Interview Lyra #NosImagineurs



  • Salut les Plumes !

    L’automne touche à sa fin et l’hiver approche à grands pas. Les brumes matinales, les plaines enneigées, le silence… toute une atmosphère calme, sereine et empreinte de mystère. Et le mystère justement, c’est le thème du journal de ce mois.

    Comme toujours, pour les Imagineurs, il m’a fallu trouver une victime consentante et d’accord de répondre à mes questions tordues. Elle a accepté de lever un peu le voile sur son parcours et son fonctionnement en toute confiance, merci d’accueillir @Lyrou !

    1. Es-tu une auteure du genre mystérieuse ? Et sinon, comment te décrirais-tu ?

    Tout dépend du sens que l’on donne à mystérieux j’imagine. Si c’est d’écrire de nuit dans une épaisse brume et à la lueur des lampadaires, pas vraiment, quoi qu’avec un peu d’imagination du brouillard ferait l’affaire. Bon, plus sérieusement, se décrire en tant qu’auteure est vraiment compliqué, d’autant plus que je me suis beaucoup éparpillée jusqu’ici. Disons que je fais à la fois dans les projets très, voire trop, construits qui commencent avec beaucoup d’entrain et qui n’aboutissent pas et dans les nouvelles écrites en une fois ou les projets lancés sans trop y croire et sans préparations qui finissent par arriver quelque part. Du coup, je dirai que je suis encore une auteure qui cherche sa méthode en tentant des choses et qui essaie d’écrire selon ses envies et pour se faire plaisir.

    2. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans l’écriture ?

    Mmmh… ça va beaucoup dépendre du type de projet mené en fait. Pour des textes comme Mandarines où je laisse les choses venir, c’est vraiment l’écriture sur le moment que j’aime le plus. La sensation que l’histoire s’écrit sous ses doigts est vraiment quelque chose de particulier qui me plaît beaucoup. Relire ensuite et corriger reste intéressant mais le travail n’est pas le même.
    En revanche pour des gros trucs, aka les textes que je n’ai jamais mené au bout, la phase de « mûrissement » pré-écriture dans la tête et/ou sur un carnet durant laquelle les choses s’agencent entre elles et évoluent pour former peu à peu un tout à peu près cohérent est vraiment un moment clé où je me plais à laisser mon esprit divaguer dessus et gober ce qu’il peut gober dans les influences à ingérer pour encore développer le tout. Après, comme je suis en plein dedans actuellement et que ça fait un moment que je n’ai pas écris sur ce genre de projets, je n’aurais sans doute pas répondu ça il y a quelques mois et qui sait si je serai toujours de cet avis une fois l’écriture en elle même entamée. Car, après tout, les débuts sont eux aussi des moments clés et plus stimulants encore que la mise en place qui précède. Et puis, démarrer un projet est toujours pour moi une période pleine d’énergie scripturale qui me met souvent en joie.

    3. Quel genre de difficultés peux-tu rencontrer dans tes écrits ?

    Ouhlà, il y en a beaucoup je pense, mais ce n’est pas simple de mettre des mots dessus.
    Déjà, il y a le découragement qui m’a jusqu’ici fait abandonner beaucoup d’écrits et qui est lié également à la motivation, à la lenteur avec laquelle j’avance dans mes projets et à l’appel de la nouveauté : parce que gérer dans sa tête cinq mille idées en même temps sans être tenté de les réaliser quand on est bloqué sur celle en cours mais impatient d’avancer, c’est compliqué. Aussi, comme j’avance lentement, je finis souvent par ne plus aimer l’histoire avant la fin et/ou avoir de nouvelles idées qui me plaisent plus et donc je finis par abandonner le projet en question.
    Concernant les écrits en eux-mêmes (histoire, personnages, etc.), j’ai souvent tendance à faire un background un peu trop poussé (qui tient plus ou moins debout) mais avec une histoire obsolète derrière, ce qui complique un peu les choses (et puis ça rend nécessaire ma grande horreur à écrire : les dialogues explicatifs). J’ai aussi tendance à ne pas en dire assez, à ne pas répondre aux questions que quelqu’un d’extérieur, comme sur FPA, pourrait se poser, mais en écrivant ou en corrigeant, j’ai encore du mal à prendre ça en compte. Quant aux personnages, les construire est encore une difficulté majeure puisque j’essaie de plus en plus d’arrêter de faire des profils de personnalité similaires d’un projet sur l’autre mais ce n’est pas encore ça… (ceci est une liste non exhaustive)

    4. Et en tant que commentatrice, comment tu t’en sors sur PA ?

    J’ai une productivité proche de zéro à ce niveau-là et, souvent, ça me désole. Il y tellement d’histoires qui ont l’air géniales sur FPA, que je voudrais lire jusqu’au bout, au rythme de la publication et commenter dans les temps. Mais, devant la pile, je me décourage assez vite et commente au final au compte-goutte et à la vitesse d’un escargot asthmatique.
    Concernant les commentaires en eux-mêmes, je suis adepte de la méthode des avis en vrac qui découlent directement de ma façon de prendre des notes (noter chaque truc qui m’interpelle ou me fait réagir pendant la lecture, ce qui finit parfois par ressembler à une liste de courses). Pendant un temps, je lisais tout un chapitre puis je commentais avec les souvenirs que j’en avais mais, du coup, j’avais souvent rarement beaucoup de choses à dire à part « J’adore ce chapitre ! » qui est d’une utilité absolue n’est-ce pas ?

    5. Puisque nous sommes dans le thème du mystère… as-tu recours à des grigris, un doudou ou une danse spéciale pour faire venir l’inspiration ?

    Mes grigris ce sont les orbites des gens que je garde dans ma cave. Ça fait deux en un, une jolie décoration et de l’inspiration à volonté.
    Ceci mis à part, quand j’ai besoin d’inspiration en cours de projet (avec l’entrain des débuts le démarrage va tout seul, lui), j’essaie de faire le bilan sur ce qui me bloque dans l’avancée en écrivant des trucs à propos de l’histoire et des personnages pour voir où ça coince et faire venir les idées plus vite ou du moins plus facilement. Sinon, mes doudous ce sont toutes les influences que je peux recevoir et qui m’aident souvent grandement à aborder les choses sous un autre angle.

    6. Tu as plusieurs textes en cours de publication sur PA, d’où te viennent toutes ces idées ?

    Haha j’aimerais bien te dire qu’il s’agit de tout un tas de projets en cours de publication mais, à part Mandarines et Mortui sunt blabla, ce sont tous des nouvelles, plutôt courtes, et quelques poèmes aussi.
    Quant aux idées de ces textes-ci, ceux qui sont sur FPA donc, je t’avouerais que la plupart du temps, c’est à partir d’une image, d’une musique, ou d’un film parfois que ma cervelle se met à imaginer des bouts d’histoires plus ou moins conséquents. Après, selon l’envie du moment, je les écris ou non. Pour les nouvelles, je les fais d’une traite sinon l’envie s’en va. Pour Mandarines, j’avançais dans les chapitres par petites touches en me servant de ces influences, puisées ici et là, surtout dans des images d’ailleurs (pour tout te dire, ce sont les photos journalières de l’écran d’accueil de bing qui m’ont le plus servi, comme quoi ça peut s’avérer utile parfois)

    7. Comment te débrouilles-tu pour écrire toutes ces histoires en parallèle ?

    Mmh… Disons que je fonctionne surtout avec deux projets en même temps : un gros sur lequel j’ai une histoire ficelée et organisée et un plus petit pour tenter et expérimenter des choses telles que le full dialogue ou l’écriture « à l’aveugle », et pour respirer un peu quand j’en ai marre du gros ou que je bloque dessus ; le tout ponctué de quelques nouvelles quand l’envie m’en vient. Ça a plus ou moins fait ses preuves, mais ça aura au moins fonctionné avec deux projets (qui étaient en « binôme » gros-petit du coup).
    Après, cette méthode n’est pas figée. Disons que, jusqu’à présent, je me débrouille comme ça pour des résultats plus ou moins concluants mais, pour être plus efficace et pour bloquer moins souvent, il faudra sans doute que je tente d’autres manières de fonctionner et que j’expérimente plus de choses.

    8. Si tu ne pouvais présenter qu’un seul de ces textes, lequel choisirais-tu et pour quelle(s) raison(s) ?

    Et bien… Mandarines je dirais. C’est vraiment le texte que j’ai pris le plus de plaisir à écrire et l’un des rares dont je sois encore satisfaite même si la correction est compliquée en ce moment.
    Quant à le présenter, j’ai encore un peu de mal à bien cerner ce qu’est ce projet exactement mais, disons que c’est un voyage où chaque étape correspond à un chapitre, toutes dans l’ordre chronologique mais avec des ellipses plus ou moins grandes entre chaque. Pour le fond, c’est plus contemplatif que vraiment narratif je pense, on va dire que j’ai pris mon temps pour décrire les choses, les paysages, les lieux traversés, les ambiances… pour y faire évoluer les personnages qui, eux, errent un peu dans ce monde-là en le découvrant petit à petit.

    9. Fais-tu partie de ces auteurs un peu fous qui pensent que leurs personnages ont une vie propre ? Est-ce qu’ils font parfois des choses auxquelles tu ne t’attendais pas ?

    J’aurais tendance à dire que tout dépend de la mise en place d’avant et d’à quel point je sais où le projet va. Si j’ai déjà prévu à l’avance avec un plan comment je veux que l’histoire soit et où je veux qu’elle aille, les personnages auront une liberté bien moindre pour avoir leur vie propre. Là où ça devient intéressant par contre, c’est pour les fois où je ne prévois pas et où je les laisse écrire leur histoire et décider de leurs réactions, que ce soit sur le papier ou dans ma tête quand j’y réfléchis. Pour l’instant, je n’ai pas eu de cas où il font des choses auxquelles je ne m’attendais pas, mais plutôt des petites découvertes sur eux à travers des détails insignifiants mais toujours plutôt sympas comme untel qui aime le thé au citron par exemple. Donc oui, auteur un peu fou sans doute, surtout quand je parle avec eux dans ma tête mais eh, qu’est ce que l’écriture sans un peu de folie ?

    10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

    Mangez cinq fruits et légumes par jour ?
    Blague à part, je voudrais dire merci à Slyth déjà pour la proposition d’interview qui m’a fait plaisir je dois l’avouer. Et puis, surtout dire merci à la communauté Plume d’Argent tout entière à qui je dois beaucoup. Ça fait trois ans que je suis là maintenant et, vraiment, merci pour tout ce que vous m’avez apporté, que ce soit d’un point de vue scriptural ou personnel. Avant Plume d’Argent, j’écrivais dans mon coin et de manière occasionnelle, mais le forum m’a ouvert d’autres possibilité, rendue accro à l’écriture et fait beaucoup progresser. Il m’a aussi fait rencontrer des gens géniaux et adorables (vous quoi, faut suivre un peu) qui me font découvrir un tas de choses, beaucoup rire, passer de supers moments et sans qui je ne serais sans aucun doute pas la personne que je suis aujourd’hui.
    Restez aussi magiques que vous l’êtes, écrivez toujours dans la tripe et les pastèques (c’est important) et prenez soin de vous.

    Ainsi s’achève cette interview.

    Un grand merci à Lyra d’avoir accepté ma proposition et bravé les caprices de dernière minute de son ordinateur pour me répondre ! A travers tes réponses, je t’ai sentie très impliquée et, entre les lignes, je crois qu’on perçoit que tu as un fonctionnement bien à toi. Tu es décidément unique en ton genre et je te souhaite une très belle suite de parcours (dans l’écriture et dans la vie en général), de pouvoir trouver ta méthode et de toujours rester toi-même !

    Merci à vous chers/chères lecteurs et lectrices, très belle fin d’année à chacun(e) d’entre vous et je vous donne rendez-vous en 2017 pour de nouvelles découvertes !

    Gardez vos plumes affutées,

    Slyth

    (interview du 15 novembre 2016)


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