaisie lors de l’immersion dans le nouvel univers.
    Dès le chapitre 1, l’auteur nous “explique” son univers et une fois qu’il a posé les bases, “ouf”, il se sent plus à l’aise et l’écriture peut retrouver une fluidité qui n’était vraiment pas présente au début.
    Je pense qu’il faut faire attention à cette “entrée” dans un univers et à la façon dont on doit faire comprendre les règles au lecteur. Ce n’est pas toujours évident.

    Pour s’aider, il faut peut-être essayer de prendre le point de vue d’un cinéaste: si j’assistais à ce moment, que montrerai ma caméra :p?


  • Plume d'Argent

    Pourquoi le dire en anglais ? Montrer plutôt que raconter conviendrait aussi. Ce concept n’est pas l’apanage des auteurs anglo-saxons, après tout.

    La proposition de @Gueule-de-Loup me semble très judicieuse.
    Pour revenir au principe de montrer plutôt que raconter, je pense aussi c’est une question de dosage. En exprimant les émotions des personnages à travers des attitudes corporelles, des sensations physiques ou des mouvements du visage, on risque aussi de tomber dans des clichés. Il me semble également que les personnages gagnent souvent à conserver un peu de mystère. Se mettre dans leur peau nous permet de transmettre de l’émotion, mais le lecteur ne doit pas pour autant connaître toutes leurs pensées et leurs sensations.

    Ce serait intéressant de savoir dans quel contexte ce conseil a été donné par tel ou tel grand écrivain. Ils l’ont probablement donné en fonction de ce qu’ils ont lu chez des auteurs débutants.
    Ces conseils, aussi avisés soient-ils, ne sauraient constituer une recette infaillible.


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