Ils nous ont quittés



  • Certains auteurs qui sont des piliers de nos bibliothèques, qui ont été fondateurs de notre goût pour la lecture et l’écriture, nous ont quittés.
    Rendons leur ici un hommage et échangeons nos avis sur ce qu’ils ont su faire naître en nous. Peut être est-ce aussi l’occasion de les relire.

    Ursula K Le Guin, l’auteur du cycle de Terremer, nous a quitté cette semaine.
    Je me revois encore découvrir ce cycle dans ma BU après être tombée par hasard sur le téléfilm.
    Cette dame était l’un des auteurs ayant contribué a faire de la Fantasy un genre à part entière.
    Adieu Madame.


  • Plume d'Argent

    Oh, je ne savais pas !
    J’ai découvert Ursula le Guin très récemment, et ce que je préfère pour l’instant c’est plutôt son côté SF, avec “the left hand of darkness”. Ma citation sur le fofo est tirée de cette oeuvre.
    C’est d’ailleurs une des seules autrices de SF que je connaisse… (pas très féminin, la SF)
    Ca va être une occasion pour moi de découvrir ses autres œuvres de SF, et je mets dans ma PAL les dépossédés (the dispossessed)
    Une grande écrivaine qui nous quitte ! :cry:



  • Oh… J’ai beaucoup aimé Terremer. Petite pensée pour elle… :stars:

    ( @Rachael J’ai lu Les dépossédés l’an dernier, tu verras, ça vaut vraiment la peine d’être lu ! J’étais vraiment triste de n’avoir eu personne avec qui débattre du livre… Si j’avais été prof de philo en secondaire, je m’en serais sûrement servi comme tremplin pour débattre.) ^^



  • et bein le post vous aura rassemblées! C’était le but aussi ! Vous saviez qu’elle a été plusieurs fois en lice pour le nobel de la littérature. Alors que certains considère la fantasy comme un sous-genre…


  • Plume d'Argent

    Ouais, mais bon, pour une fois qu’ils avaient l’occasion de donner le Nobel de littérature à une femme, ils se sont abstenus… (j’ai regardé, 8 femmes sur les 37 dernières années… sans commentaire :angry: )



  • une femme auteure de Fantasy, c’etait une révolution. Quoiqu’il l’ont bien donné a Bob Dylan


  • Plume d'Argent

    De fantasy ET de science fiction… (deux tares, apparemment…)



  • @rachael a dit :

    (j’ai regardé, 8 femmes sur les 37 dernières années… sans commentaire :angry: )

    Patards… sans commentaire, effectivement… Mais, avec la quantité de plumes féminines rien que sur FPA, les probabilités finiront par nous rendre justice ! :D



  • oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu… Je vais pleurer toute les larmes de mon corps… Encore une grande qui s’en va :( :(
    Terremer est uen merveille que j’ai découvert que l’an passé. Une belle plume, un style lent, poétique, qui exploire avec élégance la psyché humaine… Terremer est plus une lecture de l’intime, et une étude quasi anthropologique d’un monde crée de toute pièce qu’une oeuvre de fantasy.
    Les deux premiers tomes où on suit Ged et Tenar raconte le passage à l’âge adulte. Le troisième la passation du svoir, le voyage initiatique d’un jeune prince; le quatrième est une peinture amère de la condition des femmes, et le tout dernier un adieu nostalgique.
    Si on aime l’action, on s’ennuie dans Terremer. Mais si on aime les histoires amples et lentes, les personnages finement ciselés et complexes , alors Terremer se révélera être un chef d’oeuvre.

    J’ai mis un peu de Terremer dans mon histoire, par exemple je raconte une histoire où des dragons peuvent prendre forme humaine…
    J’ai même une citation du premier tome en acrostiche.

    Reposez en paix Madame et merci


  • Plume d'Argent

    Revois que ce sujet est abandonné depuis quelques mois, alors je le relance.
    Je regrette la mort de Pierre Bottero en 2009. C’état un auteur de fantasy ayant un style très poétique que j’adorais. Il a été emporté par un cancer alors qu’il venait tout juste de commencer une nouvelle série.
    C’est tellement triste…



  • Moi aussi j’apprécie Pierre Bottero et sa mort a été un choc. Une grande part de mon enfance s’en est allé avec lui.
    Néanmoins il n’est pas mort d’un cancer mais d’un accident de moto, c’est important de le préciser.
    Il avait en effet débuté l’écriture de la série A comme association avec Erik L’homme. Il y avait aussi les Âmes croisées, qui lui en revanche était conçu comme un one shot, même si la fin était ouverte


  • Plume d'Argent

    Ah bon on m’avait di un cancer, je dois confondre avec un autre auteur alors. J’étais au courant pour a comme association, mais j’étais sûre que les âmes Croisées étaient une série



  • J’ai découvert très récemment et avec surprise que Louise Rennison, l’auteur du journal de Georgia Nicolson, qui a clairement égayé les années de mon adolescence, est décédée dans un anonymat presque complet à un âge peu avancé
    Ça m’a rendu assez triste de m’imaginer la frétillante Georgia orpheline
    Je ne sais pas comment expliquer 🤷


  • Plume d'Argent

    @Phoebé
    Je ne connais pas Louise Reninson, mais je comprend le sentiment que tu décris. L’auteur vit quelque part à travers son oeuvre. Il peut être mort depuis des années, lorsque nous le lisons, c’est comme s’il nous parlait. Alors c’est un peu étrange de “discuter avec quelqu’un” qui est mort.



  • Hein mais hein ? Louise Rennison est morte ? :cry: Purée personne en a parlé alors que pour avoir le pied dedans, je peux dire avec certitude que Georgia est encore bien lue par les adolescentes… Mince alors… tu as raison @Phoebé, ça fiche un coup :(



  • @DobbyEstLibre OUI JE SAIS JE SUIS CHOQUÉE !!!



  • Ce qui me “fasciné” c’est effectivement le silence à ce propos… Ce n’est pas mentionné sur les livres, etc etc !


  • Plume d'Argent

    J’ai appris la disparition, cette semaine, de Toni Morrison. J’ai eu vraiment envie de mettre un mot à son sujet car, outre le fait d’être une grande écrivaine et un modèle d’ouverture d’esprit (mais je ne connais pas sa biographie dans les détails), elle a écrit le livre qui m’a le plus bouleversée de toute ma vie de lectrice. Je l’ai d’ailleurs mentionné à plusieurs reprises sur le forum, car il m’a fait l’effet d’un coup de poing, tant par l’histoire qu’il raconte que par l’incroyable plume de l’auteure (prix Nobel de littérature, ça ne s’invente pas, mais son style est très particulier).

    Il s’agit de Beloved :

    “Vers 1870, aux États-Unis, près de Cincinnati dans l’Ohio, le petit bourg de Bluestone Road, dresse ses fébriles demeures.
    L’histoire des lieux se lie au fleuve qui marquait jadis pour les esclaves en fuite la frontière où commençait la liberté. Dans l’une des maisons, quelques phénomènes étranges bouleversent la tranquillité locale : les meubles volent et les miroirs se brisent, tandis que des biscuits secs écrasés s’alignent contre une porte, des gâteaux sortent du four avec l’empreinte inquiétante d’une petite main de bébé.
    Sethe, la maîtresse de maison est une ancienne esclave. Dix-huit ans auparavant, dans un acte de violence et d’amour maternel, elle a égorgé son enfant pour lui épargner d’être asservi. Depuis, Sethe et ses autres enfants n’ont jamais cessé d’être hantés par la petite fille.
    L’arrivée d’une inconnue, Beloved, va donner à cette mère hors-la-loi, rongée par le spectre d’un infanticide tragique, l’occasion d’exorciser son passé.
    Inspirée par une histoire vraie, renforcée par ses résonances de tragédie grecque, cette œuvre au lyrisme flamboyant est l’histoire d’un destin personnel et d’un passé collectif.
    Hymne à l’amour et à la maternité, roman de la faute, de la difficulté du pardon comme du deuil, de la rédemption par l’oubli, Beloved fut récompensé par le prix Pulitzer en 1988. --Céline Darner” (Résumé Babelio)

    Alors je ne vais rien vous cacher : ce n’est pas facile à lire. Le récit n’est pas chronologique, c’est dur, c’est violent, c’est brutal, parfois à peine supportable (pas par le degré de violence, on a vu pire, mais parce que c’est VRAI). On peut peiner à séparer le fantastique (ou le fantasmé) de la réalité (mais est-ce bien nécessaire ?) et à interpréter le symbolisme (mais est-ce bien nécessaire ?).
    Mais c’est infiniment poétique, de cette poésie qui donne l’impression de sortir de la terre, d’avoir été créée avec les mains ou dansée sous le soleil. Ça parle aux tripes sans passer par le cerveau. On dirait un récit oral, alors que l’écriture, sans conteste, est une des plus élaborées et délicates que j’ai lues. C’est un récit très particulier qui traite de l’esclavage, de l’Histoire et de la culture des esclaves noirs américains, et qui contient pourtant une universalité dans chaque page.

    “Courbé derrière elle, le corps en arc de bonté, il tenait ses seins dans les paumes de ses mains. Il frottait sa joue contre son dos, et apprit ainsi sa peine, avec ses racines, son large tronc et ses branches ramifiées. Remontant les doigts vers les agrafes de sa robe, il sut, sans les voir ni entendre le moindre soupir, que ses larmes coulaient, pressées. Et lorsque le haut de sa robe tomba autour de ses hanches et qu’il vit la sculpture qu’était devenu son dos, pareil à l’oeuvre décorative d’un forgeron trop passionné pour l’exposer, il pensa sans l’exprimer : “Oh ! Seigneur, petite !” Et il sut qu’il n’aurait de paix avant d’en avoir suivi des lèvres chaque saillant et chaque feuille, ce dont Sethe ne sentit rien, parce que la peau de son dos était morte depuis des années. La seule chose qu’elle savait, c’était que la responsabilité de ses seins reposait, enfin, dans les mains de quelqu’un d’autre.”

    “Que tout Blanc avait le droit de se saisir de toute votre personne pour un oui ou pour un non. Pas seulement pour vous faire travailler, vous tuer ou vous mutiler, mais pour vous salir. Vous salir si gravement qu’il vous serait à jamais impossible de vous aimer. Vous salir si profondément que vous en oubliiez qui vous étiez et ne pouviez même plus vous en souvenir. Et qu’alors même qu’elle, Sethe, et d’autres étaient passés par là et y avaient survécu, jamais elle n’aurait pu permettre que cela arrive aux siens. Le meilleur d’elle, c’étaient ses enfants. Les Blancs pouvaient bien la salir, elle, mais pas ce qu’elle avait de meilleur, ce qu’elle avait de beau, de magique -la partie d’elle qui était propre.”

    “Au long de la vie de Baby, autant que de celle de Sethe, hommes et femmes étaient déplacés comme des pions sur un échiquier. Tous ceux que Baby Suggs avait connus, sans parler d’aimer, ceux qui ne s’étaient pas sauvés ou retrouvés pendus, avaient été loués, prêtés, vendus, capturés, renfermés, hypothéqués, gagnés, volés ou saisis pour dettes. Si bien que les huit enfants de Baby avaient six pères. Ce qu’elle appelait la malignité de la vie était le choc qu’elle avait éprouvé en apprenant que personne ne s’arrêtait de jouer aux dames simplement parce qu’au nombre des pions il y avait ses enfants.”

    Bon j’arrête parce que je pourrais citer tout le livre.
    J’ai lu beaucoup d’autres romans de Toni Morrison et je les ai tous aimés. J’y ai retrouvé chaque fois cette poésie brute et universelle. Les récits témoignent de l’Histoire des noirs américains, pour la plupart, à différentes époques. L’identité est très forte et pourtant je n’ai jamais eu l’impression qu’elle ne me parlait pas, à moi. Mais Beloved est vraiment celui qui m’a laissée KO.

    Pour info, il y a eu une adaptation au cinéma en 1998, avec une distribution impressionnante, mais j’en suis ressortie avec une impression très mitigée car c’est un film sombre, gris, qu’on pourrait croire correspondre au roman. Pourtant, le roman est lumineux, tout le temps, et baigné de soleil malgré la violence de ses thèmes.

    Pour conclure : “Beloved (titre original : Beloved) est un roman de Toni Morrison paru en 1987, qui raconte l’histoire de Sethe, une ancienne esclave, hantée par le fantôme de sa fille. Il a permis à Toni Morrison d’entrer, de son vivant, dans la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps, en 2002.” (Wikipédia)
    Mon opinion n’est donc pas très originale, mais ça ne m’empêche pas de vous recommander de tout cœur la lecture de ce roman (et de l’oeuvre de Toni Morrison)


  • Journaliste PAen

    Merci pour ce partage @Isapass <3 Je trouve toujours très triste la mort d’un auteur ou d’une autrice, même sans le ou la connaître.

    Je n’ai jamais lu Beloved, mais après avoir regardé les trois extraits que tu as mis, j’ai très très envie de le lire. Je le note dans ma liste de livres à acheter, j’espère que je pourrai mettre la main dessus bientôt.


  • Plume d'Argent

    @léthé Bon alors un autre, je peux pas m’empêcher (mais il y en a plein sur Babelio)

    “Ils chantaient en rythme… Ils chantaient des chansons d’amour à Madame la Mort et lui écrasaient la tête. Plus que le reste, ils tuaient l’allumeuse que les gens appellent Vie pour les avoir dupés. Pour leur avoir fait croire que le prochain lever de soleil en vaudrait la peine; qu’un bout de temps de vie en plus changerait tout, enfin. Morte la vie, c’est alors seulement qu’ils seraient saufs. Les chanceux - ceux qui avaient vécu là assez d’années pour avoir estropié, mutilé, peut-être même enterré leur vie - avaient l’œil sur les autres qui subissaient encore son étreinte aguichante, tout occupés à se soucier et à penser à l’avenir, à se souvenir et à rêver au passé.”


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