La réécriture : ce qui la rend pénible, ce qui la rend plaisante


  • Journaliste PAen

    Bonjour les Plumes !!

    J’ouvre ce sujet pour parler de réécriture, un sujet presque inépuisable ! Toutefois, je voulais mettre l’accent sur une question précise à propos de réécriture. Mais on peut aussi se dire que ce topic servira à parler de réécriture dans un sens plus large, donc n’hésitez pas à poser vos propres questions ;)

    Ce qui m’intéresse moi, c’est qu’en parcourant le forum, je vois beaucoup de Plumes exprimer leur lassitude, agacement, démotivation et autres sentiments négatifs vis-à-vis de la réécriture. Et je peux tout à fait comprendre pourquoi c’est barbant, mais je n’ai pas tout à fait le même ressenti sur cette pratique ! Aussi, je suis curieuse d’avoir vos avis là-dessus :

    Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans la réécriture ?

    Je vous rassure, pour moi non plus ce n’est pas systématiquement une partie de plaisir ! Mais en dépit des difficultés, ce sont des moments d’écriture que j’apprécie. Ce doit être parce que je les ai complètement intégrés à ma façon d’écrire, dans le sens où je passe toujours par une réécriture et que c’est à ce moment-là que mon texte commence à s’épanouir (quand ça marche bien sûr xD ). J’ajouterai donc une deuxième question :

    Qu’est-ce que vous appréciez dans la réécriture ?

    Quelle que soit votre relation à la réécriture, n’hésitez pas à répondre aux deux questions :blush: Peut-être qu’en se les posant, on se rendra compte qu’il y a des façons de réécrire qui sont moins désagréables que d’autres et qu’ainsi, ces périodes de réécriture seront moins lourdes pour les Plumes les plus réfractaires :muscle_tone2:



  • Arf, la réécriture ! Sujet intéressant mais épineux :confounded:

    En soi ce que j’aime le moins dans la réécriture, c’est me rendre compte à quelle point la première version de mon histoire est laide, ou pas logique, ou ce genre de choses (c’est pour ça que je fais des plans d’ailleurs, pour éviter de tomber dans un énorme plothole en pleine réécriture qui vaudrait de changer la moitié des trucs !) Et puis des fois on a l’impression de ne pas en finir, on fait un premier jet, on le réécrit, puis un deuxième, on réécrit, un troisième, etc.

    Mais en soi la réécriture aide à se rapprocher de l’histoire qu’on a dans sa tête, à tailler le diamant brut pour le faire briller - et si on sait que c’est mieux sur le long terme, ça motive davantage. Et ça peut être un exercice marrant aussi ! Mettre notre casquette de critique et descendre notre histoire avec la rage du “l’idée-était-géniale-pourquoi-l’exécution-est-elle-nulle-?!”, et avoir la satisfaction de pouvoir corriger les erreurs. C’est extrêmement satisfaisant de voir son projet prendre forme et dépasser nos espérances avec de l’acharnement !



  • Bonsoir @EryBlack et @Lisla !

    Je vais à mon tour parler de réécriture, d’autant plus que je suis en plein dedans. Un sujet effectivement épineux, compliqué, qui prend des formes différentes pour chaque plume sur le forum.

    Tâchons à présent de répondre aux deux questions.

    Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans la réécriture ?
    Hum, plusieurs choses ? Il faut dire que réécrire, c’est aussi revenir sur des choses que nous aimions plus ou moins et qui n’ont plus aucune utilité. C’est du rajout pour du rajout, et c’est mon défaut.
    L’autre chose : la procrastination ! J’ai tellement de mal à revenir sur ce que j’écris, je rechigne bien que je finisse par le faire, mais il peut se passer plusieurs loooongues semaines. Ce qui est bien avec FPA, ce sont les retours des lecteurs.trices, qui peuvent alors remettre en question plusieurs pans de l’histoire. Si j’ai appris quelque chose depuis mon inscription : ne pas avoir peur de la critique à partir du moment que cette dernière soit constructive. Il ne m’est donc jamais arrivé d’être blessé, j’ai plus ou moins réussi à me remettre en question et me poser les bonnes au lieu des mauvaises. Il est difficile d’accepter la critique sur ce qu’on écrit, ce qui est intime et personnel, solitaire aussi.
    Ecrire sur un forum permet de briser cette solitude et donc de partager. C’est avec cette transition que je vais répondre à la deuxième question tout en apportant une nuance dans mon propos.

    Qu’est-ce que vous appréciez dans la réécriture ?
    Ah, alors même si je semble reculer devant la tâche immense de la réécriture, il y a des bons côtés aussi. Je m’explique.
    Souvent, cela me permets d’approfondir les scènes, les personnages, les liens qui se tissent entre les protagonistes ou l’intrigue générale. Donc, j’aime réécrire et remodeler les personnages ou la trame générale du récit. Il y a dans ces instants de bons moments, des instants dans lesquels j’approfondis mes relations avec mes personnages, on construit une sorte de complicité sans pareille avec le texte.
    Et cela aide à remettre en forme quelque chose que nous aimons faire, manier les mots d’une autre façon.
    Si autrefois j’écrivais au fil de la plume, avec mon dernier je ne jure à présent que par des plans détaillés, par les résumés généraux des chapitres. Je pense que ça aide dans le dur sujet de la réécriture.

    A présent - et je promets que je vais m’arrêter là - la nuance :

    Dans réécriture, je pense relecture, ce moment où on lit le récit et on l’on note les choses que nous souhaitons changer ou améliorer. C’est ma méthode, sans doute plus longue et lourde. Je note sur mon cahier les passages, les scènes etc du chapitre pour les voir dans son ensemble et la cohérence que cela donne.

    Je suis d’accord avec vos propos, la réécriture est un challenge parfois, mais aussi extrêmement satisfaisant.



  • Sujet intéressant ! Merci Ery !

    Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans la réécriture ?
    Peu de choses réellement, si ce n’est que ça ne va pas assez vite. Je grogne souvent, mais en réalité j’adore me casser la tête sur un passage, voire un mot.
    En réalité, je réécris peu au sens propre du terme, je corrige affine, supprime, enjolive, mais la vraie réécriture ne touche que les plus petites parties de mon roman (puisque je n’en ai qu’un à mon actif). Alors ce qui ne me plaît pas là-dedans c’est de m’apercevoir que ce je croyais avoir correctement écrit demande finalement beaucoup plus de travail. Et pire, c’est de ne pas réussir à faire mieux et de tourner en rond.text alternatif
    Je n’aime pas non plus le temps que ça prend, toujours supérieur à celui estimé.text alternatif

    Qu’est-ce que vous appréciez dans la réécriture ?
    Plein de choses ! J’aime l’idée de peaufiner, de trouver LE mot juste, de chercher à parfaire encore ce qui est écrit ; j’aime cette minutie, ce travail d’orfèvre qui pousse à toujours recommencer pour affiner, alléger, rendre encore plus clair l’idée que je veux faire passer.
    Et puis ça ancre l’histoire dans ma petite tête. Comme je ne fais pas de plan, la réécriture me permet d’apprendre mon histoire, ça me permet de mieux la maîtriser et la relecture nécessaire à ces retouches me donne également plein d’idées pour la suite.

    En bref, c’est tout bénef, si ce n’est le temps qu’il faut y passer.


  • Plume d'Argent

    Ouh là ! Sujet sensible et si vaste Ery !

    Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans la réécriture ?

    Le fait que ce soit un passage obligé, qu’on ne puisse pas s’en passer avant d’oser dire qu’un projet est finalisé. Le fait que c’est presque sans fin, on trouve toujours quelque chose à retoucher… Je me demande d’ailleurs si les auteurs publiés retrouvent encore des choses qui ne leur conviennent pas une fois le livre imprimé et malgré toutes les relectures effectuées… :thinking:
    Comme @Aranck, je n’aime pas non plus le temps et l’énergie que ça demande et en même temps… :tired_face:

    Qu’est-ce que vous appréciez dans la réécriture ?

    … j’aime l’énergie et le temps que ça demande pour tenter d’atteindre la perfection sur son projet. Et puis c’est l’occasion de voir ce qui fonctionne et ce qui ne marche pas du tout, de savourer les passages où l’inspiration nous a pris par la main et nous a permis de produire quelque chose de qualité qu’il ne faut pas retoucher sous peine de tout gâcher et de désespérer face aux passages où elle nous a complètement abandonné et qu’il a fallu faire sans elle…

    Ce sujet suscite une autre question à laquelle certaines plumes répondront peut-être : quand doit-on mener cette réecriture ? Une fois le projet achevé ou bien pendant son élaboration ?

    Je viens en effet de reprendre tout un pan de ce que j’avais écrit pour mon projet actuel pour le retravailler et le réécrire avant de repartir sur de bonnes bases. Considérez-vous ce travail comme de la réecriture ? En tous les cas, personnellement, il s’est avéré utile et me permet de reprendre de l’élan et d’avoir de nouvelles idées.


  • Plume d'Argent

    Hello @EryBlack !

    Alors ce sujet est intéressant car jusqu’à présent, tous mes récits ont fait l’objet de réécritures intégrales.

    Et je ne déteste pas cet exercice.

    Ce que je n’:aime pas dans la réécriture : le fait de se dire que mon récit n’est pas achevé, que le travail est plus ou moins conséquent et je dois avouer que ça me décourage.
    En fait, c’est surtout ça que je déteste.

    Ce que j’aime dans la réécriture
    Le fait de vraiment s’approprier les personnages, l’univers, l’intrigue. Dans Brume, le premier jet était littéralement chaotique, un mélange de choses incohérentes avec des personnages pas assez fouillés. J’ai écrit malgré tout le premier jet en laissant les idées venir.
    Mais c’est grâce à la réécriture, à la phase de réflexion en amont et les nombreux retours sur FPA (merci encore !) Que j’ai commencé à m’approprier le récit, à connaître mes personnages et à aborder des choses auxquelles je n’aurais pas pensé.
    De plus, on a déjà une base sur laquelle s’appuyer, donc ça rassure un peu. On connaît vraiment l’intrigue sur le bout des doigts et on sait que la qualité sera forcément mieux.
    Et comme @Aranck , j’adore me casser la tête sur un passage.

    Donc malgré le boulot que ça représente, j’apprécie la réécriture.


  • Plume d'Argent

    C’est une bonne idée ce sujet ! C’est génial de constater qu’on est pas seul.e.s à rager, pour les mêmes raison. :p

    Ce que je n’aime pas dans la réécriture : Le fait de me rendre compte que des scènes (voire des chapitres entiers) que j’ai adoré écrire, et que je trouve bien faites n’ont finalement pas leur place dans l’histoire. Ça c’est super décourageant je trouve. Se rendre compte de la perte de temps qu’à été l’écriture le la version précédente. Bien sûr, c’est à relativiser, je sais que j’ai beaucoup appris sur mes personnages et je sais ce que je ne dois plus faire, mais j’ai toujours une période où je me dis que j’ai juste perdu du temps. Le fait de se lasser un peu de son histoire, enfin, je mets ça sur le compte que je n’écris pas aussi vite que je fais avancer l’histoire dans mon esprit (pas plus tard qu’hier, je voulais relire un passage que j’avais trouvé cool, sauf qu’en fait, il n’a pas encore été écris. xD ) Mais la réécriture accentue la chose je trouve.

    Ce que j’aime dans la réécriture : Me rendre compte que des passages que je pensais devoir retravailler à toux prix sont en fait pas si mal ! Les nouvelles idées qui viennent et qui sont d’autant plus logiques que les anciennes. Cette sensation de sublimer certaines idées, d’arriver à trouver les mots justes, qu’on a pas pu (ou réussi à ) trouver avant. Je crois que c’est vraiment ça que je préfère, le fait de parvenir à rendre le tout mélodieux, enfin, que le rythme soit bon.

    Et pour répondre à la question de Cliène quand doit-on mener cette réecriture ? je pense que c’est quand on en ressent le besoin. Je sais que j’ai tendance à retravailler ce que j’ai écris presque aussitôt, j’ai beaucoup de mal à continuer sans relire et retoucher ce que j’ai fait avant quand je travaille sur un chapitre. Je ne considère que je suis en réécriture que quand je retouche plusieurs chapitres, quand je fais vraiment un travaille de fond et pas juste de forme. Après, que j’ai fini le roman/la nouvelle ou pas importe peu, pour moi, une réécriture, c’est plus agir sur le fond que la forme.



  • Bonjour.

    Ce que je n’aime pas dans la réécriture : Je ne sais pas trop s’il s’agit d’aimer ou pas tant cela me paraît nécessaire. Pour moi, il y a eu plusieurs réécritures de mon premier roman (d’ailleurs, la première fut une véritable re-écriture, à tel point que je ne regardais même plus ce que j’avais écrit dans le récit initial). Ce qui est contraignant plutôt que déplaisant, c’est le temps déraisonnable passé à cela, on voudrait que cela aille plus vite. Et puis ça fout des fois de sacrés coups au moral quand on relit des passages où l’on se demande comment on a pu écrire cela tant c’est tordu et que l’on ne parvient pas à pondre quelque chose de moins mauvais.

    Ce que j’aime dans la réécriture : carrément la redécouverte de son histoire, on connaît mieux ses personnages donc on est capable de les faire vivre beaucoup plus facilement et joliment que lors du premier jet voire du nième jet. Sentir que l’on tient enfin la bonne expression, rayer sans vergogne tout ce qui paraît dorénavant inutile, devenir de plus en plus lecteur de son œuvre en quelque sorte.



  • Un sujet extrêmement intéressant que voilà ! Ça me donne envie de mettre ma petite brique à l’édifice xD

    Ce que je n’aime pas dans la réécriture: Qu’elle n’ait jamais de fin. Alors ça, vraiment, ça me chiffonne à un point… Je pourrais passer un temps infini à relire les même quatre paragraphe, et toujours trouver quelque chose à changer. Puis revenir dessus le lendemain, et me demander si ma première formulation n’était pas meilleure finalement. J’ai toujours du mal à me dire stop, ce qui fait que jamais on ne me verra en train de rendre un devoir avant la fin du temps imparti, par exemple. C’est pareil avec la réécriture. Si je n’ai pas de limites, je ne m’en fixerai pas, et je pourrais passer des semaines et des semaines sur un seul chapitre.

    Ce que j’aime dans la réécriture: Pour moi, la réécriture, c’est comme repasser à l’encre sur des traits crayonnés. On affine, on perfectionne, on rend son travail meilleur. Le sentiment d’avoir trouvé une meilleure manière de dire quelque chose est vraiment jubilatoire.

    La réécriture implique également une idée d’instinct: parce qu’on connait mieux ses personnages, on sait d’instinct ce qui marche et ce qui ne marche pas dans leur manière d’être et de parler. La réécriture a quelque chose de rassurant, surtout pour quelqu’un comme moi qui écrit sans le filet d’un plan construit et détaillé.

    Et puis, comme dit @Daviken, on devient lecteur de soi-même. On ne peut jamais être totalement objectif, mais c’est l’occasion d’avoir une véritable expérience de lecture de ce qu’on a fait.


  • Plume d'Argent

    Ok donc en lisant ce sujet et vos réponses, je me sens un peu extra-terrestre… D’abord je ne suis pas sûre de comprendre ce qu’est une réécriture. Si j’en crois ce que je lis, c’est bien plus conséquent qu’une relecture/correction ?
    Je n’ai pas beaucoup de fictions à mon actif (2 en fait, et plutôt courtes il faut le dire, ainsi que deux histoires en court), mais je n’en ai pas fait.
    Du coup, je me mets à douter… est-ce normal ? Suis-je beaucoup trop indulgente avec moi m-même ? Car si je fais évidemment plusieurs relectures, dans lesquelles je change des phrases, j’en coupe d’autres, voire, j’en ajoute, je n’ai encore jamais réécrit ne serait-ce qu’un chapitre.
    Je pense que je soigne mes premiers jets, mais ça ne doit pas être la seule raison ! J’imagine que vous non plus vous n’écrivez pas en style télégraphique pour vos premières versions ?!
    Alors plutôt que des réponses, j’ai des questions au sujet de la réécriture : pourquoi réécrivez-vous ? Quels critères ou quels ressentis, vous font prendre la décision ? Et quand on parle de réécriture, s’agit-il de paragraphes, de chapitres, d’histoires complètes ?
    Si j’essaye de me projeter, je pense que seul un gros problème de structure narrative ou de logique de l’histoire me motiveraient à réécrire. C’est le cas pour vous ?



  • Il y a des auteurs qui ne réécrivent jamais rien, D’Ormesson en fait parie et il n’est probablement pas le seul.
    Je crois que la réécriture s’impose d’elle même à la relecture. Quand on écrit et qu’on a la tête dans le guidon, on ne voit pas tout. Pire si la fiction est conséquente en nombre de pages ou si l’intrigue (voire les intrigues) est compliquée. Donc oui, ça peut parfois s’apparenter à une simple correction, un affinage en quelque sorte, et quelques coupes sombres, mais parfois, il est nécessaire de réécrire parce que tel chapitre est mal ficelé, tel passage est redondant, tel morceau est inutile, telle incohérence apparaît.
    Chez certains il s’agit de tout revoir depuis le début une fois la fiction achevée. Il faut dire que c’est à ce moment-là qu’on sait tout de même mieux où on habite et avec qui on chemine, les personnages ont eu le temps de développer leur personnalité, l’intrigue est établie. Du coup, on peut se permettre de décider de ce qui restera en l’état ou non.
    @Isapass Si tu affines ton écriture dès le départ et si tu sais où tu vas, rien ne te contraint à réécrire, ce n’est pas un passage obligé, mais c’est tout de même souvent nécessaire.


  • Plume d'Argent

    @aranck Ah… Chouillemerde (spéciale dédicade à @Olga-la-Banshee pour ce savoureux juron), du coup il faut que je me dise que j’y passerai à un moment ou à un autre… J’ai bien peur, me connaissant, que ça ne m’enchante pas. Ce qui me passionne avant tout dans le processus d’écriture, c’est d’inventer l’histoire. Alors retravailler sur une histoire déjà inventée, à mon avis, ça ne m’enchantera pas… On verra bien !


  • Plume d'Argent

    @isapass je suis plutôt comme toi, une relecture me permet de corriger à la marge mais réécrire, ça ne m’arrive pas au naturel… enfin, comme toi je travaille sur des textes courts uniquement peut-être est-ce un travail créatif différent que les plus gros projets ?

    Avec le PaCNo en cours, je me force à avancer à un rythme plus soutenu que mon habitude (oui, et j’affiche avec grande fierté mes 2 575 mots, ce qui pour moi est ÉNORME !) et il m’est très difficile d’accepter qu’à cause de ce rythme certains passages sont vraiment très moches et nécessiterons d’être plus que corrigés…

    Je découvre une nouvelle manière de faire, et je n’ai pas encore décidé si ça me plaisait ou non ! X’D

    Ce que je n’aime pas dans la réécriture : Si je dois réécrire, cela sous-entend que ce que j’avais écrit était un peu naze, or je n’arrive pas à avancer sur quelque chose de naze, j’avance quand ce qui précède me convient, donc je réécris au fur et à mesure que j’écris, en travaillant chaque phrase.
    En plus ça me déprime quand je ne suis pas satisfaite du travail accompli, j’ai l’impression de finir sur un échec quand je quitte le clavier.

    Ce que j’aime dans la réécriture : Je découvre grâce au PaCNo que c’est quand même moins de pression d’écrire en sachant qu’il y aura un second passage plutôt que de viser le top dès le début X’D


  • Journaliste PAen

    J’aurais effectivement dû proposer une définition de la réécriture dans le premier post ! Ça prête à confusion.

    Effectivement, quand je parle de réécriture, ça implique pour moi quelque chose de plus conséquent qu’une relecture. Mais ce n’est pas forcément “réécrire la moindre phrase du début à la fin” pour autant. Ça se situe plutôt entre les deux…
    En fait je me rends compte que ma vision de la réécriture est complètement influencée par la façon dont je procède, moi. Mes premiers jets comportent toujours des digressions, des passages stylistiquement plus faibles, des incohérences parce que j’ai changé d’avis au milieu d’un chapitre… Je pourrais donc résumer ça comme ça : je considère la réécriture comme un lissage et polissage, dans le sens où elle doit rendre le texte a minima lisible pour quelqu’un d’autre et, dans le meilleur des cas, lui donner un maximum de profondeur en termes de style et de cohérence.

    Mais à chacun sa conception du concept, je suppose ! :grin:

    J’ai l’impression que dans l’ensemble, on retrouve les mêmes éléments :

    • Ce qui ne plaît pas : le potentiel découragement que peut apporter le fait de se relire, le temps qu’il faut passer à retravailler le texte, le fait que la réécriture oblige à remettre en question des passages auxquels nous étions attachés, le fait que ce soit sans véritable fin.
    • Ce qui plaît : le texte a bien meilleure mine après, se casser la tête sur une phrase pour la rendre belle c’est quand même chouette, redécouvrir son histoire presque comme un lecteur peut être agréable, la possibilité de tout approfondir.

    Évidemment, sans surprise, je vous rejoins sur beaucoup de points ^^
    @primrose a dit dans La réécriture : ce qui la rend pénible, ce qui la rend plaisante :

    Je pourrais passer un temps infini à relire les même quatre paragraphe, et toujours trouver quelque chose à changer. Puis revenir dessus le lendemain, et me demander si ma première formulation n’était pas meilleure finalement.

    Ce que tu dis là, je comprends très bien ! Et ça me rappelle ce que dit Quintilien, un auteur latin :

    « Il y a en effet des gens qui reviennent à tout ce qu’ils ont écrit comme s’il devait s’y trouver des fautes, et, comme si le premier jet ne pouvait jamais être correct, ils estiment meilleur tout ce qui est différent, et ils font un remaniement toutes les fois qu’ils reprennent en mains leur manuscrit, semblables aux médecins qui resèquent même des parties saines. Aussi arrive-t-il que leurs écrits sont comme couverts de cicatrices et exsangues et détériorés par leurs soins. »

    Bon, lui, clairement, il était pas trop-trop d’accord avec la pratique x) et un chouia condescendant (un Romain, quoi…). Mais c’est intéressant, quand même ! C’est vrai qu’à force de “remettre vingt fois notre ouvrage sur le métier” ( :grin: ), on peut ne plus avoir de recul sur ce qui vaut le coup d’être repris ou non. Ça vient du fait que l’écriture n’est pas mathématique, il n’y a pas une seule bonne possibilité pour une phrase… et on peut vite s’y noyer. Donc Quintilien préconise de prendre de la distance là-dessus.

    J’ajouterais une chose aux plaisirs de la réécriture : mine de rien… pour moi, ça veut dire aussi prendre la place du lecteur. Alors je ne dis pas que je me lis en étant émerveillée de mes propres retournements de situation (y’en a pas de toute façon xD) ni rien, mais quand même, je trouve qu’il y a un plaisir à essayer de découvrir l’histoire en tant que lecteur. C’est aussi le moment où on peut se rendre compte que tel passage et un peu ennuyeux, en fait. Parfois ça me décourage, mais le plus souvent ça me galvanise : c’est ennuyeux ? OK ! Eh ben on va tout chambouler pour que ça ne le soit plus. :muscle_tone3:

    Et j’ajouterais aussi un truc qui rend la réécriture difficile pour moi : il y a des morceaux auxquels il faut juste renoncer. Parfois ce sont simplement des phrases que je trouve bien tournées ou un truc du genre, et auxquelles je n’ai pas envie de renoncer ! Je m’efforce donc de les déplacer, mais ça se transforme vite en gros patchwork xD Je dois vraiment lutter contre cette tendance et accepter de laisser tomber même mes passages préférés. (mais quand même, quel plaisir quand j’arrive à en recaler un !)

    Pour la question de @Cliène : quand doit-on mener cette réécriture ?
    Ouah, je ne pense pas qu’on doive quoi que ce soit ! C’est vraiment une question de ressenti. Pour ma part, je fonctionne en parties d’environ 40 000 mots. J’y vois plus clair une fois qu’elles sont écrites en entier et je peux alors mieux les retravailler. Mais les chantiers sont plus longs, fatalement - ça me convient comme ça, chacun doit trouver sa technique !

    Pour les questions d’ @Isapass : Qu’est-ce que la réécriture ? Pourquoi réécrivez-vous ? Quels critères ou quels ressentis, vous font prendre la décision ? Et quand on parle de réécriture, s’agit-il de paragraphes, de chapitres, d’histoires complètes ?
    (j’espère avoir répondu à la première un peu plus haut !)
    Je réécris parce que mes idées bougent entre les premiers mots du premiers jet et le bouclage d’une de mes parties ; parce que je tiens à affiner le style, que j’ai parfois tendance à laisser tomber (ou à surcharger) dans les passages délicats ; parce que si je ne le fais, vu ma façon de m’y prendre, mon texte n’est pas complet. C’est vraiment un procédé très personnel en ce qui me concerne, et je ne voulais pas du tout donner l’impression qu’il faut absolument en passer par là :o
    En plus, quand je rédige des textes courts, le retravail que j’y apporte est plutôt une simple relecture. Donc ne te mets pas martel en tête ! Souvent ce sont les lecteurs qui te font sentir si besoin de réécriture il y a. Et puis il faut voir ta priorité en tant qu’autrice : si c’est le pur plaisir d’inventer des histoires, clairement, pas besoin de réécriture. Si, en plus de ce plaisir-là, tu veux rendre ces histoires accessibles et appréciables au plus grand nombre, là la question peut se poser - mais tout dépend de ta manière de travailler, comme le souligne @Aranck il y a plein d’auteurs qui vivent heureux sans réécriture ^^

    @itchane oui, je pense sincèrement que c’est différent sur les longs projets. Quand c’est court, écriture et relecture ont tendance à se confondre. On peut toujours relire relativement vite ce qu’on a fait avant, et comme la quantité est moindre, c’est plus facile de voir s’il y a des choses qui clochent. Plus c’est long, plus le temps passé à l’écriture est potentiellement long aussi, et plus on risque d’oublier des détails, de digresser… Mais après tout dépend aussi de notre façon de faire ! Prenons le cas de @Gueule-de-Loup, par exemple (oui je te cite sans vergogne Loulou) ; on en a pas mal discuté et il s’avère que ce qu’elle écrit est tellement bien établi par son plan dès le départ qu’elle n’a, la plupart du temps, besoin de revenir que sur des scènes précises pour en faciliter la compréhension (suite à des remarques de pauvres lecteurs paumés) ou besoin de relire pour corriger (mais comme je suis gentille, je m’y colle :p ).
    Bref : on fonctionne tous différemment, rien n’est obligatoire pour personne, il faut trouver sa recette à soi ! :D

    @itchane : que tu es dure avec toi-même ! Ce n’est pas “naze”, c’est simplement “en chantier”, non ? Enfin je ne sais pas, c’est comme ça que je préfère le voir sur mon propre texte. C’est ptet pour ça que je pratique autant la réécriture, en fait. Pour décomplexer de mes premiers jets pourris xD J’ai tendance à procéder avec un premier jet où je me satisfais de la quantité, et un deuxième jet (ou troisième, ou quatrième…) où je me concentre sur la qualité. Et effectivement, comme tu es en train de le découvrir, c’est beaucoup moins de pression 8) Bienvenue dans le vaste monde de la réécriture :writing_hand:


  • Plume d'Argent

    @eryblack a dit :

    Ouah, je ne pense pas qu’on doive quoi que ce soit ! C’est vraiment une question de ressenti. Pour ma part, je fonctionne en parties d’environ 40 000 mots. J’y vois plus clair une fois qu’elles sont écrites en entier et je peux alors mieux les retravailler. Mais les chantiers sont plus longs, fatalement - ça me convient comme ça, chacun doit trouver sa technique !

    Je pense qu’inconsciemment ce que j’ai écrit a traduit ce que je pense : une réécriture est toujours nécessaire de mon côté, enfin pour le projet en cours en tous les cas.
    Pour la précision des 40 000 mots, il s’avère que j’ai attaqué ma réécriture alors que j’étais vers les 35 000 mots… C’est peut-être un seuil important ou alors c’est un seuil où on se dit “whaouh tout ça ! je suis perdu(e) là, on reprend depuis le début ?” :astonished: :confused: :smiley:

    Qu’est-ce que la réécriture ? Pourquoi réécrivez-vous ? Quels critères ou quels ressentis, vous font prendre la décision ? Et quand on parle de réécriture, s’agit-il de paragraphes, de chapitres, d’histoires complètes ?

    Très bonnes questions @Isapass !

    La réécriture, c’est reprendre son texte, le relire (à voix haute s’il le faut), le retoucher, le modifier, le travailler jusqu’à atteindre un semblant de satisfaction (oui, on le sait, on est tous et toutes des insatisfaits :wink:). C’est reprendre des passages entiers (chapitres, paragraphes), parfaire ceux qui nous convenaient déjà lorsqu’ils ont été mis sur le papier.
    La réécriture s’impose lorsqu’on est perdu il me semble. De mon côté, elle s’est imposée parce que je n’arrivais plus à avancer et que mes personnages manquaient de profondeur ou en avaient gagné au point qu’il fallait que je leur en donne bien en amont dans le texte.

    Mais dites donc, c’est qu’on pourrait en parler pendant des heures !


  • Plume d'Argent

    @cliène a dit dans La réécriture : ce qui la rend pénible, ce qui la rend plaisante :

    (oui, on le sait, on est tous et toutes des insatisfaits ).

    Ben, euh, non, moi pas tant que ça, justement… C’est pour ça que je m’inquiète :grimacing:



  • Y’a pas de règle. Chacun fait comme il sent, comme il peut, ne t’inquiète pas Isa. Être satisfait, c’est bien aussi.


  • Plume d'Argent

    Oui, c’est très bien d’être satisfait… tu n’imagines pas à quel point je t’envie même ! : )



  • Ce que je n’aime pas dans la réécriture, c’est qu’on reprend des personnages à qui on a fait vivre des tas de péripéties, et qu’on les fait repartir de zéro, en quelque sorte. Pour moi, c’est toujours un choc !
    Ce que j’apprécie, en revanche, c’est qu’on peut se dire “ouais, je m’améliore vraiment, là”, qu’on voit ses erreurs et les corrige.
    Après, je ne réécris pas vraiment, je reprends les personnages et la base et je tente d’écrire une nouvelle histoire à partir de ça ^^



  • Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans la réécriture ?
    Voir à quel point le manuscrit de base était nul. Outch. Après, c’est aussi une preuve d’une évolution.

    Ce que j’aime dans la réécriture
    Des fois je déteste ce que j’écris et d’autre fois, j’adore. Et la réécriture, même si elle me fait grincer des dents, me permets de me relire et me replonger dans une histoire que j’ai entamée il y a longtemps, la corriger, voir à quel point j’ai progressé et avancer dans cette histoire avec mes nouvelles techniques. C’est comme mélanger le passé et le présent, et j’adore.


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