Trois fictions PAennes sur le genre... illustrées ! #PA Sage comme une image


  • Journaliste PAen

    Les personnages variés font les histoires formidables

    « The world isn’t binary. » — Jeff Garvin, Symptoms of Being Human

    Cet été sur Plume d’Argent, vous avez été convié(e)s à écrire une nouvelle pour une anthologie sur le genre. Si je n’ai pas participé à ce superbe appel à textes, je me suis quand même demandé combien de fictions (sur FPA) traitaient du genre et/ou intégraient un personnage transgenre / non-binaire à leur récit. La réponse est… vraiment peu. Parmi les textes que j’ai lus durant ces deux dernières années, il existe exactement deux fictions avec un(e) trans, et une fiction traitant du genre.

    Ceci dit, c’est un thème délicat à aborder et il est difficile de se pencher dessus lorsqu’on ne se sent pas concerné(e) par des sujets comme la non-binarité, le genderfluid ou l’identité de genre. Si vous souhaitez approfondir ces thématiques, je vous suggère d’attendre le prochain article d’EryBlack qui proposera un tas de liens vers des articles, des vidéos, etc, à ce propos.

    Et pour applaudir celles qui ont choisi de mettre en avant la diversité, voici trois illustrations de fictions PAennes qui traitent du genre !


    Aurore

    (Ce qui ne change pas, de Rimeko)

    text alternatif

    «  Dans cette réalité-ci, les mots les plus significatifs que vous entendrez de la bouche de votre âme soeur sont inscrits sur votre avant-bras, mais seul vous pouvez les lire. »

    Dans le premier chapitre de Ce qui ne change pas, Estelle, une jeune femme à la recherche de son âme soeur, tente de découvrir qui se cache derrière le « Je m’appelle Aurore » inscrit sur son bras. Finalement, ce n’est pas de cette Aurore qu’elle va tomber amoureuse, mais d’un garçon plutôt étrange qu’elle croise lors d’une sortie en bar.

    Cette nouvelle a été une excellente surprise puisqu’elle introduit une transgenre, une pansexuelle et une homosexuelle. L’autrice aborde son histoire sous l’angle d’Estelle, qui doit apprendre à composer avec la transition de son amie et va évoluer avec elle. Et surtout, ça ne se termine pas dans le sang et les larmes ! D’une manière générale, les deux nouvelles publiées à ce jour sur cette anthologie de Rimeko sont étonnantes et explorent l’amour sous différentes formes, avec toujours une touche de fantastique dans un univers pourtant très proche du nôtre !


    Roxan

    (De Corps et d’Âme, de Beul)

    text alternatif

    «  Dans un futur plus ou moins proche, Hariel et Roxan discutent de l’existence de filles vivant en autarcie et sans garçon. »

    Dans la nouvelle De Corps et d’Âme, Beul décrit un futur alternatif dans lequel les femmes ne peuplent presque plus la planète (d’après les légendes, la plupart d’entre elles se sont réfugiées sur une île). Nos deux héros, Hariel et Roxan, tentent de trouver une solution pour dénicher cette fameuse terre remplie de XX.

    Les personnages de Beul sont estampillés de genre masculin, mais on voit que les comportements contemporains associés à la masculinité sont effacés : les hommes portent des jupes, se fabriquent des couronnes de feuilles et comprennent l’importance des femmes dans une société probablement matriarcale. Dans ce monde, les hommes ne peuvent pas procréer et les femmes sont en sous-nombre. La dilution des genres rend certaines mises en scène comiques (comme la nudité partielle d’Hariel sous sa jupe).


    Parker

    (L’Œil dans la Peau, de Léthé)

    text alternatif

    «  Madeleine Obele, condamnée pour la prise d’un traitement hormonal à but masculinisant, l’utilisation de faux papiers au nom de Parker Obele, entrée par effraction dans un orphelinat, coups et blessures sur trois soldats, tentative de meurtre et homicide volontaire. »

    L’Œil dans la Peau est un roman qui explore les genres et les orientations sexuelles : au fil des deux tomes, les lecteurs croiseront un transgenre (Parker), une genderfluid (Milo), des bisexuels, un gay, une lesbienne et une asexuelle. Même si le genre du livre, qui est une dystopie, ne s’y prête pas énormément, je cherchais à avoir une représentation identitaire très variée sans pour autant passer tout un bouquin à en parler. Contrairement à d’autres écrits, je ne souhaitais pas que mes personnages soient en plein questionnement (comme ça peut être le cas pour du YA), mais qu’ils aient déjà parfaitement intégré leur « différence » malgré les normes sociales et le système politique mis en place.

    Parker n’est pas un personnage très récurrent, mais c’est un de mes préférés. Il détonne un peu du reste et est le premier à vouloir se battre malgré l’importance de ce qu’il a à perdre.


    J’espère vous avoir donné envie de vous pencher sur ces trois fictions. Je n’ai pas pris le temps de dessiner des personnages issus de romans publiés (hors PA), mais si vous souhaitez découvrir d’excellentes fictions sur le genre, je vous conseille notamment A Kiss in the Dark et Opération Pantalon, de Cat Clarke ainsi que Dysfonctionnelle, de Axl Cendres (celui-ci ne traite pas du genre mais de sexualité, allez le lire, il est génial).

    Peu importe qui vous êtes et qui vous aimez, que les paillettes soient avec vous en cette superbe journée !
    Léthouillement vôtre,

    Léthé


  • Plume d'Argent

    @Léthé C’est intéressant ce que tu dis sur le fait qu’il y a peu de fiction PA qui incluent des personnages non-cisgenres… Surtout que c’est pas faux. Même des personnages lesbiens/gays/bi/pan sont pas hyper-représentés. Ca dit quelque chose, mais quoi ? Anyway, je me rends compte que si j’ai toujours au moins un personnage homo, bi ou queer, j’ai jamais traité la transidentité et ça peut valoir le coup que je m’y mette (OMG je viens d’avoir l’idée d’un développement ouf pour Berechit merci Léthouille !).

    Sinon, tes dessins sont, comme toujours, éblouissants.


  • Journaliste PAen

    @Mouette Ta réflection est super intéressante (et savoir que tu inclues des LGBTQ+ dans ton histoire me donne soudainement envie de la lire XD ), après j’avais écrit cet article en… 2017 je crois ? Depuis, il y a quelques fictions qui ont fait leur apparition et certain.e.s auteur.trices de PA ont publié des romans avec des personnages LGBTQ+ (Kiwi Ex Machina de Sorryf, Les Pâtes Froides et Balles Perdues de Seja, le Cycle des Esprits de Flammy, Meutes de Elka, Le Livre des Vérités et Ville Noire de GueuledeLoup, etc), mais ce n’est pas toujours un point central du récit (à cause des points de vue multiples en général - sauf pour Meutes). On n’a aussi aucun trans et qu’une asexuelle je crois (possible que je me trompe !).

    J’ai aussi conscience que ce soit compliqué pour certain.e.s de créer ce genre de personnages quand on ne se sent pas forcément concerné ou qu’on a peur d’écrire de la merde ! Je crois qu’on en avait parlé avec @EryBlack (je te tague si tu veux participer à la conversation <3 ), et je sais que j’étais d’accord avec elle : parfois, on n’y pense pas !

    En fait, ce que je regrette plus, c’est qu’il n’y ait aucune fiction qui n’aborde le coming out ou une romance LGBTQ+ dans notre réalité, mais pour le coup il faut aimer écrire des histoires d’amour et ne pas être effrayé dans l’écriture d’un personnage LGBTQ+, et ça c’est chaud !

    Bref : bravo à tous les auteurs et autrices qui tentent d’inclure des personnages LGBTQ+ dans leurs récits <3 <3 <3 Merci de penser à nous, la jeune fille que j’ai été aurait adoré lire des romans avec des personnages aux sexualités diversifiées, pour comprendre qu’il n’y a pas qu’un seul schéma dans la vie :)


  • Plume d'Argent

    Tu n’as pas de perso transgenre toi Léthouille? Genre Milo dans l’oeil dans la peau?
    Et j’ai un perso trans dans Ville Noire, mais on apprendra qu’il est trans dans les jardins de Valta–imhir. Pour le moment, personne n’a rien grillé, sa transition est plutôt bien réussie ;).

    On trouve aussi du LGBTQ+ chez Makara (même si pas trop développé pour l’instant, mais on verra plus tard…) Chez Mart, qui avait écrit une super nouvelle dont je ne me souvient plus le nom… J’en cherche d’autres… Ah bah dans Mooshine <3 de Danouh oh course.

    Flammy a pas de trans mais elle a un travesti tout à fait somptueux XD


  • Journaliste PAen

    @Gueule-de-Loup Milo était androgyne, pas trans (après je laissais la question en suspens, je la vois plutôt comme non-binaire), mais dans le tome 1 j’ai un perso, Parker, qui est trans et a changé son nom (d’ailleurs je l’ai dessiné au-dessus xD) !

    Il me tarde de savoir qui c’est dans Ville Noire ! Après je ne compte pas ton perso parce qu’on ne le voit pas et le sujet c’était surtout les LGBTQ+ reconnaissables xD Donc vivement les jardins de Valta-Imhir !!

    Dans Moonshine ? Je me souviens plus, peut-être que je n’ai pas lu assez loin ceci dit (ou que j’ai oublié c’est possible xD )

    Non, Ludificus n’est pas trans XD mais il me semble qu’il est bi @Flammy ? Je sais qu’il drague Lise, mais il me semble qu’il est open niveau mecs aussi !


  • Plume d'Argent

    @Gueule-de-Loup @Léthé Ahah, la question Ludificu ='D

    Il est bien trans à la base ;) C’était une femme à la “naissance”, même si jamais dit encore dans CE. Et il est travesti. Et bi, plus porté sur les mecs. Et il s’intéresse aussi aux autres espèces humanoïdes. Il comble l’immortalité comme il peut quoi :p


  • Journaliste PAen

    @Flammy XDDD bon beh voilà qui règle la question ! Dommage que ce ne soit pas abordé, j’espère qu’on en saura plus sur ça dans un interluge :*

    Et dans CE tu n’as personne d’autre qui est LGBTQ+ ? (à part Lei qui est à fond sur Max évidemment hein :p )


  • Plume d'Argent

    @Léthé J’aimerai aborder la question de l’origine de Ludi un jour, mais peut-être pas dans CE. A voir. Mais oui, j’ai prévu d’en parler un jour ^^

    Et pour les LGBT, ya Maxhirst qui est bi et polyamoureux, j’ai Cérulée (pas encore vu) qui est asexuelle et aromantique, Dyonise et Liam sont gays (pas ensemble, je précise ='D) un autre perso “juste” aromantique, mais ça spoil donc je vais pas dire qui.

    Après, j’avoue que je ne me suis pas posée la question pour tous les persos, ya pleins de gens pour qui j’ai aucune idée de ce qu’est leur sexualité ^^" (L’auteur trop doué \o/)


  • Journaliste PAen

    @flammy en même temps voilà le nombre de persos que tu as dans CE… xD

    Spoiler CE (tome 1) :

    (et je te vois éviter le sujet Max/Lei, mais j’en démordrai pas, j’espère que tu le sais, surtout maintenant que tu m’as dit pour Maxhirst XDD je sais qu’il est fiancé mais on s’en fout on la tue \o/)


  • Administratrice

    C’est une discussion super intéressante !

    J’en parlais un peu avec @Neila hier et je me suis aperçu que pour moi ça a quand même beaucoup changé en grandissant/écrivant. Quand j’ai commencé à écrire je crois que ça m’aurait jamais effleurée de créer des personnages LGBTQ+, déjà parce qu’on en voyait moins dans ce qu’on lisait/regardait (je dis ça comme si j’avais 150 ans x’D) et aussi par simple peur de me foirer complètement. Maintenant je trouve que ça rentre de plus en plus naturellement dans les réflexions des auteurs, sur PA en tout cas : on aborde souvent le sujet et même si ça semble encore assez rare dans les fictions, la représentation de toutes les diversités c’est quelque chose qui me semble tenir de plus en plus à cœur à beaucoup de gens !

    Après pour le souci de manque de représentation, j’avoue que de mon côté je reste encore assez frileuse. Y a toujours une part de peur de raconter n’importe quoi, et aussi je trouve peut-être plus difficile d’aborder ces thèmes sans en faire un point central du récit - j’aurais peur de les traiter à la va-vite, de faire plus de mal que de bien, ce qui est sans doute crétin parce que les romans mettant en valeur la diversité ne sont pas forcément des romans “engagés”, et heureusement. Y a aussi la crainte de basculer dans l’extrême inverse en écrivant : inclure de la diversité pour la diversité, pour dire qu’on coche une case, qu’on remplit un quota, ce qui finalement sert pas du tout la cause. Et puis y a la question de la légitimité, quand on ne fait pas partie des groupes en question, et qui rejoint la peur de mal faire (même si là encore, aussi heureusement, on n’écrit pas que ce qu’on connaît personnellement !)

    Dans tous les cas je trouve que c’est enrichissant de se poser la question de pourquoi et de comment, et surtout de se forcer à sortir de ses schémas pré-établis ! Concernant Moonshine, ça fait partie de ma représentation frileuse x’D Techniquement tous les personnages sont bi et j’ai quelques couples gays établis, mais étant donné que l’égalité est acquise pour la société du roman et que c’est pas un sujet central du récit, je me suis pas engagée beaucoup plus loin que ça…


  • Journaliste PAen

    @Dan Oui, ça évolue beaucoup sur FPA et même ailleurs puisque je pense que si on regardait des statistiques, les films/séries/livres avec des personnages LGBTQ+ sont de plus en plus nombreux (ouf !).

    Je comprends ce que tu dis concernant la peur de mal faire et il y a des auteurs qui le font mal, ça existe évidemment ! Comme ceux qui essayent d’écrire sur le handicap sans être handicapé, pour un exemple similaire. Je pense, personnellement, que c’est important d’essayer (sauf si VRAIMENT on n’est pas à l’aise avec ça, il faut pas se forcer non plus). Souvent les auteurs ont peur de mal faire, mais au final il est aussi possible de faire des recherches, de poser des questions à des personnes LGBTQ+ ou même de leur faire lire les passages où on ne sait pas si on fait les choses bien (rien que sur le forum, nous sommes plusieurs !).

    J’en parlais l’autre jour avec ma copine, qui m’a dit que pendant longtemps elle s’était considérée comme hétéro, puis bi, parce qu’elle ne savait même pas qu’elle pouvait être lesbienne. Ça n’existait pas à l’époque, à part The L World, les persos lesbiennes étaient totalement invisibles et ça m’a fait mal au cœur de l’entendre me dire ça. C’est aussi pour ça que je me bats pour une représentation équitable. Quitte à ce que ce soit mentionné et pas toujours creusé, ce n’est pas grave : il y a des LGBTQ+ dans la vie de tous les jours, c’est cette réalité qui doit être représentée, je pense.

    Après tes arguments sont valables évidemment, et j’entends aussi celui de la représentation LGBTQ+ juste pour faire de la représentation ! Mais il y en a si peu à l’heure actuelle que même la représentation pour la représentation est bonne à prendre (d’ailleurs, on peut aussi étendre ça aux ethnies, aux handicaps, etc)

    C’est un sujet très intéressant et aussi très complexe, je comprends la frilosité des auteurs cisgenres, c’est normal d’avoir peur de mal faire ^^


  • Administratrice

    @Léthé ton retour est rassurant et je suis d’accord à 2000% pour dire qu’essayer c’est essentiel, même si on se viande un peu, ne serait-ce que parce que de manière générale c’est important de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre et de changer de perspective ! On finit par être nombreux à entrer dans une minorité ou dans une autre, qu’il s’agisse de sexualité ou d’ethnie ou d’autre chose, donc ça contribue à réaliser que le concept de majorité a pas beaucoup de sens…

    C’est vraiment très triste au sujet de ta copine :/ Et c’est un soulagement de voir que ça évolue dans le bon sens même si c’est encore loin d’être gagné. D’ailleurs je te rejoins totalement : c’est toujours bon à prendre quand c’est évoqué, même si c’est pas creusé, et c’est ce que j’essaye de faire personnellement en me disant que ça reste une petite pierre pour l’édifice :love_hotel: (:smirk:).

    Après je pense qu’on a un peu tous son cheval de bataille ; souvent parce que ça nous concerne d’assez près. La maladie, le racisme, la grossophobie… y a de quoi faire malheureusement ; et du coup c’est peut-être tentant de se focaliser dessus. Mais c’est là que la représentation “intégrée”, je veux dire, de la vie de tous les jours justement, qui constitue pas le nerf du roman, elle est super importante, parce qu’elle permet d’affirmer que toutes ces terribles petites cases sont pas étanches et qu’un personnage LGBTQ+ se définit pas nécessairement par ses difficultés à assumer ou à vivre sa sexualité dans la société.

    (Aussi j’ai pas bu mon deuxième café et peut-être que je suis pas claire du tout x’D).



  • Je trouve le débat très intéressant (enfin, y a pas vraiment débat comme on est tous d’accord xD ) et j’aimerais y apporter ma petite pierre.
    Je trouve très important de représenter tous les possibles, parce qu’il est important pour une personne de pouvoir s’identifier à quelque chose. Les stéréotypes sont importants pour ça, il faut juste éviter de réduire les individus à ces stéréotypes. Alors que ce soient les noires dans l’industrie cosmétique ou les LGBTQ+ dans les histoires… Je suis pour une plus grande représentation. Je suis d’accord avec ce que vous avez pu dire jusque-là, même si j’ai probablement été maladroit avec mon discours sur les stéréotypes.

    Ma copine est plutôt claire, mais elle peine quand même à trouver des fonds de teint assez foncés… D’où le point cosmétiques. Pourtant, il y a une demande.
    Les LGBTQ+ sont de plus en plus visibles (franchement, chaque fois que mes potes racontent une soirée, y a bien un ami trans’ ou au autre dans le récit) et c’est bien. Je ne sais pas s’il s’agit en partie d’un effet de mode (lapidez-moi si vous voulez), mais je trouve super que des gens qui autrefois auraient dû se cacher et souffrir de ne pouvoir être eux-mêmes peuvent aujourd’hui vivre leur vie.

    Edit (j’ai dû partir avant de terminer mon post et… je n’étais pas sûr de vouloir le compléter ^^):

    Je me suis justement essayé à une romance M/M. Enfin, plus que ça en fait : j’ai essayé (très maladroitement) de mettre en récit un garçon qui se pensait hétéro qui tombe amoureux d’un autre garçon.
    J’oscille toujours entre le “mais d’où j’ai sorti cette idée?” et "ce n’est que la mise par écrit d’une réflexion que j’ai eue : et si?"
    Je pense avoir très mal fait ça. Parce que finalement je pars dans une histoire somme toute assez banale, assez rose, sans aborder réellement les problèmes (bon, je suis en train de revoir ça et de penser à comment l’adapter en roman, mais ce n’est pas la question ici).
    Je suis quelqu’un de curieux. Fondamentalement. Mais du coup, je ne sais pas si c’est juste de la curiosité ou peut-être plus.
    Et même si une partie de moi a envie de savoir, d’être fixé, de fantasmer… Eh bien l’autre partie est très contente de comment je suis et de ce que j’ai. Alors pour l’instant, je ne changerai rien :P .
    Et là j’ai l’impression de ne pas avoir dit ce que j’étais venu raconter…

    Je concluerai par une recommandation : The Dragon Prince. J’ai tout récemment avalé les deux saisons de cette petite série d’animation, et j’ai vraiment adoré!
    Pourquoi je mentionne ça ici? Parce que c’est une série destinée à un public assez jeune (7+) qui, sans les aborder sous forme de grandes questions (dans l’univers, ça semble être acquis) présente des personnages très diversifiés : le roi est noir, il s’est marié à une femme blanche qui avait déjà un fils, il y a une princesse qui a deux mamans…
    Et il y a plein de thèmes comme la xénophobie qui y sont assez bien traités. Il y est question d’handicap… Bref, tout n’est pas forcément creusé, mais plein de choses sont représentées, et c’est déjà super.


  • Plume d'Argent

    Parmi les différentes raisons pour lesquelles la majorité des gens qui écrivent n’intègrent pas ces minorités dans leurs récits, on peut ajouter le simple fait qu’il n’y en a certainement pas dans leur entourage, ou aussi qu’ils ne les comprennent pas.
    Être ouvert aux minorités, être disposé à les accueillir à bras ouverts ne signifie pas forcément qu’on les comprend assez bien pour se mettre dans leur peau. Or, pour créer un personnage, il faut le comprendre dans une large mesure et il faut pouvoir adopter son point de vue, même s’il conserve une part de mystère.
    Il me semble aussi qu’on n’a pas forcément besoin de traiter des thèmes. Si la diversité est présente, même de façon anecdotique, même si elle fait simplement partie du décor, ça élargit déjà le paysage aux yeux des lecteurs et c’est toujours ça de gagné.
    J’irai même plus loin : si chaque fois qu’un personnage appartient à une minorité, on raconte les difficultés et les problèmes que pose sa différence, le public va se lasser. Alors on peut aussi prendre le parti de simplement mettre en scène des être humains de toutes sortes qui cohabitent pacifiquement ou non, sans forcément creuser leurs différences et sans que celles-ci soient la cause de leurs conflits.


  • Plume d'Argent

    @fannie a dit dans Trois fictions PAennes sur le genre... illustrées ! #PA Sage comme une image :

    Alors on peut aussi prendre le parti de simplement mettre en scène des être humains de toutes sortes qui cohabitent pacifiquement ou non, sans forcément creuser leurs différences et sans que celles-ci soient la cause de leurs conflits.

    C’est exactement ma pensée ! Je ne me considère pas apte à écrire une histoire où les problématiques LGBTQ+ seraient le nerf de la guerre. Mais pour moi, c’est important de dire que tel perso est gay, bi ou autre, pas forcément pour le développer, mais au moins pour le banaliser. Et rentrer dans le crâne du lecteur que c’est juste normal ^^


  • Administratrice

    C’est beau ces débats où tout le monde est d’accord :sparkles:


  • Plume d'Argent

    Oui totalement d’accord avec toi @Fannie aussi ! Surtout que, ben, au final je préfère lire des histoires où l’orientation sexuelle / le genre du personnage n’est pas le sujet principal, parce que je trouve que ça “normalise” encore plus ce genre d’identités, d’en voir dans la vie de tous les jours et aussi en héros (dans de la SFFF plutôt), plutôt que de mettre l’accent sur le coming-out (alors que les hétéros n’ont pas besoin d’en faire…) ou les difficultés. Parce que la première chose que ma mère m’a dite après m’avoir vue embrasser une fille a été “Tu te rends compte que ta vie va être moins facile quand même ?”, puis “Mais tu as été amoureuse de garçons pourtant ! Pourquoi tu ne peux pas te “cantonner” au genre opposé ?” (cette deuxième citation n’est pas exacte, mais c’est l’idée), alors que moi tout ce que je pensais c’est que j’étais amoureuse et que ça me semblait normal et naturel et bien. (Oh, je suis bi tendance lesbienne, au fait.)
    Et en plus, c’est effectivement moins compliqué de mentionner qu’un personnage est gay / bi / transgenre / non-binaire / etc que d’en faire le sujet principal de l’histoire, et c’est p’têt mieux de juste se “contenter” d’une représentation en toile de fond que de se casser joyeusement la margoulette en s’attaquant à quelque chose qu’on ne comprend pas. Ça vaut pour les autres minorités / différences d’ailleurs !
    Oh et d’ailleurs pour raccrocher au sujet principal, j’ai à nouveau écrit un truc avec un perso trans @Léthé :laughing: Et un.e genderfluid aussi ! Quand aux gays/lesbiennes/bis, j’en ai toujours eu dans toutes mes histoires, même quand j’étais moins même encore dans le placard et/ou le déni, ça me paraît juste naturel vu que ça se rapproche plus de mon expérience. Et en général, comme vous avez dû le remarquer, j’aime bien parler de différence !


  • Journaliste PAen

    @mart a dit dans Trois fictions PAennes sur le genre... illustrées ! #PA Sage comme une image :

    Je concluerai par une recommandation : The Dragon Prince.

    Je te rejoins sur cette série, je la recommande à tous les parents que je connais pour leurs enfants, et aux adultes aussi évidemment ! Première série du genre que je vois qui inclue, comme tu le dis si bien, un couple homoparental, un roi noir, et une personne sourde-muette. Elle est sur Netflix ;)

    Je me permets de rebondir sur cette histoire que tu penses avoir mal écrit : écrire un personnage homosexuel, c’est comme écrire un personnage typé, ou quelqu’un qui fait un métier qu’on ne connaît pas du tout (je schématise) : il faut faire des recherches. Comme on n’écrit pas un roman qui s’inspire de l’époque victorienne sans rien lire là-dessus, on n’écrit pas une romance LGBTQ+ sans s’informer un peu :p

    Je dis pas ça pour avoir l’air de te juger ou quoi PAS DU TOUT, je fais partie de ces gens qui écrivent au feeling donc bon ! Mais si tu veux être fidèle à la réalité pour une romance M/M, lis quelques livres, regarde quelques docs, honnêtement je n’ai jamais été choquée par des cisgenres qui écrivent des romances LGBTQ+ !

    Mes conseils lectures : Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, Le vrai sexe de la vraie vie, Chromatopsie… J’en ai aussi beaucoup sur des couples lesbiens et quelques-uns avec des trans ou non-binaire en perso principal ^^
    Le blog de Cordélia aussi regorge de conseils pour écrire un personnage / une romance LGBTQ+ <3

    Et @Mart si jamais tu as besoin d’aide, n’hésite pas à me poser des questions ! Mon meilleur ami est bi, en couple avec un homme, je suis moi-même pansexuelle en couple avec une femme ^^

    @Rimeko Ah le fameux “ta vie sera moins facile si tu aimes une fille” ! Argument de choc xD
    Oh, c’est quoi cette nouvelle histoire avec un perso trans ??


  • Journaliste PAen

    xD oui on pourrait croire qu’on tourne en rond mais moi ça me fait grave plaisir de vous lire, je plussoie tout ce qui a pu être dit !
    En dehors de tout enjeu de valeurs (que j’ai quand même bien en tête), je vois aussi la diversification des personnages (et de leurs sexualités, du coup) comme un excellent moyen d’élargir notre palette d’écrivain. Ne plus s’en tenir à des blancs cisgenres valides et beaux gosses comme j’en avais l’habitude mais accueillir tous les personnages qui nous viennent, avec leurs spécificités. J’aime beaucoup cette idée et j’aimerais m’améliorer dans ce domaine. Trouver la résonance de chaque perso en moi tout en reconnaissant à quel point il est différent de moi.
    Par contre, je crois que je préfère laisser la littérature plus engagée aux concerné.e.s. Je veux dire par là que je créerai des persos LGBTQ+, mais je ne suis pas sûre que je ferai de mes histoires un vecteur de “lutte” en faveur de ces minorités. Ça m’intéresserait d’en lire et j’écrirai volontiers sur la “zone” qui me concerne (notamment l’incertitude quant à l’orientation sexuelle, ça j’aurais de quoi noircir un bon paquet de pages !) mais je ne veux pas prendre la parole à la place d’autres gens. Je les représenterai, je ne parlerai pas pour eux !


  • Journaliste PAen

    Rah @EryBlack je me permets de te répondre de suite parce que (je mets en spoil juste au cas où, en vrai c’est pas un spoil mais…)

    Truc sur l’Université :

    Je trouve que ton roman se prête tellement à avoir un personnage LGBTQ+, je sais que c’est trop con, mais je m’attendais vraiment à en voir un ! Je n’ai pas été déçue qu’il n’y en ait pas, comme tu dis il faut aussi que tu trouves la résonance des persos en toi :) Mais je trouve que tu as de si bons personnages, tu sais pas comme je deviendrai dingue si l’un d’eux était LGBTQ ! Même sans en faire une lutte ou quoi, juste le montrer en mode normal !
    Bref désolée, je cherche pas à écrire à ta place xD J’aime trop ton histoire, je veux pas que t’en rajoute un juste pour le faire <3
    Et aussi : c’est quand la suiiite du tome 2 ?


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