Interview Keina #NosImagineurs



  • Salut les Plumes !

    Ça y est, le printemps est bien là, l’été approche à grands pas et votre Journal favori reste présent pour vous amuser et vous faire découvrir plein de nouvelles choses !
    Le thème de ce mois-ci, l’art, correspond bien aux Plumes qui s’illustrent dans de nombreux domaines : l’écriture bien entendu, mais également le dessin ou encore la musique. Bref, cette communauté regorge de talents, parfois bien cachés.

    La petite perle que je vous présente aujourd’hui possède un imaginaire bien rempli et a déjà été contaminée par le virus de l’écriture il y a fort longtemps… merci d’accueillir @Keina !

    1. Comment le goût de l’écriture t’est-il venu ?

    Ah, ça, je ne saurais le dire. Je crois que je l’ai toujours eu. Sans doute en écoutant les histoires que me lisait ma maman le soir… Ceci dit, avant mes 10 ans, j’avais beau avoir déjà tout un univers dans la tête, je n’écrivais que des poèmes très courts. Ce n’est qu’à partir du collège que je me suis lancée dans les histoires longues, avec un roman de SF directement inspiré de la trilogie Star Wars que je venais de découvrir à la télé. Puis j’ai découvert le format « nouvelles » et j’en ai écrit toute une tripotée jusqu’au lycée. Des longues et des très courtes, avec chaque fois une immense satisfaction lorsque j’en terminais une. J’avais déjà d’autres idées de roman (celui de SF n’a jamais dépassé le stade de la grosse nouvelle), mais je me contentais à chaque fois d’entamer les premières pages et je m’essoufflais tout de suite.
    De la primaire jusqu’à aujourd’hui, non seulement le virus de l’écriture ne m’a jamais quitté, mais en plus, je l’ai toujours affirmé haut et fort à mon entourage. En primaire, quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais « poétesse ». J’écrivais des histoires sous forme de feuilleton pour mes camarades de classe au collège et au lycée. En Terminale, j’ai publié mon premier texte, de l’ordre de la grosse nouvelle aussi, grâce au soutien de deux professeurs. Bizarrement, c’est une passion qui m’a toujours aidée à m’épanouir socialement, même si je parle très rarement du processus d’écriture, qui reste très long et douloureux chez moi.

    2. Si je te dis que l’écriture est un art, que me réponds-tu ?

    C’est marrant, parce qu’en ce moment à mon boulot, on a une exposition sur le thème : « l’art est-il un travail, et le travail est-il un art ? » Et, à l’occasion d’un festival, on a organisé une conférence super intéressante sur ce thème. Je me suis notamment rendue compte que les deux termes étaient quasi indissociables. Faire de l’art, ça passe d’abord par le travail, et on commence à s’épanouir dans son travail à partir du moment où on arrive à le « sublimer » sous une forme d’art. Après, il y a des tas d’autres problématiques qui entrent en jeu : l’aspect financier du côté de l’art, la hiérarchie du côté du travail, mais fondamentalement les deux ne sont pas si éloignés que ça.
    Donc, oui, l’écriture est une forme d’art, mais il n’empêche que, comme les autres formes d’art, c’est aussi un travail, qui demande du temps, de l’apprentissage et de la pratique !

    3. Quels genres de fictions et de fanfictions aimes-tu lire sur le site ?

    Je n’ai pas de préférence en matière de genre, par contre je vais de préférence me tourner vers les fictions écrites par les plumettes que je croise sur le forum. Quel que soit, au préalable, mon degré de connivence avec ces plumes, d’ailleurs. Après avoir lu un peu ce qu’elles écrivent, j’ai toujours la sensation de les connaître mieux… Mais sinon, vraiment, je peux très bien dévorer une romance contemporaine qu’une saga d’héroïc fantasy ! Je me dirige juste plus facilement vers les fictions longues que vers les nouvelles ou les poésies. L’envie de me plonger à fond dans un style, et la peur d’être frustrée avec quelque chose de trop court… Bon, ceci dit, ça, c’est en théorie. En pratique, même si j’ai une looooonnnnngue liste de lectures que je mets scrupuleusement à jour, je manque clairement de temps pour aller à la découverte de toutes les fictions qui me font de l’œil.

    4. Quelles sont tes attentes lorsque tu lis les écrits d’autres auteurs sur le site ?

    Hum, pas d’attentes particulières, à part un français correct et, ben, une histoire quoi. (J’ai le souvenir terrifiant de fanfictions qui se résumaient à des dialogues parfaitement creux entre les personnages !)
    Mais à partir du moment où il y a un enjeu, quelques rebondissements, et des personnages bien esquissés, je prends ! Je suis très bon public, il faut vraiment que ce soit très mal écrit et mal raconté pour que ça me déplaise.

    5. Parlons maintenant de l’une de tes histoires que les lecteurs connaissent peut-être… Comment es-tu parvenue à créer (Une Silfine) ?

    Alors… j’ai commencé à avoir une idée de la trame de cette histoire en 2004. Avant ça, j’avais déjà écrit quelques débuts d’histoire qui se passaient dans l’univers que j’avais dans la tête, mais ça échouait à chaque fois lamentablement : je n’arrivais pas à définir des enjeux suffisamment forts pour maintenir l’histoire. J’essayais à chaque fois de partir sans filet, alors que j’ai besoin d’avoir dans la tête un plan très structuré pour arriver au bout de mes projets.
    J’ai commencé à voir quelque chose qui se dessinait lorsqu’il m’a pris l’envie de situer le roman durant une guerre qui s’était déroulée dans mon univers, le Royaume Caché. Il faut savoir que l’univers que j’ai dans la tête, il était déjà très structuré par des dizaines d’histoires que je m’étais racontées à moi-même depuis toute petite. J’y reviendrai dans la question suivante, mais en 2004, j’avais déjà un background très complet, avec des généalogies, des chronologies, une géographie, différents événements marquants qui se déroulaient à des siècles, voire à des millénaires d’intervalles (en parallèle à l’histoire du monde « réel » puisqu’il y a des passerelles entre les deux), sans compter des tas de héros potentiels.
    Or, dans un premier temps, écrire l’histoire qui s’était déroulée durant cette guerre vers la fin du XIXe siècle me semblait une bonne idée puisque j’avais une idée assez précise des événements qui la jalonnaient. Sauf que je me suis rendue compte que raconter une guerre, ça ne me bottait pas plus que ça. Alors, j’ai pensé au personnage dont j’avais emprunté le pseudo plusieurs années auparavant, Keina. Et, je ne sais plus vraiment comment, c’est là que ça a fait tilt. Peut-être que c’était logique, puisque je portais déjà son pseudo. C’était son histoire à elle qu’il fallait que je raconte. Elle était née durant cette guerre, et tout son destin découlait de là. C’était une façon de parler de la guerre sans en parler, et d’aborder d’autres thématiques qui me tenaient à cœur, comme la recherche d’identité, la fatalité, la famille… Bref, c’est comme ça que je me suis lancée réellement dans mon premier « vrai » roman !

    6. Tu décris ce texte comme le roman d’une vie, peux-tu nous en dire plus ?

    Je vais développer ce que j’ai dit plus haut : en 2004, l’univers était déjà très structuré pour la simple et bonne raison que le Royaume Caché, je ne sais même plus quand je l’ai créé. Ça remonte à tellement loin dans ma petite enfance que j’ai l’impression qu’il a toujours fait partie de moi. Évidemment, quand j’étais petite, c’était beaucoup plus sommaire. Ça se résumait à un univers parallèle au nôtre, constitué d’un royaume niché au creux d’une montagne, auquel on accédait en grimpant sur un arc-en-ciel (j’ai viré le coup de l’arc-en-ciel… avec le recul, j’aurais peut-être dû le garder !), et sur lequel régnait une princesse surpuissante qui apportait ordre et justice dans les autres mondes (dont le nôtre). Voilà, voilà.
    Ensuite, il a commencé à se nourrir de mes découvertes. J’y ai rajouté des Elfes quand j’ai découvert Tolkien, et tout plein d’autres créatures issues du folklore quand j’ai découvert Pierre Dubois. Cet univers a toujours été aussi le prétexte pour moi d’y amener des personnages imaginaires que j’aimais bien. Quand j’étais toute petite, ma princesse était mariée à Zorro (oui oui, Zorro, avec sa cape et son destrier noir !). Plus tard, plein d’autres personnages de livres, BD, films, séries, dessins animés, ont commencé à interagir avec des personnages que j’inventais, et c’est là que l’univers a commencé, petit à petit, à s’étoffer. Et c’est marrant, parce qu’à l’époque je n’écrivais rien, même pas les histoires que je me racontais. Je dessinais parfois des éléments de cet univers, mais c’était tout. J’ai commencé à compiler des notes sur tout ça très tard, entre la fin du collège et le début de mes études. Aujourd’hui encore, quand je mets sur papier des détails de plan ou des idées, c’est toujours avec une certaine répugnance. Comme si je n’avais pas besoin de ça, puisque tout est déjà dans ma tête !

    7. Quelles ont été les réactions de tes tous premiers lecteurs quand tu as commencé à la mettre en ligne ?

    Holà, ça remonte à loin, ça ! J’ai commencé à mettre en ligne les premiers chapitres sur mon site perso en 2007. Parmi mes premières lectrices, il y avait notamment Aresya et Sej ! J’ai presque l’impression que ça remonte à une autre vie… Globalement, les premiers retours ont été positifs, d’autant que ça faisait déjà longtemps que je les bassinais avec cette histoire ! Je n’ai pas eu une pléthore de lecteurs au fil du temps, mais toujours des lecteurs de qualité, et ça me va très bien. Je ne les remercierai jamais assez de leur patience !

    8. L’univers d’ (Une Silfine) a un côté très artistique. Quelles sont tes sources d’inspiration pour emporter les lecteurs dans tes descriptions ?

    Oh, elles sont très diverses ! Des ambiances de films, des souvenirs de voyage… Parfois le simple fait de m’arrêter dans la rue, de regarder autour de moi et de noter en esprit tout ce que je vois, sens, entend, perçois… Ça m’arrive assez souvent ! La musique aussi m’inspire beaucoup, mais plus abstraitement, pour me donner l’état d’esprit adéquat à la scène que j’ai envie d’écrire. Sinon, regarder, lire, expérimenter, voyager, faire preuve d’une curiosité constante ! Ensuite, quand je commence à écrire, j’essaie de vivre complètement ce que j’écris, c’est peut-être ça qui rend l’écriture si pénible et si lente chez moi.

    9. Fais-tu partie de ces auteurs un peu fous qui pensent que leurs personnages ont une vie propre ? Est-ce qu’ils font parfois des choses auxquelles tu ne t’attendais pas ?

    J’avoue… Enfin, ça dépend. Comme je le disais, j’ai besoin d’avoir un plan très précis dans ma tête quand j’écris, du coup ça laisse assez peu d’espace à mes personnages pour s’exprimer. Parfois, dans les scènes de dialogue, ils se laissent effectivement aller, mais au final, il n’y a jamais eu de grosses surprises qui m’auraient fait changer de direction.
    Là où ils ont une vie propre, c’est plutôt à l’extérieur de l’histoire, au sein de mon univers. Là, ils arrivent carrément à me surprendre ! Et à me donner de nouvelles idées d’histoires, ou de nouveaux éléments pour mon background.
    J’ai constamment un ou deux personnages dans ma tête, pas forcément tout le temps les mêmes. Durant l’écriture d’(Une Silfine), Keina m’a logiquement beaucoup accompagnée, mais il n’y avait pas qu’elle. Aujourd’hui, alors que j’essaie d’élaborer mon tome 2, c’est une nouvelle héroïne, Jane qui m’accompagne tous les jours, toujours un peu Keina (plus âgée et plus sage) et une dénommée Sela/Seleke, que j’apprends tout juste à connaître ! Ainsi que d’autres, mais je ne vais pas tout dévoiler…

    10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

    Euh… Je doute d’avoir la légitimité pour prodiguer des conseils ou quoi, je suis juste continuellement émerveillée par toutes les belles histoires qui foisonnent sur Plume d’Argent ! Continuez à me faire rêver !

    Ainsi s’achève cette interview.

    Un grand merci à toi Keina pour ta participation enjouée à cette interview. Je l’avoue, je connaissais peu de toi et de tes écrits mais j’ai eu l’excellente surprise de découvrir que nous avions beaucoup de points communs ! Je suis très contente d’avoir pu en apprendre un peu plus à ton sujet à travers notre collaboration et j’espère qu’il en aura été de même pour les Plumes.

    Je te souhaite une très belle continuation avec, notamment, ton 2ème tome en espérant que tu continueras à nous émerveiller et à nous faire rêver à travers ton imaginaire !

    Quant à vous, chers lecteurs et lectrices, je vous donne rendez-vous dans deux mois pour la prochaine interview !

    Gardez vos plumes affutées,

    Slyth

    (interview du 10 mai 2015)


  • Plume d'Argent

    Depuis mon arrivée sur PA, @Keina a toujours été associée dans ma tête aux Chimères d’Atalaya. Ça fait drôle de lire cet entretien qui date d’avant leur création.

    @Slyth, il manque une balise à la question 8 pour qu’elle apparaisse en gras.



  • Aaaaaah, la Silfine de Keina !! text alternatif . Quels souvenirs ! Même si je n’ai pas lu la totalité du tome puisqu’il était en cours de remaniement, je me souviens parfaitement de cette histoire merveilleuse, entre conte et fantasy, pleine de poésie. La subtilité et la délicatesse de la plume de Keina m’ont toujours impressionnée. J’espère de tout coeur que cet entretien relancera les lectures, ce serait péché que de ne pas s’y intéresser !



  • Ça me fait drôle aussi @Fannie parce que techniquement, les Chimères existaient déjà depuis un petit moment et je n’ai pas l’impression de l’avoir posté sur FPA si récemment… C’est bizarre que je n’en parle pas du tout dans cette interview, c’est quand même mon deuxième gros projet, et je l’ai en tête depuis quasi aussi longtemps qu’(Une Silfine), les prémices datent de 2004/2005 je crois ! :)



  • Bizarre la question 8 apparaît bien en gras sur mon écran (bon je suis sur mon natel actuellement, je regarderais à la maison)

    Concernant les Chimères, je dirais mea culpa puisque c’est moi qui ai volontairement dirigé les questions sur un autre de tes textes @Keina ! :sweat_smile:
    Enfin, dans mon souvenir, je demandais aux auteurs de quel texte ils souhaitaient parler, mais j’avoue que je ne me souviens plus de comment les choses s’étaient goupillées dans ce cas précis.



  • @Slyth @Fannie Bon, j’ai vérifié, et je n’ai commencé la publication sur FPA des Chimères d’Atalaya qu’en 2016, ceci explique donc cela… :sweat_smile:
    @Aranck Oh je n’avais pas vu ton gentil message ! Je te remercie beaucoup ! :kissing_heart:


  • Plume d'Argent

    Ca me rappelle des souvenirs cette interview. C’est chouette.


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