L'art de la chute



  • Beaucoup de plumes ici écrivent des romans certes, mais aussi des nouvelles. et ce que j’ai appris à l’école, c’est qu’une nouvelle éclatante se doit d’avoir une chute magistrale, un plot-twist à réveiller les mort, un retournement terminal avec sueurs froides à la clé.
    Le souci ? Je suis nulle en chute. je sais même pas raconter une bonne blague. et je suis sûre de ne pas être seule dans ce cas. si des experts chuteurs entendent mon appel, montrez nous la voie !


  • Journaliste PAen

    text alternatif

    Je ne sais pas si la chute doit forcément être un méga-twist, je pense que si c’est bien mené, ça peut juste être quelques phrases révélatrices sur ce qui a réellement changé pour le personnage, ou qui donnent une sorte de morale à l’histoire que l’on n’aurait pas soupçonné jusque là.

    Dans tous les cas, à mon sens, je pense que ça doit être longuement préparé, voire écrit avant le reste.



  • Comme je suis un adepte du texte court et de la nouvelle, je confirme que mes chutes sont écrites avant le début de l’histoire. Elles en sont la raison d’être.
    Sans une bonne chute, pas d’histoire.
    Le propre de la nouvelle est justement d’avoir une chute surprenante, saisissante quel qu’en soit le registre.

    En fait, je rédige la chute, puis le début de l’histoire et enfin je comble afin de lier ces deux parties.


  • Plume d'Argent

    @plumedhermine En ce qui me concerne sur mes nouvelles, pour travailler la chute je travaille toujours sur l’idée de “qu’est ce que j’ai envie de raconter ?”. Et par cette question je n’entends pas “alors c’est l’histoire de…” non, c’est dans le sens plus profond “Pourquoi j’écris ce truc, qu’est ce qui au fond de moi m’a fait choisir ce thème, ce sujet, ce personnage, qu’est ce qui me prend aux tripes moi et que je souhaite partager à mes lecteurs, quel est le message que je souhaite leur apporter”. Bon le mot message est un peu fort, on dirait qu’il faut forcement dire des trucs intelligents, mais pas forcement hein ^^"
    L’idée est “quel est mon but, mon objectif, quand je prends la plume pour écrire ce truc”.

    Une fois que j’ai une réponse claire à cette question, alors je construis tout le reste, de façon à ce que le trajet vers cet objectif soit le plus inexorable possible : )

    Donc au final, je rejoins tout à fait @Eilish et @Christian , je pense que dans le cadre d’une nouvelle, la fin est plutôt le truc à penser en premier, si tu te poses la question en cours de route, le tout risque de ne pas être très “tendu” ni rigoureux… ni même très intéressant ^^"

    Tu demandes cela pourquoi ? Tu travailles sur une nouvelle en ce moment précis ? Si tu veux tu peux en dire plus qu’on se fasse une idée pour mieux t’aider, n’hésite pas !


  • Plume d'Argent

    @plumedhermine a dit dans L'art de la chute :

    et ce que j’ai appris à l’école, c’est qu’une nouvelle éclatante se doit d’avoir une chute magistrale, un plot-twist à réveiller les mort, un retournement terminal avec sueurs froides à la clé.

    Toutes les nouvelles ne fonctionnent pas sur le principe de la chute. il existe des nouvelles sans chute. Personnellement, je les trouve plus intéressantes (mais c’est au gout de chacun…). Donc si tu es nulle en chute, cela ne t’empêche absolument pas d’écrire des nouvelles d’un autre genre. :smiley_cat:
    Je pense notamment à Yoko Ogawa, cette formidable auteure japonaise qui écrit de très belles nouvelles “d’atmosphère”. Elle fait rentrer le lecteur en quelques phrases dans un autre univers et ne le lâche pas jusqu’à la fin.
    Je trouve personnellement que la chute a souvent un côté artificiel, et qu’il faut être très fort pour vraiment surprendre le lecteur (surtout celui qui a un peu l’habitude des nouvelles).
    Voilà, donc je n’aide pas sur les chutes, mais si jamais tu veux t’initier aux nouvelles sans chutes, y a moyen ! :wink:
    D’ailleurs, ça pourrait être intéressant de lister ici les auteurs qui nous ont marqué ou qui nous plaisent en matière de nouvelles.


  • Journaliste PAen

    C’est marrant ce sujet, du coup ça m’a fait réfléchir aux nouvelles que j’ai écrites (et tout en écrivant ce message je me rends compte que j’écris beaucoup “du coup”, mais ceci n’a rien à voir avec le sujet :sunglasses: ).
    Bon j’ai pas une méga expérience d’écriture en général, mais j’ai écrit trois nouvelles et ce sont les seules histoire que j’ai terminées jusqu’à présent. Y en a une qui s’est avérée être au final une sorte de prologue à une histoire plus longue, donc c’était un peu loupé :laughing:
    Mais les deux autres, je les aime pas mal, et en fait j’ai pas du tout pensé en terme de chute en les écrivant, si ça peut te rassurer @Plumedhermine ! En fait, en réfléchissant, je me rends compte que j’ai plutôt pensé en terme d’atmosphère, comme le dit @Rachael Et surtout, j’ai vraiment pas réfléchi à la fin avant de commencer, je me suis un peu lancée sur une idée générale qui s’est précisée petit à petit et qui m’a fait arriver à une chute logique pour conclure… Je crois qu’au final ça m’aurait vraiment gêné d’avoir prévu la fin avant de commencer. La nouvelle dont je n’ai pas trouvé la fin et qui est en fait un prologue, ben du coup voilà, c’est juste pas une nouvelle donc pas de soucis. Mais les deux autres, ça a été vraiment une évidence de finir comme je l’ai fait… Et j’ai l’impression que du coup par conséquent c’est ça qui en fait de bonnes histoires ! Je sais pas si je suis très claire :grin:


  • Plume d'Argent

    Dans les nouvelles que j’ai écrites, je n’ai pas non plus cherché une chute.
    La conclusion m’est venue assez naturellement au moment où la fin de l’histoire commençait à se profiler.
    Dans ce que j’écris, il y a toujours une part d’improvisation : ça laisse plus de liberté aux personnages pour agir selon leur personnalité plutôt que devoir suivre un scénario.


  • Plume d'Argent

    (Hors sujet : @nana mais ouiiii, moi aussi je lutte contre les du coup, je me rends compte que j’en mets partout c’est horrible, et quand je parle c’est encore pire. Du coup C’est pourquoi, je relis chacun de mes messages pour les éliminer un par un depuis quelques semaines… Luttons ensemble ! XD )



  • Je suis loin d’être un expert en nouvelles, et j’aurais facilement pu transformer celle que j’ai écrite en roman, alors je ne suis peut-être pas le mieux placé pour commenter ici, mais j’ai quand même l’impression que même sans chute, mon histoire se tient. Il y a une tension tout au long du récit, et elle n’est résolue qu’à la fin. Plutôt qu’une “chute”, ce serait donc une “résolution”.
    Elle est peut-être moins puissante du coup, mais une chute aurait nui à l’atmosphère que j’ai installée ainsi qu’au message comme le nomme Itchane.
    Bref, j’admire ceux qui sont doués pour les chutes comme @Christian, mais je pense comme @Rachael qu’il est possible de très bien réussir une nouvelle sans chute.


  • Plume d'Argent

    @itchane Je me suis aperçu (ou on m’a fait remarqué) que j’avais aussi des tics d’écritures. Je pense que c’est malheureusement assez naturel ;)



  • Concernant les chutes, je remarque qu’on parle beaucoup de nouvelles ici mais j’aimerai d’autant plus parler de la chute/fin d’un roman: de mon point de vue, un bon roman avec une fin nulle retourne aussitôt dans la case “mauvais roman”.

    Si on lit une nouvelle avec une fin médiocre, bon, c’était mauvais mais on a pas perdu tant de temps que ça. Alors que si on s’enquille 1000 pages pour être finalement déçu et bien c’est (presque) impardonnable.


  • Plume d'Argent

    Ha c’est marrant, sur un roman j’arrive à m’accommoder genre “bon, à part la fin qui était nulle, sinon le reste était cool”.
    Tandis que sur une nouvelle, il n’y a pas de “reste”, j’ai l’impression que si la fin ne me convient pas, alors je ne comprends même pas le concept, genre, “mais pourquoi tu l’as écrite au fait” ? (sachant que pour moi les non-chutes sont des fins tout à fait valables quand c’est bien fait… pour reprendre la conversation qui précède ^^)

    Dans un roman il y a beaucoup d’autres choses à se mettre sous la dent que la fin et qui peuvent plus ou moins compenser… sans pour autant que le résultat ne devienne une référence ou un coup de cœur bien sûr, pour ça, il faut que TOUT soit bien, mais je peux le trouver potable même avec une fin un peu ratée.
    Le seul cas qui m’agace et qui vient vraiment tout gâcher pour moi c’est lorsque l’auteur met en place des mystères ou des enjeux tellement grands qu’il se fait lui même finalement dépasser et n’arrive pas à résoudre son propre scénario.
    Je vais dire un truc qui fera bondir les puristes s’il y en a, mais les Sherlock Holmes me font cet effet là…

    Donc ça dépend le type de roman, il y a ceux qui sont construits de telle manière à donner envie de connaître absolument la fin, qui est un enjeu à part entière, et là bien sûr, si elle est nulle, ben c’est vraiment trop frustrant. Mais les romans dont le scénario n’est pas spécialement entièrement tendu vers un seul et unique objectif de fin à la Fight Club (qui n’est pas un roman mais on se comprend :rolling_eyes: ), et bien sans pardonner pour autant je peux leur trouver quelques charmes quand même

    : )


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