Leçon 2 : l'accord des participes passés


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    L’accord des participes passés


    L’accord des participes passés a des règles de bases et de (nombreux) cas particuliers. Merci à @Fannie d’avoir pris le temps de développer dans ce topic chaque point pour nous aider à nous y retrouver !


    Table des matières



    Synthèse

    Et merci à Virgile pour la petite synthèse qui suit. Très utile pour comprendre les bases.


    Virgile a écrit :

    Eh oui ! Les participes passés et leurs accords… Utiles, voire indispensables pour les écrivains en herbe que nous sommes. Aussi, voici une petite leçon sur ces petites bêbêtes.

    1. Le participe passé employé seul

    Commençons par le plus facile.

    Ex. : Cette photo découpée me rappelle les vacances.

    Voici un participe passé du verbe “découper”. Comme vous pouvez vous en rendre compte, il est seul, c’est-à-dire sans auxiliaire. Lorsqu’il est employé seul, le participe passé s’accorde comme un adjectif, avec le nom auquel il se rapporte. Ici, le participe passé s’accordera avec cette photo qui est au féminin singulier.

    En savoir plus sur le participe passé employé seul >>


    2. Le participe passé employé avec être

    En règle générale : le participe passé employé avec être s’accorde avec le sujet auquel il se rapporte.

    Ex. : Lise est partie en Grèce, cet été.

    Le participe passé “partie” est accompagné de l’auxiliaire être. Il s’accorde donc avec le sujet Lise. Le sujet étant au féminin singulier, il en sera de même pour le participe passé.

    En savoir plus sur le participe passé employé avec être >>


    3. Le participe passé employé avec avoir

    Le participe passé employé avec avoir ests ans doute celui qui pose le plus de problème. Lorsque le participe passé accompagne l’auxiliaire avoir, il s’accorde avec le complément d’objet direct (le COD ou CD ou CDV) si ce complément est placé DEVANT le verbe.

    Ex. : Marie a mangé des pommes.

    Ici, mon complément direct est “des pommes”. Pour retrouver un COD, je pose la question “qui” ou “quoi” après le verbe. Marie a mangé quoi ? des pommes.

    Dans l’exemple, le COD est placé derrière le verbe. Il ne faut donc pas accorder le participe passé.

    Ex. : Les pommes, Marie les a mangées.

    Dans cet exemple-ci, j’accorde le participe passé avec le COD car celui-ci est placé devant le verbe. On l’y retrouve deux fois : “les pommes”, avant le sujet et le “les” pronom qui remplace “les pommes”.

    En savoir plus sur le participe passé employé avec avoir >>

    Petit rappel :

    1. Quand le participe passé est employé seul, il s’accorde avec le nom auquel il se rapporte ;

    2. Quand le participe passé s’emploie avec être, il s’accorde avec le sujet auquel il se rapporte ;

    3. Quand le participe passé s’emploie avec avoir, il s’accorde avec le complément d’objet direct, si celui-ci est placé devant le verbe conjugué (-> devant l’auxiliaire avoir).


  • Plume d'Argent

    LE PARTICIPE PASSÉ EMPLOYÉ SEUL :

    RAPPEL DE LA LEÇON 2 :

    Quand le participe passé est employé seul, il s’accorde avec le nom auquel il se rapporte.

    • Cette photo découpée me rappelle les vacances.

    CAS PARTICULIERS :

    Le participe passé fini placé en tête d’une phrase exclamative sans verbe :
    Il s’accorde généralement, mais on peut aussi le laisser invariable :

    • Finies / Fini les vacances !
    • Finis / Fini les caprices !

    Les participes passés ci-joint, ci-inclus, ci-annexé, etc. :

    1. Les participes passés ci-joint, ci-inclus, ci-annexé, etc. sont invariables quand ils sont placés en tête d’une phrase ou devant un nom sans déterminant. Ils sont alors considérés comme des adverbes :
      • Ci-joint les informations demandées.
      • Veuillez trouver ci-joint copie du contrat de location.
    2. Devant un nom avec un déterminant, ils peuvent s’accorder ou rester invariables :
      • Vous trouverez ci-inclus / ci-incluse une copie du contrat.
    3. Ils s’accordent quand ils ont la fonction d’épithète :
      • Veuillez conserver les contrats ci-joints.
      • Ci-incluses, ces pièces vous parviendront sûrement.

    Les expressions vu, attendu, excepté, compris, y compris, non compris, etc. :

    1. Placés devant un mot ou un groupe de mots, ces participes passés sont invariables quand ils fonctionnent comme une préposition.
      • Il a mangé tous les bonbons, excepté les bleus. (Ici, excepté a le sens de la préposition sauf.)
    2. Mais s’ils ne le précèdent que par inversion, et sont alors épithètes, ils s’accordent :
      • Vue sous cet angle, l’affaire est tout autre.
      • Déjà comprises au compte précédent, ces sommes ne doivent pas figurer ici.
    3. Placés après le mot ou groupe de mots, ces participes passés s’accordent :
      • Il a mangé tous les bonbons, les bleus exceptés.

    Les expressions étant donné, mis à part, passé :

    1. Quand ils précèdent le mot ou groupe de mots, ces participes passés sont généralement invariables.

      • Étant donné sa stupidité, on ne pouvait pas attendre autre chose.
      • Il est rentré à passé dix heures hier soir.
      • Leur boutique est toujours ouverte, excepté les jours fériés.

      Mais ils peuvent s’accorder dans certains cas :

      • Étant donné / Étant données les circonstances, j’ai préféré me taire.
      • Mis à part / Mise à part cette panne de courant, le week-end s’est bien passé.
      • Passé / Passées les vacances, le reste de l’été semble s’éterniser.

      N.B. Certains grammairiens conseillent l’invariabilité.

    2. Placés après le mot ou groupe de mots, ces participes passés s’accordent :

      • Cette panne de courant mise à part, le week-end s’est bien passé.
      • Les vacances passées, le reste de l’été semble s’éterniser.
      • Il est rentré à dix heures passées.

    POUR SIMPLIFIER :

    On peut déterminer si le participe passé est employé

    • Comme un adverbe : dans ce cas, il est invariable.
    • ou comme épithète : dans ce cas, il s’accorde.

  • Plume d'Argent

    LE PARTICIPE PASSÉ EMPLOYÉ AVEC ÊTRE :

    RAPPEL DE LA LEÇON 2 :

    Quand le participe passé s’emploie avec l’auxiliaire être, il s’accorde avec le sujet auquel il se rapporte.

    • Lise est partie en Grèce cet été.

    CAS PARTICULIERS :

    Participe passé employé avec un verbe attributif autre que être :
    Il s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.

    • Cette maison paraît ébranlée.
    • Ces murs semblent fissurés.
    • Elle reste attablée alors que tout le monde s’en va.
    • Ces salles demeureront fermées.

    Participe passé employé avec on, le vous de politesse et le nous de majesté ou de modestie, de participation ou d’intérêt :

    1. Lorsque le sujet est on, le participe passé se met généralement au masculin singulier.
      Cependant, l’accord peut se faire avec le sujet réel qui est sous-entendu :
      • Alors ma petite fille, on est fatiguée ?
      • Mes camarades et moi, on est repartis le lendemain.
    2. Dans certains cas, il est évident que nous ou vous se rapporte à un sujet au singulier.
      • Alors, dit le médecin à la fillette, nous sommes toujours fatiguée ?
      • Nous, président de la République, sommes convaincu de la nécessité (…)
      • Pourquoi êtes-vous fâchée, Madame ?

    LES VERBES PRONOMINAUX :

    Il y a deux types de verbes pronominaux :

    1. Pour ceux dont le pronom réfléchi peut être analysé (comme p. ex. se soigner ou se dire), il faut appliquer la même règle que pour les verbes conjugués avec l’auxiliaire avoir.
    2. Pour ceux dont le pronom réfléchi ne peut pas être analysé (comme p. ex. se souvenir ou s’enfuir), il faut appliquer la même règle que pour les verbes conjugués avec l’auxiliaire être.

    1. Le pronom réfléchi est COD, COI ou complément d’attribution (COS) :
    Dans ces cas, certains grammairiens considèrent que être équivaut à avoir.

    • Si le pronom réfléchi est COD, le participe passé s’accorde avec le sujet :
      • Elle s’est préparée pour aller au lit.
      • Ils se sont rencontrés plusieurs fois.
    • Si le pronom réfléchi est COS ou complément d’attribution, le participe passé s’accorde avec le COD s’il est placé avant le verbe.
      • Elle s’est préparé une soupe. [Elle a préparé une soupe à elle-même. Le COD une soupe est placé après, donc il n’y a pas d’accord.]
      • La soupe qu’elle s’est préparée sent bon. [Elle a préparé une soupe à elle-même. Le COD La soupe est placé avant, donc on accorde.]
    • Si le pronom réfléchi est COI, il n’y a pas d’accord, sauf s’il y a un COD placé avant :
      • Elle s’est demandé si c’était vrai. [Elle a demandé à elle-même.]
      • Plusieurs générations se sont succédé. [Elles ont succédé les unes aux autres.]
      • Elles se sont permis d’entrer sans frapper. [Elles ont permis à elles-mêmes.]
      • Les dépenses qu’elle s’est permises étaient exagérées. [Le COD Les dépenses est placé avant le verbe.]
      • Ils ne se sont plus envoyé de messages depuis trois jours. [Ils n’ont plus envoyé de messages l’un à l’autre.]
      • Les messages qu’ils se sont envoyés sont innombrables. [Le COD Les messages est placé avant le verbe.]

    Cas particuliers :

    • Les verbes s’écrier et s’exclamer s’accordent avec le sujet, même s’ils ont comme COD une proposition ou une interjection :
      • « Eh quoi ! » s’est-elle écriée.
      • Elle s’est exclamée qu’on la trompait.
    • Quand il y a (ou quand il semble y avoir) un attribut du COD, on fait généralement l’accord :
      • Elle s’est crue guérie.
      • Elles se sont trouvées belles.
      • Ils se sont prétendus malades.
    • Le participe passé des verbes pronominaux passifs s’accorde toujours avec le sujet :
      • Ces livres se sont bien vendus.
      • La bataille s’est livrée ici.

    2. Le pronom réfléchi ne peut pas être analysé :
    Dans ce cas, le participe passé s’accorde avec le sujet. Les verbes essentiellement pronominaux suivent cette règle ; en voici une liste (non exhaustive) :

    • Elle s’est souvenue de cette chanson.
    • Elles se sont empressées de nous accueillir.
    • Ils se sont enfuis.

    Exceptions :

    • Les verbes se rire, se plaire, se déplaire, se complaire, dont le participe passé reste invariable.
      • Elles se sont ri de lui.
      • Elle s’est complu à le contredire.
    • Le verbe s’arroger, qui a toujours un COD avec lequel le participe passé s’accorde s’il est placé avant.
      • Elle s’est arrogé le titre de professeur.
      • Je conteste les droits qu’elle s’est arrogés.
    • Les locutions se rendre compte et s’en donner à cœur joie, dont le participe passé reste invariable.
      • Elle s’est rendu compte de son erreur.
      • Elles s’en sont donné à cœur joie.

    Les verbes pronominaux suivis d’un infinitif suivent la même règle que les verbes conjugués avec l’auxiliaire avoir suivis d’un infinitif.

    POUR SIMPLIFIER :

    Il y a deux étapes possibles :

    1. Déterminer si le pronom réfléchi est manifestement complément d’objet indirect : dans ce cas, le participe passé ne s’accorde pas avec le sujet.
    2. Chercher le COD ; s’il est placé avant le verbe, le participe passé s’accorde.

  • Plume d'Argent

    LE PARTICIPE PASSÉ EMPLOYÉ AVEC AVOIR :

    RAPPEL DE LA LEÇON 2 :

    Quand le participe passé s’emploie avec l’auxiliaire avoir, il s’accorde avec le complément d’objet direct (COD) s’il est placé avant le verbe conjugué.

    • Les pommes, Marie les a mangées

    Exception :

    Dans la locution l’échapper belle, qui est une expression figée, le participe passé d’échapper est invariable.

    • Notre client l’a échappé belle : cet accident aurait pu lui coûter la vie.

    Les verbes peser, mesurer, valoir, coûter, durer, vivre, courir, nager, etc. :
    Le participe passé de ces verbes s’accorde avec le COD s’il est placé avant.

    En revanche, il ne s’accorde pas avec le complément qui indique combien pèse, mesure, coûte (etc.) le sujet. En effet, ce complément n’est pas un COD, mais un complément de mesure.

    • La somme qu’a coûté ce bijou est dérisoire. (La somme n’est pas COD, mais complément de mesure. Combien a coûté ce bijou ?)
    • Tu ne te rends pas compte des efforts que ça m’a coûtés. [Les efforts est COD.]
    • Les trois cents mètres qu’il a couru étaient en pente. [Les trois cents mètres n’est pas COD, mais complément de mesure. Sur quelle distance a-t-il couru ?]
    • Les risques qu’ils ont courus étaient inconsidérés. [Les risques est COD.]
    • Pendant les deux ans qu’il a vécu à l’étranger mon frère m’a manqué. [Les deux ans n’est pas COD, mais complément de mesure. Combien de temps a-t-il vécu à l’étranger ?]
    • Les terribles événements qu’il a vécus l’ont marqué. [Les terribles événements est COD.]

    Le participe passé précédé de en :
    Lorsque le COD du verbe est en, le participe passé est généralement invariable.

    • Des cerises, j’en ai mangé une vingtaine. Et toi, combien en as-tu mangé ?

    S’il est suivi d’un infinitif, il est toujours invariable.

    • Ces femmes, j’en ai vu tomber dans la misère.

    Si le verbe précédé de en a un COD placé avant, on accorde le participe passé :

    • Il a vu ma mère ; voici les nouvelles qu’il m’en a données.

    Le COD est l’ :

    1. Lorsque l’ représente un nom féminin, on accorde le participe passé :
      • Cette commode, je l’ ai achetée chez un brocanteur.
      • J’ai revu ma grand-mère. Je l’ ai trouvée plus lente qu’auparavant.
    2. Lorsque l’, mis pour le, équivaut à une proposition, le participe passé reste invariable :
      • Cette randonnée s’est passée comme on l’ avait prévu. [Comme on avait prévu qu’elle se passerait.]
      • Elle était plus grande que je ne l’ avais cru. [Elle était plus grande que je n’avais cru qu’elle était.]

    Les participes passés dû, cru, pu, voulu :
    Ils sont invariables quand ils ont pour complément d’objet un infinitif sous-entendu :

    • J’ai rangé tous les livres que j’ai pu [sous-entendu : ranger].
    • Je n’ai pas fait les démarches que j’aurais [sous-entendu : faire].
    • Je n’ose pas imaginer les compensations que je lui aurais dues. [COD : que, mis pour les compensations.]

    Avec un adverbe de quantité ou un adjectif interrogatif :
    Le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le complément de l’adverbe.

    • Combien de cerises as-tu mangées ?
    • Que de malheurs il avait subis !
    • Quelle faute a-t-il faite ?

    Les verbes impersonnels :
    Le participe passé des verbes impersonnels ou employés à la forme impersonnelle est invariable, quel que soit l’auxiliaire.

    • Avec les chaleurs qu’il a fait, l’herbe a jauni.
    • Les orages qu’il y a eu ont provoqué des inondations.
    • Quels soins il a fallu pour que ces fleurs poussent ici !

    La voix passive et les temps surcomposés :
    Dans ces cas, seul le dernier participe passé s’accorde.

    • La maison a été vendue dès que je l’ai eu visitée.

    Le participe passé suivi d’un attribut d’objet :
    Il s’accorde généralement avec cet objet quand il précède le participe :

    • On l’avait crue endormie.
    • Elle était entièrement vêtue de noir ; on l’aurait dite en deuil.
    • Ces criminels, on les aurait préférés morts.

    Le participe passé entre deux que ou entre que et qui :
    Dans ces cas, l’accord ou l’invariabilité dépend de l’analyse de la phrase.

    • Les choses que tu as dit que tu ferais. [Tu as dit que tu ferais ces choses.]
    • Les livres que j’avais cru que j’avais perdus. [J’ai cru que j’avais perdu ces livres.]
    • Ceux qu’on a informés qu’ils devaient se présenter. [Ceux-là ont été informés.]

    Cas d’accord d’intention :

    1. Lorsque le COD, placé avant le verbe, renvoie à un collectif (ou un nom de fraction) suivi de son complément, l’accord se fait soit avec le collectif (ou le nom de fraction), soit avec le complément :

      • Voici le groupe d’enfants que j’ai aperçu par la fenêtre. [J’ai aperçu le groupe.]
      • Voici le groupe d’enfants que j’ai aperçus par la fenêtre. [J’ai aperçu les enfants.]
      • Le peu d’observation que j’ai fait à cette occasion s’est effacé de ma mémoire. [On met l’accent sur le peu.]
      • Le peu d’observations que j’ai faites à cette occasion se sont effacées de ma mémoire. [On met l’accent sur les observations.]
    2. Lorsqu’il renvoie à un des, un de ceux, le pluriel se justifie le plus souvent :

      • C’est un des plus beaux poèmes que j’aie lus.
      • Je me rappelais une des histoires qu’on m’avait racontées.

      Mais parfois, il est clair que le verbe a pour complément un singulier :

      • C’est un de ceux-là que j’ai désigné pour parler à ma place. [Un seul d’entre eux pouvait être désigné.]
      • C’est un de mes amis qui a été élu président. [Un seul d’entre eux pouvait être élu.]
    3. Lorsqu’il renvoie à des antécédents joints par une conjonction de comparaison :

      • C’est le premier qui règle l’accord s’il exprime l’idée dominante :
        • C’est sa fille, aussi bien que son fils, qu’il a déshéritée.
        • C’est sa santé, non moins que son grand âge, que j’ai considérée.
      • L’accord est réglé par les deux antécédents si, dans l’esprit de celui qui s’exprime, la conjonction marque l’addition :
        • C’est votre patience non moins que votre courage qu’on a loués.
        • C’est mon frère aussi bien que son ami que j’ai remerciés.
    4. Cependant, avec des antécédents joints par moins que, plus que, plutôt que, et non pas, etc., c’est le premier seulement qui règle l’accord.

      • C’est une nouvelle, plutôt qu’un roman, que vous avez écrite.
      • C’est son mérite, et non sa naissance, que l’on a considéré.
      • C’est la gloire, moins que les richesses toutefois, qu’il a recherchée.
    5. Lorsqu’il renvoie à des antécédents joints par ni ou par ou :

      • L’accord est commandé par les deux antécédents si c’est l’idée d’addition qui prévaut :
        • Ce n’est ni ton frère ni ta sœur que j’ai invités, c’est toi.
        • Mon père ou moi, que vous avez toujours estimés, ferons ce travail avec zèle.
      • Mais si c’est l’idée de disjonction qui prévaut, ou qui est imposée par le sens, l’accord est réglé par le second antécédent seulement (règle de proximité) :
        • C’est sa perte ou son salut qu’il a risqué en cette occasion.
        • C’est son salut ou sa perte qu’il a risquée en cette occasion.
        • Est-ce une pêche ou un abricot qu’il a mangé ?
        • Est-ce un abricot ou une pêche qu’il a mangée ?
        • Ce n’est ni ton frère ni ta sœur qui a été choisie pour diriger le groupe, mais c’est toi.
        • Ce n’est ni ta sœur ni ton frère qui a été choisi pour diriger le groupe, mais c’est toi.

  • Plume d'Argent

    LE PARTICIPE PASSÉ SUIVI D’UN INFINITIF :

    1. Le COD qui précède le verbe conjugué est complément de l’infinitif :
      Dans ce cas, le participe passé reste invariable :

      • La veste qu’il a voulu acheter était trop grande pour lui. [La veste est le COD du verbe acheter, pas du verbe vouloir.]
    2. Le COD qui précède le verbe conjugué est complément de ce dernier :
      Dans ce cas, le participe passé s’accorde avec le COD du verbe conjugué s’il accomplit l’action exprimée par l’infinitif :

      • Cette fillette, je l’ai vue passer sous ma fenêtre. [Le COD est l’, mis pour Cette fillette. C’est la fillette qui passe.]
      • C’est la cantatrice que j’ai entendue chanter à la radio. [C’est la cantatrice qui chante.]
      • Elle s’est entendue chanter sur un enregistrement. [C’est elle qui chante.]
      • Dans son rêve, elle s’est vue flotter. [C’est elle qui flotte.]
      • Ce sont ces gens que j’ai vus piller. [Ces gens ont pillé quelqu’un.]

      Mais :

      • Ce sont ces gens que j’ai vu piller. [Ce ne sont pas ces gens qui ont pillé, mais ils ont été pillés.]
      • Les airs que j’ai entendu chanter étaient tristes. [Ce ne sont pas les airs qui chantent, donc pas d’accord.]
      • Ces jeunes gens se sont vu interdire l’entrée du bâtiment par les vigiles. [Ce ne sont pas les jeunes gens qui interdisent.]
      • Elle s’est entendu dire que le magasin était fermé. [Ce n’est pas elle qui dit.]

    Cas particuliers :

    1. Lorsque le verbe faire est directement suivi d’un infinitif, le participe passé reste invariable :

      • La maison qu’il a fait construire est très grande.
      • Les vêtements qu’ils ont fait faire sur mesure ont coûté très cher.
      • Elle s’est fait faire une robe sur mesure.
      • Voici la robe qu’elle s’est fait faire sur mesure.
      • Elle s’est fait agresser.

      N.B. On est parfois induit en erreur par la liaison faite à l’oral avec les infinitifs qui commencent par une voyelle.

    2. Lorsque le verbe laisser est directement suivi d’un infinitif, le participe passé s’accorde si le sujet du verbe laisser accomplit l’action exprimée par l’infinitif :

      • Les enfants que j’ai laissés entrer s’étaient déchaussés. [Ce sont les enfants qui entrent.]
      • Les caisses que j’ai laissé emporter étaient vides. [Ce ne sont pas les caisses qui emportent, donc il n’y pas d’accord.]

      NB. Les rectifications orthographiques de 1990 permettent qu’on laisse le participe passé laissé suivi d’un infinitif invariable dans tous les cas. On peut donc également écrire :

      • Les enfants que j’ai laissé entrer [même si ce sont les enfants qui entrent].
      • Elle s’est laissé glisser [même si c’est elle qui glisse].

    Les verbes de déclaration ou d’opinion :
    Le participe passé des verbes de déclaration ou d’opinion (affirmer, assurer, dire, nier, prétendre, croire, espérer, estimer, supposer, etc.) suivis d’un infinitif reste normalement invariable.

    • Ce sont ces femmes qu’il a affirmé connaître. [Il n’a pas affirmé ces femmes.]
    • C’était une fouine que j’avais cru voir. [Je n’ai pas cru la fouine.]
    • La route que j’ai estimé être la plus courte. [Je n’ai pas estimé la route.]

    Les verbes porter à, laisser à, donner à :
    Le participe passé de ces verbes est invariable quand le COD est manifestement complément de l’infinitif :

    • Les clients que ce représentant a eu à visiter. [Les clients est COD de visiter.]
    • Les localités que j’ai eu à traverser. [Les localités est COD de traverser.]

    Mais :

    • La peine que j’ai eue à le convaincre. [J’ai eu de la peine.]
    • Les couteaux que j’ai portés à aiguiser. [J’ai porté les couteaux.]

    En revanche, on peut accorder facultativement le participe passé si le COD est perçu comme étant d’abord complément du verbe conjugué :

    • Les lettres que je vous ai laissé / laissées à signer.
    • La leçon que je lui ai donné / donnée à étudier.
    • Les enfants qu’elle a eu / eus à élever.

    POUR SIMPLIFIER :

    1. Si le COD est complément de l’infinitif, le participe passé est invariable.
    2. Si le COD est complément du verbe conjugué :
      • s’il accomplit l’action exprimée par l’infinitif, le participe passé s’accorde.
      • s’il n’accomplit pas l’action exprimée par l’infinitif, il n’y a pas d’accord.

    SOURCES :

    BLED : Cours supérieur d’orthographe
    Bescherelle : La grammaire pour tous
    Jean-Paul Colin (Hachette) : Nouveau dictionnaire des difficultés du français
    Jean Girodet (Bordas) : Pièges et difficultés de la langue française
    Maurice Grevisse : Le bon usage
    J. Hanse, D. Blampain : Dictionnaire des difficultés du français
    Le Robert : Déjouez les pièges
    Banque de dépannage linguistique


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