Relâcher la pression.



  • Bonjour,

    Je suis en pleine correction de mon roman (ou du moins, je suis censée l’être) et voilà que ça me reprend : je suis incapable de travailler.

    La même chose m’était déjà arrivée à deux reprises : je me mettais trop la pression sur une histoire et j’étais incapable d’avancer. Résultat, j’ai perdu 7 ans sur le premier projet et 3 ans sur le second. Et en 10 ans, les deux projets réunis, je n’ai pas du pondre plus de 50/60k mots, soit quasiment rien. Une belle perte de temps, donc.

    Entre ces deux projets, j’ai voulu écrire une histoire à laquelle je ne croyais pas. J’ai relâché la pression, et j’ai écris 40k mots en 2 mois. Signe, pour moi, que quand je ne stresse pas, je peux écrire.

    Après mon dernier gros projet abandonné (celui de 3 ans), j’ai attaqué une histoire à laquelle je ne croyais pas vraiment. Résultat : 80k mots écrits en 8 mois (pour le tome 1) et une bonne partie du tome 2 dans la continuité (mon seul NaNo de réussi). Soit 130k mots en neuf mois. Franchement, j’étais fière de moi. Sauf que c’était le NaNo de Novembre 2017…

    Voilà un an et demi que j’ai fini le tome 1 et après un super synopsis de réécriture (gros chantier : 10k de résumé), je n’ai réécrit que 5k mots. Là, je me replonge dedans pour une troisième version (la deuxième ne me convenant déjà plus) et j’ai un synopsis de prêt. Tout est ok pour attaquer, sauf que je n’y arrive tout simplement pas. Je suis à nouveau complètemet bloquée.

    Bah oui, au début, c’était partit d’une idée toute simple, je ne me mettais pas la pression, je m’en foutais un peu. Là, j’y crois pas mal à mon histoire, je suis contente de mon travail dessus, j’aime mes perso, mon monde, j’adore mon histoire et la façon dans j’ai emmêlé toutes mes intrigues et j’ai les tomes 2 et 3 qui m’attendent. Et j’ai déjà trouvé des bêta-lecteurs d’accord pour tout relire.

    Mais je bloque complètement. Peut-être parce que je me met trop la pression. Peut-être parce que je n’ai jamais corrigé d’histoire complète. Je ne sais pas. C’est un peu comme l’angoisse de la page blanche, mais sur des pages qui ne le sont pas. Bref, je ne sais pas si c’est particulier ou pas. Est-ce que ça vous est déjà arrivé ? Comment faire pour se mettre à corriger ?



  • Coucou @Lilia, je ne sais pas si ma propre expérience pourra t’être utile mais je peux te parler de mon premier roman, pour lequel je vois des similitudes avec ce que tu dis. Beaucoup de travail, de relectures, d’attachement envers les personnages. J’étais dans mon monde, je l’ai envoyé à pas mal d’éditeurs, eu brièvement un agent (j’en parle dans la rubrique concernée). J’ai un deuxième tome en cours. Et, au bout du compte, j’ai encore recommencé à le retravailler, mis le début sur PA, et bloqué à nouveau. Je me dis que je souffre de du syndrome de l’attachement au premier roman. Pour mes 2 suivants, il y a à revoir aussi mais je ne suis pas certaine de m’y relancer un jour. Je me pose la question de pourquoi le faire ? Ces romans sont imparfaits mais bouclés. Je pense avoir progressé dans mon écriture et me fais énormément plaisir avec mon dernier projet. Mais je comprends cette difficulté à abandonner ron “bébé”. Parce que c’est un peu de ça qu’il s’agit, non ? Tu dis que tu ne t’es pas mis la pression sur tes autres projets, alors pourquoi vouloir continuer à te flageller sur celui-ci ? Était-ce ton premier ? Qu’as-tu à prouver et à qui ? Pourquoi te lancer dans une logique comptable ? Il t’a pris du temps, certainement, mais il t’a aussi permis de d’affermir ta volonté d’écrire et sans doute as-ty progressé. Le choix t’appartient. Étant donné que je n’ai moi-même pas pris de décision définitive, je suis mal placée pour te conseiller. Je t’ai juste fait part de mon expérience et de mon ressenti. Peut-être que ce projet se rappelera à toi plus tard, et que les choses trouveront naturellement leur place ? Il me semble qu’on a assez de pression dans l’IRL, mais c’est l’hôpital qui se fout de la Charité car je suis la spécialiste pour me mettre la pression quel que soit le domaine. J’ai été longue, j’espère pas trop pénible. A bientôt et Carpe Diem. La bise


  • Plume d'Argent

    @lilia tu corriges toute seule, sur tes propres critères ou tu as déja eu des retours sur ton premier jet ?
    Si tu n’as jamais eu de retours, peut-être peux-tu faire relire en l’état, et tu poursuivras tes corrections sur la base des conseils et remarques de quelqu’un d’extérieur.
    Ou bien tu peux partager ton temps entre écriture d’un autre projet ou un autre tome et correction.


  • Administratrice

    Coucou @Lilia,

    Avant tout, sois rassurée sur au moins un point : tu n’es pas seule. Le blocage lié à la pression, ça a été aussi ma grosse bête noire. Je n’ai pas connu ça à mes débuts, quand j’écrivais des fanfictions de façon totalement décomplexée. Mais dès que j’ai commencé à m’investir sérieusement, à mettre vraiment de moi-même, ça a commencé. Certains blocages ont duré des semaines, d’autres des mois, parfois des années. Quand j’ai été publiée, ça ne s’est pas arrangé, ça m’a rajouté une pression supplémentaire x’D je traverse au moins une période de blocage par an, plus ou moins sévère. On a tous un petit juge perché sur l’épaule et s’il est précieux pour nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes, dans certains cas, il peut devenir épouvantable à démonter tout ce qu’on essaie de construire.

    Ce qui m’a aidée à aller malgré tout jusqu’au bout de chaque livre ?

    En parler, comme tu le fais toi-même : ça casse le mur de silence dans lequel on se renferme et qui n’aide pas les mots à circuler. Si tu bloques sur un aspect en particulier de ton histoire, tu peux en discuter avec d’autres membres, ça peut lancer de nouvelles pistes de réflexion.

    Aller de l’avant : une page, un paragraphe, une ligne, peu importe tant qu’on avance. C’est vraiment comme quand tu tombes de cheval et qu’on t’invite à te remettre en selle.

    Écrire tard le soir et tôt le matin : c’est bête, mais quand le mental a un pied dans le sommeil, la créativité peut enfin se libérer et se “lâcher”.

    Pas de chantage : se fixer une date d’échéance, s’obliger à écrire tant de mots par jour ou par mois, se donner pour objectif de plaire à un maximum de lecteurs, tout ça peut devenir contre-productif. Chacun va à son rythme et n’a de compte à rendre à personne.

    Prendre du recul : écrire doit être un plaisir, c’est un acte fondamentalement libre et c’est bien de se remettre les choses en perspective. Sortir, marcher, se changer les idées, méditer, tout ça, ça peut vraiment aider à se décoller la tête du guidon.

    Lire : dans mon cas, quand je n’arrive plus à mettre une histoire en mots, lire d’autres auteurs, d’autres histoires, les plus variées possibles me ressource. Vive Plume d’argent qui propose l’embarras du choix ♥

    Et enfin, @Lilia, dans le cadre spécifique de ta réécriture, vois si ça ne serait pas mieux de finir complètement l’histoire ou, en tout cas, de l’avoir bien avancée avant de retravailler le premier tome en profondeur ? Tu as déjà changé de version en cours de route, c’est peut-être que tu n’as pas une vision encore très claire et évidente de ce que tu voudrais modifier ? Peut-être que le texte n’a pas à être à ce point chamboulé ?

    Dans tous les cas, sache que nous sommes plusieurs à connaître ce que tu traverses ^^



  • @respoumpi Effectivement, c’est le premier roman dont je finis le premier jet (mais j’ai déjà fini deux novellas) et j’ai du mal à m’en détacher. J’ai essayé de me mettre à écrire autre choses, j’ai même très vite bouclé les 2 premiers chapitres d’une histoire en quelques jours sur un autre projet, mais ce dernier n’est pas assez mature dans ma tête pour que je m’y lance vraiment. Et puis, ça m’épuise de me dire que je vais encore laisser une histoire derrière moi. J’écris depuis mes 8 ans et est-ce que j’ai déjà fait lire quelque chose de complet ? Non. J’ai l’impression d’échouer constamment, de recommencer éternellement. Ah, des premiers chapitres, j’en ai à foison. Maintenant, je veux me prouver que je suis capable de finir les choses, d’aller au bout. Je veux avoir une histoire terminée dont je puisse être fière.

    @Isapass Oui, je corrige seule, sur mes propres critères, même si j’ai déjà fait lire mon chapitre 1 à quelques personnes.
    Relire en l’état, ce n’est juste pas possible. J’y ai déjà pensé, mais ça me rendrait malade de filer cette histoire à laquelle je crois dans cet état. Et je n’ai pas envie de donner à corriger une version périmée, pas aboutie. Ce n’est qu’un premier jet, vraiment pas travaillé.

    @Cricri Merci beaucoup pour ta réponse, ça me rassure beaucoup de voir que je ne suis pas la seule à vivre ça (même si ça ne me rassure pas de constater que même si publié, ce stress et ce blocage peut revenir).
    Je ne bloque pas sur mon histoire en elle-même, puisqu’elle est déjà écrite, mais sur… mince, je ne sais même pas sur quoi je bloque. Mais dès que j’ouvre mon fichier, je n’ose pas y toucher. Alors j’ai essayé de tout réécrire, mais j’arrive à peine à coucher quelques lignes et j’arrête, persuadée que la première version était bien mieux.
    Oui, je vais essayer d’écrire tôt le matin. Le soir, j’arrive à rien, mais quand je m’y met, j’arrive bien écrire 1000/1500 mots avant d’aller au boulot. Quand je m’y met…
    Oups, je vais arrêter de ce pas le chantage alors. Je me suis fixée un calendrier de correction, pour avoir quelque chose à présent d’ici septembre.
    Lire, ça va, je lis encore pas mal. Pareil pour prendre du recul, je fais plein d’activités.
    Quand à finir la trilogie avant de retravailler le premier tome, je ne sais pas si j’y arriverais. Certes, j’ai déjà changé d’avis quant à ma réécriture, mais pas sur le fond, seulement sur la forme (suppression pure et simple du second narrateur. Je n’aimais pas écrire de son point de vue à lui). L’histoire en elle-même reste la même, j’ai changé quelques détails, surtout au début, mais la seconde moitié de l’histoire sera vraiment très proche du 1er jet. Et puis les tomes, même s’ils doivent être lus dans l’ordre, sont relativement indépendant. Dans l’absolu, on peut s’arrêter de lire après le 1 ou après le 2 sans être (trop frustré).



  • La question est : est-ce que tu es vraiment certaine de vouloir tout corriger ? Est-ce que tu en as besoin ? Tu dis par exemple que tu n’es plus satisfaite de la version 2 de ton tome 1, mais qu’est-ce qui ne va pas pour toi ? L’intrigue elle-même ?

    Là je ne vais parler que de ma propre expérience, mais je vois que tu parles de synopsys. Est-ce que ce n’est pas tout simplement ça qui te bloque ? De mon côté, les plans, les fiches, les trucs “organisés” me bloquent complètement. J’écris beaucoup mieux quand je “laisse faire l’histoire et les personnages”, en gros quand ils vivent leur vie tout seuls. Même en cas de correction ! Est-ce que ces synopsis ne te bloquent pas ?

    Là où je te comprends à 100%, c’est quand tu parles d’avoir “perdu 10 ans”. Je pense exactement de la même façon, mais je suis persuadée que c’est une erreur. On ne “perd” pas du temps ; tu perds du temps par rapport à quoi ? Par rapport au fait d’avoir décidé que cette histoire devait être finie au bout d’un an, deux ans ?

    Je rejoins @Cricri là-dessus :

    Prendre du recul : écrire doit être un plaisir

    C’est ça, au fond l’important. Donc peu importe si tu as mis dix ou quinze ans à finir cette histoire, ce qui compte c’est le plaisir que tu as pris pendant l’écriture. Personne ne t’oblige à la terminer, à la corriger, si ce n’est toi ! Si tu n’y arrives pas, ce n’est pas grave. Lis, écris autre chose. Et reprends quand tu le sens. Ne te force pas. Personne ne t’en voudra de ne pas écrire/corriger cette histoire maintenant. Et tant pis si tu reprends dans 8 ans.



  • @Lilia Je me reconnais dans ce que tu dis, j’ai passé ma dernière année scolaire à travailler sur un projet en lequel je croyais beaucoup, dont je peaufinais les personnages chaque heure de ma petite existence, pour lequel j’avais constamment des idées, qui se perdaient parfois en route. Et en plein milieu du premier tome, paf, je me suis arrêtée. Parce que je me suis mise à douter, à me dire que ce que j’écrivais n’était pas à la hauteur de ce que j’espérais, parce que je m’étais dit que ce projet était le projet le plus important de ma passion pour l’écriture, et je n’ai jamais réussi à m’y remettre.
    Corriger, c’est compliqué. Remodeler pour que tout soit parfait, c’est déprimant. Effacer un passage pour que tous les autres soient cohérents est très dur. Mais une fois que tu l’auras fait, tu te sentiras bien. Mieux. Tu seras satisfaite, fière de toi. Pour te mettre à corriger, je n’ai pas vraiment de conseil, à part ne pas te forcer. Continue à rêvasser, à imaginer, ne range pas cette histoire au fin fond de tes dossiers. Suis ton instinct :heart: Comme beaucoup le disent, ce qui est le plus vrai dans l’écriture, c’est que ça doit être rester un plaisir. A partir du moment où tu te forces, ça ne va plus aller.


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