Le monde des abeilles : petit lexique apicole



  • Voici comme promis, une liste des termes et expressions apicoles. Si vous avez des questions, si vous voyez des mots à ajouter, bee free !
    Si certaines définitions ne sont pas claires, n’hésitez pas à le signaler, j’essaierai de mieux faire, c’est pas facile d’expliquer quelque chose qui me parait si évident maintenant !
    A l’avenir, si vous le souhaitez, je pourrai mettre des photos pour éclaircir mon propos…

    Je ne parlerai que des outils que j’utilise moi, ou que j’ai vu utiliser, pas de ceux que je connais mal ou que je désapprouve (tel le souffleur à feuille, si si, vraiment :angry: ).

    Les habitants de la ruche

    Si vous le souhaitez, je pourrais aussi envisager de vous parler des osmies, les abeilles solitaires, ou de ceux que l’on appelle communément bourdons. Mais c’est un autre sujet…

    • Les ouvrières : Nettoyeuses, nourrices, architectes, maçonnes, manutentionnaires, ventileuses, gardiennes et butineuses tour à tour, les abeilles de la ruche. Ce sont elles qui fabrique la cire, et digèrent plusieurs fois le nectar pour le recracher enfin sous forme de ce que nous appelons miel !

    • Les faux-bourdon : (on ne parlera ici que du mâle diploïde, parce qu’il vaut mieux ne jamais entendre parler de son homologue haploïde) Le seul mâle dans la ruche. On l’a longtemps cru inutile dans la ruche, servant seulement à l’accouplement. Mais la nature ne fait rien en vain ! Ils couvent les cellules d’œufs afin de les garder à température constante.

    • La reine : La mère de toutes les abeilles et faux-bourdons ! Après un vol nuptial durant lequel elle s’accouple avec une quinzaine de faux-bourdons pour constituer sa spermathèque, elle passe sa vie dans la ruche, trop lourde pour voler de nouveau, à pondre des œufs. Elle produit des phéromones, ce qui permet aux abeilles de juger de sa santé et de savoir qu’elle est bien là.

    Les parties de la ruche

    On ne parlera pas ici des ruches sauvages (celles qu’on trouve dans le creux des arbres par exemple) mais des structures utilisées par les apiculteurs.
    La ruche telle que je la décrit ici, est le type Dadant, le plus utilisé en France et le seul que j’ai déjà testé.
    Je parlerai avec plaisir de la Langstroth, de la Warré ou de la Kenyane, mais plus tard, ne mélangeons pas tout !

    • La colonie : Groupe d’abeilles composé de la reine et ses enfants

    • Essaim : Équivalant de colonie, mais peut aussi être utilisé pour parler spécifiquement des grappes d’abeilles que l’apiculteur va récupérer

    • La ruche : Par abus de langage, souvent utilisé pour parler de la colonie contenue dans la ruche. Boîte en bois dans laquelle on place une colonie d’abeilles.

    • Le plancher : Constitue le fond de la ruche. Il est en général totalement ou partiellement grillagé afin de permettre la circulation d’air dans la ruche.

    • La planche d’envol : C’est depuis ce support, situé au bout du plancher, que (comme son nom l’indique) sortent et rentrent les abeilles.

    • Le corps : Quatre planche qui font le contour de la caisse, le corps contient les cadres de corps. Dans cette partie là, on trouve la reine et le couvain, ainsi que les réserves de miel pour l’hiver. L’apiculteur regarde ce qui s’y passe mais ne prélève JAMAIS de miel de ce module-ci.

    • Les hausses : Modules supplémentaires exploités par l’apiculteur. On les rajoute lors de manques de place dans le corps quand les miéllées sont fortes et que l’on compte faire une récolte.

    • Les cadres : Contour de bois, fileté avec du fil métallique, sur lequel on fixe une feuille de cire gauffrée.

    • Le couvre-cadre : Souvent une simple plaque d’isorel, placée sur le module le plus haut afin d’isoler.

    • Le toit : en aluminium (le plus souvent) vient se mettre par dessus et couvre les côtés afin que le vent n’ouvre pas la ruche et pour compléter l’isolement.

    • La grille à reine : Grille en plastique ou métal placée entre le corps et la première hausse, suffisamment épaisse pour laisser passer les abeilles mais aussi fine, de manière à ce que la reine ne puisse pas monter pondre dans les hausses destinées à la récolte.

    • Le nourrisseur : bac en bois paraffiné que l’on place entre le dernier module et le couvre-cadre afin de donner à manger aux abeilles, principalement en début de printemps ou début d’hiver.

    Les outils de l’apiculteur sur le rucher

    • La combinaison et la vareuse : Habit intégral, ou haut, en coton épais de couleur majoritairement blanche.

    • Le chapeau et le voile : Rattachés à la combinaison ou la vareuse, ils protègent le visage des piqûres de nos chères amies. On appelle parfois filet le voile.

    • Les gants : En cuir et toile de coton qui montent jusqu’au coude et se mettent par dessus les manches de l’habit.

    • L’enfumoir : Cuve avec bec et soufflet dans lequel on fait brûler un mélange d’herbes et de lavande jusqu’à avoir une fumée blanche et froide. On fait pénétrer cette fumée dans la ruche avec d’occuper les abeilles. En effet, une abeille qui sent la fumée se méfie du feu et se prépare à déménager… Pour cela, elle se gave de miel, ce qui fait gonfler son abdomen. Avec un abdomen aussi gonfler, il est difficile pour elle de le plier, et donc de piquer.

    • Le lève-cadre : Outil tranchant d’un côté pour couper la propolis, avec une partie recourbée servant à soulever les cadres, comme son nom l’indique.

    • La brosse à abeilles : Sorte de balayette servant à pousser délicatement les abeilles, par exemple afin de fermer la ruche sans en tuer…

    Les produits de la ruche

    • Le miel : Of course… Mais savez-vous que le miel passe par l’estomac d’une quinzaine d’abeille afin de concentrer le nectar avant d’être stocké dans les alvéoles et récolté par l’apiculteur ? Et savez-vous que le miel de sapin et en fait du miellat ? C’est à dire la sève de l’arbre transformé… Mais pas de n’importe quelle manière ! Les abeilles butinent les déjections des pucerons. Quand vous mangez du miel de sapin, c’est en fait du caca mangé et vomi une bonne dizaine de fois… ça donne envie n’est-ce pas ?!!

    • Le pollen : C’est le pollen des fleurs qui s’accroche au passage sur les pattes arrières de l’abeille et forment des pelotes. Le pollen est utilisé par les abeilles pour nourrir les larves.

    • La cire : Matériaux de construction des abeilles, la cire est produite par les glandes cirières des abeilles. Pour produire un kilo de cire, il faut environ un kilo de miel !

    • La gelée royale : Produite par les abeilles, c’est une substance blanche, très amère, qui sert de nourriture aux larves d’abeilles durant les tout premiers jours. Si elle est appelée “gelée royale”, c’est car une reine sera nourrie avec ça durant tout sa vie.

    • La propolis : Mélange de pollen, cire, huiles essentielles et résines diverses, la propolis a la consistance du chewing-gum : cassant quand il fait froid, collant qui il fait chaud. C’est l’horreur pour un apiculteur ! Mais en même temps, c’est très utile aux abeilles (certaines en abusent quand même parfois). Elles utilisent la propolis pour colmater toutes les petites fentes, éviter le moindre courant d’air, coller les cadres entre eux (vous voyez le problème ^^).

    Sur les cadres…

    • Les alvéoles : Ce sont les hexagones de cire construits par les abeilles, dans lesquels ont trouve tout un tas de choses…

    • Les cellules : Se dit d’une alvéole operculée, fermée.

    • Le couvain : C’est là où il y a les œufs, les larves, les nymphes. Les bébés abeilles quoi ! On retrouve deux couvains différents : le couvain de femelles, dans de petites alvéoles au centre du cadre, operculées de manière assez plate, et le couvain de mâle, dans de plus grosses alvéoles operculées de manière bombée, en haut et en bas du cadre.

    • Le miel operculé : alvéoles de miel mûr (c’est à dire passé par assez d’estomac), operculé légèrement en creux. On trouve les cellules de miel dans le haut des cadres pour aider à l’isolation.

    • Les alvéoles de pollen : Jamais operculées, disséminées au milieu du couvain de femelles.

    • Les cellules royales : Souvent sur les bords des cadres, elles forment des appendices en volume qui “sortent” du cadre. La reine a besoin de plus de place pour se développer, elle est plus grosse qu’une abeille.

    Les outils de l’apiculteur à la miellerie

    • Le couteau à désoperculer : couteau servant à enlever les opercules des cellules contenant le miel.

    • La herse : Remplace le couteau, sert à percer/gratter les opercules.

    • La centrifugeuse : Cuve dans laquelle on place les cadres désoperculés afin de les faire tourner à grande vitesse pour en ôter le miel.

    • Les filtres et les tamis : Afin d’ôter la majorité des débris du miel extrait.

    • Mâturateur : Cuve dans laquelle on laisse reposer le miel afin que les débris remonte à la surface.

    • Spatule : Dans le cas où l’on extrait pas par centrifugation, sert à presser le miel sur un tamis, par allers-retours de l’outil sur les rayons.

    • Presse : Afin de presser le miel de manière plus efficace que la spatule (je confirme, à la spatule c’est la croix et la bannière).

    Maladies, nuisibles et autres saletés

    • Varroa : Acarien parasite de l’abeille, il le fixe sur l’abeille adulte, ou directement sur la larve ou la nymphe. Il se nourrit de l’hémolymphe (équivalent de notre sang) de l’abeille, l’affaiblissant et la tuant. Quand il s’attaque aux larves ou aux nymphes, il empêche le bon développement de l’abeille ce qui lui fait des ailes atrophiées. Une belle saleté. Pour s’en débarrasser, une majorité d’apiculteurs traitent la ruche à l’automne avec des produits plus ou moins chimiques. Pour ma part, je me contente de mettre une feuille de rhubarbe dans mes ruches avant de les mettre en hivernage. La rhubarbe est naturellement insecticide (mais ne tue pas les abeilles) et fait des ravages sur le varroa !

    • Fausse-teigne : Un énorme papillon qui a la sale idée de venir pondre dans la ruche, il y meurt au même moment. Les chenilles raffolent de pollen et de larves, et détruisent tout l’intérieur de la ruche pour récupérer leur pitance. On dirait qu’une souris est entrée dans la ruche ! Ça lessive une colonie en l’espace de deux semaines (et encore…).

    • CCD : Colony Collapse Disorder, Syndrome d’effondrement des colonies. On ne sait pas à quoi il est dû, le fait est qu’à la fin de l’hiver, fin du printemps, on retrouve des ruches vides d’habitantes mais encore pleines de miel. Quelques abeilles, dont la reine, errent à la recherche des copines sur les cadres désertés. Il se trouve que ça existe depuis environ en même temps que les pesticides… Mais ça reste une fâcheuse coïncidence, n’est-ce pas !

    • Néonicotinoïdes : Ah ! Ces bons vieux pesticides… Ceux-là en particulier ont tendance à détraquer le cerveaux de l’abeille qui ne saura plus retourner à sa ruche. Si par hasard, elle arrive à la retrouver, elle contaminera ses consœurs… Et puis ça les tue aussi, bien-sûr. On doit aux néonicotinoïdes des photos de tapis d’abeilles mortes au pied des ruches…

    Bazar des machins que je ne peux pas encore classer parce que ça fait presque deux heures que je bosse sur cet article et que je commence à saturer !

    Promis, je complète et je range, mais une autre fois !

    • Miellées : Période de grande floraison où les abeilles sont très actives et où le miel coule à flot
    • Essaimage naturel : De mars à juillet, à la période des grosses miellées, les abeilles vont naturellement (par cycle biologique et manque de place dans la ruche) produire des cellules royales, et donc de nouvelles reines, et aussi des mâles en quantité. La nouvelle reine va chasser l’ancienne qui part alors de la ruche, avec une partie de la colonie.

    • Essaimage artificiel : Le principe est de diviser une colonie d’abeilles qui se porte bien afin d’en créer artificiellement une nouvelle. Pour faire un essaimage artificiel, il faut prendre un cadre de couvain jeune, un cadre de couvain vieux et du couvain de mâle et un cadre de miel d’une ruche qui va bien, surtout sans la reine, mais avec les abeilles qu’il y a dessus, et enfermer dans une ruchette. S’il y a des cellules royales, c’est encore plus top ! On emmène le tout à minimum 5km de la ruche d’origine, pour que les abeilles dedans ne repartent pas dans la ruche de base. Ensuite, comme les abeilles “orphelines” ne sentent plus les phéromones de la reine, elles vont faire des cellules royales. Les cellules royales vont éclore, les reines qui en sortent commenceront par se battre à mort. La survivante fera son vol nuptial, et si tout va bien, commencera à pondre environ cinq jours après !


  • Plume d'Argent

    @olek Wouaouh ! Beau boulot !
    J’ai trouvé un truc que tu a oublié dans la rubrique miellerie : les pots ! :joy:
    (ok, je sors)



  • :stars: Merci pour cet article hyper complet! tout est parfaitement bien expliqué, de manière pédagogique pour les nulles comme moi. On voit que tu es passionnée. Bravo :clap:



  • :heart_eyes: Trop bien !
    Merci @Olek !
    (Je crois que je me servirai de ce précieux topic pour le projet “abeilles” que je compte mener avec mes futurs élèves… :D )



  • Merci à tous pour vos chouettes retours, je suis heureuse que ça vous intéresse !

    @Lily si tu veux monter un projet “abeilles” n’hésite pas à me demander le diapo que j’ai fait pour présenter dans l’école du village il y a un an !



  • @olek Terriiiiiible ! Et bien je demande… ♥ !
    C’est super gentil ! :heart_eyes:
    (Je vais aussi demander au papa d’un ami qui est apiculteur et chez qui on achète notre énooooorme stock de miel pour surmonter chaque hiver de passer dans ma classe. – Dommage pour moi, tu vis un peu loin pour que je puisse t’inviter. :p )



  • @Lily Je te rédige les commentaires qui vont avec et je t’envoie ça (j’ai ton mail je crois).
    Oui, dommage que je sois si loin, je serai venue avec grand plaisir !



  • @olek C’est vraiment super gentil ! ♥
    Hâte de découvrir ça ! Et de mettre sur pied ce futur projet de classe ;) .


  • Plume d'Argent

    @olek mais c’est trop génial !! Merci pour ce travail et ce partage :heart:

    J’adooooooore ^^

    (par contre je ne peux m’empêcher de devenir curieuse à propos de ces méchants “souffleurs à feuille”… c’est une technique peu respectueuse des abeilles c’est ça ?)



  • @itchane Merci beaucoup ! Il me reste à faire une partie sur les maladies et parasites, faut parler de ce qui est… Détailler les différents modèles de ruches aussi. Peut-être aussi quelques fiches techniques “comment ouvrir une ruche” pour les plus grands curieux… Qui sait, ça peut donner des idées d’écriture !

    Pour répondre à ta curiosité, certains apiculteurs utilisent des souffleurs à feuilles pour faire tomber les abeilles des cadres de hausse et récolter le miel plus rapidement. Même si elles ont un exosquelette, ça reste hyper traumatique pour une abeille je trouve, super violent et pas respectueux de la nature du tout du tout !
    Pour ma part, je les brosse délicatement pour les inciter à partir. Les deux apiculteurs qui m’ont appris le métier ont deux techniques différentes : le premier place, la veille de la récolte, un chasse-abeille entre le corps et la hausse. Le principe du chasse-abeille, c’est que les abeilles peuvent passer dans le sens hausse-corps, mais pas dans le sens corps-hausse, et ainsi, la hausse est quasiment vide le lendemain. Mais les chasse-abeilles n’existent qu’en plastique et je me refuse absolument de mettre des matériaux non naturels dans ma ruche (j’hésite même à arrêter le métal). Le deuxième imprègne un couvre cadre d’extrait d’amande amère, ce qui est un répulsif pour les abeilles. Le problème, c’est que ça les dérange (niveau olfactif) mais surtout que a tendance à laisser un petit goût de cyanure dans le miel…


  • Plume d'Argent

    @olek Ah oui, mon papa utilisait des chasses abeilles, avec des lamelles en alu très fin.



  • Merci beaucoup Olek pour cet éclairage précis ! Et puis c’est super de sensibiliser le maximum de personnes à la vie des abeilles !


  • Plume d'Argent

    @olek hooooo, c’est donc ça !
    Oui je comprends ta démarche, qui est vraiment d’autant plus belle que tu essayes d’être cohérente jusqu’au bout.

    Vivement la suite de tes “articles” : D


  • Plume d'Argent

    Oh merci Olek, c’est super complet !
    Et c’esr bizarre que ça n’existe pas les chasse-abeilles en métal ou même en bois…


  • Plume d'Argent

    Sacré travail, @Olek ! et très instructif…



  • Merci !
    @Isapass tu parles de chasse-abeilles en aluminium ? J’ai pas trouvé en cherchant sur internet… Si par hasard ton papa pourrait me donner les références… Je suis preneuse !



  • Très instructif, je me couche moins bête ce soir ! Merci!!



  • Bonsoir ! J’ai complété avec un point sur les maladies et nuisibles de la ruche. Encore une fois, seulement ceux que j’ai eu la chance d’expérimenter. La fausse-teigne, et le CCD m’ont tout deux tués des ruches. J’aurai pu ajouter le changement climatique qui est fatale aux abeilles. En cette période d’essaimage, la vague de froid est meurtrière : cet après-midi je suis allée nourrir mes ruches, et toutes les planches d’envol étaient couvertes d’abeilles mortes.
    L’humidité a aussi tendance à donner la nosémose aux abeilles, qui correspond à une bonne grosse diarrhée pour les humains, avec le médocs en moins… J’appréhende.


  • Plume d'Argent

    @olek Pauvres petites abeilles fauchées en plein vols de printemps… :cold_sweat: Tu m’étonnes, avec ces chauds/froids…



  • Oui, j’étais toute triste en voyant ça. Mais bon, je peux pas leur installer le chauffage et je les aide de mon mieux en leur donnant à manger…
    Après, je ne sais pas si je vous avais dit que j’ai cinq ruches maintenant ! J’ai récupéré trois nouveaux essaims la semaine dernière ! Tout petits tout fragiles, il faut beaucoup s’en occuper, je suis plutôt débordée !


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