L'éducation aux Médias - Le cas des jeux vidéos dans l'éducation



  • Salut les plumes, aujourd’hui j’ouvre un débat qui je le sais va diviser le plumage.

    La question est : les jeux-vidéos sont-t-ils de bons outils d’enseignement ? Et j’irai même jusqu’à demander : les jeux vidéos peuvent-t-ils être plus que des outils d’apprentissage, c’est à dire des objets d’étude à part entière ?

    Je suis actuellement en master d’éducation et le thème des jeux vidéos est loin de faire l’unanimité parmi mes camarades. La majorité n’ont jamais touché un jeu de leur vie (ou pas depuis leur 10 ans), et je ne peux absolument pas en discuter avec elles, car elles n’ont aucune culture vidéoludique autre que ce que la télé dénonce.

    Or, il se trouve que j’ai choisis de faire mon sujet de mémoire de l’an prochain sur le sujet de l’enseignement du jeu vidéo à l’école. Aussi je me demandais ce que des personnes externes à l’enseignement (et des internes aussi, je sais qu’il y en a au moins quelques uns par ici) pensaient sur le sujet. Je m’adresse à vous en tant que parents potentiels, adultes et ado qui ont surement un avis sur ce que la jeunesse doit apprendre.

    Je me permet de donner mon avis en premier.
    En ce qui me concerne, je suis persuadée que les jeux, vidéos ou non, sont un merveilleux support d’enseignement tant pour les enfants que pour les adultes. On apprend beaucoup mieux en s’amusant, quand le savoir vient “accidentellement”, quand on a pas l’impression d’avoir dû faire des efforts pour apprendre une chose. Pour moi, il n’y a pas vraiment matière à débat sur ce sujet là : on peut se servir d’à peu près n’importe quel jeu pour améliorer son vocabulaire (en français, en anglais, etc), travailler la géométrie sur Minecraft, le codage dans Human ressource machine, le monde animal dans Animal Crossing, en bref, il y a une myriade de jeu qui sont de bons supports.

    Par contre, quand il s’agit de parler de jeu à enseigner, de la même manière qu’on va parler d’un livre, d’une peinture, d’un morceau de musique, là il y a un hic. Les jeux souffrent d’un manque total de crédibilité envers le grand public, et la majeure partie des gens trouvent inutile le temps passer à jouer. Pourtant je suis persuadée que comme les enfants peuvent découvrir le goût de la peinture, de la musique et de la lecture par un choix réfléchis de l’enseignant et des parents, je pense que l’éducation aux jeux peut leur apporter beaucoup. Découvrir des classiques, comprendre leur fonctionnement, programmation (on demande explicitement dans le programme de cycle 3 de les former au codage), et ainsi de n’être plus des consommateurs passifs. Cela leur permettrait de s’orienter mieux dans le paysage vidéo-ludique, en choisissant des jeux plus riches et enrichissants. Des jeux qui sont tout à la fois un divertissement et une oeuvre d’art, des jeux avec un message, une histoire.

    L’école est-elle un lieu pour cela ? Les parents ont-ils leur mot à dire sur le sujet ? Et vous, si vous avez/aviez un enfant, lui feriez/faites vous une éducation aux jeux-vidéo ?



  • Voilà un sujet de mémoire fort intéressant, en particulier pour les joueurs qui souhaitent défendre la valeur des jeux. Ce qui est mon cas.

    Les jeux vidéos sont pour moi aussi une bonne manière pour attirer la curiosité, pour pousser le joueur à aller se renseigner sur les sujets que le jeu touche. Prenons l’exemple des Assassin’s Creed. En aucun cas les événements qui se déroulent dans les jeux sont réels mais comme l’a précisé l’un des développeurs du jeu, il utilise l’Histoire comme un décor dans lequel évolue leur histoire à eux. Pour la cas d’Assassin’s Creed Unity, que vous le considériez ou non comme un bon jeu, présente des événements historiques tels que les États généraux du 5 mai 1789. Dans le jeu, la réalité historique pour cette événement est retranscrit : c’est ennuyeux, les discours long afin d’introduire les États généraux est décrit dans les sources historiques comme tel. Il faut que le joueur sache faire la part entre le réel et l’imaginaire des jeux vidéos. Si le joueur voit quelque chose qui lui plait il aura plus tendance à aller se renseigner sur le sujet.

    Pour ma part, je ne joue en ce moment qu’à deux jeux vidéos : World of Warcraft et Shadowverse donc un MMORPG et un TCG en ligne. Mais même grâce à ces deux jeux je suis poussé à me renseigner. WoW a enrichit mon vocabulaire et le monde dans lequel nous joueur évoluons est un monde qui est inspiré du nôtre. Il y a par exemple une grande inspiration des écrits de Lovecraft. Quand à Shadowverse le jeu regorge de référence mythologique et légendaire. Comme Vlad Tepes, un roi connu pour son goût du sang, le Sturm und Drang qui est un mouvement politique et artistique allemand que j’ai découvert grâce à ce jeu.

    Donc pour moi oui les jeux sont un bon support pour enseigner ou pour au moins susciter l’intérêt. Après je ne pense pas qu’il puisse remplacer des cours classiques mais ils peuvent faciliter la compréhension de certains cours, comme des jeux qui joue avec les lois de la physique mais qui les expliquent ou alors Minecraft pour expliquer la racine carré en mathématiques. S’ils sont utilisés à bon escient les jeux vidéos ont toutes leurs places dans l’enseignement tant que les élèves arrivent à faire la distinction entre la réalité et le jeu vidéo.


  • Plume d'Argent

    Pour, c’est à double tranchant et clairement dangereux.

    Oui, il y a des points positifs. Je les détaillerais ensuite. Mais il y a des points négatifs, je vais commencer pour cela.

    Un jeu vidéo, un écran tout court aussi (et je rentre donc aussi téléphone, télé et ordi dedans), c’est pas cool pour plusieurs raisons. Les lumières bleues ont tendance à exciter (et tout le monde, adulte en plus), en plus chez les enfants, il semblerait (les études ne sont pas toutes d’accord) que ça perturbe la mise en place normale du raison neuronale et du cerveau à cause d’une trop grosse activation de certains neurones. Donc cela serait à éviter chez les jeunes enfants. Donc, à prouver, il y aurait des dangers de santé.

    Autre problème, mais qui est aussi lié à tous les autres écrans, c’est le fait de saturer les gamins avec les sons, les couleurs des trucs qui bougent dans tous les gens. Ils ont du coup l’habitude d’être ensevelis sous les informations visuels, et cela créé des troubles de la concentration. Se concentrer ensuite sur une image fixe en noir et blanc devient beaucoup plus compliqué… Ya d’ailleurs pas mal d’études qui font le lien entre les écrans (en général) et une générations de gamin avec énormément d’hyperactifs. Et vu que le soucis vient d’une sursaturation en sons, couleurs et mouvement… Les jeux vidéos, c’est clairement le pire pour ça.

    Autre soucis des jeux vidéos. C’est que vous, visiblement, vous avez le recul pour mettre en perspectives ce que le jeux vidéo vous apporte. Et c’est cool. Mais beaucoup, beaucoup de gamins ne sont pas capables de le faire. Il m’arrive de faire des jeux ludiques avec les élèves pour étudier certains mécanismes, et autant le jeu ils sont à fond, quand après il faut faire le lien avec la réalité, ou comprendre les limites du jeu par rapport à la réalité, ya plus personne. Et souvent, ensuite, ils se souviennent que du jeu, pas des notions, et ça donne des confusions et catastrophes magnifiques en cours.

    Après, oui, les jeux peuvent apporter des choses. J’ai adoré joué toutes mon enfance aux FFs et autres. Mais faut faire gaffe aussi que c’est quelque chose d’addictif. Les gamins sont déjà assez soumis à des choses addictives dans leur vie, pas besoin de leur foutre ça entre les mains à l’école. Faut bien voir le risque que c’est de déclencher des addictions. Pour cette raison, je suis contre l’enseignement des jeux vidéo comme ça, pas au collège/lycée en tout cas. Ca serait justifier l’addiction de certains dans une période pas drôle, donc pas glop quoi…

    Moi perso, même si sur le papier c’est cool, ça marche avec tellement peu d’élève que au final… Ca marche avec les terminal, les premières, mais même les secondes ça les embrouille plus qu’autre chose ! Avec des jeux spécialement fait pour en plus… Et qui sont bien fait, des adultes comprennent hein, mais ya un manque de recul des gamins.

    Ca ne m’empêche pas d’aimer les jeux vidéo ;) Mais pour avoir été très enthousiaste sur les jeux vidéos et avoir testé plusieurs fois, ça marche avec tellement peut d’élève au collège/lycée que voilà. Plus trop pour moi, sauf cas extrêmement particuliers.



  • Plopi !
    Déjà je me permet de te transmettre deux liens, celui des travaux menés par la FédéGN (Fédération du Jeux Grandeur Nature) autour du jeux et du ludisme, et celui du mémoire d’un ami qui travaille autour de l’apprentissage par le jeu. Les documents sont certes plutôt orientés “jeux de sociétés et jeux grandeurs natures” mais tu pourras peut-être y trouver des sources et des théories intéressantes, du moins je l’espère =) et probablement pas mal de références de bibliographies sur le sujet du jeux et de l’apprentissage.

    Pour revenir au débat, je pense qu’il y a plusieurs paramètres dont il faut tenir compte avant de faire ma réponse : l’âge des élèves, le temps passé devant un écran, est-ce que tous les jeux vidéos sont considérés comme ludiques et dans quel cadre cet enseignement est appliqué.
    Pour simplifier de mon point de vue :

    • Les écrans / jeux-vidéos avant 4 ans, pour moi c’est niet, pour une simple question de développement physique des yeux et du cerveau. Les écrans, ce n’est plus à prouver, c’est mauvais pour le développement des yeux des enfants (d’ailleurs on dit aux jeunes mères de ne pas mettre les enfants devant la télé avant trois ans et plusieurs études sérieuses sont sorties sur le ralentissement du développement cognitif, moteur et langagier des enfants mis devant une télé-nounou).
    • Pour les enfants de maternelle et primaire, plus de 45 minutes de jeux-vidéos c’est niet aussi, pour la simple raison de capacité de concentration et de développement, comme cité plus haut.
    • Si c’est sans accompagnement et simplement pour remplacer le cours, niet aussi.

    ne fois ça balayé sous le tapis =D passons au constructif : on a tous probablement joué au moins une fois à Addibou, Dr Brain et autres jeux ludo-éducatifs quand on était petit.e.s. A l’époque, c’était considéré comme un accompagnement à l’apprentissage, puisque c’était centré sur des matières comme les maths, le développement neuronale, la mémoire, le français, l’anglais etc etc etc. et la plupart du temps c’était plutôt encadré par les parents, genre pas plus de deux heures devant l’ordinateur etc.
    Le soucis à l’heure actuelle c’est que très souvent on associe “jeux-vidéo” à “loisir” et aussi à “temps passé sans surveillance” alors que le vidéo-ludisme pourrait effectivement faire un super outils d’apprentissage, ne serais-ce que parce que 1. c’est “plus actuel” 2. ça permet un suivit et des statistiques, mais aussi le plaisir d’avoir un “réussite” qui s’affiche sur l’écran 3. les supports sont multipliés : on peut avoir ce jeux sur son téléphone, son ordinateur, sa tablette… Et suivant l’intérêt du jeux pour le joueur, ça le pousse à y jouer plus souvent et a apprendre par le plaisir.

    Il a été déterminé par de nombreuses études que l’apprentissage par le jeux est plus aisé, et la question du jeux-vidéo est à mon sens à placer au même niveau que la question de l’apprentissage par les jeux de société “classiques”.
    J’ai une amie prof de français qui pour inciter ses élèves à lire les ouvrages classiques leur donne comme examen de lecture le choix entre une dossier classique, une vidéo qui résume l’ouvrage, une vidéo qui fait un trailler de l’ouvrage et la possibilité pour ceux qui savent de faire de l’imagerie numérique / du jeux. Ca marche super bien et les élèves sont très intéressés pour la plupart.

    Après ça dépend ce que tu entends par jeux-vidéos et aussi des habitudes de travail des apprenants : si on prend l’exemple cité par @Draguel concernant Assassin’s Creed, si la personne n’est pas curieuses ou habituée depuis longtemps à faire ses propres recherches ou approfondir les sujets qui l’intéressent, l’effet ludique tombera à plat : la personne se contentera de jouer en prenant les informations pour argent comptant et la trame historique sur du simple décors, sans chercher à aller voir plus loin.
    Est-ce que tu parles des jeux vidéos type MMORPG et autres jeux d’aventures ou de jeux-vidéos déjà concentrés sur le ludisme ?
    Je pense que ton sujet là est encore trop large =) mais c’est normal, t’es au début du processus de ce que j’ai compris.

    Je crois que c’est pas mal décousu, mes excuses…

    Sinon pour répondre à ta question de fin :

    • Encadré et réfléchit, un cours sur le vidéo-ludisme, voire l’utilisation des jeux-vidéos comme moyen d’apprentissage, aurait parfaitement sa place à l’école, de préférence a partir du collège.
    • Quand tu fais ton cours, tu fais ton cours, les parents n’ont pas leur mot a dire, merci l’éducation nationale =D
    • Si j’avais un enfant, il aurait une culture/éducation jeux-vidéos mais encadrée et surveillée, tout comme pour une culture peinture, films, ou encore livres. Je ne montrerait pas du Jérôme Bosh à un enfant de 6 ans par exemple, pas plus que l’Exorcist ou lui ferait lire du Harlequin =D


  • Très intéressant ce sujet, je rejoindrai Vava sur la plupart de ce qu’elle a écrit, je n’ai pas tellement de choses à ajouter si ce n’est, Flammy, que je pense que plus un media est “problématique” plus il faut au contraire encadrer son apprentissage et le plus tôt possible.
    Tu dis que tes élèves ne parviennent pas à mettre en relation le jeu et la réalité, c’est peut-être justement parce qu’ils n’ont pas appris depuis leur plus jeune âge, grâce à l’école notamment, à faire cette différence…

    Si des élèves de seconde ne sont pas capables de faire la part entre jeu et réalité, je suis clairement inquiète, mais puisque le fait est que le jeux est déjà présent dans la vie de beaucoup d’entre eux, et que manifestement ils ne contrôlent pas du tout ce qu’ils en retiennent, peut-être qu’il y a un manque de pédagogie depuis le plus jeune âge au contraire, et proposer d’attendre la terminale pour qu’ils aient mûri, ce serait un peu comme de dire “ho de toute façon les jeunes comprennent rien à la contraception avant au moins 18 ans, alors ça sert à rien de leur expliquer avant”… euuuuh justement, c’est pas parce qu’ils comprennent rien au moment le plus important qu’il faudrait pas justement insister le plus tôt possible pour les protéger ?

    Anna, il y a une série de vidéos sur arte qui sont sorties sur le thème du rapport entre jeux vidéo et Histoire, l’as-tu vue ? Cela pourrait être une bonne référence aussi je pense : )
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-014308/history-s-creed/



  • Hep ! Merci pour vos réponses, ça me fait plaisir de voir que ce sujet épineux trouve toujours public !
    (par contre @Aéfaë, pourquoi avoir supprimé tes messages ? je n’ai pas eu le temps de répondre immédiatement (j’ai eu la bonne idée de lancer le topic juste avant mon concours, la BLAGUE. Je trouvais que ton point de vue plus centré sur l’aspect social était très intéressant, pas du tout hors sujet ! Et pis si jamais tu devais écrire un truc hors sujet, pas d’inquiétude, les gens du forum sont en général tous très gentils et ne font jamais de remarques sur ce genre de petites erreurs qui arrivent à tous le monde.)

    Pour revenir au débat, je vois que l’utilisation pédagogique des jeux, un point que je prenais pour acquis, et loin de l’être puisque c’est ce sur quoi vous vous concentrez tous(tes).
    Je te remercie Vava-omete pour tes liens (et toi aussi Itchane pour Historia Creed, je connaissais de loin seulement), je vois que tu as bien assimilé les textes de pédopsy sur le sujet ! Les fameux 3, 6, 9, 12 de Tisseron, j’ai eu le texte à lire pour un oral blanc il y a peu. J’apprécie d’ailleurs Tisseron, car dans le milieu il détonne : il dit qu’il faudrait que les parents jouent aux jeux avec leurs enfants ! ça m’a fait trop plaisir de lire ça.

    Pour répondre à tous le monde, je dois dire que pour moi, quand je parlais d’utilisation pédagogique des jeux, je pensais évidement à une manière réfléchie, à une utilisation présentée comme nécessaire et non comme un simple surplus pour faire joli. Pour ce qui est des limitations de temps, d’expérience les enfants ne restent pas de toute manière longtemps devant un écran “concentré”. En réalité, les enfants qui sont vraiment concentrés devant la télé ou les jeux se révèlent souvent être surdoués (à haut potentiel disons). Sur les quelques 40 enfants qui ont transités chez moi, j’ai bien pu le vérifier. La majeure partie des enfants entre 1 et 3 ans, un dessin animé de 15-20 minutes est déjà difficile à suivre, et la plupart ne font que regarder les images sans remarquer un changement de dessin anime. Ceci étant, je suis profondément contre les écrans nounous, j’en ai vu un certain nombre quand je faisais de petites gardes, des parents pleins de bonnes intentions mais qui laissent MTV allumé toute la journée …

    Pour être honnête, ma question centrale quand j’ai posté ce topic n’était donc pas tant dans l’utilisation des jeux, mais dans l’étude des jeux en eux-même. C’est une question qui rejoint d’autres plus larges sur l’éducation, sur la place du jeu vidéo dans la culture et son rapport à l’art, sujet infiniment plus complexe en réalité.

    Est-ce impensable, en effet, d’enseigner un jeux pour lui-même, comme on le fait pour la littérature ? Il y aurait des oeuvres patrimoniales (les rétros et fondateurs de genre, tel Mario 64 pour le platforming 3d), les classiques (des jeux considérés comme des poncifs d’un genre et qui le magnifient, le réalisent pleinement, tel Twilight Princess qui n’est jamais qu’un Ocarina of Time en mieux), et les jeux “jeunesse”, c’est à dire des jeux plus récents, des œuvres ludiques et divertissantes, aux thèmes variés et adaptés à un jeune public.

    Peut-être suis-je trop rêveuse …


  • Journaliste PAen

    Un sujet super intéressant ! Je n’avais pas réagi parce que je ne voyais pas quoi ajouter par rapport aux réponses très complètes des autres, mais la direction que tu indiques là m’a interpellée ^^

    Je considère le jeu vidéo comme un media ; pour moi, de même que le cinéma, il mêle différents arts disons “classiques” (écriture, image (héritage de peinture-sculpture pour ce qui concerne la 3D, par exemple)) pour en faire son propre mélange. Je crois que de nos jours, globalement, on n’est pas encore trop prêts à parler du jeu vidéo comme un art, mais quand même ça commence : j’ai déjà entendu les mots “art ludique” par exemple, et je pense donc qu’on se dirige dans cette direction.
    Et je trouve ça très cool ! Heureusement que l’humanité est capable d’innover dans le domaine de l’art au fil des trucs technologiques qu’elle invente. Du coup, je pense qu’il serait très intéressant d’étudier les jeux vidéos. En tant que future prof de français, d’ailleurs, j’ai déjà envisagé de faire une comparaison avec les jeux vidéos si je vois que ça parle à certains élèves, par exemple pour leur expliquer les grandes étapes du récit : la situation initiale c’est un peu comme la cinématique au début, l’événement déclencheur c’est quand on te propose de faire une “vraie action” pour la première fois… Évidemment il faudrait que j’y réfléchisse plus en profondeur, mais souvent c’est bien de pouvoir illustrer notre discours professoral avec des exemples concrets. D’autant plus si ce sont des exemples actuels. Le danger après c’est d’éviter que les élèves embrayent dans une longue discussion sur leurs jeux vidéos préférés xD
    Bref, ce n’est qu’un exemple, et je suis encore un peu dans l’optique “utiliser le jeu pour enseigner”. Étudier le jeu, par exemple en études supérieures ou en option, je trouverais ça intéressant aussi mais il y aurait une grande réflexion à mener sur les tenants et aboutissants. Par contre, enseigner à jouer à des jeux vidéos… Bah, là encore, si c’est en option/atelier pourquoi pas, je suis la première à qui ça aurait servi puisque je me suis retrouvée à 8 ans avec ma Game Boy color sans avoir personne pour m’expliquer comment jouer. Mais de manière généralisée, je ne serais pas trop pour. Je trouve qu’il y a quelque chose d’un apprentissage qui doit se faire avec soi-même, dans les jeux vidéos ; de même que la lecture, tout ce qu’on apprend à l’école pourra mener vers le livres mais ça ne créera pas un lecteur pour autant, devenir lecteur ou joueur c’est quelque chose d’intime je trouve. Je suis pour une ouverture au jeu vidéo en général et je reconnais volontiers que ça peut être formateur. Néanmoins, pour être honnête, quand j’y joue ce n’est pas pour apprendre quoi que ce soit, c’est pour m’amuser ^^ Et ç’a toujours été comme ça.



  • @Annalepse de rien pour les liens =)

    Ah je suis parfaitement d’accord avec Tisseron ! Le jeux, ça se partage èoé faut que tout le monde joue !

    Et pour répondre à ta question recentrée… n’as-tu pas peur qu’en faisant des jeux un sujet d’étude scolaire de retirer à ces dernier le côté jeux/loisirs/hors cadre qui les rends si savoureux ? Je suis assez d’accord avec @EryBlack sur le sujet : On l’a malheureusement vu avec la lecture, a force de vouloir trop l’encadrer, on a des générations entières de jeunes qui n’aiment pas lire parce qu’il fallait absolument qu’ils lisent les classiques, sans s’intéresser (ou alors trop rarement) à l’actuel ou à leurs goûts. Est-ce qu’on ne risquerai pas de tomber dans ce travers aussi avec les jeux à la longue ? Est-ce que Pokemon rouge ou bleu pourraient intéresser un enfant de la génération Pokemon Lune et Soleil ?
    Ceci dit, je pense qu’en matière optionnelle, bien pensée et avec un examens qui soit adapté (ou pas d’examens du tout) ça peut être très fun et passer… à la fac. Peut-être pas dans les collèges et lycées malheureusement. Sauf en Club peut-être ?
    Parce que malheureusement il faut garder en tête le fait que l’école, au moins jusqu’à la fac, a déjà beaucoup de savoirs à véhiculer et que ce savoir donne forcément lieu à une évaluation.

    @EryBlack : *O* je serai très intéressée si jamais tu parviens à tes fins sur comment utiliser les analogies aux jeux vidéos pour tes cours !



  • C’est gentil @Annalepse, merci :wink: .

    En fait c’est juste parce que je ne suis pas hyper bien dans ma peau en ce moment, et laisser ce post sur Internet où il pourrait être un jour mal interprété (pas par les Plumes, je sais que vous êtes des crèmes, mais par n’importe qui qui passerait par là) puis associé à mon pseudo (même sans toucher à mon identité IRL), ça m’a stressée :sweat_smile:

    Il rejoignait un peu ton point de vue, finalement, voire celui d’ @EryBlack ^^ Mais je comprends les interrogations de @Vava-Omete en même temps. Je ne suis pas sûre que ça risqie de dégoûter des jeux, plutôt de l’école en elle-même… mais c’est un autre débat ! :blush:



  • Tiu je suis peut-être complètement hors-sujet et c’est un domaine que je connais vraiment mal, mais il me semble que L’université de Lilles ( ou une école je sais plus x-x ) proposait des cours sur ce sujet. Paris13 a tenu une conférence sur le jeu de rôle l’année passée, et personnellement j’ai suivi un séminaire hier sur le jeu de rôle l’Appel de Chtuhlu ( suivi d’une initiation au jeu c’était fun). C’était axé sur l’adaptation de Lovecraft en jeu ( et tous les problèmes qui surgissent de cette transmédialité), les dynamiques du jeu de rôle et ses exigences.

    Du coup j’ai l’impression que le monde académique s’ouvre de plus en plus à ce genres de média et à leur études. Voilà désolé c’était ni construit ni rien, juste un partage d’expérience. Sur le jeu vidéo en lui-même, je suppose que l’étude de certains peuvent apporter des informations sur le contexte culturel de leur création, la vision des auteurs, une révolution de l’esthétisme, ou même une fonction sociale, mais j’avoue ne pas connaitre grand chose à cet univers.



  • hoooo c’est de plus en plus intéressant cette discussion !
    En fait je n’ai pas spécialement d’avis à ajouter car tout le monde dit des choses qui me parlent, et pour être honnête je pense que ton sujet d’étude vient en soulever un encore plus vaste qu’Ery a déjà évoqué :
    Est-ce qu’étudier en cours les classiques permet vraiment d’inciter les élèves à aimer ces dits classiques et à aimer le genre en général ?

    Et par genre, j’entends TOUS les genres d’art : livre, musique, peinture, bande-dessinée ou jeux vidéos, pour moi c’est évidemment de l’art dans tous les cas et de même valeur.
    Combien de personnes dégoutées par la littérature après avoir été forcées de lire Les Misérables à un âge où cette oeuvre ne trouvait aucun écho en eux ?

    Je rejoindrai aussi Danan, il me semble que dans les cursus d’études supérieures, on trouve de plus en plus d’initiatives très riches de cours ou séminaires sur la culture du jeux vidéo, ou du jeux de société, ou de la littérature SF, etc.
    Avec cette particularité que les personnes qui suivent ces cours sont par défaut déjà intéressés puisqu’ils s’y inscrivent… faudrait-il enseigner certaines oeuvres de jeux vidéo auprès d’élèves qui n’ont rien demandé, comme on leur enseigne la littérature ? Je ne sais pas, a-t-on raison déjà de leur enseigner la littérature de la manière dont on le fait ? x’D

    Le point positif serait peut-être au moins de leur montrer que l’ “Art”, c’est plus vaste qu’ils ne le pensent, et qu’ils y sont confrontés plus souvent qu’ils ne le croient. Cela peut créer peut-être plus facilement des vocations : )



  • Du coup je rebondit sur @itchane (pardon =D ) mais du coup est-ce que ça ne serait pas intéressant d’inclure le jeux vidéo en Histoire de l’Art ?
    Après tout, y’a bien des expositions en musée sur ces derniers à présent !


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