La Maison des feuilles


  • Plume d'Argent

    Compliqué de résumer un livre comme La Maison des feuilles… Essayons.

    Le jeune homme de la caverne de Platon qui quitte les ombres trompeuses et les chaînes invisibles à la recherche de la rédemption et accessoirement du soleil n’accède pas immédiatement à l’air pur et frais du dehors. D’abord, il doit passer par une longue escalade, où les ombres projetées par le feu deviennent progressivement plus épaisses, plus impénétrables, plus organiques, avant de se fondre en une masse de ténèbres absolue. Le jeune homme est dans le couloir qui mène à la sortie, vers la rédemption, mais comment pourrait-il le savoir ? Il ne voit rien, les ténèbres sont partout. Rien ne lui assure qu’il réussira à voir le soleil un jour. Ce n’est pas parce qu’il est le premier que personne n’est revenu prêcher la lumière à ses compatriotes, simplement parce que tous ceux qui l’ont précédé n’ont jamais réussi le voyage, ont été avalés par les ténèbres. Ce jeune homme, c’est le (les ?) personnage de notre histoire, perdu dans le royaume des ténèbres, en route vers une chose qui lui paraît familière alors qu’il ne l’a jamais vue, ou vers la mort, ou bien est-ce la même chose, traqué par un monstre.

    L’histoire ne se déroule pas dans une caverne mais à Los Angeles à la fin des 90’s, mais je n’ai pas trouvé de meilleure métaphore pour vous en parler. Pour essayer d’être plus exacte, c’est le livre qu’on tient dans les mains qui a été envoyé par une jeune homme (Johnny Errand) qui a trouvé un pavé exégétique écrit par un vieil ermite (Zampano) racontant la venue de la famille Navidson dans une maison où se cache des pièces qui n’existent pas/un labyrinthe de ténèbres et le film que le père tourne sur l’exploration de ce labyrinthe et Zampano commente ce film et ce qu’il raconte et digresse mais nous découvrons cet essai (sur un film dit culte mais qui en fait n’existe pas) par l’intermédiaire de Johnny qui l’annote de divagation sur sa vie à lui et son voyage dans les ténèbres mais non parce que nous le découvrons par l’intermédiaire de l’éditeur qui lui aussi annote pour clarifier certains passages mais non parce que nous le découvrons par l’intermédiaire du traducteur qui se permet lui aussi quelques notes de temps à autres mais non parce que tout cela est fictionnel sauf le traducteur.

    Vous comprenez l’intérêt de la métaphore…

    Le livre est né sur Internet, il y est devenu une sorte de totem incompréhensible et maintenant il est disponible en librairie. Le mot maison y est écrit en bleu. L’écriture, le style, la langue est une pure merveille. L’intrigue est un miracle de conception. Je vous le conseille.

    Edit : l’auteur s’appelle Mark Z. Danielewski.


  • Plume d'Argent

    Ouiiii !
    La mise en page est complètement ouf *O* t’as plusieurs histoires / récits qui s’entrecroisent, et franchement… il est à prendre en grand format x.x parce que la pagination du poche est pénible du coup.

    Et y’a une légende autour de l’auteur comme quoi son nom n’est pas le vrai, qu’on sait rien sur lui etc.

    Je suis complètement l’avis de @Mouette : expérimentez-le !!


  • Plume d'Argent

    @Vava-Omete Ouiiii ce qui est vraiment génial avec cet auteur c’est qu’on sent qu’il est né d’Internet, que son livre a été écrit dans un monde où Internet prend une place grandissante. Et en même temps c’est tellement un objet parfait une fois imprimé…


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