Compte-rendu Masterclass Imaginales 2018



  • Bonjour les Plumes !

    Il y a un an, je vous parlais de mes premières Imaginales et de toutes les conférences, discussions et débats littéraires auxquels j’ai pu assister, avec des auteurs et des éditeurs.

    Maintenant que je suis de retour sur PA, je peux enfin tenir ma promesse et vous donner mes notes sur la Masterclass payante à laquelle j’ai eu la chance de participer. Avec l’accord de @Cricri, je publie le tout en un seul sujet ici, histoire que ce soit plus facile de s’y retrouver. :blush:
    Pour info, les Imaginales, c’est un festival des littératures de l’imaginaire qui se déroule en mai tous les ans à Épinal. Quant à la Masterclass, elle a lieu juste avant le festival, avec les écrivains de fantasy et de SF Lionel Davoust et Jean-Claude Dunyach, dans le but de retravailler son manuscrit et d’envisager l’édition.

    En voici le pitch :

    “Démarche novatrice initiée par les Imaginales, cette journée de formation à l’écriture vous offre l’occasion de porter votre travail d’auteur à un niveau professionnel. Encadrés par deux écrivains de fantasy et de SF confirmés, Lionel Davoust et Jean-Claude Dunyach, vous découvrirez en quoi l’écriture est un métier et acquerrez méthodes et techniques pour vous guider dans l’évaluation et l’amélioration de votre propre manuscrit.”

    Aussi, les deux auteurs mettent à disposition sur leurs sites web les présentations et autres ressources de la Masterclass, qu’il est possible de consulter à loisir. Je vous laisse y jeter un œil pour compléter le sujet :smile:

    Lionel Davoust : aides à l’écriture
    Jean-Claude Dunyach

    Soutenez leur travail, ils sont géniaux !

    .

    Introduire l’étrangeté et les métamorphoses

    On commence par un conseil de Monsieur Jean-Claude Dunyach, que j’ai retenu jusqu’à ce jour : l’introduction de l’étrangeté et de la métamorphose est essentielle en fantasy et en SF. Par la gestion de l’information, sans en dire trop, en évitant de ne pas en dire assez. L’auteur doit savoir gérer ses effets. C’est le « Rebound effect » : on jette un caillou, cela génère des circonvolutions. C’est ici que la description par l’action, par exemple, devient essentielle.

    Premier exercice : racontez l’intérieur d’un des ballons de Rihil.
    Il s’agissait de mettre ce conseil en application, en décrivant un homme qui arrivait au seuil de la maison d’un extraterrestre. Il fallait décrire à quel point cet habitat était différent, à quel point il surprenait l’œil et la perspective humaine, défiant notre entendement et provoquant pourtant notre émotion/empahtie (ou un autre sentiment, selon ce que l’on choisissait d’en montrer). Nous avions un début de texte et nous devions le continuer pour quelques lignes, en un temps donné.

    Ma version :

    L’inspecteur souffla en arrivant sur le palier terne du Rihil. Il épongea son front avec sa serviette crasseuse, remit son manteau en place et inspira dans son masque d’oxygène avant de toquer à la porte de verre opaque. Seul le silence lui répondit. Les ballons voisins flottaient dans le vide de l’espace, indifférents au mal que l’homme se donnait pour son travail. La colère le prit et il donna un coup de pied rageur dans un pot de géraniums fanés. Fallait-il que ce maudit Rihil lui fasse faux bond une seconde fois ? Comment pourrait-il expliquer à ses supérieurs ce que… Un doux grincement lui fit redresser la tête. La porte bâillait, entrouverte, laissée à l’abandon comme tout le reste de ce taudis. L’inspecteur la poussa en appelant d’une voix forte : « Rihil ? Rihil ! Je te jure, bon sang de rejeton de gnome lilliputien, si tu ne viens pas m’expliquer ce que tu faisais au quartier des Aurores ce matin, je… » Mais sa voix rebondit en écho sur l’acier des murs et le contreplaqué des armoires. L’homme fit la plus délicate de ses listes d’injures, tout en tournant et retournant l’appartement d’une seule pièce, soulevant le matelas miteux du lit dont les ressorts couinaient, vidant l’unique table de nuit qui ne contenait plus que du bric-à-brac inutile, des clous à grignoter, une publicité pour un restaurant d’essence grotesque et une vieille poupée de chiffon déchirée. Barnabey la prit entre ses mains, pensif, puis il ouvrit le frigo d’un coup de pied et se saisit d’une vieille bière à l’étiquette presque effacée. Tout en buvant, il observa les yeux de laine du doudou. Pourquoi le Rihil aurait-il abandonné le seul souvenir de sa fille ?

    Les secrets du dialogue

    Nous avons continué dans la présentation des techniques d’écriture avec Jean-Claude Dunyach. Abordant le sujet du dialogue, l’auteur nous a expliqué que ce dernier doit révéler les secrets, les failles et la personnalité du personnage. Ils parlent comme ils sont.

    Deuxième exercice : décrivez-vous mais en utilisant uniquement un dialogue.
    C’est là qu’il nous a proposé ce jeu, très amusant, de se tirer l’auto-portrait en, vous l’aurez compris, usant sans vergogne du dialogue. C’est très formateur de devoir se décrire de cette manière. Cela peut aussi marcher avec un personnage, mais c’est plus facile de partir de soi, du réel, pour bien comprendre les mécanismes employés, avant de pouvoir les réutiliser dans une histoire.

    Ma version :

    « Bienvenue dans le procès de l’auteur. Mes camarades, nous allons commencer, séance tenante. Laura, vous êtes accusée de sadisme et de non-respect du contrat initial par pas moins de cinq de vos personnages principaux, qui sont présents afin de rendre compte des abus dont ils sont victimes. Moi, Likolò, de plusieurs centaines d’années leur aîné, je préside cette assemblée en notre nom à tous. En premier lieu : les morts et blessés.
    — Elle est complètement folle ! explosa Pandora, jeune mère pleine de rage. Elle force des enfants à attaquer d’autres enfants, elle me plonge dans un autre monde sans me consulter et j’assiste impuissante au péril d’une adolescente ! Qu’elle soit châtiée pour son indifférence cruelle face à notre sort à tous !
    Un enfant renifla dans un coin de la salle, et d’instinct, la femme l’attira contre elle. Le petit Sown leva des yeux plein de larmes vers le juge Likolò.
    — Elle a tué ma sœur. Pourtant, j’ai cru qu’elle était gentille, au début. Elle me répétait que j’étais en sécurité, qu’elle me protégerait. Elle me donnait des bonbons quand j’étais sage et que je respectais le synopsis. Puis… Elle a commencé à lancer des gens à mes trousses… Elle a regardé des méchants mettre le feu à un village… Contente d’elle… Jusqu’à la fin du roman… »
    Il fut incapable de continuer et logea sa tête contre le ventre de Pandora. La jeune mère foudroyait l’accusée du regard. (Remarque du maître de la masterclass : à ce moment-là, il aurait fallu en profiter pour décrire sa posture, comment elle est physiquement, etc.) Le juge Likolò s’éclaircit la gorge.
    « Oui, nous connaissons tous ses tendances… particulières. Voulez-vous prendre la parole, jeune Thaïs ? »
    Le garçon-chat se leva, la tête haute, les moustaches frémissantes.
    « JE. NE SUIS. MÊME PAS ENCORE. DANS LE ROMAN. ET ELLE PLANIFIE DÉJÀ MÉTICULEUSEMENT MA MORT !!! »

    Méta-histoire et enjeux en perspectives

    Ensuite, toujours avec le grand Jean-Claude Dunyach, parlons de la méta-histoire. C’est ce qui se déroule en arrière-plan, qui fait le lien entre micro et macro. Par exemple, Game of Thrones, c’est une grande toile mais les personnages avancent chacun dans leur coin, pourtant ils font chacun partie de cet immense plan plus large. Suffisamment pour donner une envergure au projet qu’on sert mais pas plus. L’histoire passe avant tout. C’est toute l’importance de donner l’enjeu.
    Il faut (encore) introduire l’étrangeté, séduire et déstabiliser, jeter le lecteur dans la piscine d’eau froide, amener le début du roman dans la catastrophe. Permettre l’impact fort sur sa psyché une fois que tout se relie.

    Le sensorium

    De nouveau, nous continuons sur la présentation de Jean-Claude Dunyach et là, là, nous entrons dans ma partie favorite, dans une chose qui ne m’a jamais quittée, dans un souvenir particulièrement doux pour moi.
    Le « Sensorium », c’est la caractérisation sensorielle complète dans une description, images, sons, odeurs, toucher. Il permet un Monde étrange mais réaliste. Dunyach nous a donné une anecdote fascinante, que j’appelle encore aujourd’hui “l’anecdote du jardin japonais” :

    « Il marchait dans un jardin et a remarqué sur le sol un jeu d’ombres et de lumière. Il a ramassé une fleur rouge tombée, l’a posée sur le sol et a voulu la prendre en photo. Un jardinier japonais s’est approché et lui a demandé ce qu’il faisait. Gêné, il a gentiment répondu qu’il avait ramassé une fleur déjà tombée. Le jardinier dit qu’il sait et redemande ce qu’il fait. Alors l’auteur explique qu’il a aimé le jeu d’ombres et de lumière sous la voûte des arbres, trouve ça beau et voudrait prendre une photo. Le jardinier japonais sourit. Il explique qu’il est content que quelqu’un s’en soit rendu compte. Parce qu’ils taillent le haut des arbres spécifiquement pour que la lumière passe et joue avec l’ombre. »

    Les sensations rajoutent du sens. C’est mettre le lecteur au piège, lui faire vivre tout un tas d’expériences dont il n’aura pas envie de sortir, qu’il voudra vivre encore.

    Troisième exercice : décrire un endroit où on mange (restaurant, cuisine particulière).
    Avec les contraintes suivantes : pas de descriptions visuelles, de la nourriture inhabituelle, un endroit où j’ai envie de manger, un endroit qui me donne des informations sur le monde qui m’entoure.

    C’est ce conseil, et son exercice qui a suivi, qui m’ont marquée. J’ai adoré ce principe et je m’en amuse encore aujourd’hui, à lisser mes descriptions jusqu’à ce que les cinq sens soient présents, jusqu’à ce que le mot juste sonne à mes oreilles. C’est un peu ce que j’aime chez l’auteur Pierre Bottero, par exemple. C’est ce qui me touche, ce que j’essaye de reproduire en écrivant. Et c’est drôle, parce qu’en lisant mon texte à voix haute pendant cette Masterclass (ça nous arrivait à chaque fin d’exercice), les auteurs m’ont fait un compliment :blush:

    Ma version :

    Sous ses doigts, les écailles râpeuses glissaient. Il éclata de rire et des bulles caressèrent la commissure de ses lèvres. À tâtons, il toucha la vase et entendit s’agiter des nageoires habiles. Un rayon chaud frappait son dos en perçant la surface. Il s’agrippa aux éclats vifs de son repas, le ramena tout contre lui et surgit face au ciel en inspirant une grande bouffée d’air. « Je l’ai ! cria-t-il à son compagnon de voyage. Tu es prêt ? » Depuis l’autre côté de la rive, une forte odeur de fumée lui parvenait déjà. Sa faim fut aussi brillante que sa fierté d’avoir capturé sa première proie. Réussi ! Il venait de réussir à prouver au monde sa nature de chasseur !

    Le soin du vocabulaire

    Nous continuons avec Jean-Claude Dunyach. Ce travail de vocabulaire, c’est essentiellement adapter ses métaphores au monde dans lequel on se trouve. Utiliser des expressions nouvelles, dire le monde, penser le monde, comprendre le monde à travers ce vocabulaire. Les notions d’endogène / exogène s’y retrouvent : appartient à la planète, extérieur à la planète. On est ailleurs, donc ça signifie quoi ? Par exemple au japon (toujours), un enfant s’approche des vitrines dans un musée et met de la buée sur les vitres. Une dame le suit patiemment avec un chiffon pour essuyer derrière. Il était normal pour l’enfant de s’approcher, les parents n’étaient pas loin, et il était normal que la dame vienne pour essuyer derrière lui et le suivre. Qu’est-ce qui est « normal » dans votre monde ? Coutumes, habitudes, comportements, les mots pour l’exprimer et le dire.

    Créer le désir, créer l’envie à partir de ce dont le lecteur ne sait pas qu’il a envie. Par exemple le créateur de l’iphone est arrivé en disant “ah, ce serait bien qu’il existe un téléphone qui pourrait faire ça, et ça et ça.” Puis il sort de sa poche le téléphone en question. Il a fait croire qu’il a révolutionné le monde avec ce téléphone et a créé l’envie chez les gens d’en avoir un alors que jusque-là tout le monde vivait sans.

    Être en possession des questions. Se demander ce qu’on a écrit avec son inconscient.
    Rajouter des couches. Par exemple sur une carte postale, au lieu de décrire simplement ce que vous avez fait pendant la journée. Rajoutez le goût de la glace, la sensation du sable, l’odeur marine, le bruit des vagues.

    J’étais fascinée par ce niveau de détails, et la manière dont cela s’équilibrait si bien. :slight_smile: Je n’ai plus écrit mes descriptions autrement depuis un an.

    Corriger son manuscrit

    Nous voilà arrivés à la partie de Lionel Davoust ! Et de tout ce qui vient après, une fois le premier jet achevé. La grande question de la publication et des corrections.

    Lionel disait que « La créativité ne consiste pas à trouver les réponses mais à trouver les questions. » Il nous invitait à nous demander, “est-ce que j’ai soulevé les bonnes questions ?” Partir de ce que nous avons fait pour nous rapprocher le plus possible de notre idéal esthétique.
    Le lecteur construit sa propre histoire. Laissez-le imaginer, remplir les blancs. En dire suffisamment et pas trop. Autant de « budgets d’attention » qu’il existe de lecteurs différents, c’est la notion moderne d’attention limitée. Il faut donc une promesse narrative accrochée au récit pour y répondre. Il faut respecter les attentes du lecteur.

    Conflit narratif

    Nous continuons avec la présentation de Lionel Davoust.

    “Tu veux ou tu veux pas”, c’est plus que mettre son personnage face à un ennemi, c’est vouloir (le personnage veut) et se confronter à divers antagonismes, des résistances (l’autre veut). Un protagoniste est quelqu’un d’intéressant, qui veut quelque chose d’important pour lui, et pour qui c’est compliqué de l’obtenir. « Le premier à jeter une insulte plutôt d’une pierre est fondateur de la civilisation. » Mettez des emmerdements à vos héros. Ne les ménagez pas. Réfléchissez ainsi : « Comment ça va merder ? » Il s’agit de construire la tension narrative.
    Amener le lecteur à comprendre le personnage, pour susciter l’empathie.

    Première passe technique

    Pour les corrections, il faut être impitoyable, selon Lionel.

    “Qu’est-ce que j’aime lire ?” C’est la question que nous devrions nous poser. Une lecture sur manuscrit, ce serait équivalent à une passe de corrections. Cela permet d’avoir un certain recul sur son projet, de sortir de son rôle d’auteur pour endosser celui d’éditeur et celui de lecteur. « Go back file » : noter lors de l’écriture dans un fichier à part les détails à changer plus tard.

    Lionel a cité Mes secrets d’écrivains, d’Elizabeth George comme référence. Il a parlé de la technique du dispositif d’évitement du syndrome de la tête parlante : deux personnages A et B parlent, s’échangent des informations et c’est hyper mécanique. Le mieux serait d’éviter ça en leur donnant quelque chose de signifiant à faire pour donner de la gravitas à la scène, de la tension. Soigner la mise en scène pour saupoudrer le dialogue de conflit : par exemple pour un couple, placer le dialogue lorsqu’ils peignent la chambre de bébé. Montrer que c’est tendu entre eux par cet acte symbolique.

    Le sensorium (again, but different)

    Relecture du « sensorium » par Lionel : ne pas passer 4 pages sans donner une odeur, par exemple. Peaufiner la mécanique, chercher le mot juste, qui sert le mieux la scène. Les mots servent juste à faire naître dans l’esprit du lecteur ce qu’il va lire. Les mots permettent de toucher le hors-texte. Il faut les utiliser pour viser juste, créer les sentiments, sans que le lecteur s’en rende compte. Cela nécessite des ajustements fins à travers les connotations, le hors-texte de chaque mot, évoquer des choses très fines via ces idées, sensations, s’aider des impressions associatives aux mots.

    L’auteur dans la chaîne du livre
    Le droit d’auteur ce n’est pas protéger l’œuvre, mais protéger la personne, selon Lionel. En France, les auteurs priment grâce à ce droit d’auteur. Dans la littérature adulte l’auteur touche 10 à 12% des ventes de son livre. En littérature jeunesse c’est moins, 6 à 10%. Toute la partie commerciale représente la moitié du prix de vente public d’un livre (diffuseur, distributeur, détaillant). Après c’est le fabricant, puis l’éditeur et l’Etat avec la TVA. L’auteur est comme un entrepreneur, comme un homme ou une femme d’affaires, qui traite et signe avec les partenaires économiques qui l’intéressent et qui lui donnent les avantages qu’il recherche. Sans l’auteur pas de livre. L’éditeur dépend aussi de l’auteur. L’auteur doit donc aussi savoir le descendre de son piédestal et le traiter comme un partenaire d’affaires et savoir négocier.

    Approcher les éditeurs
    Comment pitcher son livre ? Un pitch, c’est une accroche sans trop en dire, la plus courte possible, qui donne envie. Vous rentrez dans l’ascenseur, vous avez une minute et demie pour convaincre. Une erreur fréquente des jeunes auteurs dans l’imaginaire, c’est de commencer par : « Alors c’est dans un monde où… » Honnêtement, on s’en fout, ce qui est important c’est l’histoire et les personnages. Un personnage intéressant, où est son conflit, que doit-il faire ? Personnages, actions, enjeux. Le pitch doit se rattacher un maximum au conflit, à l’humain, aux personnages. On est là pour l’histoire avant d’être là pour le monde. On en vient au monde à travers l’histoire. Le fondamental d’une histoire, c’est l’histoire. Ne pas se concentrer sur les moyens mais sur les finalités.

    Voilà, voilà !
    J’espère que ce compte-rendu pourra vous aider, les plumes, et en attendant je vous souhaite une très bonne soirée. A bientôt !


    Edit : Un autre message est disponible pour un compte-rendu des conférences, toujours pendant les Imaginales 2018. C’est juste par ici, suffit de cliquer !


  • Plume d'Argent

    Merci pour ce compte rendu bien présenté, @Pamiel. Merci de partager tout ça avec nous.
    Bien qu’en général je n’écrive pas dans les genres de l’imaginaire, je trouve que ces conseils donnent de bonnes pistes de réflexion.



  • Ah super chouette ! Merci beaucoup pour ce compte-rendu, je n’avais pas pu assister à la master class :D (mais on a dû se croiser aux Imaginales @Pamiel :D )



  • super ce compte-rendu @Pamiel ! merci de penser à nous, j’aimerais bien aller aux Imaginales un jour.
    A ce propos, à partir de quel âge c’est intéressant pour les enfants à votre avis ?(question pour Pamiel mais aussi pour tous ceux qui connaissent ( @Litchie… ) , et sachant que les miens sont tout petits…)


  • Plume d'Argent

    Merci pour ce compte rendu hyper détaillé ! Je trouve les exercices plutôt intéressant et c’est gentil de ta part d’avoir partagé ta version. J’essaierai peut-être quelques-un des exercices quand je me retrouverai devant une page blanche :)



  • Bien contente que ça puisse vous être utile, les plumes :heart: @Fannie Oui ces conseils s’appliquent aussi pour les autres genres littéraires, en particulier pour le sensorium.

    D’ailleurs, j’ai quelques conseils d’écriture de Stéphane Marsan (directeur de publication de Bragelonne) pour les jeunes auteurs sous la patte, qui datent aussi des dernières Imaginales. Je les ajoute ici ou j’en fais un autre sujet ?

    En fait, j’ai encore plein de notes des dernières Imas à vous donner… :smile:

    @Litchie Oooooh :smiley: Je me demande si on a assisté aux mêmes conférences, du coup ! Tu avais vu Robin Hobb ? J’y retourne cette année, toute la semaine encore, j’ai trop hâte~

    @Bambi Si ça te tente de venir, j’y serai en mai prochain et je serai contente de t’y accueillir :blush: Pour les enfants, j’ai vu quelques bambins se balader avec leurs mamans, le cadre est très agréable, mais après il n’y a pas vraiment (à mon souvenir en tout cas) d’animations prévues pour eux… C’est surtout beaucoup de conférences. Il y a bien des combats d’épées, des défilés de costume, de la musique et tout ça, mais la vie du festival, ce sont les bars le soir, les rencontres auteurs/lecteurs la journée, les débats littéraires… En tout cas de ma propre expérience ! Peut-être qu’il y a des choses que je n’ai pas vu ?

    @Patbingsu Ah génial, si tu essayes les exercices n’hésite pas à venir les partager ici !! :heart:


  • Plume d'Argent

    @Pamiel a dit dans Compte-rendu Masterclass Imaginales 2018 :

    D’ailleurs, j’ai quelques conseils d’écriture de Stéphane Marsan (directeur de publication de Bragelonne) pour les jeunes auteurs sous la patte, qui datent aussi des dernières Imaginales. Je les ajoute ici ou j’en fais un autre sujet ?
    .
    En fait, j’ai encore plein de notes des dernières Imas à vous donner… :smile:

    Il me semble que tout ce qui est plus ou moins lié aux Imaginales de 2018 peut figurer ici.



  • @Fannie Est-ce qu’il y a possibilité de faire des “ancres” ici pour renvoyer à un message plus loin dans la conversation à partir du premier post ? Ce serait pour faire un sommaire, et publier dans un autre message le reste, pour éviter que le premier post ne fasse des kilomètres :blush:


  • Plume d'Argent

    Rha, les Imaginales, mon festival préféré ! 💕

    Le cadre est superbe avec des chapiteaux, des auteurs partout, et une ambiance très sympa.

    J’ai vu quelques jeux pour les enfants, mais j’attends que la mienne soit plus grande pour l’emmener avec moi.



  • Oh merci @Pamiel c’est vraiment adorable, mais ce ne serait pas pour cette année. Et à ce que tu décris, ce ne serait même pas les prochaines 😊
    C’est beaucoup plus clair du coup, je n’arrivais pas à me représenter ce que c’était comme concept, notamment si c’était uniquement SF/Fantasy, ou s’il y avait aussi des espaces littérature jeunesse adaptés aux petits (parce que je kifferai trop de voir la tête de mes minots si Benjamin Chaud leur dessinait un Pomelo en direct! ou voir Emile Jadoul leur dédicacer un Papa bouc.)
    Je sais bien que ce sont des domaines différents, mais certains auteurs comme Stéphane Servant par exemple, qui a écrit le magnifique Sirius récemment, ont fait auparavant beaucoup d’albums jeunesse, alors je me demandais…
    Je crois que j’imaginais ça comme un genre de méga fête du livre-festival tout public, je sais pas…
    Avec tes explications et les impressions d’ @elikya jsuis fixée, merci à toutes les deux pour ces infos :)
    Et encore une fois, c’est cool d’avoir des retours sur ces événements!


  • Plume d'Argent

    @pamiel a dit dans Compte-rendu Masterclass Imaginales 2018 :

    @Fannie Est-ce qu’il y a possibilité de faire des “ancres” ici pour renvoyer à un message plus loin dans la conversation à partir du premier post ? Ce serait pour faire un sommaire, et publier dans un autre message le reste, pour éviter que le premier post ne fasse des kilomètres :blush:

    On peut le faire, mais je ne sais pas comment. Dans mon exposé sur l’accord des participes passés (dans Français 101), c’est @Cricri qui a fait ces liens.



  • @Pamiel Oui et c’était la deuxième fois que je la voyais d’ailleurs :D j’avais déjà déjeuné avec elle à une édition précédente. Et j’y vais cette année aussi, mais je ne sais pas encore quand (a priori tout le samedi !). Je n’habite pas loin donc je n’ai pas trop de questions à me poser :D. Les conférences de l’année dernière hmm… j’avais fait celle de Marsan, et je ne me souviens plus trop du titre des autres :D Une avec Agnès Marot qui m’avait bien plu… et surtout j’avais fait le speed dating (l’angoisse de ma vie…) :laughing:



  • J’ai réussi à trouver pour les ancres, grâce au message de Cricri que tu m’as indiqué, merci @Fannie ! (Il suffit de faire “citer le message” pour en voir le code, et en fouillant ce dernier, j’ai découvert comment faire). Pour ceux qui passeraient par là et auraient le même soucis : il suffit simplement de mettre un lien de la page en rajoutant /lenumérodumessage. Si vous regardez la barre d’adresse, en fait, ce numéro s’affiche automatiquement quand vous descendez dans un sujet, donc même pas besoin de l’entrer à la main !

    Et @Litchie, je suis intéressée d’avoir ton retour sur le speed dating. :blush: J’ai été prise pour le faire cette année…

    Cette année le thème ce sont les pays nordiques, avec des lectures de contes oraux Edda, une Murder party viking, et autres joyeusetés des pays froids. Plus qu’une semaine, je meurs de hâte !

    Mais repartons d’abord en arrière, à celles de 2018, juste encore une fois :


    When you look at me, do you see a hero ? Game of thrones ou la fantasy des évincés de l’histoire.

    Justine Breton, responsable de travaux universitaires du Kaamelott et le Sacré Graal, nous présente les fonctions politiques d’un bon récit. “L’histoire est racontée par les vainqueurs.” Dans Game of thrones, on renverse cet idiome, l’histoire est réécrite par les vaincus à l’insu de tous, à des fins de protection. La révélation progressive de ce secret se fait par une émergence de ceux appelés “les évincés de l’histoire”. C’est la redéfinition des ‘‘héros’’. Ces personnages ont une ambiguïté morale bien particulière.

    En rappelant le modèle des héros de conte, ces personnages sont des outsiders, ils sont le roi dépossédé, le prince exilé, le petit faible désavantagé qui devient le plus fort et le plus riche en traversant des moments d’horreur, de terreur, de tremblement. C’est une esthétique de violence. Ce sont les “laissés-pour-conte”, dans une image épique et courtoise, mais aussi machiavélique des évincés. “Cripples, bastards and broken things.”

    Game of thrones, pourtant, ce n’est pas vraiment à 100% de la Gritty fantasy/Grimdark fantasy, ce genre constitué uniquement d’intrigues politiques violentes et sombres. Car une chance existe pour les réprouvés. Les évincés reprennent l’histoire en main (et ils n’ont pas tous les mêmes buts). Les personnages marginaux se réunissent ensemble en “tables rondes”. Seule la fin nous dira si leur histoire est heureuse ou triste…


    Chasse aux sorcières et anti-fascisme dans Harry Potter

    L’autrice Silène Edgar nous présente l’histoire dans l’histoire, à travers la contestation sociale, les thèmes de la maladie, du corps et surtout de la mort. Les livres Harry Potter permettent de passer “de l’autre côté du miroir” pour découvrir une société dans la société, celle des sorciers. Cela met en évidence les problèmes de notre société moderne à travers cette société des sorciers. Les références au nazisme, par exemple, à travers Salazard Serpentard (SS), la théorie de la race sang-pur et de la pureté ethnique, l’école de Durmstrang et les Malefoy (aryens), les cagoules des Mangemorts (Ku Klux Klan), la chasse aux moldus (chasse des juifs).

    Ce n’est pas tant pour recréer l’Allemagne nazie, mais bien pour évoquer ces situations politiques diverses qui posent questions. Le personnage d’Hermione vient d’ailleurs en contre-point de cette thèse. Elle est la mise en lumière face à ces conceptions vétustes. Une vision d’avenir. Elle est l’allégorie de la minorité rejetée, mais sans être inutile. Idem pour la figure de Ron (sang-pur mais pauvre, déchu). Ce sont des livres qui prêchent contre le sectarisme, le fanatisme, la violence.


    Fées et créatures, séduisantes ou violentes ?

    Les fées sont les reflets des humains, mais leurs problèmes et leurs avantages sont exacerbés. Elles servent le thème de la confrontation/cohabitation.
    Leur cruauté est exquise. C’est la notion de jeu, de tourner autour du danger, de l’intensité des sensations.


    Révoltes et guerres de libération

    Les gens ont besoin des mythes et des légendes pour l’espoir. C’est une notion de survie.
    La religion et la foi dans la fantasy se base sur ce qu’on ignore. Donner du sens au mystère par le surnaturel, c’est donner du sens à ce qui nous entoure. En fantasy, où mettre cette zone de mystère pour laisser place à la foi ? Il s’agit de faire cohabiter la magie et le culte à mystères. On construit une église à ce qu’on ignore.

    La révolte, c’est la remise en cause. Des règles établies, des croyances… Peu importe. Convertir à sa cause, c’est séduire, être autorité, faire appel à l’intelligence collective.

    Ces choix sont plus dangereux, plus risqués, plus radicaux, et plus porteurs de changements.

    La première chose pour changer un monde : changer ce qui est possible, ouvrir le champ des possibles, ce qui avant paraissait impossible est secoué, les limites sont dépassées. Un choix, c’est faire ce qu’on peut de mieux à un moment donné, puis lâcher prise. Les conséquences nous échappent. L’humain prend alors conscience de l’instant, devient maître de son destin. C’est là le coeur de la révolte humaniste contre l’idée du pouvoir (monde immense, effrayant, ignorance, homme écrasé).

    Les personnages doivent faire face à cela, les yeux dans les yeux : “Je suis peut-être petit, mais je vais te mettre ta race.” Un merveilleux idiome de Lionel Davoust.

    C’est l’humain vs. le destin. Et l’humain, il fait de son mieux sur le moment, pour un meilleur lendemain.


    Anti-héros et vrais méchants

    On s’intéresse beaucoup plus aux méchants et à leurs raisons dans la narration d’aujourd’hui. Interroger le passé du méchant, son traumatisme, sa trajectoire, l’humaniser en parlant de sa vie intime, comment il en est arrivé là… “Éclairer les ombres.” Dephs and nuances. Le méchant croit qu’il est le héros. Ce que méchanceté veut dire dépend de chaque personne.

    C’est l’opposition Want to / Should do. La première occurrence semble égoïste, la seconde évoque le devoir rigide. Tout le monde est en équilibre sur cette ligne. Il n’y a que des mauvais choix. Et une phrase illustre bien cette idée… “Knights in shining armor : if you kill people, you’re probably not the best person all the time.” Ou pour traduire grossièrement, chevaliers blancs, si vous tuez des hommes, vous n’êtes probablement pas la meilleure personne qui existe.

    Le terroriste de l’un est le combattant de la liberté de l’autre. Avec un personnage central épris de violence, jusqu’où peut-on aller ? Cela met en exergue des problèmes ethniques, fait ressortir des protagonistes nuancés. Ils sont plein de défauts, et possèdent des opinions propres sur la réalité qui les entoure. Mettez-en plein la figure à vos personnages. Il ne s’agit pas de s’intéresser seulement aux conséquences physiques, mais aussi et surtout psychologiques, psychiques : le trauma. Résilience… ou pas ?

    Ce réalisme, cette complexité, est un meilleur reflet du monde tel qu’il est. Ces personnes sont désabusées sur leur monde, sur leur influence sur le monde.

    Elles ont soif du contact humain malgré leur statut d’étrangère, de paria. Les animaux peuvent être un contrepoint affectif au manque d’amour des hommes. Care about the outcome : characters with flaws and humanity. Montrer les interactions des personnages, les relations humaines entre eux. Donner quelque chose auquel le lecteur puisse s’accrocher, des amis pour lesquels il serait prêt à faire n’importe quoi, de l’amour dont il ne veut pas au début mais ne peut pas s’en empêcher.

    Dark characters, but where I can see the humanity in them. A villain is : don’t have friends, yet love selfishly." Le méchant n’est pas monolithique, il est sombre, mais ne se définit pas comme méchant. Plus un livre est sombre, d’ailleurs, plus il a de la place pour de l’amour. C’est pour lui qu’on est prêt à se sacrifier.


    Trucs d’écrivain

    Plusieurs mécaniques d’écriture ludiques présentées par des auteurs. Notamment, ils ont cités le gueuloir, ou relaxation tantrique, et le Podcast Procrastination.

    La méthode “Boîte à doutes” de Marie Caillet, pour corriger son roman, consiste en une annexe au roman à alimenter au fur et à mesure. Il s’agit de désacraliser les techniques d’écriture, d’y jeter ses idées. On y puisera ce qu’il nous faut plus tard. L’important, c’est de trouver l’enjeu. L’auteur peut être auteur de l’inconscient, mais doit avoir des enjeux bien définis. C’est une méthodologie entre scripturale et structurale. N’ayez pas peur d’effacer, de changer d’angle.

    La méthode des trois trombones, quant à elle, est une méthode qui consiste à s’accorder 3 temps de pause, puis à chaque temps pris, on enlève un trombone hors de la boîte.

    Egalement citée, la méthode Pomodoro, 15 minutes de pause puis 45 minutes d’écriture. Et l’important, souvent oublié : s’amuser !!


    Minorités visibles

    Quel rapport a-t-on à la représentation ? Il s’agit de comprendre ce qui se passe au niveau de l’être. C’est une découverte de l’autre et de soi, un réapprentissage de la féminité. Ces gens-là sont souvent chassés de l’imaginaire : il faut une réappropriation sociale de l’identité, du corps… Ou plutôt, il existe une identité construire, normée et cohérente, que l’on doit déconstruire. Minorities are actually the majority. Utiliser votre voix, votre point de vue, n’ayez pas besoin d’expliquer. La littérature de l’imaginaire met en scène par définition des personnages hors normes.

    “Everybody is a minority depending on where they are in the world. I expect the majority to get that.” - Nnedi Okorafor.

    “Science-fiction is a very political writing. It’s adressed to what we face as human beings.” - Toujours Nnedi Okorafor. Lisez-la. :heart:


    Robin Hobb

    Une magie à la source biologique et étrange. Des récits de cités perdues, des secrets du passé. Voilà les ingrédients préférés lors des histoires de l’enfance.

    Genre, défaut, sexualité. C’est une grande part de l’identité d’un personnage, mais cela fait partie de qui iel est, ce n’est pas la seule chose qui le.a définit.

    Beaucoup de violence humaine est liée au manque d’empathie. A partir du moment où l’on se met à la place de la personne, la cruauté devient difficile. Les enfants sont capables de cruauté. Ils jettent des cailloux aux animaux. Ils n’ont pas conscience que ces êtres peuvent ressentir la souffrance comme eux. Le cerveau humain n’est pas vraiment développé jusque 24 ans. C’est aux adultes de leur éveiller cette conscience et de leur expliquer : “Voudrais-tu qu’on te fasse la même chose ?”


    Etoiles et système solaire

    L’exploration, c’est découvrir de nouveaux espaces, une envie très humaine. Ceux qui sont allés dans l’espace sont différents de ceux qui sont restés sur Terre. Être de l’espace, c’est ne pas être terrien.

    Un vaisseau-université avec des “évincés”, des “outcasts” : Le Mel Kine d’Olivier Paquet. Seul un souvenir subsiste d’où venait l’humanité. C’est un sentiment qui relie toute l’humanité. Il permet une opposition entre l’homme qui ne change pas (habitudes, routine, confort, sécurité) et l’homme qui change (découverte, exploration). Il existe une fascination pour les étoiles et les autres mondes. Mais et si les premiers à atteindre l’espace étaient les rebelles, les réprouvés, plutôt que les commerciaux ou les militaires ?

    Le voyage dans l’espace, ce sont les empires de communication. Il est question de la mondialisation, de la globalisation, de leur impact sur les cultures. Une société dans un vaisseau, où l’on vit et meurt, avec ses us et coutumes ? C’est un rapport virtuel à l’étranger. Une vision fantasmée de la culture, où il faut recréer un temps de transmission, dans une illusion d’information de l’instantané. Il faut parler les langues de la magie et de l’espace, de l’alchimie scientifique.

    D’ailleurs, dans la culture de consommation, on achète, en achetant les marques, des idées que véhiculent ces marques. Chez le steampunk, les locomotives sont remises en marche : dans ce monde instantané, la lenteur devient une valeur. Elle permet une confrontation avec cette altérité.


    Destructeurs de mondes

    La fantasy, c’est la mise en scène du chaos. On ne peut pas sauver les mondes sans une disharmonie, une destruction. Cela met en oeuvre des lois de séparations, des castes, et des ressorts puissants pour faire bouger les gens. C’est une complète remise en cause du système établi. Il faut ainsi réfléchir aux moyens de contrôler, de changer, de ravager une société. Du politique à la religion, passer par les fanatiques.

    ~courte parenthèse rigolote sur le pastafarisme et son monstre spaghetti :D~

    Gabriel Katz, Chastellière Emmanuel, Pierre Bordage, Stephen Aryan. Autant de véritables chaos extrêmement féconds, qui savent créer du mouvement, de l’énergie. La religion serait le gel de la pensée, et du chaos va naître un nouvel ordre. On remplace une oppression par une autre. C’est un éternel cycle de destruction et de reconstruction. Des masses, des systèmes entiers, sont soulevés par ces forces. Pourtant…

    Le chaos peut aussi être personnel. Il peut devenir une remise en cause intérieure de soi, de son système de valeurs. Des chocs psychologiques, des gens complexes, de nouvelles appréhensions du monde… Autant de facettes de l’humanité. Put your characters through troubles, give them post traumatic stress disorders.

    Pratiquez la torture, les dragons originels, divulgâcher tout.

    Le chaos est-il nécessaire ? Non, mais on en passe toujours par là. Les personnages sont plein de bonnes intentions, et ils passent par une période de flou. L’humain a une sorte de soif de liberté, sans règles : c’est là qu’est le chaos. On tombe les têtes couronnées puis émerge l’empire. Chaos --> liberté --> revient une nouvelle forme de pouvoir. Le chaos, c’est une forme créatrice, un moteur, un terreau, pour une émergence. Il prône la destruction pour apporter le renouveau. C’est la littérature de la révolution, du renversement.

    La fantasy, c’est un miroir du monde réel. Le chaos peut être une bonne chose. Un renouvellement de l’humanité. C’est l’aspect entertainment, le merveilleux, celui des conteurs. Les vérités cachées.

    Et la religion du lapin géant va conquérir le monde.


    Scénariser l’Histoire pour capter le public

    Planter le décor et maîtriser l’uchronie, c’est se donner les moyens de montrer comment cela s’est passé, et de faire passer ses idées à travers cette véracité/réalité. Ruée vers l’or, Tchernobyl, peste noire ? Bateaux d’époque, casques de chevaliers, cartes de Paris ? La réalité historique apporte une plue-value, sans aller vers le trop pointu. Le but premier est d’intéresser les gens à l’histoire, on reste au plus proche sans s’embarrasser / en s’arrangeant. La compréhension de l’émotion, des idées, du concept, est une force.


    Rapides conseils aux jeunes auteurs de Stéphane Marsan, directeur éditorial de Bragelonne

    Viser les bonnes maisons d’édition. Ne pas hésiter à soumettre le manuscrit. Ne pas passer son temps à le corriger. Bien le travailler toutefois et le polir. N’hésitez pas à relancer. Tous les 2 mois par exemple. Optimisez vos chances d’être lu. Soyez patients et tenaces. Never give up, never surrender !


    Carte blanche John Howe et Robin Hobb

    Le récit qui se décline de deux manières : par l’image et par l’écrit. En lisant Tolkien, on découvre Minas Tirith par les yeux d’un Hobbit : aucun détail superflu sur le nombre ou la hauteur des tours, mais un sentiment de merveilleux. Il faut pousser le lecteur par le sentiment. Des personnages ordinaires à la vie simple qui agissent contre les méfaits dans le monde. Tolkien a créé une oeuvre qui peut parler dans le coeur de tout homme. Il touche encore énormément, ce monde et sa richesse de langage. In every woods and every trees there is a different shade of green. C’est une voix si puissante en tant que conteur d’histoire. Ces mots reviennent à l’esprit.

    John Howe et Alan Lee : des dizaines de milliers de dessins. Un travail organique, d’harmonie, inspiré par la Nouvelle-Zélande, qui possède un biotope merveilleux, et pas ou peu d’empreinte de l’homme. Tel un mini-continent. Y voyager, c’est un véritable pèlerinage d’émotion et de densité du vécu. C’est un pays neuf, une mythologie moderne apposée comme le calque sur la feuille à dessin, un monde qui semble familier même en le découvrant au fur et à mesure.

    Idem pour l’Alaska. Des paysages particuliers, une nature à l’esprit. Robin Hobb a déclaré, en parlant du travail de John Howe sur l’une des couvertures de l’Assassin royal : “The cover art actually gave me a piece of the story.” Cela lui a permis de résoudre un problème dans le récit en lui-même : la garde d’une épée élaborée. John Howe lui demandait, élaborée comment ? Garde espagnole, française, anglaise ? Ce à quoi Robin Hobb a répondu : “Je ne sais pas, élaborée.” Puis il a envoyé le sketch et elle a été tellement inspirée qu’elle a pu grâce à cela débloquer un passage qui lui posait problème. Ce sont des histoires du bord du monde.


    Bâtisseurs d’univers… le monde des six Duchés

    Son monde a pris sa place autour de Fitz. La magie de cet univers, construit par Robin Hobb, est comme un cercle. On peut avoir un talent dans une branche mais pas dans toutes. Un point du cercle, mais pas son point opposé. Les dragons par exemple sont dans la même attitude que les humains, ce qui est mien est mien. Ils deviennent le sommet de la chaîne alimentaire.

    Robin Hobb nous parle de sa façon d’écrire. Pour un livre, elle passe en moyenne une année d’écriture à plein temps et deux ou trois ans de réflexion. Elle continue à écrire un peu dans le bus, ou dans la file d’attente du dentiste, et porte toujours un carnet et un crayon sur elle. Ainsi, elle évoque l’urgence de trouver le temps pour le faire dans les petits moments. Si c’est important pour soi, on trouve ces moyens pour y consacrer du temps.

    De même, elle parle de personnages dont on se soucie, auxquels on s’attache. La manière dont ils sont mis en scène et dont ils se révèlent. Ils deviennent réels pour nous.

    He thinks and he questioned and he’s confused about what he should be doing. I know where the story begin, end, and points in the way. Glimpse of where we go. Le personnage est introspectif, il interroge, il va à l’encontre. Dans un livre, le lecteur apporte tout autant que l’écrivain.

    Enfin, elle termine avec son goût pour effectuer des chronologies avec l’âge des personnages et les événements, et aussi ses notes sur un objet ou une information avec l’endroit où ils apparaissent dans l’histoire.


    Et voilà !
    C’est tout pour mes notes sur les Imaginales de l’année dernière. J’ai très hâte d’y retourner cette année. Plein d’inspiration à vous, les plumes.


  • Plume d'Argent

    Merci pour cette mine de conseils ! ça me donne encore plus envie qu’avant d’aller aux Imaginales, mais ce sera pour l’année prochaine je crois :sweat_smile:



  • @Pamiel Je me permets de te faire un retour rapide ici alors, n’hésite(z) pas à me demander plus de détails en pm :)

    Je ne sais pas comment ça se passe cette année, mais l’année dernière tous les candidats ont été pris (ou en tout cas, c’est ce qu’on nous a dit ;) ) et on était une quarantaine (de tête).

    Puisque nous étions très nombreux pour une dizaine (?) d’éditeurs, on nous a demandé de faire une short list avec ceux que nous voulions absolument rencontrer. On a découvert nos heures de passage en arrivant et coup de bol, je pouvais voir tous les éditeurs que je voulais (j’en avais cinq et j’ai même eu la possibilité d’en voir un sixième imprévu).

    Mais autant le dire tout de suite : j’étais MONSTRUEUSEMENT ANGOISSÉE. Je jouais ma vie, vraiment. Mon chéri et un ami publié m’ont accompagnée et quand ils sont partis, j’étais vraiment à deux doigts de m’effondrer. Heureusement je n’étais visiblement pas la seule ! En attendant les éditeurs, de petits groupes se sont formés et on a papoté entre écrivains en herbe et ça a permis de relâcher la pression, parce que de toute évidence on était tous plus ou moins dans le même état. Je pense que c’était le meilleur moment du speed-dating, on s’entraînait entre nous, on s’encourageait, etc.

    Quand les rencontres ont commencé, on nous appelait et on avait une dizaine de minutes pour convaincre l’éditeur : il fallait connaître son pitch, le nombre de caractères, le genre de son roman et savoir répondre à plusieurs questions plus ou moins bateaux (“pourquoi cet éditeur ? Pourquoi ce genre ?”). Personnellement je n’ai eu aucune mauvaise réaction face aux éditeurs. Un seul m’a tout de suite fait comprendre que mon texte n’était pas pour lui et j’ai écourté l’entrevue (pour laisser aux autres la possibilité de déborder, etc.,) mais il n’a pas été désagréable pour autant “c’est bien écrit, mais c’est pas ma cam’”, m’a-t-il dit après avoir parcouru les 2 premières pages du manuscrit que j’avais apporté) mais j’ai entendu dire que certains étaient plus cash que d’autres.

    Sur les six éditeurs donc, cinq m’ont demandé de leur envoyer mon manuscrit, certains étaient assez enthousiastes, mais dans tous les cas on ne sort PAS avec un contrat d’édition ! C’est vraiment juste une première rencontre et après on verra. Dans mon cas spécifiquement, ça n’a rien donné ; ça va faire un an et sur les cinq manuscrits, j’ai finalement reçu trois refus (dont un justifié et commenté) et deux éditeurs ne m’ont pas encore répondu. Donc beaucoup de stress… pour rien :D

    Enfin non, pas pour rien. C’est une super expérience, à la fois la rencontre avec d’autres apprentis auteurs et la rencontre avec des éditeurs : rencontrer un professionnel qui s’intéresse vraiment à ton manuscrit, ça a quelque chose d’exceptionnel. Mais ce n’est pas un contrat ! Je me suis angoissée en pensant que s’ils me disaient non c’était la fin du monde, mais pas du tout. Parce que même une carte de visite ou une adresse mail ne veut pas dire oui, j’en suis la preuve ;) Il faut voir ça comme une première prise de contact qui peut aussi s’avérer “bénéfique” pour la suite : ça n’a pas marché pour mon premier roman, mais qui sait pour le second ? Je crois d’ailleurs que c’était le cas pour une des autrices présentes pour nous coacher : elle a rencontré son futur éditeur au speed-dating des imaginales, mais pas sur le texte qu’elle pensait.

    Donc en gros, si je devais donner des conseils du haut de ma petite expérience, je dirais que c’est avant-tout de souffler : c’est une rencontre, point. Pas un contrat, pas une question de vie ou de mort. Et à moins de vraiment mal tomber, les éditeurs sont humains et n’ont aucun intérêt à démonter les candidats. Je pense même qu’ils sont plutôt enclins à l’indulgence, parce qu’on a fait l’effort de venir les rencontrer en personne !

    Maintenant, pour l’avoir fait, je sais à quel point c’est dur de ne pas stresser et d’entendre “mais du caaaalme”. Pour être 100% honnête, ça me chagrine un peu, à l’approche de ce nouveau speed-dating, de savoir que j’y étais y a un an et que je n’ai pas décroché de contrat d’édition… mais ce n’est pas grave ! Je suis contente de l’avoir fait, et si j’ai l’occasion, je retenterai peut-être l’expérience.

    En tout cas bon courage @Pamiel, et si tu es encore sur place samedi, on pourra essayer de se croiser, j’aimerais bien avoir ton propre debrief de ce speed-dating ! :fingers_crossed:



  • Un immense merci à toi @Litchie pour ton retour ! Il m’a apaisée sur pas mal de points, en particulier sur les enjeux de ce speed-dating et sur son déroulement. J’espère de tout cœur que tu feras partie de ceux dont les prochains projets sont mis en chemin par cette première expérience, et que l’un de tes futurs bébés sera l’élu. :heart: D’ailleurs, j’ai ajouté ton Un thé sous les étoiles à ma PAL, et j’ai hâte de me mettre à sa lecture. Les retours bénéfiques des éditeurs t’ont quand même donné des pistes pour corriger/améliorer le roman que tu avais présenté ? Avec un immense plaisir pour se croiser samedi, j’y serai toute la semaine, du mardi au dimanche, alors quand tu veux ! :blush: Pour ceux qui ne sont pas là, je reviendrai faire un debrief rapide ici, quoi qu’il arrive.

    Pour te répondre plus en détails, et puis aussi pour répondre à @Isapass et @respoumpi et @Bambi (cf. les questions posées sur mon Journal de Bord), de mon côté, je n’ai pas envoyé non plus mon manuscrit pour être sélectionnée. Et j’ai aussi préparé un dossier de pré-inscription que j’ai envoyé en mars dernier.

    Pour que les Plumes soient au courant, il doit être composé de :

    • Une fiche de pré-inscription remplie avec noms, prénoms, adresses et tout le toutim,
    • Une petite biographie d’auteur,
    • Un pitch,
    • 20 pages de mon manuscrit.

    La date limite pour l’envoi, c’était le 2 avril 2019. Puis à l’époque, ils annonçaient une réponse d’admission ou de refus par mail pour début mai.

    En fait, la biographie et le pitch peuvent être envoyés en une seule lettre adressée aux éditeurs (c’est ce que j’ai fait). C’est une sorte de dossier de présentation, au final. Ce dossier est transmis aux éditeurs dans le mois qui précède l’événement par les organisatrices du speed-dating. Ce qui ne veut pas dire que les éditeurs liront tous les dossiers, voire même qu’ils liront ne serait-ce qu’un seul d’entre eux. Certains aiment garder la surprise, apparemment, et d’autres n’ont tout simplement pas le temps. Donc il ne faut pas tout miser sur ce dossier papier.

    Dans cette courte lettre de présentation, il fallait répondre aux questions : qui êtes-vous, quel est votre (ou vos) projet(s) ? Avec un pitch du ou des romans présentés. Un pitch est un très bref résumé de cinq ou six lignes qui donne les enjeux
    principaux et le cadre spatio-temporel, afin de donner envie de lire le texte. La lettre ne doit pas excéder 3000 signes, pitch compris. C’est très court !

    Avec cette lettre, donc, il faut joindre 20 pages consécutives du manuscrit, le début ou un autre passage, mis en forme proprement selon les règles éditoriales.

    Et POUM !!

    Le 2 mai, je recevais un mail pour me dire que ma candidature avait été retenue.

    Quelques temps plus tard, un re-mail me présentait les consignes pour ce speed-dating ainsi qu’une liste d’éditeurs parmi lesquels choisir 6 voeux par ordre de préférence. Hourra ! Voilà ce que ce mail m’a appris sur le speed-dating :

    • Nous étions 52 à l’origine, les organisatrices ont dû refuser des participants, mais elles n’ont pas choisi par la qualité des textes, n’étant pas éditrices elles-mêmes.
    • Tous les éditeurs qui viennent cherchent des manuscrits.
    • On ne sait pas à l’avance qui représente chaque maison.
    • Nous sommes plus nombreux cette année que les années précédentes.
    • Notre avenir d’écrivain ne dépend pas de ces rencontres, mais elles permettent de comprendre comment et à qui présenter son manuscrit.
    • Il est possible de prendre des contacts par mail même parmi les éditeurs qu’on aura pas la chance de rencontrer.
    • Certains auteurs publient leur roman présenté au speed dating, mais c’est assez rare (un ou deux par édition).
    • Par contre, beaucoup d’auteurs publient dans les années qui suivent, chez un autre éditeur que celui qu’ils ont rencontré, ou pour un autre roman, parce qu’ils ont beaucoup appris de cette expérience.
    • Il y a souvent des soucis, des décalages, des éditeurs absents, mais tout se passe habituellement dans une bonne humeur contagieuse !

    J’ai eu de la chance. Tous mes voeux ont été acceptés et même plus ! Grâce à une organisation hors pair, je vais pouvoir rencontrer 8 éditeurs au total cette année. Ce qui va être très intense. Je ne peux pas m’empêcher de stresser, mais voilà. Nous aurons 8 minutes maximum devant les éditeurs. Il vaut mieux laisser tomber au bout de 2 minutes si l’on se rend compte qu’on s’est trompé de “cible”. Chaque éditeur va voir 15 à 20 candidats, même plus.

    Les organisatrices sont super gentilles et essayent de répondre au mieux en cas de soucis ou de questions.

    J’ai vraiment vraiment hâte d’y être. Je ferai peut-être un sujet distinct, pour le debrief, que je mélangerai au compte-rendu des Imaginales de cette année. Histoire d’éviter de flooder ce sujet, qui est censé être celui de l’année dernière. Pour ma part, comme projet, je vais présenter Loup et les Sorboristes. :blush: Je vous raconterai ça, les Plumes ! En attendant, c’est parti pour s’entraîner au pitch…

    Encore merci, @Litchie, et j’ajoute : j’adore ta pp de Mabel, et j’adore Gravity Falls, voilà. :heart:



  • Merci @Pamiel pour ces très riches explications, et aussi @Litchie pour ton retour. Bonne chance, et coooooool! La bise



  • @pamiel Merci pour tous ces détails et ton immense et superbe compte-rendu ! Je croise les doigts pour toi, c’est une super expérience comme tu le dis et comme @Litchie l’a bien décrit ! Sortir de sa zone de comfort (comme tu vas le faire là XD) est vraiment un des meilleurs moyens de rencontrer des opportunités !



  • @Pamiel 52 candidats :scream_cat: je me demande sur quoi ils ont refusé les candidats. L’année dernière on devait avoir un manuscrit terminé sur la liste des critères retenus, mais en discutant avec les candidats je me suis rendue compte que ce n’éait pas le cas. Peut-être qu’ils ont dû être plus sévère là-dessus cette année !

    Je suis contente si mon debrief a pu t’aider, même si après un an mon ressenti est beaucoup plus posé :D Le soir l’année dernière, en sortant, j’ai retrouvé le Chéri et mon ami (qui est d’ailleurs lui aussi passé par le speed-dating) en pleine conversation avec le mari d’une candidate avec qui j’avais moi-même papoté, on était… euphorique, stressée, déprimée, heureuse, excitée, affamée… c’était cool :blush:

    Pour répondre à ta question sur le nombre de signes, ça a eu son importance auprès de certains éditeurs (Scrineo et Projets Sillex pour ne pas les citer :D) et dans le bon sens :D pour eux le roman idéal est un one-shot de plus ou moins 400.000 signes donc c’était parfait. Mais ça dépend des éditeurs, apparemment chez Bragelonne ils aiment bien les séries avec plein de signes…

    Pour les retours, oui et non. C’est-à-dire qu’effectivement il y a des pistes d’améliorations dans ce que j’ai reçu, mais je ne veux plus toucher à ce premier manuscrit parce que je l’aime comme il est (même s’il n’est clairement pas parfait et que je comprends à 100% les retours que j’ai eu, notamment suite au speed-dating) :p ; ceci étant dit ce refus m’encourageait complètement à continuer à écrire “parce que [j’ai] une vraie plume d’écrivain” (citation inside) du coup ça reste trèèèès motivant et ça permet de connaître ses forces !

    Et merci pour la PAL (même si je te conseille plutôt de mettre La Guilde des Tisseurs de Rêves qui est plus avancé qu’Un thé ;) ) <3 je t’envoie mon numéro en pm pour faciliter une rencontre éventuelle, on pourra se croiser sur le stand du libraire pour croiser @elikya :D

    PS : Ouiiii Gravity Falls ouiiiii <3 <3 #coeuraveclesdoigts


  • Plume d'Argent

    Oui, venez, je suis ravie de rencontrer des plumes ! 🎉💕🤡

    Et sachez qu’ils ont procédé par ordre d’inscription cette année car il y avait trop de candidats. Premier inscrit, premier sélectionné. Et sinon, Betty et Silène sont des amours, vous êtes entre de bonnes mains.


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