La qualité d'écriture ne fait pas l'édition


  • Plume d'Argent

    @Mouette
    pour la citation, en bas de chaque post tu as un petit bouton “citer” qui te fais citer tout le texte mais que tu peux nettoyer. SInon il te suffit de mettre le signe “>” avec un espace devant puis le texte que tu veux citer =D
    Genre :

    Si quelqu’un sait comment mettre en citation, je suis preneuse

    Personnellement je suis d’accord avec @EryBlack concernant la rémunération de l’écriture. Je vois aussi l’écriture comme la photographie, la peinture, le dessin, le théâtre ou toute forme d’art qui nais d’abord d’une passion personnelle qu’on pratique seul dans son coin avant de rêver d’en vivre. Que ça soit lo photographe, lo peinture, l’actrice ou l’acteur, on passe forcément par la case amateur, puis par la recherche d’un endroit où exposer, on fait des tits trucs à son compte ou en petit comité (équivalent pour moi en écriture de faire lire ses livres à ses amis ou sur des sites communautaires), on passe en “semi-pro” quand on commence à en tirer un peu de sous (auto-édition dans le cadre de l’écriture) puis en pro quand on se fait éditer.
    Les professions artistiques sont en effets technique, mais aussi 1. submergées de monde parce que c’est le fantasme de nombreuses personnes et donc les débouchés sont maigres 2. extrêmement difficiles et sélectifs.
    :scream_cat: Imagine que tous les acteurs/photographes/peintre/dessinateurs/acteur-ices en herbe exigent d’un coup d’être rémunérés pour tout, qu’ils soient bons ou mauvais… C’est juste impossible.
    C’est justement les éditeurs de faire le filtre et de pouvoir ensuite passer du manuscrit au roman publié. Ensuite pour ce qui est des chances de se faire éditer… on en revient malheureusement à l’encombrement du marché, le budget moyen des lecteurs, les délais de travail par livre (environ 1 an avant qu’il sorte, du coup pendant 1 an l’auteur est payé en avance et l’éditeur lui fait pas d’argent donc il prend un risque aussi), la quantité hallucinante des manuscrits (je sais pas vous, mais quand je fais une BL approfondie j’en ai pour au moins 6 mois voire plus) à lire et trier.

    Je pense qu’au même titre que la danse, le jeu d’acteur, la photo, la peinture, l’écriture est, et sera toujours, appréciée de façon subjective en fonction des goûts personnels de l’auteur. Regard Rowlings qui a été refusée plus de 20 fois avant d’être éditée ! C’est un métier artistique, du coup… pour moi il a les même difficultés que les arts du spectacles. Ca n’enlève rien au travail, à la technique, à l’énergie mise dedans c’est juste… qu’on est pas dans une société où il est facile de vivre de l’Art, parce que c’est trop subjectif et “intangible”.

    Je digresse x.X pardon.
    Pour revenir à la question, pour moi l’écriture est clairement artistique ‘o’ et comme tout art, elle a des bases techniques, l’art qui pope de nul part ça n’existe pas (enfin si XD y’a des génies, mais ils sont pas légions ) et pour ce qui est de mon avis de pro °se la pète avec les cheveux dans le vent, un verre de champomi et une licorne° la qualité d’écriture c’est… dur à cerner.

    A la librairie, ce qui fait la “qualité d’écriture” c’est clairement la facilité avec laquelle cette dernière entraîne le lecteur dans son récit. Ceci dit ça ne donne pas beaucoup d’indices, parce que je vends aussi bien des écritures complexes et poétiques (Sénéchal de Grégory Da Rosa par exemple, ou Le Sentier des Astres de Stéphan Plateau) comme des choses simples mais efficace (comme Le Labyrinthe, Divergente).
    D’un point de vue tout a fait personnel, une écriture de qualité, c’est une écriture qui a son caractère, qui est fluide et capture son lecteur, mais aussi qui ne m’ennuie pas (et je suis très pénible là dessus, mon cerveau a besoin d’être sollicité en permanence sinon j’angoisse…) ni ne me sort brusquement du récit.

    @Isapass Tout a fait d’accord pour les éditeurs ! Un peu comme les notes au bac sur la philo =D on est obligé de faire une grille de lecture/notation en se basant aussi sur les chiffres de ventes et les tendances, mais sans jamais non plus négliger la ligne directrice de la maison d’édition ou ses coups de coeur ^w^

    Et vi vi je maintiens les 80% ! (Arg la pression de la confiance @EryBlack ! XD )
    Seulement on est en France XD pays où la Littérature ne se pense qu’avec le L majuscule et que nous, pauvres péons n’ayant pas fait khagn et hypokhagn on ne dit pas qu’on écris parce qu’on aura jamais le talent ! °sort en courant°
    En vrai c’est fou comme c’est secret O.O perso j’ose pas en parler à mes proches (bon mon frère m’a capté ce soir donc je vais lui filer la RDL mais sinon… gni)

    @Flammy … j’adore la citation de ta prof de français. Je trouve que ça résume parfaitement bien !

    @Eilish :blush:
    … >.> en vrai j’aimerai bien je crois… °a plein de trucs à raconter° °sort°
    Mmmh je pense qu’on peut faire ce détachement de sensibilité en écriture… si on prend les nègres par exemple, qui écrivent à la place des célébrités, ou les pigistes/auteurs comme Oliver Gay qui écrivent au kilomètre des romans commerciaux (les aventures de Moana, les aventures de la Reine des Neiges, les aventures de Dragon, les aventure de Yokaï Watch, chez bibliothèque rose et verte par exemple.) pour manger et écrivent leurs projets romans en parallèle.

    @Seja

    Deux options : l’éditeur file un à valoir à l’auteur d’une somme assez random discutée avant ou pas OU l’éditeur ne lui file rien, attend d’avoir des ventes et le rémunère sur les ventes au bout d’un an. Est-ce qu’il n’y a rien qui cloche dans ce tableau ?

    Alors là j’avoue mon étonnement o.o peut-être que c’est une pratique courante dans les petites maisons qui n’ont pas de fonds sans ventes, mais pour les grandes… il y a toujours une avance sur vente et des royalties lorsque l’avance sur vente est “remboursé” par les ventes. ENfin je crois. Damn. Je vais aller me renseigner ça me perturbe O.o
    Quant à la rémunération au feuillet… je pense que ça mettrait un terme définitif à la production de livres en France. Un livre deviendrait strictement hors de prix, et on partirait sur une sélection drastique de tous les ouvrages parce que ça coûterai une blinde dans être sûrs de pouvoir se rembourser derrière.

    Après on ne disait pas de payer en reconnaissance. Enfin, je n’ai pas eu l’impression x.x mes excuses si ç’a donné l’impression. L’auteur DOIT être rémunéré, mais une fois qu’iel est dans le système “professionnel” soit en lien avec l’éditeur, ou lorsqu’iel s’auto-édite.
    Il ne faut pas oublier aussi que l’éditeur, comme le libraire qui prend le temps de mettre en avant un ouvrage auto-édité, ou bien une personne qui accepte de faire une expo pour quelqu’un, ou un théâtre qui accueille une jeune troupe sans forcément la payer mais en lui donnant quelques avantages, servent aussi de vitrine pour l’artiste et lui permettent de se faire voir, d’entrer dans un réseau, de mettre le pied à l’étrier. Ensuite lorsque les artistes commencent a être connus, c’est normal de demander rémunération.

    Voilàààà mes excuses pour l’énoooorme pavé.


  • Plume d'Argent

    Je viens rajouter un peu d’eau par ici grâce à un lien trouvé par @Danan-Omeci : Un algorithme français pour prédire la qualité littéraire d’un livre

    L’organisme qui est en train d’étudier la création de cet algorithme (qu’ils qualifient plus volontier d’intelligence artificielle) est la “jeune” maison d’édition Short Edition responsable notamment des distributeurs d’histoires courtes dans les gares françaises ! Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas, cela constitue en une petite borne où vous pouvez sélectionner votre temps d’attente, et la borne vous sort une nouvelle qui se lit normalement en pile assez de temps pour que vous occupiez votre pause !

    Je n’ai jamais bien compris comment fonctionnaient leurs appels à texte, mais ce sont des exercices sympas à faire et qui changent de d’habitude.

    Bref.
    Même si Short Edition part pour le moment du principe que la technologie ne sera “utilisée une fois encore comme une aide à la prise de décision, et certainement pas comme substitut à une lecture humaine.” on connait bien les humains, et on se doute que certains seront moins regardant si une machine fait tout à la place…

    Du coup peut-être qu’on saura dans quelques années ce qui fait la qualité littéraire d’un texte… Selon la norme.

    Alors ? Que vous inspire cet article ?


  • Plume d'Argent

    J’avoue que ça me paraît un peu réducteur… Bon, apparemment, c’est juste pour faire un premier tri non ? Parce qu’il me semble qu’ils ne mentionnaient que des qualités (ou des non-qualités, selon leurs propres mots) linguistiques, du coup il reste tout ce qui est intrigue/personnages à valider par des humains ?


  • Plume d'Argent

    Alors pour ma part, je comprends la tentation d’avoir un tel algorithme. Mais je suis très loin d’être convaincue, et ce, pour plusieurs raisons.

    D’abord je pense qu’un certain nombre, voire un nombre certain de textes vont passer à la trappe en attendant que l’algo soit suffisamment riche pour faire des déductions s’approchant un tant soit peu de celles d’un cerveau humain, si ça arrive un jour. Le temps de tests, d’enrichissement, de perfectionnement me parait démesuré, ne serait-ce que parce qu’il y a des codeurs et des projets derrière et que je suis bien placée pour savoir comment se mène un projet informatique.

    Ensuite, je ne crois pas le précepte que l’article répète plusieurs fois : l’algorithme ne remplacera pas une lecture humaine. Le monde de l’industrie (même littéraire) est ainsi fait que si on investit, c’est bien pour avoir un retour le plus rapidement possible. Il sera donc trop tentant dès lors que les résultats seront “acceptables”, de se passer des lectures des assistants éditoriaux (voire de se passer des assistants eux-mêmes…). Reste à voir ce qui sera considéré comme “acceptable”.
    Et l’idée d’enlever du travail à des humains ne me passionne pas.

    Enfin, comme ils le disent eux-mêmes, plusieurs lectures humaines seront remplacées (ou au moins comparées) à la lecture d’un algorithme. Ce qui, même en éludant la question du “humain vs machine”, limite la diversité.

    Comme dit dans l’article, tout ça m’évoque donc une littérature standardisée, où personne n’osera plus aucune figure de style de peur de ne pas passer les critères de l’algo… Les auteurs s’autocensurent déjà suffisamment sur les thèmes sans ajouter ça.

    Sinon, j’aime beaucoup la photo du wall-e devant sa liseuse :)


  • Plume d'Argent

    C’est ça =)
    Pour le moment la démarche c’est d’aider le comité de lecture.



  • Personnellement, je suis plus que sceptique (voire même un peu remontée). Alors, je m’y connais pas du tout en intelligence artificielle et en algorithme (à l’exception des pauvres programmes “codés” sur ma calculette en terminale), mais je n’adhère à aucun des arguments avancés dans l’article.

    Je rejoins globalement ce qui a été dit précédemment, mais je ne peux résister à l’envie d’ajouter mon petit grain de sel :laughing:

    Le premier critère des répétitions me semble déjà très réducteur. Je lisais hier le JdB de @Eilish; il y avait une discussion autour d’Antidote et du fait que le logiciel repérait les répétitions sans faire la différence entre les répétitions involontaires et les répétitions volontaires… Je veux bien croire que l’algorithme en question va devenir de plus en plus précis, mais j’ai tout de même du mal à penser qu’il le deviendra au point de faire à coup sûr la différence entre les deux.

    Le recours à des termes argotiques, vulgaires ou des mots rares pourra apporter des indications sur la qualité globale” Cette phrase m’a un peu mise en rogne. Pour moi, la littérature ne se résume pas à faire la collection des mots rares dans son texte. Encore une fois, il est précisé que l’algorithme saura s’adapter (enfin, on le suppose…) mais je trouve encore une fois ce critère très réducteur. Si mon texte se déroule dans le milieu rural du XIXème siècle, je ne vais tout de même pas faire parler mes personnages comme des ducs et des comtes afin de satisfaire un algorithme… Evidemment, tout dépend de genre du texte, de son lectorat, et de plein d’autres choses, mais les mots vulgaires ou argotiques ne sont pas le signe d’une mauvaise qualité d’un texte à mon sens.

    Je passe sur les critères de la longueur des phrases et de la classification grammaticale qui me semblent peut-être un peu plus justifiés (et encore…) pour finir sur le critère des fautes d’orthographe et de ponctuation. « Les fautes d’orthographe et de ponctuation sont également de puissants indicateurs, particulièrement efficaces quand il s’agit d’évaluer qualitativement un texte ». Encore une phrase que je trouve aberrante. Alors, je ne nie absolument pas le fait que c’est la moindre des choses d’envoyer un texte avec le moins de fautes d’orthographe et de ponctuation possible, mais la formulation de cette phrase me hérisse le poil. Pour moi, les fautes d’orthographe et de ponctuation ne reflètent pas la qualité d’un texte. Elles reflétent peut-être une relecture plus ou moins pointue ou le niveau en orthographe d’un auteur (je suis convaincue que certains très bons auteurs ont une très mauvaise orthographe) mais elles ne reflètent pas la pure qualité littéraire d’un texte. J’avais lu quelque part (je ne sais plus si c’est ici), quelqu’un qui expliquait avoir adoré certaines fictions truffées de fautes d’orthographes. À l’inverse, ce n’est pas parce qu’un texte est parfait d’un point de vue orthographique qu’il est de bonne qualité. Cela dit, on rentre plutôt dans le domaine de l’opinion, et j’ai peut-être tort en pensant cela. :thinking:

    Et pour finir :"Elle sera en mesure […] de mesurer le degré d’émotion qui se dégage - en mesurant les indicateurs liés à la joie, la peur, le plaisir, etc. " Là je n’y crois vraiment pas. Je suis intimement convaincue que ce qu’on ressent devant un texte est profondément lié à qui nous sommes et à ce que nous avons vécu et que, par conséquent, on ne peut généraliser une expérience de lecture.

    Comme le dit très bien l’article : avec un tel algorithme, je ne suis pas sûre que Proust aurait connu le moindre éditeur… Et je trouve ça dommage. Dommage parce que ça réduit d’une certaine manière l’écriture à une formule mathématique qui met de côté l’humain. Parce que ça efface les expériences de lecture individuelles au profit d’une expérience qui se veut universelle mais qui se débarasse de toute la subjectivité dont nous sommes irrémédiablement porteurs. Alors, oui, c’est bien précisé que l’algorithme n’est pas voué à remplacer pas l’humain, mais ça me semble être de la poudre aux yeux. Peut-être que certaines ME continueront de privilégier l’humain sur la machine mais je suis certaine que d’autres n’hésiteront pas à passer tous les textes par le filtre de l’algorithme et à limiter voire supprimer la lecture humaine. Et je trouve ça triste, parce que in fine, ce n’est pas un robot qui va le lire ce roman, mais bel et bien un humain. Je suis sans doute un peu catégorique dans mes propos, mais je n’en reste pas moins trèèès sceptique devant cette nouvelle.

    Bon, je vais me taire maintenant parce que j’ai trop parlé xD Mais merci @Vava-Omete d’avoir partagé cet article, je me coucherais moins bête ce soir !


  • Plume d'Argent

    @Vava-Omete Article super intéressant (et super flippant), merci pour le partage! Ça me fait penser à un autre article que j’ai lu récemment, qui recensait les métiers menacés par l’intelligence artificielle… Apparemment les auteurs auront chaud aux fesses d’ici quelques décennies, quand les algorithmes deviendront suffisamment sophistiqués pour sortir leurs propres livres. Ce ne sera sans doute pas du Proust mais j’ai bien peur de vivre assez vieille pour lire un Divergente signé par un robot.

    @Primrose Complètement d’accord avec tout ce qui tu as dit. Je ne serai pas surprise qu’on se retrouve bientôt avec deux catégories de maisons d’édition: celles, sans doute spécialisées dans la poésie et les écrits très littéraires, qui resteront “artisanales”, avec leurs assistants éditoriaux humains, et les autres, qui feront passer les manuscrits à la moulinette de l’algorithme pour réduire les coûts de traitement et produire des livres facilement digestes pour le grand public.

    Le métier d’écrivain a de beaux jours devant lui dîtes donc :joy:



  • Moi je trouve cette expérimentation super intéressante.
    D’abord au niveau technique (je travaille dans l’intelligence artificielle), c’est un défi passionnant et une prouesse super forte si ils y arrivent. L’article est super mal écrit, et exprime très mal les tenants et aboutissants techniques, (en vrai, le but n’est pas de coder un comportement, mais d’entraîner une machine à repérer par elle même des pattern non défini à l’avance et d’évaluer le texte entrée avec une mesure cible, en l’occurrence une probabilité sur les ventes). Par contre il faut bien comprendre que cela veut dire que l’algorithme va se prononcer sur la valeur marchande d’un texte, et pas du tout sur sa qualité.
    Ensuite, je trouve que ça pose une question philosophique intéressante : Est-ce que l’algorithme arriverait à détecter qu’un texte de Proust est intéressant à publier? Actuellement, personne ne peut le savoir. Si ça n’est pas le cas, cela veut dire qu’il n’y a pas de caractéristique universelle qui permettent de dire qu’un texte de Proust est un texte publiable, ou juste que la machine n’est pas encore capable de le détecter. Si au contraire la machine arrive à détecter certains textes particulier comme ceux de Proust sont bons, alors on pourra se dire qu’il existe certainement des caractéristiques que l’on ne comprend pas qui sont universelles à tout les textes publiables (et ce qui est “rigolo”, c’est que l’algorithme n’expliquera pas son choix, on verra que ça marche, mais on ne saura pas qu’est ce qui lui a permis de dire qu’un texte était plus publiable qu’un autre).
    Enfin, ça pose la question de fond aux auteurs de “pourquoi écrit-on?”. Si on écrit pour faire une oeuvre la plus “vendable” possible, effectivement, on va se retrouver jugé par un algorithme qui lui considérera que l’oeuvre en l’état est ou n’est pas vendable. Si on écrit pour essayer de toucher le cœur de quelques humains, la question se pose différemment. Certains textes peuvent être très touchant pour certaines personnes mais invendable, car touchant trop peu de publique. Ca ne veut pas dire que le texte est mauvais, mais ça peut tout de même être un indicateur laissant penser qu’il doit vivre hors des sentiers des maisons d’édition, et trouver un autre chemin pour exister.
    Bref, je trouve ça super intéressant… Même si rien n’indique qu’ils vont y arriver rapidement. Actuellement, juger des œuvres est un champ de l’IA qui est très peu avancé.
    @Zénodote : Le jour ou l’IA aura remplacé les écrivains, il ne restera pas beaucoup d’autres métiers. Si cela arrive, et que le travaille n’existe plus, quelque part, tout le monde aura le temps d’écrire. Mais peut être qu’effectivement, ça ne sera plus un métier…



  • @vava-omete
    Je me permets de répondre quant à l’algorithme de Short Edition
    Je suis en effet auteure pour Short et présente dans les Distributeurs d’Histoires Courtes. J’en avais discuté lors d’une masterclass avec la responsable de Short, en 2015. L’article que tu proposes date de 2014. Effectivement, à l’époque, elle avait évoqué des investisseurs qui souhaitaient se servir de la plateforme pour développer un tel algorithme et le projet était plus ou moins en développement comme le dit l’article.
    Aujourd’hui cependant, je ne vois plus rien sur le site qui le mentionne, et Short a davantage l’air de se consacrer aux distributeurs d’Histoires Courtes, en France et à l’International, ainsi que d’autres supports de promotion. Je vais rester vague, mais des nouvelles que j’ai, je n’ai plus l’impression qu’un tel projet soit toujours suivi. La ligne de Short s’oriente clairement vers la promotion des auteurs, il suffit de voir la refonte de leurs sites et de leur CPU, et des échos que j’ai en tant qu’auteur, ils ont l’air de bel et bien concentrer leur force là-dessus (par exemple, il est fait mention sur le site qu’il se place en “éditeur” et plus seulement en tant que “communauté” comme c’était le cas jusqu’alors… Il n’est plus trop question j’ai l’impression de ce genre de projets un peu obscur…

    En revanche, il est clair qu’un tel algorithme est recherché par les éditeurs. Néanmoins, je pense qu’il ne sera que complémentaire au travail d’édition, on peut difficilement se passer de la subjectivité humaine, quand bien même une IA parviendrait-elle à simuler algorithmiquement une telle subjectivité. Que fait une IA ? Elle traite massivement des données. Un livre n’est pas des données, mais une structure complète qu’il est impossible de séquencer, un tout. En revanche, l’IA serait utile pour l’analyse de marché, trouver la bonne tranche d’âge, les pays dans lesquels ils seraient intéressant de tenter d’obtenir une traduction, les éléments qui attireront le regard pour la couverture, etc… En gros, elle permet d’éviter les erreurs 'packaging", mais le fond ? Je ne crois pas. Ou pas encore, du moins.


  • Administratrice

    Je rejoins @CielOrage vu que je suis aussi auteure dans les distributeurs de Short. Ca fait facile des années que je n’ai pas entendu parler de cette histoire d’algorithme. J’avais lu cet article il y a un moment et bon, il y a quand même un gros parti pris dedans. Parce que personnellement, je trouve ça fascinant plutôt qu’inquiétant :P Etant dans l’informatique, @Dworkin a parfaitement traduit mon idée de la chose. C’est un énorme défi et je serais très curieuse de farfouiller dans le ventre d’une telle IA :smirk: Et ensuite, bah… la question est : pour qui et pourquoi écrivons-nous ? Est-ce qu’on va arrêter parce qu’une IA nous aura dit que notre texte ne correspond pas à ce qu’elle cherche ? J’espère que non :P


  • Plume d'Argent

    Hum, mais alors si ce n’est plus à l’ordre du jour, c’est qu’ils ne sont pas arrivés à à faire ce qu’ils ambitionnaient ? Ou quelque chose d’assez fiable ? C’est quelque part assez rassurant…
    Ce que je me dis, c’est que si le critère, ou un des critères, est la valeur marchande (plus facile à caractériser par un chiffre de vente qu’une “qualité” littéraire assez insaisissable et plus “pertinente” dans un monde marchand, hélas), et vu qu’on ne peut nourrir l’algorithme qu’avec des données passées, eh bien c’est assez incompatible avec la création littéraire, qui est par essence évolutive, et non une reproduction de ce qui a “marché” par le passé.
    Même si l’algorithme parvient à dire que Proust est publiable, on reste dans le passé, mais quid du “Proust” du futur ? Ce serait dommage qu’il ne soit jamais “repéré” à cause d’algorithmes…
    Personnellement, il me semble que les éditeurs pourraient être aidés par des logiciels, algorithmiques (ou plus simplement statistiques), dont le but devrait être de leur faire gagner du temps et de l’efficacité, par exemple en éliminant les textes reçus qui ne correspondent pas à leur ligne éditoriale ou à leurs critères particuliers. Cela pourrait leur permettre de passer plus de temps sur les textes qui leur paraissent prometteurs, sur le travail éditorial, sur leur relation avec les auteurs, sur la promotion…
    Oui, je sais, je rêve… pas sûr que ce soit la direction qui sera prise…


  • Plume d'Argent

    En premier lieu, je suis troublée par l’amalgame qui est fait entre algorithme et intelligence artificielle. Mais bon, je reconnais mon ignorance en informatique.

    Pour le moment, je n’y crois pas. Quand on voit la peine qu’on a à développer des correcteurs orthographiques fiables, je n’arrive pas à imaginer qu’une machine parvienne à analyser quelque chose d’aussi complexe que la qualité littéraire d’un texte.
    Quant à mesurer le degré d’émotion qui s’en dégage, à mon avis, c’est une absurdité. La machine saura lire et analyser les mots et les phrases, mais lire entre les lignes, comme on dit, c’est une chose que seuls les humains peuvent faire.
    En revanche, j’imagine tout à fait qu’une telle machine puisse prévoir quels textes se vendront le mieux. (Et quand on voit le succès des fameuses 50 nuances (…), ça laisse songeur…)

    La constatation faite dans les débuts de l’informatique reste vraie : “garbage in, garbage out”. Le résultat dépendra des critères d’analyse qu’on introduira dans la machine. Dans tous les cas, la littérature sélectionnée de cette manière sera standardisée et tout ce qui sortira du lot sera écarté. Donc on écartera les œuvres originales et novatrices, on écartera les écrivains qui marcheront hors des sentiers battus, aussi talentueux soient-ils.

    Mais je trouve aussi que ces recherches sont fascinantes et je serais curieuse de voir comment une intelligence artificielle se débrouillera dans l’analyse et l’évaluation de textes. Et, comme le dit le dernier paragraphe de l’article, ce qui sera passionnant, c’est la manière dont elle justifiera ses choix.



  • Je trouve ce sujet très intéressant et j’ai appris beaucoup de choses en le lisant…
    J’avoue que ces derniers temps, je commence à développer une petite intolérance aux algorithmes… J’ai l’impression qu’ils sont partout et qu’ils finissent pas “diriger” notre pratique du net et indirectement notre vie. Je ne suis pas “anti-progrès”, loin de là, et les algorithmes sont bien utiles dans bien des cas mais les appliquer à l’art et à la création je trouve ça assez triste.
    Il est intéressant de s’interroger sur la finalité de l’écriture… C’est un art très chronophage, qui demande du travail et beaucoup d’investissement et de ténacité… écrire mon roman m’a pris du temps et m’a demandé des efforts alors pourquoi ???
    En ce qui me concerne, j’aime, voire j’adooore l’acte d’écrire… lorsque je suis devant mon clavier, mes doigts courent sur les lettres, le texte apparait sur l’écran, les idées s’enchainent, les scènes se dessinent dans mon esprit, puis je m’arrête, je m’interroge, je cherche comment me sortir d’une difficulté, je ferme les yeux, Que ressent mon personnage ? A quoi ressemble ce lieu ?.. Quand je fais tout ça, c’est sans doute le seul moment où je me sens à ma place dans ce monde de fou, où je me sens vivante, accomplie, à l’aise… J’ai appris qu’on appelait ce genre “d’instant de grâce”, le FLOW… Et bien quand j’écris… je suis dans le flow :grin:
    et c’est déjà un si beau cadeau…
    Après j’ai envoyé mon manuscrit au Concours Gallimard… D’une part parce que la date butoir de ce concours m’a beaucoup aidée à aller au bout de mon roman et d’autre part parce que j’avais envie de savoir ce que vaut ce que j’ai écrit…
    Bien sûr que le parcours de Christelle Dabos fait rêver, que ce doit être fabuleux de voir son oeuvre publiée, lue par beaucoup de monde, de rencontrer ses lecteurs… et puis ça fait du bien de rêver un peu aussi…
    Après, personnellement, il me semble que lorsque je vais réaliser… d’ici un mois ou deux, que Gallimard ne m’a pas contactée et que je ne fais surement pas partie des heureux et talentueux finalistes, je ne vais pas me dire “Gallimard n’a pas bien lu mon livre, ils n’ont pas compris l’énooorme potentiel de mon oeuvre !” Je vais plutôt me dire que ce n’était pas assez abouti ou pas assez bien écrit… Je ne trouve pas très constructif de se poser en victime, ce n’est pas ça qui fait avancer et progresser.
    Mais chacun son point de vue… et chacun ses rêves…
    Je trouve déjà super d’avoir pu publier quelques chapitres ici et avoir eu quelques retours constructifs… Pour moi le plus compliqué est d’avoir une petite idée de la “qualité” de ce que j’écris… Est-ce que ça peut plaire, ou pas… parce que ma maman est très fan MAIS c’est ma maman ! :smile: :smile: :smile:
    Merci en tout cas pour ces discussions très enrichissantes…


  • Plume d'Argent

    Coucou tous !
    Je prendrais le temps de tout lire ce weekend mais vos retours m’intéressent beaucoup sur la question !

    Je passe juste vous poster ces deux articles, qui étayent un peu le post concernant l’encombrement du marché et le nombre de titre à gérer par les libraires :

    • Journal le Monde dont le titre me fait doucement rigoler mais qui a des infos vraiment intéressantes, comme le fait qu’en 2017 il est sorti plus de 8700 ouvrages par mois en moyenne (toutes catégories confondues) et presque 130 nouveautés par jour !
    • le document SNE concerné qui vous redirige directement vers un document .pdf ultra intéressant.

  • Plume d'Argent

    C’est une discussion super intéressante et je ne résiste pas à la tentation d’y mettre mon grain de sel.

    Il me semble qu’à court terme, la qualité d’écriture ne suffit pas pour publier un roman. C’est difficile de savoir si le niveau est atteint mais, même s’il l’est, il faut tomber sur l’éditeur qui chercher ce genre de roman au bon moment. Il y a donc un facteur chance.

    Plus un auteur connait le milieu, plus il a d’expérience, et plus il aura d’info qui permettent de savoir quel éditeur recherche quoi à quel moment.

    Je pense que c’est un travail de très longue haleine, qui nécessite une persévérance absolue durant de longues années. Il vaut mieux avoir plusieurs romans sous le coude, comme plusieurs cordes à son arc. Souvent, cela paie au bout de plusieurs années et je suis heureuse de croiser tout un tas de grenouilles sur les stands de grandes et de petites maisons d’édition. Courage !


  • Plume d'Argent

    Je dépoussière un peu le topic qui était parti autour des éditeurs, des auteurs, et du circuit du livre.
    Le Monde a publié une vidéo qui explique un peu le pourquoi du comment des répartitions. Y’a des approximations, mais globalement, c’est pas mal du tout (et pour une fois, on tire pas sur les libraires, ces vils profiteurs du labeur des autres xD )
    https://www.lemonde.fr/culture/video/2019/09/10/que-paie-t-on-quand-on-achete-un-livre_5508678_3246.html



  • Merci @Vava-Omete. C’est assez clair, même si, comme tu le souligne, il y a des approximations. J’avais vu, il y a environ 6 mois de cela, un blog qui disait à peu près la même chose. @Cricri pourra confirmer ou infirmer ces dires, mais il semblerait qu’en gros, c’est à peu près ça.


  • Plume d'Argent

    Je suis d’accord avec @Vava-Omete c’est une bonne base.
    Bon, alors une précision tout de même : en général, la première variable, c’est le droit d’auteur
    :cloud_lightning: sujet sensiiiiible
    Surtout qu’il y a de nettes différences entre les auteurs de genre (jeunesse, notamment),entre les auteurs eux-mêmes, le grand format ou les poches, etc. Ces petites ou grandes différences sont toutes liées à la surproduction qui est un autre vaste sujet de débat.

    Faut pas me lancer là-dessus… :confounded: Je retourne préparer mon chapitre, je me tais :p



  • Ah j’ai vu cette vidéo pas plus tard qu’hier ! Mais oui j’ai tiqué aussi sur la variable du droit d’auteur, pour les mêmes raisons que @Mary (d’ailleurs tu devais pas nous préparer un petit topic sur le sujet de la chaîne du livre toi ? :p )


  • Plume d'Argent

    Moi j’ai la vidéo sans le son alors que sur d’autres sites, je n’ai pas ce souci. Y aurait-il une astuce qui m’échappe sur ce site-là ?


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