Les Mots du Changement #Perles&citations


  • Journaliste PAen

    Entre les moments forts du fofo, la prose inspirée des plumes argentées et les envolées lyriques d’écrivains célèbres, nous partons régulièrement à la cueillette des perles. Est-ce que vous vous reconnaîtrez ?

    Ces citations ont été sélectionnées par EryBlack autour du thème Changement.

    – Très bien, tout est en ordre. Si vous avez des questions, des doutes, quoi que ce soit, je vous écoute.
    Stanley haussa les sourcils, pris au dépourvu. Le type le fixait ; il se gratta nerveusement le bras gauche par-dessous le brassard et finit par répondre.
    – Non. C’est bon. Merci.
    – Vous être sûr de vous ? C’est une intervention très lourde que le Vaccin, j’espère que vous en êtes bien conscient. Ça va totalement changer votre vie, et vous ne pourrez pas faire mar
    – Je sais, merci.
    Il n’avait pas voulu être désagréable, mais ce type devenait trop insistant. Il croyait quoi ? Que Stanley était venu ici recevoir un truc aussi important que cette foutue piqûre juste parce qu’il avait vu de la lumière ? Bien sûr qu’il avait réfléchi aux implications. Il n’en avait pas dormi pendant des nuits entières. Alors maintenant qu’il était là, qu’il avait réussi à se décider, tout ce qu’il souhaitait c’était en finir. En finir au plus vite.

    Kateyana dans De la putréfaction des cerveaux - Fictions Plume d’Argent

    Normalement, si, pour une fois au moins, tout s’était passé dans la vie comme dans les rêves, mes “petits camarades” auraient dû tous ouvrir de grands yeux et se pincer pour se persuader qu’ils ne rêvaient pas en me voyant entrer demain, moi, Julia Fuchs, toujours bonne élève, toujours fayote sur les bords, mais amoureuse, c’est-à-dire revisitée des pieds à la tête par un souffle qui me donnait le vertige quand je jetais un coup d’œil en moi-même, agrandie, étirée, approfondie par une force de type volcanique qui transformait l’introspection la plus quotidienne en plongée spéléologique. Je n’étais plus la même, je le savais, ma mère le savait, mon père s’en fichait et Judith était trop petite pour s’en rendre compte, mais zut et rezut, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mon nouveau moi brillait de mille feux, comme récuré au Cif ammoniacal (…).

    Je ne t’aime pas, Paulus - Agnès Desarthe

    (…) le premier cri explosa en bas.
    Un cri chargé de douleur et de terreur brute. Un cri qui venait de jaillir de la gorge de Lysander qui, pourtant, allait encore vaguement bien un peu plus tôt. Un cri monstrueux qui donna envie à Ismael de se précipiter en bas des escaliers pour le rejoindre. À la place, on lui demanda de pousser ce fichu piano pour condamner la porte. Il s’exécuta. Quand le second hurlement arriva à ses oreilles, il lui fit monter les larmes aux yeux. Au troisième il fonça s’enfermer dans les toilettes en espérant ne plus l’entendre.
    Mais la voix de Lysander portait jusque-là, et il n’eut pas la force de sortir pour essayer de se planquer dans la salle de bain à l’étage. Assis sur la cuvette, il tendit l’oreille, impuissant, et l’impensable se produisit. Du cri de souffrance bien humain de son ami se mêla un autre, un borborygme indéfinissable qui se prolongea encore et encore. Il y eut un silence abominable, pendant lequel Ismael s’entendit sangloter, puis ça reprit. Brièvement. Juste assez pour qu’il saisisse.
    Un hurlement de loup.
    Le genre qui passait dans les vieux films ou les dessins-animés, qui ne sortait que d’un documentaire animalier. Mais il résonnait ce soir dans la cave des Lancaster. Ismael n’entendait plus Lysander, désormais, seulement l’autre qui grondait.

    Elka dans Meutes - Fictions Plume d’Argent

    (Le chat) – Hé ?! C’est quoi, ça ?
    (Lou) – ?!?
    – Mais ?!? Mais c’est des p’tits lolos !
    – Hein ? Non mais non, je…
    – Elle a des lolos, elle a des lolos ! ♫
    – Chhhht ! On va t’entendre !
    – Woa ça va hé, c’est pas grave d’avoir des lolos !
    – C’est pas grave, mais ça fait flipper un peu.

    Lou, tome 3 : Le cimetière des autobus - Julien Neel

    Là, il visualisa une porte : le passage, c’était cela pour lui, cette porte à ouvrir pour se projeter au-delà de son espace physique. Il hésita un instant, sûr cette fois de ce que cela signifiait. Il pouvait encore refuser, faire demi-tour, rester lui-même comme avant. Cette « chose », sur laquelle il venait de mettre un mot, il l’aurait repoussée avec horreur, quelques semaines plus tôt. Mais tout était différent maintenant. (…)
    Arthen se visualisa tendant la main. Il ouvrit résolument la porte ; il avança d’un pas, et pénétra dans la clarté.
    Le monde extérieur entra en lui.

    Rachael dans Les Héritiers Célestes : Arthen - Fictions Plume d’Argent

    « Si tu veux vraiment sortir, il faudra te faire couper les cheveux. »
    C’était le seul moyen que le jeune homme avait trouvé pour se débarrasser de la présence encombrante d’Ayleen. Il venait de la lui exposer alors qu’elle était toujours murée dans un silence boudeur. Cette proposition la fit pourtant réagir : elle lui lança un regard horrifié, trahissant ses émotions. Sacrifier la crinière de feu dont elle était si fière ? Hors de question ! Ces imbéciles ignoraient-ils donc que sa longueur était le symbole de sa suprématie ?

    Slyth dans Une vie de château - Fictions Plume d’Argent

    Avec une souveraine indifférence, le Mille-faces s’empara d’une chaise. Entre l’instant où il amorça un mouvement d’assise et celui où il prit place sur le siège, son corps s’était agrandi à la façon d’un élastique. De grosses moustaches en guidon lui poussèrent sur le visage comme un champignon, ses habits se muèrent en uniforme à brandebourgs et l’un de ses yeux dévia à l’intérieur de son orbite.

    Les Disparus du Clairdelune - Cricrilameilleure (Si vous n’aviez pas reconnu, vous avez le droit de vous exiler.)

    Que vois-je ? Est-ce Hermione ? Et que viens-je d’entendre ?
    Pour qui coule le sang que je viens de répandre ?
    Je suis, si je l’en crois, un traître, un assassin.
    Est-ce Pyrrhus qui meurt ? Et suis-je Oreste enfin ?
    Quoi ! J’étouffe en mon coeur la raison qui m’éclaire ;
    J’assassine à regret un roi que je révère ;
    Je viole en un jour les droits des souverains,
    Ceux des ambassadeurs, et tous ceux des humains,
    Ceux même des autels où ma fureur l’assiège ;
    Je deviens parricide, assassin, sacrilège !
    Pour qui ? Pour une ingrate à qui je le promets,
    Qui même, s’il ne meurt, ne me verra jamais,
    Dont j’épouse la rage ! Et quand je l’ai servie,
    Elle me redemande et son sang et sa vie !
    Elle l’aime ! Et je suis un monstre furieux !
    Je la vois pour jamais s’éloigner de mes yeux !
    Et l’ingrate en fuyant me laisse pour salaire
    Tous les noms odieux que j’ai pris pour lui plaire !

    Andromaque (Acte V scène 4) - Racine

    Et pour finir, je vous invite à lire cette courte page de BD sur le blog du grand et glorieux Boulet. Avec plein de petits traits.

    N’hésitez pas à partager vos propres perles dans les commentaires ou sur le forum ! Le changement, c’est une thématique universelle.

    Ery


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