Interview Kittylou #NosImagineurs



  • Salut les Plumes ! Nouvelle année et nouvelle formule pour le PAen ! L’occasion pour moi de vous présenter une recrue qui est arrivée parmi nous il n’y a pas si longtemps mais qui a très vite su se faire une place de choix au sein de notre communauté et dans le cœur de ses nombreux lecteurs. Je parie que l’on se souvient tous de l’effet que ça fait de débarquer sur Plume d’Argent non ? Et notre plumette, comment a-t-elle vécu sa première prise de contact avec nous ? Rendez-vous un peu plus bas pour le savoir… merci d’accueillir @Kittylou !

    1. Allons droit au but : depuis combien de temps précisément écris-tu (secondes, minutes, heures, jours, mois, années, siècles) ?

    Difficile de répondre précisément à cette question… J’ai commencé à écrire quand j’avais six ans mais j’inventais des histoires bien avant de savoir tenir un stylo. Avec ma sœur, nous dessinions dans un cahier une histoire en plusieurs épisodes (les aventures d’un prince et d’une princesse mais, attention, un couple moderne qui allait à la montagne, à la mer, au supermarché…) et nous demandions ensuite à nos parents d’écrire pour nous le texte en dessous des images. Durant les repas chez mes grands-parents, il y avait aussi un jeu où chacun de nous devait continuer une histoire et qui se poursuivait le lendemain. Ce jeu m’a beaucoup marquée, car il m’a permis de développer mon imagination. À l’âge de six ans, j’ai commencé à écrire une multitude de petits textes et si je me souviens bien, l’un des premiers parlait d’une bibliothèque hantée (et d’un rétroprojecteur). Depuis, je n’ai jamais cessé d’écrire !

    2. Quel effet cela fait-il de débarquer pour la première fois dans une communauté telle que Plume d’Argent ?

    J’ai découvert Plume d’Argent grâce à La Passe-Miroir de Cristal. Ayant toujours scribouillé dans mon coin, je dois reconnaître que j’étais assez angoissée à l’idée qu’une porte donne brusquement accès à mon jardin secret. Quelques années plus tôt, je m’étais déjà inscrite sur un site de littérature web et cette expérience avait été plutôt décevante pour moi. C’est pourquoi j’ai été très surprise de découvrir une véritable communauté sur Plume d’Argent et surtout un esprit d’entraide et de soutien. Au début, je trouvais très étrange de recevoir des commentaires, que des gens qui m’étaient inconnus puissent lire ce que j’avais passé des heures à griffonner dans ma chambre. J’ai toujours été très réservée sur le fait que j’écrivais. Mes parents étant assez sévères face à ce qui leur apparaissait désormais comme une « perte de temps », je m’étais habituée à garder mes histoires pour moi. C’était un secret que, jusqu’alors, je n’avais révélé qu’à très peu de personnes.

    Plume d’Argent m’a fait l’effet d’une révélation, vous m’avez montré qu’il était possible de partager autour de cette passion de l’écriture, de découvrir d’autres auteurs qui, comme moi, aimaient la magie des mots. Eh bien, je n’ai jamais été aussi heureuse de faire partie d’une communauté littéraire !

    3. Quel genre de commentatrice es-tu sur le site ?

    Hum…par manque de temps, je dois reconnaître que ma liste de lecture sur Plume d’Argent ne cesse de s’allonger et je ne peux malheureusement pas laisser autant de commentaires que je le souhaiterais. Je n’ai pas vraiment de genre de prédilection, je cherche surtout un texte qui parvienne à me transporter, à me faire découvrir un autre univers ou des personnages forts.

    Quand je poste un commentaire, j’essaie toujours de souligner le côté positif d’un texte, de faire ressortir les qualités et je m’efforce de bien choisir mes mots quand je formule des critiques négatives. Si un chapitre peut se lire en quelques minutes, il nécessite souvent des heures de travail. Par respect pour l’auteur, je pense qu’un avis doit toujours être exprimé avec retenue car il reste subjectif. J’essaie aussi de laisser des remarques constructives, car dire « j’aime bien » ou « je n’aime pas » sans en donner la raison n’apporterait rien à l’auteur.

    4. Quels genres de difficultés peux-tu rencontrer dans tes écrits ?

    Des difficultés, j’en rencontre surtout dans les dix premières pages. J’ai beaucoup de mal à commencer une histoire, à retranscrire par écrit ce qui se bouscule dans ma tête. Si je visualise très bien les décors et les personnages, il m’est souvent difficile de l’exprimer par des mots. Et la première phrase ! Je peux passer des heures à l’écrire et à la réécrire encore. Une fois, j’ai passé deux mois sur la première page… Ce que je préfère dans l’écriture, c’est ce moment – presque un déclic – où les personnages n’ont plus besoin d’être présentés, où ils peuvent agir sans que je n’aie plus à réfléchir sur leur façon d’être ou de faire.

    Et puis, il y a aussi l’étape redoutée de la réécriture. Quand je termine une histoire, j’ai tendance à la laisser « reposer » quelques temps, à ne pas attaquer directement les corrections afin de prendre du recul par rapport à mon travail. Mais je me lance souvent dans un autre projet et la tentation est grande d’abandonner mon premier texte pour me concentrer sur le second.

    5. Parlons maintenant de l’une de tes histoires que les lecteurs connaissent (peut-être) bien… Comment es-tu parvenue à créer La voleuse des toits ?

    En réalité, La voleuse des toits s’inspire d’une nouvelle que j’avais écrite en Terminale et qui m’avait permis de remporter un concours départemental. Le personnage central était alors un vieux peintre qui luttait contre un régime totalitaire. Je ne pensais pas reprendre cette idée cinq ans plus tard. Mais, un soir, alors que je prenais le train pour rentrer chez moi, j’ai imaginé une jeune fille qui, à la nuit tombée, escaladerait les toits. J’ai bâti mon intrigue en m’appuyant sur cette image. Je voulais que Plume, mon héroïne, soit une aristocrate qui mènerait une double vie à la fois rebelle et demoiselle de la haute société.

    C’était la première fois que mon histoire avait pour décor un monde totalement imaginaire. Comme j’aime beaucoup les dramas en costume, j’ai situé mon intrigue dans une époque proche du XIXème siècle avec ses robes à froufrous et ses bals somptueux. Pendant plusieurs semaines, je me suis interrogée sur la situation politique, militaire et la nature même de cette dictature. J’ai choisi de décrire une société où l’art, la littérature et la musique seraient prohibés. Je voulais que Plume ait une raison de se battre et un monde sans liberté d’expression m’apparaissait comme une véritable prison.

    Et puis, il est impossible pour moi de vous parler de La voleuse des toits sans évoquer Élias. J’ai toujours aimé les personnages antipathiques et méprisants, parce que le défi à relever est justement de les rendre attachants. Avec ce tueur sans pitié, imprévisible et au-dessus des lois, je me suis beaucoup amusée à inventer sa relation complexe avec Plume. Face à une héroïne obstinée, il fallait bien un adversaire à sa hauteur !

    6. Cette histoire a-t-elle déjà une fin ou tout est-il encore à inventer ?

    J’ai une idée très précise de la fin mais je me suis toujours laissé une marge de manœuvre importante pendant que j’écrivais. J’aime me sentir libre d’ajouter une nouvelle sous-intrigue ou d’accorder à un personnage secondaire, comme Jack, un rôle plus important que prévu. Si je m’efforce toujours d’avoir un plan, je le consulte assez peu : ce qui me plaît dans l’écriture, c’est la possibilité d’inventer et de réinventer la même histoire sans se cantonner à un plan qui serait figé d’avance. Certains personnages me plaisent tellement que je ne résiste jamais à la tentation de les introduire plus tôt que prévu. Par exemple, les deux frères Avalon et Pandore n’auraient pas dû apparaître avant la fin de l’histoire, c’est pourquoi ils sont présents dès le chapitre 1 (preuve incontestable que mes plans n’ont pas la moindre utilité).

    7. As-tu recours à des grigris, un doudou ou une danse spéciale pour faire venir l’inspiration ? Allez… confie-nous tes secrets les plus sombres !

    Pas de doudou (sauf si on compte mon chien en peluche) mais une danse vaudou qui fonctionne presque à tous les coups. Les nuits de pleine lune, frottez votre clavier avec de la bave de crapaud (ou votre feuille de papier, au choix), faites trois tours sur vous-même en murmurant le nom de vos personnages par ordre alphabétique et normalement, l’inspiration est au rendez-vous… Non ? Pourquoi est-ce que personne ne me croit ?

    Bon, plus sérieusement, hormis les dix premières pages, j’arrive plutôt bien à esquiver le syndrome de la page blanche. Quand l’inspiration ne vient pas, j’essaie de me changer les idées et de revenir plus tard. La plupart du temps, cela me suffit pour surmonter le blocage. J’ai aussi un secret (mais chut, il ne faut pas le répéter) : je me raconte en permanence des histoires. J’éviterai de vous décrire les gens qui me regardent bizarrement quand je me mets à rigoler toute seule dans les transports en commun ! Mais quand j’ai passé plusieurs heures à imaginer une scène, il est beaucoup plus facile pour moi de la décrire avec des mots.

    8. As-tu d’autres projets d’écriture en cours ou à venir ? Être éditée peut-être ?

    Quand j’écris une histoire, il m’arrive très souvent à la moitié du parcours d’inventer déjà l’histoire suivante. La voleuse des toits est encore loin d’être terminée et je commence déjà à réfléchir au futur projet qui m’occupera par la suite. Pour le moment, je n’ai que quelques éléments éparpillés mais je sais qu’il sera question d’une adolescente défigurée, d’un oncle magicien et d’un monde parallèle. Généralement, il ne se passe que quelques jours entre le moment où je termine une histoire et celui où j’attaque la suivante. Je serais incapable de rester sans écrire : j’ai toujours besoin d’une idée sur laquelle scribouiller !

    Ah, l’édition… Je ne dirais pas non si on me le propose mais je pense qu’il s’agit d’un parcours semé d’embûches. Pour y parvenir, il faut d’abord être sûr de la qualité de son texte et ne pas hésiter à se lancer dans des réécritures à n’en plus finir. J’ai passé tellement d’années à écrire seule dans mon coin que recevoir sur Plume d’Argent des commentaires enthousiastes est déjà une expérience merveilleuse !

    9. Question de fan : Jack, Élias, Frédérion, Pandore, Avalon…voilà quelques figures masculines très différentes les unes des autres, indispensables à l’histoire, qui entourent l’héroïne de ton roman. As-tu eu des difficultés, pendant le processus de l’écriture, à les différencier/séparer, ou à leur donner un rôle distinct à chacun ?

    Quand j’ai commencé à écrire La voleuse des toits, j’ignorais qu’il y aurait cette avalanche de personnages masculins… Jack n’était qu’un voyou des bas-fonds, destiné à occuper trois pages mais comme beaucoup d’autres, il a fini par s’imposer à moi jusqu’à devenir indélogeable. J’ai choisi sa personnalité à l’instant précis où j’ai écrit son nom. Il lui fallait un trait de caractère et sur un coup de tête, j’ai décidé que ce serait sa passion pour l’argent qui le définirait.
    Au risque de recevoir des tomates, Frédérion n’était à l’origine qu’un prétexte pour introduire Sabre (son animal de compagnie, une bête à mi-chemin entre le loup et le phoque). Pour Élias, ce fut un peu différent. S’il existait bel et bien dès le départ, il s’agissait alors d’un rigolo à moitié suicidaire (pour ceux qui connaissent Élias, vous verrez que j’ai opéré un changement assez radical). Pandore est un personnage qui revient assez souvent dans mes écrits : j’ai toujours aimé avoir un type débraillé pour jouer l’amuseur de service. Comme j’avais besoin d’un chef rebelle responsable, j’ai imaginé Avalon.

    Je n’ai jamais vraiment eu de mal à les différencier, car mes personnages ont tendance à s’approprier eux-mêmes leur rôle. Sans comprendre comment, je me retrouve souvent avec plus de protagonistes que prévus et avec autant de mécontents clamant leur importance. Ils se permettent même d’évoluer sans me demander mon avis. Parfois, j’ai l’impression que c’est le monde à l’envers et que ce sont mes personnages qui commandent. Et c’est sans doute cela qui me plaît le plus dans l’écriture !

    10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

    Je voudrais d’abord dire un grand merci à Slyth pour m’avoir proposé cette interview ! Cela fait moins d’un an que je me suis inscrite sur Plume d’Argent et je ne pensais pas avoir cette chance. Aussi un grand merci à toutes les plumes qui m’ont soutenue, commentée et m’ont aidée à écrire La voleuse des toits. Grâce à elles et à leurs encouragements, je ne me suis jamais sentie aussi bien. Merci également à tous ceux qui m’ont si bien accueillie sur le forum et m’ont permis de partager autour de ma passion. Je tiens aussi à remercier Cristal car sans La Passe-Miroir, je n’aurais jamais découvert Plume d’Argent et sa formidable communauté d’auteurs !

    Et aussi un immense merci à toutes les plumes qui ont eu le courage de lire cette interview jusqu’au bout !

    Ainsi s’achève cette interview. Un grand merci à toi Kittylou pour ton enthousiasme constant tout au long de notre collaboration et pour la façon dont tu t’es livrée sans détours durant cette interview ! Je te souhaite de pouvoir continuer à exercer ta passion le plus souvent possible, que ton imagination florissante et tes personnages hauts en couleur continuent à nous faire rêver encore longtemps ! Longue vie à ta présence sur le forum !

    Et, pour finir, un immense merci à vous, fidèles lecteurs et lectrices ! En espérant que cette nouvelle formule vous ait plu, je vous remercie pour votre lecture attentive et vous dis à la prochaine !

    Gardez vos plumes affutées,

    Slyth

    (interview du 9 janvier 2015)


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